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Banderille n°12 : Les faux-débats (II) : Le combat pour la « Liberté »
Par Toréador | novembre 25, 2006
Parfois, on se croirait dans Nabuccho, ce sublime opéra de Verdi où retentit le « chant des esclaves ». Plutôt que d’aligner des idées cohérentes, des programmes, des projets, chaque candidat y va de son petit lamento personnel sur les vexations, menaces, méchancetés dont il est victime. Une sorte de théorie du complot à grande échelle dont les caractéristiques sont invariantes (« De l’air ! On m’empêche de m’exprimer ! ») mais dont la victime change suivant les points de vue.
Bref, à les entendre, notre Démocratie n’aurait plus suffisamment d’oxygène.
Ô drame ! Ô Desespoir ! Ô politique Ennemie !
N’ai-je donc point vécu que pour cette asphyxie !
Petit tour d’horizon du sport national, la « martyrologie » politique…
Jean-Marie, le Grand Banni National
« Comme à chaque autre échéance, il annonce qu’il n’aura pas ses signatures de manière à mettre en scène la victimisation dont il prétend être l’objet » expliquait récemment Bayrou. C’est vrai que coté victimisation en boucle, François y connaît un rayon (voir plus loin). Mais on ne saurait oublier que la victimisation est effectivement l’un des points majeurs de la stratégie de Jean-Marie. Comme il y a la « Grande Cause Nationale », la France a un « Grand Banni National », un Victor Hugo des temps modernes exilé non pas sur l’île de Jersey mais à Saint-Cloud, le talent d’écrivain en moins. Ainsi, au moment du référendum sur la constitution, exclu des consultations menées par Jacques Chirac auprès des partis politiques représentés au Parlement français sur la future Constitution européenne, le capitaine (du Paquebot) avait dénoncé « une attitude odieuse » dans une lettre envoyée, le 31 octobre 2003 au chef de l’Etat. Pour mémoire, en mai 2002, le président du FN avait accusé le RPR de bloquer les parrainages en sa faveur pour faire monter le score de Jacques Chirac. Jean-Marie Le Pen affirmait qu’il lui manquait 80 parrainages d’élus pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle. « Si je ne les avais pas, dit-il, ça ferait grand bruit. On n’élimine pas quelqu’un qui a fait deux fois 4,5 millions de voix. ». Diable « éliminer »… Qui veut éliminer le Diable ? Jean-Marie, le « Roger Rabbit » de la Présidentielle ! Au passage, un récent sondage yahoo (http://fr.news.yahoo.com/presidentielle/sondages-yahoo.html) montre que 57% des internautes considèrent que Le Pen doit être parrainé.
Ségolène, la Blandine du Poitou
N’attaquez pas Blandine car sinon vous êtes un lion avide et affamé ! Laurent F. et DSK en savent quelque chose puisque l’un et l’autre ont été accusés de s’être montrés machistes, avec des propos pour le moins réducteurs. Ségolène R. a fini par dire « stop » aux attaques personnelles. Mais avant elle, ses séides avaient entretenu le mythe du complot interne au PS faisant le jeu de l’extérieur : « La coalition des éléphants qui reconstitue le gouvernement du 21 avril 2002 multiplie les attaques contre Ségolène Royal, entreprenant une stratégie de destruction lente et méthodique (…) la plupart des attaques, d’ailleurs, sont immédiatement reprises par Nicolas Sarkozy dans les mêmes termes. Il est temps que cela cesse » avait affirmé en septembre Montebourg le 15 septembre dans Ouest France… N’attaquez pas la fée clochette, ô capitaines crochet !
