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    Paso Doble n°18 : Le clivage droite/gauche

    Par Toréador | juillet 11, 2007

    A las cinco de la tarde…

    Introduction maladroite

    A la suite de mes amis de Kiwis (Seb et Fred), je vous livre quelques réflexions sur l’avenir du clivage droite/gauche, bien mis à mal par la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy. Je crois qu’avant d’aller plus loin, il faut se demander : pourquoi la droite, pourquoi la gauche ?

    Certains vous diront que le clivage droite/gauche se fait sur les questions sociales, d’autres sur l’économie, d’autre sur rien. Pourtant, on le sait, historiquement, les termes sont apparus au moment de la Révolution Française, les monarchistes siégeant à la droite de l’hemicycle (et du président), tandis que les républicains se rassemblaient à gauche. Force est donc de constater que ce qui séparait le droite de la gauche en 1789 (pour ou contre la monarchie) a évolué au cours des deux siècles qui nous séparent de Louis XVI : pour ou contre la République ? Pour ou contre les congés payés ? Pour ou contre le PACS ?

    Il y aura toujours un clivage droite/gauche tant que les hommes seront humains, trop humains. Car la nature humaine est de se diviser, parce que la démocratie fonctionne par la stimulation des idées. Ce qui changera, par contre, ce sont les thèmes de prédilection pour cet affrontement.

    *****************

    Le clivage Freudien

    Pour ceux qui connaissent bien mon blog, ma page de présentation commence par une citation que j’apprécie tout particulièrement :

    “Nous nous interrogeons souvent sur ce qui sépare essentiellement la droite de la gauche. Je vois d’abord cette ligne de partage : il y a ceux qui font follement confiance à l’homme, la postérité de Rousseau; et les sages qui s’en méfient, mais dont la méfiance a vite fait de tourner au mépris. Tous les tyrans, tous les dictateurs, les nobles et les pires, Bonaparte ou Hitler, ont exprimé cent fois le peu de cas qu’ils font de l’être humain (…) Mais attention ! le mépris de l’individu va de pair, chez la plupart des révolutionnaires, avec le culte de l’homme en général. De sorte que la religion de l’humanité aura finalement fait autant de victimes que celle de l’ordre.”

    François Mauriac, Mémoires Intérieurs.

    Tout ce que je pense est contenu là. La distinction psychologique entre réalistes et idéalistes, nostalgiques et optimistes, tenants de l’Ordre et tenants de l’Homme, est très ancienne : on a retrouvé un texte égyptien datant de deux millénaires avant le Christ où, déjà, on s’apitoyait sur « les nouvelles générations, qui ne respectent plus les valeurs traditionnelles des aînés » !

    Pour moi, l’ »Homme de Droite » est celui qui reste fondamentalement pessimiste sur la nature humaine, et qui considère qu’il faut des règles, beaucoup de règles, pour que la société fonctionne. Il regrette généralement un hypothétique « Âge d’Or » où la société fonctionnait mieux. A l’inverse, l’« Homme de Gauche » est intrinsèquement optimiste sur la nature humaine (et sur l’avenir, ou le progrès). Il se méfie des carcans et reste très sourcilleux sur les droits de l’Homme en société.

    Alors vous allez me dire, comment expliquer les mutations ? Ce qui est nouveau, selon moi, c’est le triomphe du libéralisme, que je qualifierai d’hérésie de Droite. En effet, le Libéralisme, en prônant moins d’Etat et peu de règles sociales, semble se rattacher à la Droite. Mais c’est une droite « optimiste », c’est à dire fondamentalement confiante dans l’équation individuelle, et donc qui emprunte un élément psychologique fort à la Gauche. L’individu et le marché équilibreront la société, et pas l’Etat. Voilà pourquoi s’amorce une nouvelle Ere pour le clivage Droite/Gauche.

    Le Libéralisme m’a tuer, mais le clivage est un phoenix.

