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    Banderille n°111 : Je t’aime, moi non plus

    Par Toréador | avril 25, 2007

    Projet et Projet sont dans un bateau

    La politique est un art de compromis(sion), nous le savons tous. Mais il faut avouer que le spectacle donné par les deux candidats – appelons les « projet » et « projet » pour bien les différencier (d’où « une élection « projet contre projet »") – est particulièrement pitoyable. Coup de (gains)barre…

    ***********************

    Ce qui est vice le 20 avril devient vertu le 22

    Souvenez vous d’il y a quinze jours. Pour Ségolène R., l’ouverture rocardienne était une « trahison ». Désormais, c’est une « occasion historique de changer la donne« , la possibilité de créer une majorité « arc en ciel » (avec un trésor en dessous ?), avec même des désistements mutuels PS/UDF, voire des ministres UDF dans un gouvernement PS (une bonne occase pour la dizaine d’UDF qui n’ont pas quitté encore François B. car cela veut dire quasiment une chance sur 10 d’être au gouvernement !).

    Question innocente : N’était-ce pas la même Ségolène R. qui s’était exclamé « François B. a toujours été de droite ». Mais c’est donc l’Union Nationale que nous propose le PS, une majorité qui irait des trotskistes à la Droite ?

    Souvenez vous d’il y a quinze jours (bis). Pour Nicolas S., François B. était une imposture, l’homme de la combinazione. A ce propos, on a appris que le petit Nicolas était lui-aussi un adepte du lego, une interview de François B. ayant révélé aujourd’hui que le leader de l’UMP lui avait proposé une alliance anti-Chirac. Aujourd’hui, drapé dans sa dignité, Nicolas S. se refuse aux petits arrangements partisans. Ce qui l’intéresse, ce sont les idées… et les élus UDF ! Et oui les électeurs, ce sont des moutons et l’élu est leur berger. Bê, bê…

    Nicolas S. va même plus loin en proposant de monter un gouvernement avec … les déçus de gauche. Dans une interview publiée aujourd’hui par Le Monde, le candidat de l’UMP à l’Elysée promet en effet d’associer les déçus de la gauche qui le rejoindraient à la mise en oeuvre d’un « contrat de gouvernement de cinq ans ». Je comprends Besson : y-a-bon le maroquin !

    Question innocente : N’était-ce pas le même Nicolas S. qui s’était exclamé « François B. est passé à gauche ! ». Mais c’est donc l’Union Nationale que nous propose l’UMP, une majorité qui irait du PS à l’UMP ?

    Hérault de l’anti-système, François B. a un destin à Jean-Marie L.P : ses thèses ont triomphé au point d’être reprises par ses anciens adversaires qui, hier, en contestaient la validité. C’est beau la démocratie !

    *********************

    De K-Bayrou à la K-ta : le piège Bayrou

    Le plus ironique dans cette situation, c’est que celui qui prônait l’Union Nationale AVANT le premier tour va en être réduit à refuser ces deux unions nationales APRES. Car François B. voulait bien de l’Union, pourvu qu’elle se fit autour de son égo. Pas question d’être un satellite lorsqu’on a rêvé d’être le soleil. Il ne demandait pas la lune pour autant !

    Donc résumons, pour ceux qui n’ont pas bien suivi. Ceux qui étaient contre sont devenus pour, et celui qui était pour, est devenu contre. François B. se retrouve piégé par son propre concept de « ni droite, ni gauche ». Car cela signifie renvoyer dos à dos les deux prétendants (et pourtant, Nicolas S. lui offre l’occasion de montrer sa modernité sur la question homosexuelle en pacsant : quel dommage !), et donc se faire prendre en étau, quelque soit le vainqueur, aux législatives.

    Il aurait dû réfléchir qu’à partir du moment où il n’y a plus ni droite, ni gauche, il n’y a plus de centre.