Bayrou, le David du Bearn (ou « Petit Martyr à Eclipse »)
Bayrou adore se poser en petit entrepreneur (Le « P.M.E ») qui affronterait Mac Royal et Nico Cola. Il dénonce ainsi une surexposition des deux chouchous des sondages. « Il y a des puissances très importantes qui, en particulier, ont des intérêts dans les médias, et qui poussent à ce choix tout fait : Nicolas Sarkozy d’un côté, Ségolène Royal de l’autre » (Le Monde, septembre 2006). De quoi sous-entendre que le complot rôde, non loin. Le David du Bearn n’est pas très original, à l’image du Grand Banni National (GBN) : en Janvier 2002, le PME dans ses voeux à la presse dénonçait déjà l’attitude dominatrice du RPR : « Je fais une prédiction dont j’espère qu’elle sera démentie dans les faits : au moment du choix final, le pluralisme de la gauche sera son atout, et, à droite, l’entreprise obstinée pour empêcher le pluralisme se révélera, ou se révélerait, une faiblesse tragique », avait-il indiqué. Moi, j’ai toujours trouvé ça particulièrement con comme concept le fait que le pluralisme soit forcément proportionnel au nombre de partis et de candidats. Regardez le Royaume-Uni qui a trois partis…pluralistes !
Michèle (ma belle), la baillonnée
Sur clairstream, MAM a quant à elle déclaré « Je suis une cible aussi parce que l’on parle de moi pour un certain nombre de postes » (mai 2006). Récemment, sifflée au conseil National de l’UMP, elle prévient : « »Personne ne me fera taire ». Et oui, car on veut lui enlever la démocratie. Elle gêne MAM, c’est bien connue. Si on la retrouve un jour pendue à un chêne avec dans le sang un élément toxique radioactif, on saura toujours où chercher le coupable…
Nicolas, le repoussoir
Selon Nicolas, tout est bon à Dominique de Villepin pour casser du Sarkozy. L’acharnement du Premier ministre est tel que l’on finit par se dire qu’il pourrait bien avoir pataugé dans l’affaire Clearstream pour tenter de couler la candidature de Nicolas Sarkozy, puisque tous les moyens paraissent bons pour l’éliminer. Nicolas a pourtant usé et abusé de la victimisation, notamment avec Jacques C et même avant. Souvenez vous du « Tous Sauf Sarkzy ». Le 3 décembre 2002, Nicolas Sarkozy, devant les élus parisiens, avait chargé Alain Juppé après l’éviction de son bras droit, Brice Hortefeux, de la direction de l’UMP : » Aucune ambition ne sera satisfaite sur la division, sur le sectarisme et sur la fermeture ». C’est fou, car ce sont les mêmes mots qu’on lui retourne aujourd’hui !
La vie politique est décidément une jungle asphyxiante où tous ces beaux esprits peinent à faire entendre leur voix… Alors, passant, aie une petite pensée pour ces pauvres hères qu’ils sont et offre-leur ta voix !

Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite, Toréador critique la Gauche | 2 Comments »





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décembre 4th, 2007 at 15:01
[...] (ô surprise !). On apprend qu’elle n’est ni Blandine (comme je l’avais moi-même surnommé), ni la Vierge (idem), ni Jeanne d’Arc (décidément, j’ai moi-aussi écumé les [...]
juillet 14th, 2008 at 0:26
Tiens, alors qu’un bot (semble-t-il) vient nous filer des liens douteux sur des vieux articles, je constate que cet article est assez d’actualité (je viens d’en parler sur mon blog ^^), avec le cambriolage de Ségolène. À court d’idées de fond, les hommes politiques se laissent aller à la facilité et accusent, au lieu de dérouler une argumentation claire et éclairée. Mais je dois avouer que ça fait loooooongtemps que je n’ai plus entendu telle argumentation, ni dans la bouche de Ségolène, ni d’un autre, socialiste, UMPiste ou autre. Comme quoi les règles de la politique finissent par en être prévisibles… lorsqu’on se lassera, on finira par prôner l’abstention ! ^^ Enfin, moi, je m’en foutrai et je voterai socialiste par défaut, sans réfléchir.