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Banderille n°29: Ken Sarkozy et Barbie Royal, les liaisons dangereuses
Par Toréador | décembre 25, 2006
Incroyable. Quand les fautes d’orthographe sont les seules à différencier Ségolène de Nicolas !
Récemment, j’avais fait une analyse en ligne du discours de Nicolas S. Par souci d’équité, j’avais décidé ce matin de conduire la même analyse sur le discours du 20 décembre à Strasbourg de Ségolène R. Et bien, figurez-vous que les ressemblances de style et parfois même de fond étaient si troublantes que j’ai décidé de faire une banderille commune. Voilà qui ne va pas contribuer au moulin de ceux qui assurent que le clivage droite/gauche est réel, au moins dans le langage.
Voici, donc le jeu des 5 erreurs !
Au début, ça commence par des petites convergences de forme. C’est marrant quand ça touche à des slogans qui a priori sont affichés et revendiqués par l’un des deux candidats, comme par exemple la chasse au renoncement :
Erreur n°1
Nicolas S. :
« Je veux lui dire qu’il n’y a aucune fatalité à l’injustice et au malheur.Je veux lui dire que l’avenir sera ce que nous saurons en faire. Je veux lui proposer de renoncer au renoncement ».
Ségolène R. :
« Et je crois qu’il est important de redire ici un message politique extrêmement ferme : il n’y a aucune fatalité. Je refuse ce renoncement ».
Ou quand cela touche à la « détermination » des candidats d’incarner la nouveauté :
Erreur n°2:
Nicolas S.:
« Nous devons changer profondément notre façon de faire de la politique, de concevoir nos politiques, de mettre en œuvre la politique de la France ».
Ségolène R.:
« Nous avons aujourd’hui besoin d’un changement majeur dans la manière de concevoir le rôle et l’intervention de la puissance publique »
Lorsque néanmoins les ressemblances se déplacent sur le fond, y compris sur les exemples cités, cela met franchement mal à l’aise : seules la faute d’orthographe sur Alstom (Désirs d’Avenir devrait modérer l’orthographe de Madame R…) différencie les deux candidats…
Erreur n°3:
Ségolène R. :
« Je souhaite que l’Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions en effet mettre en place des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie.Et comme l’on dit tout à l’heure les salariés d’Alsthom, j’ai regardé attentivement comment cela se faisait, que Bombardier avait gagné l’appel d’offre et que malheureusement il y a des règles. Et bien il y a des continents qui sont moins naïfs que d’autres, qui font du dumping et qui peuvent ainsi se présenter avec des prix inférieurs (…) nous mettrons à plat ce qui se passe dans les autres continents, au 1er rang desquels les Etats-Unis, qui savent fort bien tenir un discours ultra-libéral, mais fort bien organiser des protections sous des prétextes divers et variés, ayant traits à des formes de fabrication, à des contraintes, à des contenus divers et variés, à des brevets. Alors, l’Europe devra cesser d’être naïve. Oui, l’Europe devra être un espace de protection, parce que si nous voulons sauver notre modèle social, alors nous devrons sortir de cette naïveté et utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, nos salariés, notre industrie, tout en restant bien évidemment ouvert sur le monde mais à armes égales ».
Nicolas S.:
« L’Europe ne doit ouvrir ses marchés que si les autres le font en même temps que nous, de la même façon que nous, aussi profondément que nous. Je crois dans l’Europe mais dans celle qui protège, pas dans celle qui inquiète. Le libre-échange ne peut pas être un dogme. (…) La concurrence a d’immenses vertus mais elle ne peut pas tout régler. La concurrence sans règle tue la concurrence et condamne à l’impuissance. L’Europe de la concurrence sans limite est celle de l’impuissance politique et de l’impuissance économique. L’Europe est la seule région du monde où les politiques industrielles sont interdites. Pour sauver Alstom, j’ai dû me rendre à 4 reprises devant la commission européenne. Elle aurait dû m’aider, pas me combattre. L’Europe est la seule région du monde où les lois de la concurrence livrent les entreprises aux prédateurs du monde entier parce qu’elles les empêchent de fusionner et parce qu’elles interdisent aux Etats de les aider. Même aux Etats-Unis l’Etat a plus de marges de manœuvre pour intervenir dans l’économie que n’en ont les Etats européens.(…) Vous savez mieux que quiconque que dans ce domaine la naïveté n’est pas de mise. Vous connaissez ces prédateurs qui s’emparent d’une entreprise, la vident de tous ses actifs et rentrent chez eux fortune faite en ne laissant qu’une coquille vide et des salariés sur le carreau ».
