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    Banderille n°142 : Réformes à la carte

    Par Toréador | juin 28, 2007

    L’Homme Orchestre

    Nicolas Sarkozy semble jongler non sans habileté avec des dizaines de réformes. C’est le furet : il est passé par l’Europe, il repassera par l’Université, 1…2…3, Français fermez vos petits pois, la réforme sera là !

    Cet activisme présidentiel coïncide cependant avec une hypertrophie de l’Exécutif. On connaissait la France gouvernée depuis Paris : désormais c’est carrément depuis le bureau du premier étage du Palais de l’Elysée que se décide tout, le paillasson d’entrée étant fait en peau de ministre. Non seulement cette macrocéphalie (un autre mot pour dire que l’Empereur a la grosse tête) est la négation même de la hiérarchie de la responsabilité politique (les conseillers Guaino ou Gueant ayant plus d’influence que Borloo ou Fillon), mais en plus elle est pernicieuse à moyen terme.

    *****************

    Le gouvernement encarté

    Prenons si vous le voulez bien les dernières réformes pour prouver mes dires. On parle beaucoup de carte : carte scolaire, carte universitaire, carte judiciaire, carte d’accès aux soins. Notre pays semble pris d’une frénésie de re-cartographisation de son territoire. Chaque ministre tente, l’oeil inquisiteur de little father derrière son épaule, de redessiner sa petite carte dans son coin.

    Or, je vous pose la question. Si l’on met de coté la carte scolaire, ne s’agit-il pas essentiellement d’un problème unique d’aménagement du territoire ? Demain se posera la question de la fusion des réseaux des impôts et du Trésor Public, après-demain cela du redécoupage des circonscriptions, et le surlendemain, la fermeture des hopitaux ou des plateaux de soins déficients. Et je ne parle même pas de la Poste ! Plutôt que de gérer chaque portion d’un même problème dans son coin, on pourrait peut être tenter de coordonner l’effort afin de repenser l’organisation territoriale de la République : les cours d’appel, mais également les services publics, les collectivités locales, etc, etc…

    On se plaint que la France ait 4 niveaux d’administration, plus un intermédiaire (les regroupements de communes), sans compter les autres découpages purement politiques (circonscriptions, cantons) : ne serait-il pas temps de redessiner et d’harmoniser la carte de ce pays en rationalisant l’ensemble des services publics et implantations administrativo-politiques ?

    Deux optiques pourraient être retenues : soit regrouper dans des métropoles d’équilibre les relais territoriaux, soit au contraire les disperser de manière à ce que chacun garde son bout de service public.

    Or, ce rôle justement de coordination devrait relever normalement de Matignon et de l’Elysée. Oui, mais voilà, problème, car le général se bat dans les tranchées, ce qui laisse peu de monde au QG pour surveiller la carte (satellite, celle-ci). Nicolas Sarkozy veut aller vite : mais à force de tout vouloir tout faire, seul et vite, il risque de réformer la France comme il a réformé l’Europe, et, dans ma bouche, ce n’est pas un compliment…

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 4 Comments »

    4 réponses “Banderille n°142 : Réformes à la carte”

    1. Gilbert Sorbier Says:
      juin 28th, 2007 at 10:04

      Après 30 ans d’immobilisme maladif… trop d’hyper-activité ?

    2. domino Says:
      juin 28th, 2007 at 10:15

      C’est ce que l’on appelle dans l’entreprise la restructuration. On a d’abord restructuré la dette, puis l’outil industriel, puis délocalisé etc…Toutes les entreprises l’ont fait en l’espace de 20 ans. L’Etat devrait en effet faire pareil dans tous ses échelons. Mais ceci ne fait pas l’objet de débats et Sarkozy a déjà bien du mérite à faire ce qu’il fait.

      Maintenant on peut toujours critiquer. Le gouvernement passe en force sur l’Université, il ne dialogue pas… Puis, Sarkozy écoute et ajuste. Ah ah, il a cédé, sa réforme était mal ficelée, il recule devant les syndicats, Pecresse n’a servi à rien etc… ET puis on entend: il y a un consensus pour réformer l’Université français qui est bien malade depuis 20 ANS !! ET ce sont ces mêmes syndicats qui depuis 20 ans ont TOUT refusé qui font aujourd’hui encore les malins. C’est consternant.

    3. Erick Says:
      juin 28th, 2007 at 11:01

      Il y a tant a faire depuis si longtemps qu’ il est mal-venu de reprocher à quelqu’ un de vouloir aller vite et massivement. Quant à la concentration des décisions et la méthode, je ne vois pas qu’ on ait pas été prévenu.
      J’ avoue ne pas saisir la comparaison avec la réforme de l’ Europe que Sarkozy a ravivé mais qu’ il n’ a pas pu faire seul. Et au point où là aussi en étaient les institutions européennes faut-il être critique ?

      Vous avez raison sur le point central de votre billet : la France a besoin d’ un grand coup de balai sur l’ organisation territoriale administrative et politique. Amélioration du fonctionnement de l’ Etat (qu’ il soit central ou décentralisé, donc plus grande efficacité et rapidité, et économies probablement gigantesques.
      Le problème est double : 1/ vaincre la réticence de la myriade d’ élus et d’ administrations locaux et 2/ surmonter les oppositions politiques.
      Je crois que tous les principaux partis ou leaders ont un tel projet dans leurs cartons mais pour atteindre un vrai consensus il faudra attendre, par exemple, que les prochaines élections régionales amènent un peu plus d’ équilibre politique.
      Quand on voit aujourd’ hui les oppositions entre régions et communes ou communautés parceque les deux sont de couleurs politiques différentes, on se dit qu’ il va y avoir du boulot. Et ce ne sera pas forcément la faute du pouvoir en place.

    4. Toréador Says:
      juin 29th, 2007 at 1:10

      Disons pour débuter Erick que je pense que l’Europe est dans la mouise parce qu’on a pas écouté le peuple, et non parce que ce dernier a refusé in fine de voter le texte constitutionnel.
      Je reprocherais à Sarko d’avoir fair un « coup de pub » sur le dos de l’europe. Le projet de mini-traité est assez mité et je préférais la méthode Merkel de convoquer une CIG sans les Polonais. Enfin, j’aurais exclu les Britanniques aussi !