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Paso Doble n°4 : Sarkozy the American
Par Toréador | mai 15, 2007
L’ex-chef des Pandores ouvre la boîte du même nom
L’ouverture à gauche, qui agite à peu près toutes les rédactions de Paris et de Nevers, de France et de Navarre, ainsi que les trois-quarts des blogs, témoigne de l’ambiguïté du personnage Sarkozy. En effet, il semblerait que le politicien le plus à droit(e) des vingt dernières années ait pris le contre-pied total de l’approche chiraquienne de 2002.
Souvenons-nous. Enfermé dehors pendant 5 longues années, Jacques Chirac, réélu avec 82% des suffrages, avait eu ce constat politique remarquable par sa finesse « Il n’y a pas de raison de se faire chier« . Alors que, comme le soulignait justement François B. à cette époque, sa base électorale était fragile, le président réélu n’avait pas pris de gants, réalisé une OPA sur la droite, et constitué un gouvernement … de droite. Et merde aux électeurs de gauche qui avaient voté pour lui la pince à linge au nez !
Surprise ! Alors que le peuple a donné, à l’inverse, une forte légitimité pour gouverner à droite, Nicolas Sarkozy fait le contraire de Jacques. Il ouvre à gauche, au risque même de désorienter son propre camp, écartant les plus fidèles de ses dogues de la gamelle du pouvoir. Et il a même cette phrase terrible sur les sentiments (d’un coté) et la compétence (de l’autre). Un esprit chagrin pourrait comprendre que Nicolas Sarkozy a gagné, entouré d’une bande d’incompétents… Des fois, Sarkozy me fait penser au Mitterrand des Guignols (crétins…)
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La République, la République, je la veux, et je l’aurais … (air connu)
Pour comprendre le bonhomme, je pense que la meilleure clé c’est de se reporter à son attirance mal dissimulée pour l’Amérique, son coté « Jo Dassin ». Il y a pour commencer chez Nicolas Sarkozy un coté self-made man qui rentrerait tout à fait dans les canons du rêve américain : le fils de l’exilé hongrois qui prend d’assaut Beverly Hills Neuilly, devient ami avec Brad Pitt, Jean Reno, est élu gouverneur de Californie président de l’UMP , puis président des Etats-Unis de la France .
Tout en lui transpire le copier-coller, à la fois sur la méthode (l’ambition affichée, la campagne à flonflons, les primaires, la télé-Sarkozy, son attitude de « président elect ») que sur le fond (la discrimination positive, l’attitude très ouverte sur les cultes, la volonté de créer un National Security Council Français, la main tendue à Bush, la politique pro-Israël) etc… Par exemple, où est-il allé chercher son futur Sherpa ? A Washington, où se trouve en poste Levitte, l’un des plus brillants ambassadeurs de la République…
De la même manière que les Français évitaient de rappeler trop ouvertement les origines françaises de John Kerry, l’opposant malheureux à G.W.Bush en 2004, pour ne pas l’affaiblir en le rendant impopulaire, l’administration républicaine a soigneusement évité de montrer sa préférence évidente pour le candidat Sarkozy pour ne pas le couler. Mais le fait que Bush lui ait téléphoné quelques minutes après sa victoire veut tout dire.
Des fois, je me dis que Nicolas, le soir dans son lit, doit regretter que ses parents ne se soient pas plutôt réfugiés à Washington DC. Tant pis, il fait avec ce qu’il a.
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Ronald, John ou Tricky Dicky ?
Bien sûr, il est encore trop tôt pour dire quel président Nicolas Sarkozy va être. De toute évidence, il sera énergique et hyper-actif. En réalité, il y a chez lui du Reagan, du JFK et du Nixon.
Ronald Reagan, car il y a dans l’élection de Nicolas Sarkozy, un parfum d’élection de 1980. Certes, le français est moins inculte que l’américain, et les films du second ont eu plus de succès que ceux du premier (cf. Sarko TV), mais la similitude la plus grande entre les deux, c’est cette capacité à transcender le clivage bipartisan. Reagan a arraché aux démocrates une partie de ses intellectuels et de son électorat, comme je le soulignais déjà dans mon paso doble n°2. De plus, loin d’être un libéral, Reagan s’est révélé être un keynesien de premier rang, son pragmatisme débordant des théories économistes. La comparaison s’arrête ensuite sur le niveau de préparation des deux hommes. Reagan ne connaissait rien à rien, mais avait quelques intuitions politiques fort justes et savait s’entourer. Sarkozy, lui, économise sur son temps de rasage depuis trente ans pour penser à la présidentielle.
JFK ensuite. Comment ne pas oser la comparaison ? Il est jeune, il a gagné dès sa première élection, il renouvelle la vie politique, et il a basé sa campagne sur une thématique de nouvel horizon : tout devient possible. Là où les choses divergent, c’est que JFK était un dilettante charmeur qui fut l’un des présidents les plus incapables de l’Histoire Américaine tandis que Nicolas Sarkozy est un bosseur invétéré connu pour la maîtrise de ses dossiers. Et puis, hum. Il y a le physique. Disons pour être gentil que je n’ai pas vu Marilyn Monroe dans l’entourage du président elect.
