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    Banderille n°1 : François B., agriculteur

    Par Toréador | septembre 30, 2006

    Avec un titre comme ça, pour mon premier article-blog, il n’y a pas de quoi déclencher un début de cyber-incendie. Et pourtant, si je vous dis que j’en conclus que François B. et Jean-Marie L. cultivent les mêmes salades sur leur parcelle, je suis certain que vous conviendrez que c’est plus polémique. Il y a de la banderille dans l’air !

    Tout d’abord, je vais m’expliquer car cela ne tombe pas sous le sens : en effet, la situation politique de nos deux gusses est exactement opposée. A ma droite, Jean-Marie L, qu’on ne présente plus. Riche rentier aux domaines conquis de haute main depuis plusieurs décennies, il met en jachère ses terres arables les 4/5èmes de son temps et surgit subitement au domaine quelques mois avant les élections pour en tirer profit.

    A ma gauche, François B. qui est à l’image d’un petit métayer qui aurait repris dans la sueur le champ de ses ancêtres (Giscard entre autres), tentant de valoriser un concept qui n’a jamais vraiment décollé (le centre), mais qui serait pris en étau entre deux propriétés gigantesques dirigées par les deux candidats les plus populaires – Nicolas S. et Ségolène R..

    Comme il est dur d’être petit paysan quand vos voisins sont riches et puissants. Mais quand en plus, ils sont sans gêne ! Chacun de ces deux candidats aime en effet à faire une incursion chez le voisin pour mieux soigner son image. Le brave François se retrouve ainsi propriétaire d’un champ centriste non-clôturé qui sert de sentier de traverse pour Nicolas S. lorsqu’il va cueillir des champignons de gauche ou de balade de santé pour Ségolène R. lorsqu’elle va ramasser des fraises de droite. Clôturer politiquement son champ est bien difficile avec ces deux zigues qui passent leur temps à déplacer les poteaux.

    En plus, le propriétaire des parcelles de gauche n’est pas encore fixé. Le champ est en indivision depuis que le tonton qui vivait là est mort et que son intendant (Lionel), malgré un droit d’inventaire sur la succession, est parti.

    Or, pour François B., ce n’est pas la même chose si son voisin de gauche sera finalement Ségolène R. ou, par exemple, Laurent F. Si ça ne tenait qu’à lui, à choisir, il voterait pour le TSS (Tout sauf Ségolène). En effet, les sondages réalisés pour le Figaro montre que le différentiel de voix pour le candidat Bayrou est de plusieurs points selon qui est le candidat de gauche. Pour faire court, si Ségolène est la candidate, le centre-gauche et même une partie du centre-droit serait tentée de voter pour elle, c’est-à-dire que François B. perdrait 2 à 3 points par rapport au score anticipé dans une hypothèse DSK ou Laurent F.

    Or, deux ou trois points cela suffit à vous faire passer en dessous des 5% des suffrages exprimés, seuil nécessaire pour vous voir rembourser par l’Etat vos frais de campagne. « Fanny, tu passes sous le baby », dirait le joueur de belote méridional. Si François B passe sous le seuil, alors il devra vendre son champ et tristement cesser d’exister politiquement.

    Quel dilemme ! Car comment garantir sa survie alors que sur le plan des idées, ses deux voisins sont assez vagues ? A défaut de pouvoir exister programmatiquement, François B. a développé une stratégie d’opposition institutionnelle… identique à celle de Jean-Marie L : s’attaquer au cartel UMP-PS. Au cas où vous ne seriez pas convaincus par l’analyse, il faut citer lui-même François B qui, en juin, a donné le ton de sa campagne en inventant le concept de « vote protestataire républicain » (Le Figaro du 30 juin 2006)… un peu comme si à l’alternative institutionnelle Droite/Gauche, le candidat centriste superposait une nouvelle alternative Protestation républicaine/Protestation non-républicaine.

    Qu’on en juge : le 18 septembre 2006, François explique dans le Nouvel Observateur que Ségolène Sarkozy et Nicolas Royal (pardon l’inverse) se « copient sans cesse », chacun « prenant les mots de l’autre ». Jean-Marie Le Pen, lui, expliquait que droite et gauche étaient « bonnet blanc et blanc bonnet ». La semaine d’avant, François B. attaque la collusion « pouvoir-argent-médias », une diatribe digne du « petit contre le grand » qui rappelle le « mains propres, tête haute » de Jean-Marie L. Début Septembre, François B. parle même de « briser le monopole à deux de l’UMP et du PS », ce que le hérault de la troisième force rêve d’accomplir depuis vingt ans. Mi-Juin, il dénonçait également une régime « en fin de course », écho des diatribes de Jean-Marie LP sur la décadence des institutions.

    C’est ainsi que la présidentielle 2007 réussit le tour de force d’avoir deux challengers qui se copient, et deux outsiders qui le leur reprochent tout en se volant mutuellement les idées de critique.

     

    Alors intox ou pas ? jouons un peu …

    Qui a dit ou écrit :

    « Je veux abattre le mur de Berlin droite/gauche »

    « Je suis le rassembleur de tous les déçus du système UMPS »

    « (Il faut) donner un coup de pied au cul au système et proposer à la France de se débarrasser d’un coup de la connerie de l’apartheid (droite/gauche) »

    « Je suis le candidat de l’alternative »

    C’est bon ?

    Réfléchi ?

    Solutions : F.B, JMLP, FB, JMLP….

    Quand je vous disais que c’était difficile !

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 1 Comment »

    Une réponse “Banderille n°1 : François B., agriculteur”

    1. “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” » Joyeux anniversaire Toreador ! Says:
      septembre 30th, 2007 at 12:42

      [...] y a un an, le 30 septembre, à 12.42 exactement, je publiais ma première banderille, dédiée à François Bayrou, agriculteur. Environ 334 billets plus tard (soit quasiment 1/jour, [...]

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