Olé n°177 : De quoi Jean-Louis Masson est-il le nom ?
Par Toréador | juillet 13, 2010
C’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Or, le Sénateur Masson veut mettre fin au bloguing anonyme, ayant eu quelques problèmes avec un calomniateur. Il me faut un nom d’emprunt (mais pas Giscard d’Estaing, c’est déjà un nom d’Emprunt). Me voilà donc mis à demeure de tomber le masque.
Scoop : Jean-Louis Masson, c’est moi. Voulant mettre un terme à ma carrière de blogueur, j’ai décidé de ne pas mourir seul et de provoquer une belle explosion sur internet, tel un martyr d’Al Aqsa. Quel coup de maître : demander la fin du bloguing anonyme et me découvrir simultanément !
Oui, avec moi va désormais mourir toute une partie de la blogosphère : la plus poétique, la plus romantique, c’est qui agissait sous masque tel Zorro. C’est l’explosion finale du bâtiment du Parlement dans Vendetta.
Evidemment, ma dernière victime est Jean-Louis Masson, qui va avoir drôlement du mal à prouver qu’il n’est pas moi. C’est le problème de nos sociétés de la rumeur : si j’accuse mon voisin d’avoir fait des attouchements sur ma petite fille, il n’arrivera jamais vraiment à s’innocenter, ni moi à prouver sa culpabilité. Par contre, il ne sera plus invité à la fête des écoles – il n’y a jamais de fumée sans feu, n’est-ce pas ?
Alors imaginez si je transpose ceci à des enveloppes de liquide à destination d’un grand parti politique majoritaire…
Pour en revenir à mon cas personnel, si on m’attaque en justice, je prétendrai (à juste titre) que je suis un homonyme. Nous sommes 11 sur Facebook. Cela fait 11 blogueurs anonymes qui pourront prétendre à rejoindre ma loge Massonique lorsqu’ils seront devenus apatrides !
Nous étions des blogueurs anonymes ? Nous deviendrons la Ligue des Blogueurs Homonymes !
Alors avec moi : Tous ceux qui veulent changer le Moooooonde, venez chanter à mes cotéééééééés…
Tags: blogueur, homonyme, Jean-Louis MassonSujets: Olé | Commentaires fermés
Paso Doble n°180 : 1666
Par Toréador | juillet 9, 2010
Feu l’Empereur
La République prend l’eau, le gouvernement est en flammes, l’honneur de certains à terre mais c’est surtout l’oxygène qui manque.
L’atmosphère politique est devenue irrespirable, entre vapeurs déprimantes de la rigueur et volutes toxiques de la polémique. Pour le Sarkozysme s’achève l’an II sur un parfum d’abattement généralisé : la fonction publique est traumatisée, les ministres à bout de souffle et la rumeur veut que les équipes ministérielles cherchent déjà à quitter le radeau. C’est l’incendie dont on sort carbonisé… ou la mort du phœnix.
Faute d’oxygène, d’aucuns avancent déjà des thèses hasardeuses : Sarkozy devrait démissionner ; il faudrait dissoudre voire provoquer une cohabitation. La seconde thèse me semble la plus conne. Ne nous a-t-on pas vendu le quinquennat comme le remède de cheval contre la cohabitation ? Et voilà maintenant que trois ans après la victoire de l’hyper-présidentialisme, on souhaiterait inoculer le grand virus paralysant ?!
Il est peut-être là notre problème : nous n’acceptons pas que la démocratie consiste à se laisser alternativement gouverner par un camp. Or, 5 ans de cohabitation, c’est le coma ultime, celui qui permet aux extrêmes de croître sur le « tous pourris ».
Référendum tout feu tout femmes
Le plus marrant est que cette crise montre bien que le fameux roi « omnipotent » est nu : la presse soit disant sous contrôle le canarde jour et nuit et le brave ouvertement au Monde ; la télévision lui impose son candidat ; la justice – y compris les procureurs les plus zélés – se plait à contredire la version du gouvernement ; et les propres députés UMP se révoltent contre le gouvernement. Que veut-on de plus pour montrer que l’hyper-présidentialisme a vécu ?
Non, ce qu’il faut c’est un remaniement complet. Virer Yade, Wauquiez, NKM, Amara, Kouchner, et toutes les stars du casting qui font de la figuration.
