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Estocade n°8 : Dupont-Aignant, la chute du mouton noir
Par Toréador | mars 16, 2007

« Il ne manquait personne, pas même les deux mignonnes, les deux jolies licornes… »
… Si, un mouton manque à l’appel ! Il est le grand perdant de cette journée des parrainages. L’arche de Noë du conseil Constitutionnel a bien un couple de loups, un vieux renard, un fou de Bassan, une chèvre, une belette … mais pas de mouton noir.
Les pressions de la direction de l’UMP auront donc été fermes, mais finalement assez conciliantes pour les animaux sauvages (Le Pen, Besancenot), mais aucune pitié n’a sauvé NDA, le vilain petit canard, le mouton noir du troupeau UMP, « l’autre Nicolas ». Tous ses amis moutons qui bêlent de plaisir derrière le grand-mouton-en-chef (photo ici) en chemin vers la victoire l’ont laissé tomber… Il a disparu derrière un monticule…et on ne l’a jamais retrouvé…
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Couchée, la République !
Récemment, sur son blog, le futur-ex-candidat racontait un témoignage d’élu UMP : « Si je vous parraine, je suis mort : je voterai pour vous mais, comprenez que les élections cantonales sont en mars 2008 et que si je vous parraine, l’UMP prendra ce prétexte pour me refuser l’investiture et soutenir à ma place un homme beaucoup plus docile que moi, beaucoup moins gaulliste mais qui leur rendra service en toute occasion. »
Ca vous donne l’ambiance. La brebis galeuse, la seule qui osa se révolter contre le chef de meute, et qui préféra quitter son parti qu’abandonner ses idées, a donc été abattue d’un coup de fusil. Son acte de courage était l’un des seuls actes de la campagne que j’avais jusqu’ici salué : visiblement, cela ne lui a pas porté chance.
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Chêne à la découpe
Que dire, donc, sur la fin prématurée de l’ambition de NDA ? Premièrement, que pour la première fois de l’histoire de la Vème République, le gaullisme, cet espèce de bonapartisme de droite aux émanations sociales, ne sera pas représenté*. Gène du serial-killer ? Chirac a étouffé Villepin, Sarkozy a flingué Dupont-Aignant.
Deuxièmement, que c’est un résultat paradoxal : à l’heure où de Gaulle n’a jamais été aussi populaire, les quatre candidats les plus hauts dans les sondages sont tous à leur manière des anti-de Gaulle.
Troisièmement, que néanmoins, cette estocade-là n’est pas mortelle. NDA est jeune et en politique, la résurrection arrive bien plus souvent que dans la Bible.
Quatrièmement, que les tenants du NON à droite au référendum en seront pour leurs frais : il ne leur reste que des candidats protestataires, à droite, comme à gauche, les « centristes du Non » (Fabius, Dupont-Aignant, ou même MAM) ayant été tous éliminés.
En attendant, pour l’hiver, Nicolas Sarkozy aura un joli plaid en mouton noir pour lui tenir chaud…
*Remarquez, en face, le socialisme non plus n’est pas vraiment représenté…
Tags: campagne, démocratie, Dupont-Aignant, parrainages, sarkozy, umpSujets: Estocade | 10 Comments »





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mars 17th, 2007 at 0:26
C’est vrai que le gaullisme est à classer d’urgence dans les espèces protégées . Les ultimes spécimens ne sont pas foncièrement antipathiques, mais issus de cultures en économie volontariste semi-administrée des années 60, ils peinent à s’adapter aux climats plus ‘globalisés’ du XXI ième siécle.
Que nous en reste-t-il ? Juste une phrase » Toute ma vie , je me suis fait une certaine idée de la France » (de mémoire …) . On ne sais pas trop laquelle , mais on sens qu’elle est belle et élancée , et on la partage. On ne sais pas trop ce qu’il y a dedans, mais on la sent large et puissante, capable de tous nous rassembler sur l’essentiel , contre personne, juste pour nous .
Donc juste une idée qui nous propose de penser, de passer par la France (celle avec la majuscule) pour arriver à toi, à moi et à tous les autres . Juste une idée d’un autre chemin . A proteger pour le jour où ça reservira.
mars 17th, 2007 at 0:33
Voilà un commentaire qui ne va pas faire plaisir à Malakine
mars 17th, 2007 at 6:30
Et si NDA avait reculé pour cause de difficulté de financement de sa campagne ?