Et enfin, Richard Nixon. Sulfureux Nixon, qui traîne derrière lui une horrible réputation alors que pourtant, à la différence de JFK, il a été habile, très habile, notamment en politique étrangère (le rapprochement avec la Chine, la fin de la guerre du Viet-Nam, la limitation des armements). Les deux hommes se ressemblent déjà par leur ténacité, leur appétit du pouvoir (Nixon a attendu vingt ans pour atteindre la magistrature suprême), leur habileté manoeuvrière et leur pragmatisme. Espérons qu’ils diffèrent sur leur goût pour les écoutes (si j’en crois le Canard) et que Sarkozy ne soit pas puni par là où il a brillé, le goût du pouvoir, et surtout l’envie de s’y maintenir à tout prix…
Tags: Etats-Unis, France, Levitte, Nicolas-SarkozySujets: Paso Doble | 9 Comments »





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mai 15th, 2007 at 16:38
L’affirmation selon laquelle sarkozy est un enfant caché américain semble un reprochedans ta bouche
Question de gout ou de pensée politique, hors mis l’énorme bourde iraquienne et la politique étrangère calamiteuse de Bush, un président de la république qui ressemble à Reagan.. Cela ne me dérange pas.
Sur la forme de la campagne. C’est pareil à gauche, c’est pareil au centre. La société évolue, la politique suit…
Quand à l’ouverture, personnellement je pense qu’il s’agit là d’une tactique claire de déstabilisation des adversaires qui n’avaient pas besoin de cela pour se tirer dans les pattes.
Suite ici… http://careagit.blogspot.com/2007/05/le-baiser-mortel.html
mai 15th, 2007 at 16:56
Comme J.P. Chevènement, il faut dire « Nous le jugerons sur ses résultats ».
Pour le moment ça va dans la bonne direction.
Nous allons juger sur pièce très bientôt avec les écoles qui brûlent à Toulouse.
Il a été très laxiste (sauf en paroles) comme ministre de l’intérieur, nous allons bien voir, si les paroles prometteuses du candidat vont déboucher sur une reconquête des zones de NON DROIT.
Si oui, je ferais volontiers mon mea culpa et pour le moment, je lui souhaite vraiment de réussir !
mai 15th, 2007 at 22:42
Bon, c’est vrai que cette ouverture de Sarko étonne un peu tant elle va loin.
- Première habileté d’une bête politique à la Mitterrand ?
- Agitation inutile d’un petit politique qui veut nous jouer la traditionnelle ouverture comme signe de sa gloire ?
-Réelle volonté de mettre les meilleurs, venant de tous horizons , à la tâche commune de réformer la France ?
- Est-ce à dire qu’il pourrait faire autre chose que ce qu’on attend qu’il fasse ?
- Ou qu’il tenterait de le faire, mais pas de la façon dont on attend qu’il le fasse ?
Difficile à analyser … (pour moi) . Je reste dubitatif sur le fond, mais intéressé par le spectacle.
Mais vraiment dubitatif !
Quand on pense à tout ce qu’il a promis.
Quand on pense aux attentes énormes mises sur sa personne.
Quand on pense à tous ceux qui l’attendent au coin du bois, s’il va trop vite et trop fort sans avoir de résultats immédiats.
Quand on pense aux résultats très surfaits sans être nuls qu’il a obtenus au ministère de l’intérieur.
Quand on pense à ce besoin presque puéril et naïf de reconnaissance qui parait l’animer, à ce ‘fond’ qui semble lui manquer .
Quand on pense aux méthodes franches mais un peu brutales qu’il n’hésite pas à utiliser lorsqu’il se sent en danger.
Ca me parait lourd pour un si petit bonhomme. Mais , bon, je peux me tromper.
Ca va être grandiose ou pathétique.
On a 5 ans de commentaires , pour voir çà.
mai 15th, 2007 at 23:01
Ah Muleta me manquait !
mai 15th, 2007 at 23:44
C’est énorme ce qu tu as écris. Je suis fan !!!
mai 16th, 2007 at 8:20
Si je reprends la comparaison que vous faites:
avec Reagan : » capacité à transcender le clivage bipartisan »
avec JFK : « renouvelle la vie politique »
avec Nixon : « leur ténacité, leur appétit du pouvoir »
Il faudra attendre cinq ans pour savoir si Sarkozy a également pris les mauvais côtés de ces trois hommes:)
mai 16th, 2007 at 8:33
Petit Marsupial,
Tu résume un peu notre expectative commune et je partage ton analyse sur son absence de résultats à l’intérieur (j’ai habité la banlieue jusqu’en décembre dernier).
Par contre je n’admet pas (rires), que tu te serves de sa petite taille (la même que la mienne), pour douter de ses capacités….
Comme tu le dis, Grand Marsupial, ça va être grandiose ou pathétique !
mai 27th, 2007 at 10:29
[...] ministres sont des parlementaires, à commencer par le Premier ministre (suivez mon regard…). Sarkozy-Kennedy vs Fillon-Brown, France made in USA vs made in Royaume-Uni : la trame qui se dessine conclut mes [...]
juin 1st, 2007 at 17:07
[...] buter sur le noyau anti-fédéraliste, pro-américain et mercantile du continent. Mais peut-être Sarkozy the American saura alors faire des miracles [...]