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Olé n°1 : Le général Nicolas face aux trois lois psychologiques
Par Toréador | septembre 30, 2006
Il y a un mystère Sarkozy, voire même une fascination médiatique pour le favori des sondages et des discussions sur la blogosphère. Pour l’instant, ces cinq dernières années font penser à la foudroyante avancée d’une armée, partie petite du fond des marais putrides de l’anonymat, pour devenir une impressionnante cohorte partie à l’assaut de la dernière place-forte de la Chiraquie : le château de l’Elysée…
Alors que le général Sarkozy a réussi pratiquement un sans-faute – c’est à dire qu’il jouit de manière ininterrompue d’une forte popularité à droite malgré l’usure du pouvoir; Alors qu’il a réchappé de nombreuses tentatives d’assassinat (politique) comme Clairstream; Alors qu’il caracole désormais sur le chemin des champs-élysées (dans les sondages) et que sur son passage les barons de la droite viennent lui prêter allégeance, il doit maintenant préparer la bataille décisive. Lui qui a pris sans coup férir les principales places-fortes de Chiraquie (la citadelle d’UMP-sur-finances, noeud stratégique du chemin vers l’Elysée; le pont fortifié de Villepin-en-Matignon qui menaçait de l’emporter dans sa chute, pour ne citer que ces deux batailles victorieuses), il doit faire face à un tout autre problème : le château de l’Elysée se prend avec l’aval du peuple… Il doit être accueilli en libérateur pour qu’on lui ouvre grandes les portes.
Nicolas S. a pour lui les moyens financiers, la popularité, l’énergie, les idées, mais doit faire face à quelque chose de plus sournois : son profil ne correspond pas du tout à ce que l’Histoire a finalement reconnu victorieux in fine. Il doit parvenir à briser les trois lois psychologiques fondamentales d’accession à la présidence de la République.
Première loi fondamentale : « Seul le faible l’emportera, parti de rien, après une longue traversée du désert »
Effectivement, l’analyse des précédentes campagnes montre que le bon peuple François est sadique. Il aime que ses maîtres aient rampé et souffert, sans doute un des plus beaux vestiges du catholicisme autrefois prégnant : il faut souffrir pour être sauvé. Qu’on en juge : de Gaulle avait patienté 12 ans loin des ors de la république, Pompidou avait été exilé un an par de Gaulle, François Mitterrand n’avait pas participé au gouvernement de la France pendant 23 ans et Jacques Chirac ne pesait plus rien en 1995, lorsqu’il annonça sa candidature, au sortir de 2 ans d’éloignement. La seule exception fut Valery Giscard d’Estaing, qui fut aussi le seul à ne pas être réélu…
Seconde loi corrolaire : « Nul ne passera directement du gouvernement à l’Elysée »
Et oui ! Cela porte malheur, puisqu’il faut être au fond du trou pour l’emporter. On peut expliquer cette seconde loi, corrolaire de la première, par le fait que le gouvernement use médiatiquement et qu’une élection coïncide avec un besoin de têtes nouvelles. VGE excepté, la transition est donc très difficile : Alain Poher, président par intérim après le départ de de Gaulle, est battu en 1969 par Pompidou l’outsider; Pierre Messmer, premier ministre en 1974, dût renoncer à se présenter; Jacques Chirac, premier ministre de 1986 à 1988, fut battu par F.Mitterrand; Edouard Balladur, premier ministre de 1993-1995, fut finalement écrasé par J.Chirac alors qu’il était pourtant le grand favori des sondages; Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002, ne put même pas participer au second tour de l’élection présidentielle.
Troisième loi fondamentale : « La France de la chataîgne plutôt que celle du métro »
Effectivement, les campagnes présidentielles ont toujours été gagnées par des candidats qui, artificiellement ou réellement, communiaient avec la France rurale, terrienne, celle de la chataîgne et des vendanges. Les candidats « glossy », médiatiques, urbains, n’ont jamais remporté l’élection. Or, s’il y a bien un qualificatif qu’on ne peut pas attribuer à Nicolas Sarkozy, c’est celui de « barrésien » : les racines profondes, le vieux chêne, le fromage qui sent bon, ce n’est pas trop son rayon. Il n’y a qu’à voir les profils de ses prédécesseurs : de Gaulle (Colombey-les-deux-églises, ou le Nord du pays, plat, froid et austère); Pompidou et son image rassurante, issu d’une famille d’enseignants du Cantal et prototype de la méritocratie républicaine; Valery Giscard d’Estaing, dont le fief traditionnel a toujours été l’Auvergne et ses volcans; François Mitterrand, sénateur de la Nièvre et maire Chateau-Chinon; Jacques Chirac et la Corrèze, qui fait campagne sur la pomme (Mère Nature, la sécurité, la tranquillité…).
La rupture n’est donc pas seulement politique, mais également psychologique. Nicolas Sarkozy doit prouver à un peuple françois volontiers frondeur (décapiter les puissants pour élever le Tiers-Etat), méfiant à l’égard de « l’homme des villes » (l’authentique, c’est la campagne : « la terre, elle ne ment pas », etc, etc…) et encore plus à l’égard de Paris, qu’un homme de gouvernement, au nom pas franchouillard pour un sou, médiatique et issu de la petite couronne parisienne (et même pas une banlieue pauvre : la plus riche en plus !), pourra communier avec elle, la comprendre et la rassurer. Rude enjeu.
Tags: Sarkozy-Sondage
Sujets: Olé | 2 Comments »





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février 2nd, 2007 at 22:45
tramadol…
news…
mai 6th, 2007 at 20:21
[...] fais ici référence à mon tout premier olé, dans lequel je décrivais le défi psychologique qui attendait le candidat de l’UMP. Nicolas Sarkozy vient de pulvériser par sa seule [...]