Son retrait évite ainsi d’aller pleurer à l’UMP le remboursement de sa campagne comme l’avait fait De Villiers à l’époque
NDA a encore de l’avenir devant lui. Avec de la bouteille, un peu de charisme, un peu plus de souplesse et s’il fait preuve d’intelligence politique, il saura rebondir.
Il lui faut déjà regagner sa circonscription !
PS
De Villiers les a eu car il prend des voix à Le Pen tandis que NDA les prenait à NS.
mars 17th, 2007 at 9:37
Chirac-Sarkozy, le duo terrible qui aura enterré politiquement le Général, tout en se revendiquant de lui à cor et à cri. C’est finalement quelque chose de commun en politique, que ce soit à gauche ou à droite: Staline n’a-t-il pas tué Lénine tout en se posant en protecteur de sa révolution? NDA était un danger pour Sarkozy, dont je ne suis pas certain qu’il fasse un bon calcul en pensant que Villiers prendra des voix seulement à le Pen.
D’une certaine façon c’est une étape de plus dans la mort des idéologies massives héritées de l’époque industrielle. Aujourd’hui il semblerait qu’on ait une explosion de mini-courants, chacun ayant sa micro-idéologie et bien sûr ça rend le travail des candidats plus compliqué. Et finalement ça fait craquer le modèle de la démocratie représentative de partout; reste à voir comment le réformer sans jeter le bébé avec l’eau du bain.
D.
mars 17th, 2007 at 16:30
Qu’est ce que le gaullisme?
La difficulté de définir le gaullisme a trois causes principales : le gaullisme possède plusieurs dimensions : historique, philosophique, politique.
En tant que fait historique, le gaullisme renvoie à la Résistance et à la France Libre (1940-1944). Les références sont Jeanne d’Arc, Gambetta et le gouvernement de Défense nationale en 1870, Clémenceau, etc. Le gaullisme historique est celui des Compagnons de la Libération.
En tant que philosophie, le gaullisme se caractérise par :
-le volontarisme contre le fatalisme
-l’action contre la contemplation
-la légitimité supérieure à la légalité
Cette philosophie gaulliste est proche de celle de l’officier communard Louis Rossel. Le gaullisme philosophique est celui des gaullistes épiques (André Malraux, Maurice Druon, etc.). Le gaullisme philosophique pose une question essentielle : qu’est-ce qui est légitime et qu’est-ce qui ne l’est pas ? C’est en effet au nom d’une même philosophie que d’anciens résistants ont participé au combat antigaulliste pour l’Algérie française (Georges Bidault, Raoul Salan, etc.). C’est donc bien que le gaullisme ce n’est pas seulement la référence à une philosophie, mais que c’est également la réalisation de certaines idées, la référence à certains principes, bref une doctrine politique.
En tant qu’action politique (1944-1946 ; 1958-1969), le gaullisme se caractérise par :
-les institutions de la Vème République
-le pragmatisme économique et social
-la décolonisation
-la réconciliation franco-allemande (construction européenne)
Le néo-gaullisme pragmatique a été incarné autrefois par Georges Pompidou, puis Edouard Balladur,et l’est actuellement par Nicolas Sarkozy. Il commémore l’action politique de Charles de Gaulle et définit le gaullisme comme un pragmatisme. Le néo-gaullisme pragmatique pose une question essentielle : vers quel but ce pragmatisme tend-il ? Un pragmatisme sans but ne serait en effet qu’un opportunisme et une simple récupération de la référence gaulliste sans contenu. Pour certains le but de ce néo-pragmatisme est la grandeur et l’indépendance de la France, fin ultime du politique vers lequel tout doit tendre sans a priori doctrinal. Le problème d’une telle définition du gaullisme c’est qu’elle permet à une partie de l’extrême-droite nationaliste de récupérer la référence au gaullisme. C’est donc bien que le gaullisme ce n’est pas seulement la réalisation de la grandeur et de l’indépendance de la France mais que c’est également la réalisation de certaines idées, la référence à certains principes, bref une doctrine politique.
En tant que doctrine politique, le gaullisme se caractérise par :
-la participation qui se décompose en une macro-participation renvoyant aux institutions gaulliennes de la démocratie représentative et directe; et une micro-participation renvoyant à la participation dans l’entreprise à travers le projet d’association capital-travail (troisième voie sociale : ni capitalisme ultra-libéral, ni socialisme marxiste).
