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Paso Doble n°7 : Le grand Big-Bang
Par Toréador | mai 30, 2007
A las cinco de la tarde…

Le Strike Sarkozien
2007, année big-bang. C’est un fait, nous sommes en train d’assister à une recomposition générale du paysage politique Français : le PCF vit ses dernières heures, les Verts se diluent, le PS est proche de la scission et va bientôt revoir de toute manière son orientation idéologique, le Centre a explosé en deux avec un Modem de centre-gauche dirigé par un centre-droit, et un « Nouveau Centre » de centre-droit, le FN est sur le déclin et la crise y couve. Seule l’UMP, victorieuse derrière Nicolas Sarkozy reste le pivot stable de ce panorama changeant.
Le parti créé par Jacques Chirac aura finalement joué le rôle de boule de bowling dans un jeu de quilles. La boule a été moulée par le grand Jacques mais elle a resservi à son héritier pour réussir un strike. Aux législatives, nous verrons si ce strike est suivi d’un nouveau strike ou seulement d’un spare.
Mais l’élection de Nicolas Sarkozy a eu des répercussions beaucoup plus larges que celle de Jacques Chirac en 2002, ce qui explique que ce mécano partisan ait lieu seulement maintenant. La victoire de Chirac 2002 était une victoire par abandon, celle de Sarkozy 2007 une victoire par KO.
En récupérant la droite pure et dure par son passage à l’Intérieur, Sarkozy a non seulement brisé les jarrets du FN, mais s’est surtout donné une légitimité d’action (certains préfèreraient le terme « d’activisme ») qui lui a servi d’assurance « téflon » pendant la campagne : quoiqu’il dise sur Jaurès, quoiqu’il fasse comme ouverture à gauche, Sarkozy a un crédit tellement haut à droite qu’il n’a pas découragé sa base. Pour un homme politique, c’est idéal car il peut pousser ses ouvertures aussi loin qu’il veut, il est assuré de ne pas perdre d’un coté ce qu’il gagne de l’autre.
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Solferino, morne plaine…
La Gauche a évidemment fait les frais de ce super-Sarko-téfloné pare-balles. Le ministre-candidat a réussi à lui voler le discours ouvrier. En asphyxiant le PS, il a obligé ce parti à puiser dès le premier tour dans ses réserves du second, provoquant par effet domino la mort des alliés fidèles de la rue de Solferino : le PCF et les Verts.
Quant au Centre, son évolution atypique en forme de mitose mal contrôlée de cellule cancéreuse, est liée au calcul politique de François Bayrou, persuadé d’être un jour élu. Pour que ceci se fasse, Bayrou doit sauvegarder quelques bases arrières :
1/ Le principe de César (« Je préfère être premier dans mon village que second à Rome ») s’applique à plein. Il lui faut un parti à sa botte dont il soit le chef incontesté et donc le candidat naturel (Bayrou préfère être seul alligator dans un marigot que partager un grand lac avec d’autres caïmans, comme au PS)
2/ L’effet Delors-Rocard. Ne pas être associé au gouvernement pour ne pas entamer son capital sympathie. Bayrou a compris que moins on gouverne, plus on est populaire (Effet Delors). Et que si on n’est pas le chef, on risque d’endosser toutes les responsabilités sans en retirer les bénéfices (Effet Rocard).
Cette stratégie-là, on l’aura compris, profite à Bayrou, mais pas à ses seconds couteaux. D’où la tentative de Bayroucide à laquelle on a assisté.
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Vers la quadripolarisation
Vers où allons-nous ? Selon moi vers la situation de 1978, date à laquelle l’équilibre entre PCF/PS/UDF/RPR était quasi-parfait. Car selon moi, il y a deux grands clivages : le clivage Gauche/Droite, qui porte essentiellement sur l’économie et les problèmes de société (les moeurs, la religion, etc…) & le clivage européen.
Il y a donc la place pour 4 grands partis : un parti de gauche anti-européen, qui irait de Besancenot à la gauche du PS, un parti de centre-gauche pro-européen (de Royal à DSK), un parti de centre-droit européen (actuellement une bonne moitié de l’UMP) et un parti de droite eurosceptique (MPF, FN et droite de l’UMP).
Le point de blocage de cette recomposition, c’est le Modem de Bayrou, qui selon toute logique, devrait soit s’allier avec l’aile droite du PS (DSK) pour créer un parti de centre-gauche mais qui n’y objectivement pas intérêt (concurrence Bayrou/DSK), soit devenir le grand parti de centre-droit et fusionner avec le Nouveau Centre (ce qui n’est plus possible après la dispute avec ses anciens fidèles). En restant farouchement indépendant, le Modem est donc condamné à réussir, et tout bloquer, ou mourir broyé entre les différents blocs en recomposition.