Là où je diffère des analystes, c’est que je pense qu’à l’automne, la diversion se fera sur le champ de la burqa. Que Copé, en pleine polémique Woerth, ait allumé ce feu là est un indice. J’attends l’invalidation par le Conseil constitutionnel et le référendum tout feu tout femmes qui devrait obliger la Gauche et le FN à des exercices sémantiques périlleux…
Tags: Bettencourt, Burqa, Copé, dissolutution, incendie, omnoprésident, quinquennat, Woeth
Sujets: Paso Doble | Commentaires fermés
Portrait n°20 : notable.com
Par Toréador | juillet 7, 2010
Et s’il faut un centième, ce sera celui-là…
Wikio : Beaucoup sont appelés, peu sont élus
Ce mois-ci, j’ai bien cru que j’allais tirer ma révérence en étant le centième du classement Wikio. Mais non, j’ai remonté de quelques places et le 100ème s’appelle « Les Départements ». Si c’est pas un titre sexy ça, madame…
Cliquez sur le lien et vous aurez plus de précisions : voici un blog d’élus qui débattent de l’avenir de leurs territoires.
On se demande pourquoi, du coup, s’appeler « départements.org » et pas « régions.fr », « communes.com » ou encore « terroir.fr ». Vu les nombreux papiers hostiles à la fameuse réforme territoriale concoctée par le gouvernement, j’avance l’hypothèse sournoise qu’en réalité c’est une plate-forme un peu corpo dont le slogan serait proche de « Pas touche à mon département ! »
Mais ne soyons pas trop mauvaise langue car, première bonne nouvelle, même si les fameux élus ont un fort tropisme Loire-Atlantique/Bretagne, ils ont l’avantage d’être de droite comme de gauche, ce qui permet au moins d’écarter le risque du « faux-blog », paravent de je-ne-sais quel parti.
Les élus sont nos amis (il faut les aimer aussi)
A l’inverse, le site est récent (avril 2010) et surtout ne ne génère quasiment aucun commentaire. Bizarre donc que Wikio l’ait si rapidement hissé parmi les 100 blogs les plus lus de la blogosphère…
C’est surtout que sans commentaires et empoignades (bon, je suis un peu mal placé pour parler parce que depuis que j’ai refondu l’antispam j’ai l’impression que plus personne ne peut commenter !), tout ça fait un peu « exposés successifs au tableau avec la maîtresse ». Tout est sage. Tout est calme, reposé. Entends-tu les clochettes tintinabuler ?
On y trouve ainsi du café du commerce entre cri du coeur assourdissants de bon sens (« Non les fonctionnaires ne sont pas qu’un coût ! ») et postures faussement provocatrices de grand réformateur en herbe (« Il faut repenser la gestion de la fonction publique !« ) ; des dépêches AFP recopiées ; des témoignages pédagogiques sur la vie d’élu à coté de papiers un peu convenus parus dans des quotidiens nationaux.
Les seuls textes un peu marrants sont ceux finalement sont ceux de J. Ragenard, car il essaye d’avoir un langage un peu provocateur.Manque de pot : ce n’est pas un élu, mais un fonctionnaire !
Bref, blog-territoire ? Non blog terre-à-terre… Mais, la terre, elle ne ment pas !
N°86 (Vienne)
Tags: élus, départements, fonctionnaires, réforme territoriale, territoires, WikioSujets: Portraits | Commentaires fermés
Olé n°176 : Cousin, cousine
Par Toréador | juillet 1, 2010
François Baroin a décidé de lancer une mission pour enquêter sur l’affaire Woerth/Bettencourt. Qui sont les valeureux enquêteurs ? les bad boys de l’inspection générale des Finances.
Nul doute qu’il s’agira d’une enquête indépendante : après tout, l’inspection des finances n’est que le chien de garde des ministres de Bercy. Il est bien connu qu’ils ne reçoivent jamais d’instruction, comme les procureurs ou les inspecteurs du fisc. Et ils ont une solide tradition déontologique qui remonte à Bouton ou Messier, je ne sais plus.
Bref, pas de quoi monter une mission d’enquête parlementaire ou faire appel à la Cour des comptes.