    Quant à l’électeur Bayrouiste, il doit vraiment avoir l’impression qu’on le prend pour un c… Il a voté pour un projet anti-candidats et voilà qu’avec un susucre on espère lui faire endosser l’inverse de son choix de premier tour. Il y a de quoi être vert (quelle joie d’être pris pour un mouton : allez on rentre à la bergerie !), à défaut d’être orange.

    Ne parlons pas des 25% de Français qui n’ont pas voté pour les trois « grands » et qui doivent se demander exactement à quoi ça sert la démocratie, puisque visiblement personne – pas même les médias – ne s’intéressent à eux. Et pourtant, et pourtant, a priori c’est une frange assez sceptique sur la construction européenne, et parler de ce sujet serait peut être un moyen de l’intéresser.

    Tiens, voilà une idée pour François B. : promettre de soutenir le candidat le plus européen, et forcer Ségolène et Nicolas à choisir entre le tapinage du Centre et le racolage des eurosceptiques. Jouissif, machiavélique. Je devrais peut-être me présenter, moi, finalement…

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite, Toréador critique la Gauche | 4 Comments »

    4 réponses “Banderille n°111 : Je t’aime, moi non plus”

    1. Blanc Cassis Says:
      avril 25th, 2007 at 15:23

      Bayrou est-il un démocrate ?
      C’est la question que je me suis posé en écoutant sa déclaration.
      Que fait-il des Français qui ont vôté massivement dimanche et de ceux qui ont choisi les deux premiers ?
      Est-il propriétaire de toutes les voix qui sont allées autour de son nom ?
      A t-il réuni les instances de l’UDF pour la dissoudre et proposer les statuts du Parti Démocrate aus futurs adhérents ?
      Je ne le crois pas et je crains qu’il réagisse comme un mauvais perdant qui déjà, au sein de son mouvement, refusait la contestation de sa ligne politique.
      En rejetant le vôte démocratique des Français, il nous proposera une République d’UBU au 3ème tour des présidentielles.

    2. Seb Says:
      avril 25th, 2007 at 15:52

      FB est vierge de toutes déviances politiciennes. Grosse désillusions pour nos amis centristes, à trop vouloir tout avoir desuite, il va prendre un retour de manivelle !

      http://careagit.blogspot.com

      Quand à la proposition de Toré… J’imagine déja que tu te compte parmis les 25% des français qui n’ont pas voté pour les « 3 grands ». Mais qu’est ce que la démocratie si ce n’est de faire passer celui dont les idées « correspondent » le plus aux électeurs ?

      Les perdants n’ont pas fait « le poid » pour imposer leurs visions. Ils sont exclus du jeu. Dur dur la démocratie !

    3. Gilbert Sorbier Says:
      avril 26th, 2007 at 9:15

      Encore une fois les journalistes ont analysé le discours de François Bayrou en « étiquetant » les électeurs en tant que centristes, estimant par exemple que Ségolène Royal aurait intérêt à prendre un 1er ministre socialiste proche du Centre comme DSK. Quels amateurs ! Décidemment ce qui caractérise les « experts » politique semble bien être de ne rien comprendre à la politique! Pourquoi ? Parce que les « nouveaux électeurs » de Bayrou viennent de tous les horizons: ce sont simplement ceux qui considèrent que la France va mal. Ce sont de VERTS déçus par la vacuité de Boynet et Bové, des gens d’extrême gauche sentant que même notre sympathique Facteur ne peut rien pour eux, des socialistes conscients du vide sidéral du programme économique et pro assistanat du PS, des électeurs de Le Pen qui ne votaient FN que par protestation contre le système, des gens de l’UMP réfractaires à Sarkozy, des Radicaux fatigués des ratiocinages de leurs dirigeants médiocres etc. Finalement la politique est un sujet trop important pour être laissé aux journalistes ………

    4. “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” » Banderille n°114 : Le Pen, l’âne de Buridan Says:
      mai 1st, 2007 at 22:01

      [...] quoi, il y a n’y pas seulement des choses qui étaient vice il y a 15 jours et qui sont devenues vertu, il y a aussi, désormais, l’inverse !  FN le Pen [...]