-le nationalisme républicain qui se caractérise par l’indépendance nationale et européenne d’une part, le républicanisme (liberté, égalité, fraternité des citoyens) d’autre part.
Nicolas Dupont-Aignan a fait le choix du gaullisme orthodoxe au risque de sacrifier l’effacité économique et la justice sociale, et par la même le but ultime de l’indépendance et de la grandeur de la France!
Le « plus gaulliste » si j’ose m’exprimer ainsi est finalement Nicolas Sarkozy. Sa foi en l’action pragmatique, en l’Etat-Nation, mais aussi en l’Europe, en la troisième voie sociale-libérale, et en la République nous montre depuis quelques années maintenant un homme politique qui n’a pas seulement un projet de société mais un projet national pour la France!
mars 17th, 2007 at 17:14
oh, un troll…
mars 17th, 2007 at 20:01
Concernant le point 4 : en tout cas et une fois de plus on constate que l’Europe n’est pas un sujet de campagne. Après le référendum on promettait un changement de cap des partis, une redistribution du jeu politique (Fabius se voyait déjà président), mais au final : rien! Preuve selon moi que le NON était plutôt destiné aux politiciens français qu’à autre chose ou qu’à quelqu’un d’autre.
mars 19th, 2007 at 10:49
Merci Toréador d’avoir eu l’honnêteté de montrer comment l’homme le plus sincère et avec 101 propositions qui ne devaient pas déplaire à Emmanuel TODD à été éliminé non sur le contenu de ses propositions, mais par un jeu méprisable.
Quand à l’avis de muleta et de xavier, c’est aussi celui de ma voisine du dessous, 81 ans, charmante, mais tout compte fait je préfère le cheminement intellectuel de TODD.
mars 19th, 2007 at 15:58
Le commentaire de muleta ne suscite pas en moi ce que Toréador a anticipé. Je le trouve au contraire très juste quand il dit que le gaullisme est issue d’une culture nostalgique des années d »économie administrées qui peine à s’adapter à la globalisation.
C’est tout à fait juste, mais ce n’est pas dans ce sens qu’il faut voir le problème.
« nous », souverainistes de droite ou de gauche, nous pensons que la globalisation et le libre échange sont à l’origine de bien des problèmes. Nous considérons cette modernité non pas comme un évolution historique qui traduirait une forme de « modernité » mais comme le fruit d’une idéologie consolidée par 20 ans de pensée unique politique et économique.
Contrairement à ce que pense muleta, nous avons intégré cette nouvelle donne bien plus que les partis classiques, qui faute de doctrine politique sont réduit à faire du marketing électoral. Le problème, c’est que ces idées sont tellement ancrées dans l’esprit des bien pensant que nous n’arrivons pas à nous faire entendre.
Mais n’enterrons pas trop vite le volonarisme en politique et l’idée de souveraineté en économie. Ces idées sont très puissamment ancrée dans la population et en particulier dans les classes populaires.
Malheureusement, ces idées, au lieu d’être représentées par Chevènement, Dupont Aignan ou même Fabius, comme les vrais républicains (ou gaullistes) l’ont souhaité, le seront dans cette campagne uniquement par Le Pen ou Villiers, qui en sont des formes dévoyées. Il ne faudra pas s’étonner une nouvelle fois si un nouveau séisme se produit le 22 avril.
Et puis, cette sensibiilité est à l’oeuvre dans les deux camps, au travers de JPC auprès de Ségolène, de Guaino auprès de Sarkozy, d’Emmanuel Todd dans le champ intellectuel et peut-être demain de NDA auprès de Bayrou.
Cette sensibilité est profondément ancré dans le tempéramment national. Elle arrivera à s’imposer d’une manière ou d’une autre. Simplement parce que nous sommes une République et que le Peuple refuse de plier à la bien pensance économique qui dit que le libre échange nous enrichit ou à la lâcheté en politique qui veut nous faire croire que les Etats ne peuvent plus rien.
Il ne faut surtout pas déduire de l’absence de candidat « spécifiquement gaulliste » lors de cette élection, la disparition de ce courant de pensée.
novembre 26th, 2008 at 17:57
[...] ans (déjà !) commenté comment Dupont-Aignant, dont j’avais salué le courage, avait été abattu en plein vol par Sarkozy. Grâce à ce petit meurtre politique, le petit Nicolas avait pu préempter grâce à [...]