Et si cela ne suffisait pas, suprême coïncidence : le directeur de cabinet de Woerth est lui aussi de ce prestigieux corps !
C’était notre rubrique : Etat de Droit(e)
Tags: Inspection des finances; woerth; enquête; Etat de Droit
Sujets: Olé | Commentaires fermés
Banderille n°346 : Qui veut les os de l’escalette gouvernemental ?
Par Toréador | juin 29, 2010
L’indélicatesse d’une poignée de ministres va se transformer en tempête pour … les autres, ou comment passer de « Au bon beurre » pour jouer le remake du « Grand Pardon ».
Les 12 000 € de cigares de M. Blanc, à défaut de provoquer son éviction, ont coûté à l’Etat 7 000 voitures de fonction. Oh, rassurez-vous : je doute que M. Blanc aille désormais à pied au bureau. Ce sont les fonctionnaires de bas étage qui perdront leurs voitures de service.
Les frasques de Rama Yade en Afrique du Sud ont provoqué l’extinction de la Garden Party. 650 000 euros économisés pour le contribuable, et tant pis pour les fleuristes, traiteurs et entreprises parisiennes qui faisaient 50% de leur chiffre d’affaires de juillet avec ceci.
Les mélanges de genre opérés par le trésorier de l’UPM, de la France et, par alliance, de Mme Bettencourt, ont quant à eux débouché sur la mise en coupe réglée des « dépenses privées » dans les cabinets ministériels. On applaudit des deux mains car les mauvais élèves « seront sanctionnés ». Quelle chance pour Blanc, Amara, Estrosi et Joyandet : la règle n’est pas rétroactive.
Le télescopage de l’affaire des Bleus et des scandales gouvernementaux renvoient l’image d’un pays en profonde crise morale. Le premier principe à appliquer, c’est celui de responsabilité. Est-il normal que seuls Escalette et Valentin aient démissionné ces 15 derniers jours ?
Tags: morale, polémiques, rigieur, Scandales
Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | Commentaires fermés
Olé n°175 : Ne m’appelez plus jamais Bleue
Par Toréador | juin 23, 2010
Quand je pense à la vieille Hongroise
Qui jouait au Honved Budapest
Trahie, bernée à la Bernoise
En finale contre un frère de l’Est
Quand je pense à la vieille Hongroise
J’envie les équipes disparues
Fiers pays qui portaient un rêve
Et n’ont jamais connu l’avanie
Ne m’appelez plus jamais Bleue
Les Bleus, ils m’ont laissé tomber
Ne m’appelez plus jamais Bleue
C’est ma dernière volonté
J’étais une équipe gigantesque
Capable de gagner mille matchs
J’étais un géant, j’étais presque
Presqu’aussi fort que Paris Match
J’étais une équipe gigantesque
J’emportais des milliers de gens
J’étais la France, qu’est ce qu’il en reste
Un corps sec pour des arrogants
Ne m’appelez plus jamais Bleue
Les Bleus, ils m’ont laissé tomber
Ne m’appelez plus jamais Bleue
C’est ma dernière volonté
Que le plus grand journal de sport
Ait le courage de me couler
Le cul tourné vers Clairefontaine
Berceau du rêve où je suis né
Ne m’appelez plus jamais Bleue
Les Bleus, ils m’ont laissé tomber
Ne m’appelez plus jamais Bleue
C’est ma dernière volonté
Sujets: Olé | 1 Comment »
Estocade n°28 : Schtroumpfs têtes à claques
Par Toréador | juin 20, 2010
Je ne vois que l’Enfer qui bleuoie…
Le fiasco des (tuniques) Bleus fait regretter le doux temps du pilori. Comment verser une larme sur une équipe qui invoque une couleur et un drapeau comme d’autres présentent un alibi ? Leur maillot n’est qu’un cache-sexe.
Chaussons les lunettes de la lucidité : au royaume de l’argent roi, l’équipe de France est plus une coalition hétéroclite de milliardaires sous pression de juteux sponsors -pas une équipe de football. Les valeurs censées les unir ont depuis longtemps disparu, bouffées par la starisation et la peoplisation.
L’équipe est une équipe sans but, à tous les sens du terme.