Erreur n°4:
Nicolas S. :
« Je propose d’investir massivement dans l’enseignement supérieur et dans la recherche après avoir donné à nos universités une plus grande autonomie. »
Ségolène R. :
« Et la France devra dès 2007 déclencher un vaste plan, un plan massif « Pour l’innovation et la recherche, développer les partenariats entre la recherche publique et privée, créer un statut européen du chercheur qui évitera aux jeunes chercheurs de partir vers les Etats-Unis. »
Erreur n°5:
Ségolène R.
« Les banques devront jouer leur rôle et aider les entreprises à prendre leurs risques. L’Etat pourra se porter garant, la puissance publique pourra se porter garante, mais c’est quand chacun est à sa place et fait son travail que nous pourrons relancer en France l’esprit d’entreprendre. »
Nicolas S. :
« Je propose de donner aux Français la possibilité de s’endetter davantage pour investir. Il faut donner à tous ceux qui ont des projets les moyens de les financer grâce à du capital risque public, à des prêts à taux zéro, à un système de cautionnement public qui mutualise les risques et qui permette à ceux qui ne peuvent pas apporter de garanties d’accéder au crédit. »
Bref, ça laisse songeur. Les deux candidats auraient-ils les mêmes nègres ? Pour finir un petit jeu. Voici un texte qui débute en Sarkozy et termine en Royal. Saurez vous trouver la césure ?
« Donner toujours raison aux emballements du marché, sacrifier le long terme au court terme, l’industrie à une exigence de rentabilité déraisonnable et l’emploi aux seuls cours de Bourse est un renoncement. Ce renoncement donne le pouvoir aux prédateurs au détriment des entrepreneurs. Il fait passer la spéculation avant la production. Or je veux être celui qui soutient les entrepreneurs et encourage la production, car il nous faut créer de la richesse si nous voulons faire reculer la pauvreté, la précarité, l’exclusion.(…) La religion du libre-échange absolu est un renoncement (…) Le laisser faire, le laisser aller, ça ne marche pas. On le sait maintenant. Il est temps que la volonté politique reprenne la main pour bâtir un ordre économique juste et des sécurités sociales durables qui l’emportent sur les dérives d’un capitalisme spéculatif qui choisit la rente contre l’investissement ».
Tags: candidature, discours, droite, gauche, nicolas, politique, présidentielles, PS, Royal, Royal-Gauche-Droite, sarkozy, umpSujets: Banderille, Toréador critique la Droite, Toréador critique la Gauche | 7 Comments »





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décembre 25th, 2006 at 13:17
salut toréador. Je venais chercher l’estimation de vote que vous promettez sur mon blog. Je ne dois pas être très doué. Pouvez vous l’exporter vers mon blog ? Je crois que ca participe au débat… Merci. Bravo pour ces banderilles acérées et bon noel.
décembre 25th, 2006 at 16:36
« La religion du libre échange absolu……… devrait être le début de la prose du SARkhomeïni.
Pour le reste, bien sûr qu’ils disent la même chose, puisqu’ils utilisent les mêmes sources.
décembre 25th, 2006 at 18:22
Bravo Gilbert : vous avez quasiment inversé les bons auteurs !!!
décembre 26th, 2006 at 12:19
Bon d’un autre côté que voulez-vous qu’ils disent? Ils ne vont pas se déclarer pour l’abolition de la République, augmenter la fracture sociale etc…
L’heure est à convaincre sur sa personne et son charisme ; peut être qu’avant le premier tour on aura droit à un peu de fond… sans le toucher… le fond!
décembre 28th, 2006 at 16:38
Jouons ensemble.
Je dirais que Ségo démarre à « car il nous faut créer… » simplement parce que c’est là que j’ai commencé à avoir des larmes aux yeux.
Ca en dit long sur le social-libéralisme de l’une et le libéralisme social de l’autre. C’est clair, Marie-George se démarque.
décembre 28th, 2006 at 19:51
Et bien cher ami, Nicolas S. te fait pleurer un peu !
Toreador
octobre 21st, 2007 at 12:45
[...] séparation. La défaite ou la réussite n’y ont rien changé : chacun des deux a divorcé. Barbie et Ken jusqu’au bout [...]