Pour Bayrou, rien n’est perdu cependant : primo, il a dix ans de moins qu’un DSK donc le temps joue pour lui. Deuxio, ces rivaux immédiats sur sa gauche comme sur sa droite lui facilitent sa difficile tâche…
Réponse aux prochaines législatives qui pourraient ressembler à un massacre (bolwing for Columbine…). Un boule de bowling sur la tronche, ça peut faire très mal…
Tags: campagne, centre, extrême-droite, extrême-gauche, FN, François-Bayrou, législatives, Modem, Mouvement-démocrate, Nicolas-Sarkozy, politique, PS, quadripolarisationSujets: Paso Doble | 9 Comments »





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mai 30th, 2007 at 18:42
Oui Toréador,
J’ai déjà pensé que la France se dirigeait vers une quadri-polarisation, soit réelle avec 4 partis distincts, soit virtuelle avec deux grands partis ayant chacun un courrant minoritaire.
Par contre pour Bayrou et FSK, en dehors du fait qu’il soient généralement placés (maintenant) au centre gauche par les « milieux autorisés », ils n’ont pas grand chose ne commun, ni en tant qu’hommes ni par l’électorat, ni par l’idéologie (DSK étant quand même un des artisans de ce modèle d’irréalisme et d’assistanat qu’était le non-programme du PS).
mai 30th, 2007 at 19:31
je suis plutot partant pour un tripolarisation (chacun son truc !) Avec un centre qui trouvera les déçus du mandat Sarkozy (qui a mon sens sera le dernier billet de confiance que les français accorderont à la politique, d’autant plus que cette élection correspondait à un changement de génération…fini les jeunes incrédules donc)
Une droite traditionelle, pas libérale, demeurant plus prés du centre que de la droite libérale d’ailleurs.
Et enfin une gauche plus à gauche, fondée par les Fabius et autres qui ira jusqu’au extreme.
Je suis en fait convaincu que ces extrêmes là n’ont plus grand chose à espérer dans la donne actuelle.
Mais tout cela n’est qu’apparéciation personelles !
http://careagit.blogspot.com
mai 30th, 2007 at 22:11
Le 24 janvier, tableau du passage de la Béresina. Aujourd’hui, Solférino. C’est un voyage dans le temps et l’espace. A quand Camerone (se faire massacrer jusqu’au dernier plutôt que de se rendre), et pour qui?
mai 30th, 2007 at 22:42
http://www.leplacide.com/dessin-presse-Législatives-Sarkozy-rentre-à-nouveau-en-campagne-au-Havre-6681.html
mai 31st, 2007 at 14:25
Finement analysé sur le diagnostic.. Sur la suite, je suis très partagé, les pronostics sont compliqués! Mais je ne crois pas à une scission du PS, car ce parti sait se livrer à la guerre civile mais sait aussi qu’il ne peut pas se permettre de se scinder en deux pôles qui s’auto-détruiraient. S’il avait dû disparaître, ça aurait été après le référendum européen, non?
mai 31st, 2007 at 15:35
@ Jean-Paul : Camerone a été pratiquement cité, puisque j’ai parlé du Centre sur le thème « Le Centre meurt mais ne se rend pas », qui fait allusion à Waterloo
mai 31st, 2007 at 18:27
Je ne crois pas non plus que le Parti socialiste se divisera, il réalignera son modèle de société par rapport à une idéologie réaffirmée mais gardera toujours des grands courants minoritaires de pensées.
Est-ce un bien ? Je ne crois pas.
juin 1st, 2007 at 16:16
ASSEMBLÉE NATIONALE
La France a quitté le régime parlementaire depuis longtemps, mais avec ce que nous promettent les sondages pour les législatives (en centaines de voix pour l’opposition, le reste pour la majorité),
pour les cinq prochaines années, on ferait tout aussi bien de fermer l’assemblée nationale puisqu’on est assuré que toutes les lois et décrets proposés par le président seront automatiquement acceptées.
Pourquoi continuer ce simulacre avec un parlement godillot ?
La bullocratie est-elle aveugle, ou est-ce simplement son intérêt de continuer à nous faire prendre les vessies des partis pour les lanternes de la chambre ?
Une presse avec un minimum de déontologie devrait nous dire: «Tant qu’il n’y aura pas une bonne dose de proportionnelle: fermer l’Assemblée et le Sénat…. quel gain de temps et d’argent » !
avril 11th, 2008 at 0:01
[...] Contrairement aux bisbilles UDF/RPR ou PS/PCF, le point de friction n’est pas (seulement) programmatique. Le problème est que le programme du Modem, c’est Bayrou. Et que Bayrou n’acceptera jamais de franchir le Rubicon inverse. [...]