Le feuilleton des Bleus(-bite) n’est pas (seulement) affaire de sportifs, mais aussi d’environnement détestable. Il est une magistrale illustration du climat politique actuel. Grosso merdo, il est en train d’arriver à l’équipe de France ce qui est le lot commun des hommes politiques aujourd’hui.
A défaut du virus du sport, nos têtes bleues expérimentent cette maladie transmise par le politique – VIH comme Vengeance, Indiscrétion, Hallali. Vengeance car rivalités des égos pour mieux couvrir la couverture à soi, indiscrétions livrées à la presse, puis hallali médiatique.
Et au final ? Un sélectionneur éberlué qui s’aperçoit qu’on s’intéresse moins aux performances sportives de l’équipe qu’aux ragots et rumeurs. La presse a senti l’odeur de l’hémoglobine et ne fait pas de sentimentalisme – elle brûle ce qu’elle a encensé (Sarkozy et Royal en savent quelque chose) avec la même ferveur qu’un pèlerin à Fatima.
Et la France qui merdoie…
Mais le fiasco des Bleus n’est pas seulement une affaire de sport et une illustration du climat politique actuel. C’est aussi le naufrage d’une idée, celle née en 1998 d’une « France Blanc-Black-Beur » réconciliée avec elle-même. Domenech avait déjà purgé la dimension « beur » en enlevant Ben Harfa, Benzema et Nasri, ce qui était déjà un semi-aveu, certains de ces joueurs étant considérés comme fauteurs de troubles.
Les tensions entre joueurs sont aussi clivées par leurs origines sociales et l’éducation déplorable de certains, dont Anelka est le meilleur exemple. Les bleus sont pour certains des sales gosses, nés dans des ghettos et devenus spectaculairement riches. Comme Labruyère, ils « rendent » à la société les valeurs que celle-ci leur a donnés. Outre les tensions sociales, on n’oubliera pas de citer les suspicions de tensions religieuses entre certains joueurs musulmans et les autres. Bref, ils sont à l’image de notre société actuelle.
Nous avons les gouvernants que nous méritons, et l’équipe de football qui nous correspond. Si notre équipe n’a pas su s’arrêter dans sa longue déchéance, qui a débuté par un acte de tricherie, s’est poursuivi par des polémiques de mœurs, a été entretenu par une écervelée ministre ; Si toute cette merde a fini par se déverser dans la fosse à purin de résultats calamiteux et de règlements de compte en public, c’est parce qu’aucun des protagonistes (du ministre au joueur, en passant par la FIFA et le sélectionneur) n’a plus ce que nos glorieux aïeuls avaient : le respect d’eux-mêmes et des autres, le souci d’être avant de paraître, et surtout la modération et l’humilité comme règles de vie.
A force d’être petits, nos géants bleus sont devenus des schtroumpfs. La fronde d’aujourd’hui contre l’exclusion d’Anelka démontrent que nos stars se sentent propriétaires plus que débiteurs. C’est très bien car quand sonnera l’heure de la défaite, les responsables seront les payeurs.
Tags: Anelka, Bleus, Domenech, France, France Blanc-Black-Beur, Mondial 2010, Soiété
Sujets: Estocade | Commentaires fermés
Olé n°174 : Dead an 18th of June
Par Toréador | juin 19, 2010
On ne m’enlèvera pas de l’idée que pour un « con glorieux » comme Bigeard, casser la pipe un 18 Juin c’était un coup de génie !
Tags: Adieu Bigeard !Sujets: Olé | Commentaires fermés
Banderille n°345 : Les scandales les plus courts sont les meilleurs
Par Toréador | juin 18, 2010
La coupe est pleine
Il y a des coïncidences curieuses : c’est pendant la Coupe du Monde que le gouvernement sort sa réforme des retraites. On va dire que c’est habile.
Il y a d’autres coïncidences plus troublantes. Lorsque les premières « affaires » sont sorties dans le Canard, j’y ai vu une preuve de l’indépendance de la presse et un coup de pied de l’âne au gouvernement. Il y a encore (Dieu merci !) des journalistes d’investigation dans ce pays.
Et puis, chaque semaine, les médias se sont mis à sortir une nouvelle affaire : Estrosi et son appartement de fonction, Boutin et sa rémunération, Amara et son appartement de fonction, Blanc et ses cigares, et aujourd’hui Woerth et Bettancourt. C’est la pêche aux moules.
