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    Olé n°66 : Fillon à l’Anglaise

    Par Toréador | mai 20, 2007

    Starsky et Hutch

    Quel curieux couple que celui que forment notre Premier Ministre et de notre Président ! On a beaucoup glosé sur l’eau et le feu, la stabilité et l’énergie, la rupture et la tranquillité. Et bien moi, ces deux là me font penser à Blair et Brown.

    Qui est Gordon Brown ? Depuis 1997, il est Chancelier de l’Échiquier (ministre de l’Économie et des Finances du Royaume-Uni) au sein du gouvernement de Tony Blair. Gordon Brown a été le principal allié de Tony Blair pour devenir Premier ministre en 1997. Il avait en effet accepté de ne pas se présenter contre ce dernier en échange du poste de Chancelier de l’Échiquier et la promesse que Tony Blair lui laisserait la place au cours de son éventuel deuxième mandat. Bon, finalement ce fut le troisième, Tony ayant décidé de jouer les prolongations. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, voilà pourquoi tant d’hommes sont agnostiques.

    Oui, Fillon ressemble à Brown : si ce dernier a cédé le leadership à Tony Blair, c’est parce que Tony avait ce petit je-ne-sais-quoi, la « magic touch » d’écliper tous ses rivaux. Après sept années de John Major, le Royaume-Uni aspirait au changement et le très ambigu Tony, dont on ne savait pas s’il serait libéral (=centriste) ou radical (= de gauche), le lui offrait, saisissant contraste avec John Major. Cela ne vous rappelle rien ?

    ******************

    La estrategia del caracol*

    Bien sûr, François Fillon pèse moins politiquement par rapport à Nicolas Sarkozy, qui a pour ainsi dire à peu près gagné tout seul l’UMP. Là s’arrête la comparaison.

    En même temps, en partant en guerre contre Chirac en 2005, François F. a montré qu’il avait rompu une sorte de fil ombilical et qu’il avait acquis une qualité essentielle pour devenir un homme d’etat : l’indépendance. Lui qui jusqu’ici s’alignait avec les autres a montré qu’il était capable de nourrir des colères froides, durables et peut-être savamment calculées. Bref, qu’il avait du caractère.

    L’Elysée ! Comment ne pas y penser, maintenant que son curieux attelage avec Nicolas l’a mené à Matignon ?

    Oui mais voilà, comment succéder à un hyper-actif qui pourrait vouloir faire 10 ans et peut-être même (en cas de succès) 15 ans ? Au Royaume-Uni, la seule méthode qui fonctionne quand on est n°2 pour devenir n°1, c’est la méthode Major-Brown : Patience. En France, la seule méthode que nous avons expérimenté avec succès, c’est la méthode Pompidou-Chirac : Clash puis traversée du désert. Quelle méthode Gordon Fillon va-t-il choisir ?

    Il semble privilégier pour l’instant la voie anglaise. D’ailleurs, son gouvernement roule à gauche (humour). Toutefois, lorsqu’on prend la liste des premiers premiers ministres qui se sont montrés fidèles au président, de Chaban à Raffarin, en passant par Mauroy, on a l’impression que « to behave like Brown » en Français se traduit par « être… marron ».

    * La stratégie de l’escargot. A noter que c’est le titre d’un film colombien excellent (comme un billet de Toréador mâtiné d’un Sorbier aux fraises).

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    Sujets: Olé | 8 Comments »

    8 réponses “Olé n°66 : Fillon à l’Anglaise”

    1. Agathe Says:
      mai 20th, 2007 at 4:37

      Tres bon parallele.
      En France, (presque) tous les presidents de la 5me Republique ont du passer par une traversee du desert avant d’acceder a l’Elysee, ce qui n’est pas le cas des Premiers Ministres britanniques.
      Mais je me demande bien a quoi c’est du ?

    2. Gilbert Sorbier Says:
      mai 20th, 2007 at 8:53

      Comme dans la stratégie de l’escargot, j’ai moi aussi habité chez un Jacinto… avant de sucrer les fraises !

      Sorbier

    3. Oppossum Says:
      mai 20th, 2007 at 12:08

      Oui bon parallèle !
      Mais extrapolation un peu lointaine. Le film en est encore au générique que tu nous décris déjà une des fins possibles ….
      Alors que de l’eau, il va encore en passer sous les ponts !

    4. Toréador Says:
      mai 20th, 2007 at 12:52

      Gouverner, c’est prévoir

    5. le chafouin Says:
      mai 20th, 2007 at 13:59

      Fillon présidentiable? C’est une blague? Le parallèle est séduisant mais Gordon Brown a eu bien plus d’importance pour Blair (N° 2 du parti) que Fillon, qui n’a rejoint Sarkozy que par dépit de ne pas voir son cdd ministériel renouvelé.
      Fillon n’a aucun ancrage dans le parti. Il n’a toujours été que le troisième ou le quatrième. Le fils cadet. Je crois plutôt qu’il va s’attirer la jalousie des autres qui vont essaye de le bouffer (copé, devedjian, et tous les seconds couteaux).

    6. Toréador Says:
      mai 20th, 2007 at 14:04

      Nous verrons : regarde Copé, qui n’a pas su trahir…

    7. LinkO Says:
      mai 20th, 2007 at 16:16

      Et autre point de similitude, Fillon comme Brown, sont (très) loin d’avoir le charisme de leur leader.

      Mais bon, malgré le long terme, votre théorie ne peut être que plus crédible que celle qui voit Bayrou président en 2012 !

      A eux : Les fantasmes c’est pas fait pour se réaliser.

    8. Gilbert Sorbier Says:
      mai 21st, 2007 at 10:14

      Linko,
      Les millions de socialistes qui ont été forcés de voter Bayrou par la connerie de l’équipe dirigeante du PS, ne voteront pas pour le Modem pour que Bayrou soit président en 2012, ça c’est un jeu journalistique à l’usage du lecteur franchouillard (très) moyen, même si rien n’est impossible et qu’il ne faut jamais jurer de rien.
      Les millions de socialistes qui ont été forcés de voter Bayrou souhaitent seulement que le PS (parti suicidaire) prenne ENFIN conscience qu’ils ne veulent plus de leurs idéologies éculées ni de leurs intolérances puériles.
      C’est en fait la guerre entre les militants à 20 euros et les électeurs socialistes CONTRE les vieux militants
      de l’idéologie soixante-huitardo-caviar qui en sont resté à la haine de l’entreprise et du monde du travail.