Prolifération balistique
Cela fait un peu beaucoup en même temps. On dirait un plan de sape méticuleusement préparé pour pourrir l’atmosphère et préparer la campagne de 2012 en décrédibilisant la Droite. Une espèce de revival des 80′s avec les moyens du bord.
Il y a en effet dans ce bombardement, des missiles plus ou moins ajustés. Celui qui frappe Woerth (en pleine coupe du monde, étonnant, non ?) paraît biaisé. Celui de Blanc est un vrai scandale. Celui de Boutin joue sur le populisme poujadiste de temps de crise. Il ne faut pas tout mettre dans le même panier, mais je doute que le citoyen fera la différence.
Est-ce vraiment intelligent d’attiser les dissensions et la méfiance alors que le gouvernement s’est lancé dans une réforme que je trouve salutaire (et courageuse) et que le contexte économique est tendu ?
A qui profite le crime, et qui sont les complices ?
Pour un point de vue sur Kiwis exactement inverse : Hashtable
Tags: Amara, Blanc, Boutin, qualité-du-débat-démocratique, Scandales, Woerth
Sujets: Banderille, Toréador critique littéraire et médiatique | Commentaires fermés
Paso Doble n°179 : La France, parce que nous le wallons bien !
Par Toréador | juin 15, 2010
Le plaie-pays
Vu de France, on a tendance à voir le problème belge avec nos lunettes hexagonales. En gros, les gentils Wallons-qui-parlent-comme-nous sont la minorité fédéraliste et patriote, victime du harcèlement linguististique des méchants Flamands séparatistes et autonomistes. Je caricature à peine .
Quiconque est allé à Bruxelles et a été martyrisé par un serveur flamandophone comprendra de quoi je parle : un sentiment diffus attisé par le retentissement des affaires belgo-belges sur le fameux arrondissement peuplé majoritairement de francophones mais où l’on impose le flamand.
Tout ceci nous renvoie à notre complexe de citadelle assiégée par la mondialisation anglo-saxonne et l’on se prend à comparer ces Wallons aux farouches Québécois qui défendirent dans leurs années 50 et 60 leur culture avec la vigueur que l’on sait au Canada.
C’est un leurre.
En Belgique, les flamands ne sont pas roses – les wallons, si !
L’embroglio belge est en effet d’une essence différente. En premier lieu, elle est la conséquence d’un système institutionnel et politique qui a accentué la séparation des deux communautés. Au lieu de créer des partis unitaires belges, qui auraient pu se présenter dans les trois communautés ou les trois régions autonomes, les partis se sont scindés en branches linguistiques qui n’ont pas les mêmes programmes.
En second lieu, le clivage linguistique s’est également calé sur un clivage politique. La Flandre, plus riche, vote à droite. La Wallonie, plus pauvre, vote à gauche. Les premiers ne veulent plus payer pour les seconds, quelque chose qui rapproche le cas belge de l’Italie avec sa Padanie.
L’irrédentiste gaulois
L’éclatement de la Belgique et le rattachement de la Wallonie à la France ne serait donc pas exempte de retombées politiques intéressantes.
Au Parlement européen, la Belgique, qui ne pèserait plus que 7 millions d’habitants, pourrait prétendre à 17 sièges, soit autant que la Bulgarie, qui a à peu près cette population, au lieu de 22. Ces 5 sièges « francophones » ne seraient pas pour autant récupérés par la France qui, forte de ses 68 millions d’habitants, se verraient néanmoins peut-être forcée de rester à 72 sièges pour ne pas être découplée de l’Italie et du Royaume-Uni.
En revanche, la France gagnerait bel et bien en population puisque ceci consisterait à déverser quelques millions de voix supplémentaires pour la Gauche française (on compte 3,4 millions de Wallons) et ainsi modifier la nature même du pays, très conservateur. Pour information, deux millions de voix séparaient Ségolène Royal de Nicolas Sarkozy en 2007.
Soyons certain que si la Belgique explose, la Droite ne courra pas après un projet paniste !
Tags: Belgique, Flamand, Wallon
Sujets: Paso Doble | Commentaires fermés





Abonnez-vous à ce blog