    « Et je chantais cette romance/ En 1903, sans savoir/ Que mon amour à la semblance/ du beau phoenix, s’il meurt un soir/ le matin voit sa Renaissance » (Beaudelaire, « Le mal aimé »).

    PS – Pour continuer la KIWI-réflexion : l’avis de Frednetick, l’avis de Seb, l’avis du Politoblog, l’avis de Pierre Catalan; l’avis de Malakine; l’avis de Bastogi.

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    Sujets: Paso Doble | 13 Comments »

    13 réponses “Paso Doble n°18 : Le clivage droite/gauche”

    1. sictransit Says:
      juillet 11th, 2007 at 18:20

      Alors là, je dois dire que je ne comprends pas très bien. A mon avis, le Toréador n’a jamais rien lu sur le libéralisme, ni Tocqueville, ni Montesquieu, ni Kant, ni Rousseau, ni Aron, ni… il n’a donc pas compris grand-chose au débat. Quant à 1789, personne à l’époque ne songeait à abolir la monarchie et la division s’est cristallisée d’abord sur la question du droit de veto accordé à Louis XVI. Enfin, la séparation droite gauche est d’origine britannique (comme tout dans la démocratie contemporaine) et non d’origine française…

    2. Sar Rabin Drahnat Duval Says:
      juillet 11th, 2007 at 18:29

      La gauche invente de nouvelles idées. Quand elles sont usées, la droite les adopte. (MARK TWAIN)

    3. Toréador Says:
      juillet 11th, 2007 at 18:38

      http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_65/gauche%20droite.htm

      Toréador a lu Tocqueville, Kant, Rousseau et Aron. Pas Montesquieu. J’ai mis 1789 par référence à la Révolution, mais il ne faut pas y voir une datation au carbone. Effectivement, le clivage s’est fait sur le droit de veto (monarchiens étant pour) mais vous vous trompez en disant que personne ne prônait l’abolition de la monarchie (relisez les Lumières). Sur les Britanniques, vous avez tort.
      Je vous renvoie à Winock http://www.histoire.presse.fr/archives/winock320.asp :
      Acte 1 : 1789-1815 : les deux droites

      On sait que les mots « droite » et « gauche » — ou plutôt au départ « côté droit » et « côté gauche » — sont entrés en usage au début de septembre 1789, lorsque l’Assemblée constituante, installée à Paris dans la salle du Manège aux Tuileries, eut à débattre de la question du veto royal. A la droite et à la gauche du président de l’Assemblée, les députés avaient pris l’habitude de se regrouper par affinités politiques. Le débat sur le veto cristallisa leurs oppositions. A droite, on était soucieux de défendre la prérogative royale ou la force de l’exécutif, et l’on s’affichait donc résolument partisan d’un droit de veto, qui donnerait au roi le dernier mot en matière législative. A gauche, pénétré du principe de la souveraineté nationale, qui se substituait à la souveraineté de droit divin, on était d’une hostilité conséquente au droit de veto.
      On sait ce qu’il en advint, au moins pour la Constitution de 1791 : le principe du veto était maintenu, mais il était seulement suspensif, pour une durée de trois ans.
      Derrière ce compromis existaient des positions tranchées, fondées sur une vision parfaitement antagonique de l’autorité politique. Mais restons-en à la droite. Celle-ci, qui s’opposait donc au pouvoir prééminent de l’Assemblée législative, était en fait double. C’est cette dualité qui définit les deux droites originelles : la droite contre-révolutionnaire et la droite libérale.

    4. Tonton Says:
      juillet 11th, 2007 at 19:04

      Rebonjour, j’ai réagit sur cette question sur le blog de Seb, mais je voulais répéter que je ne pense pas que le libéralisme, qui n’est pas en soi une idéologie soit de droite. J’adhère cependant à la partie de l’analyse sur la « droite optimiste », ce qui rejoint ma vision sur le conservatisme de la gauche actuelle, qui pour une fois, peut-être la première de son histoire est aujourd’hui souvent clairement ANTI-PROGRES. C’est un point important de l’évolution gauche/droite.
      Cordialement,

      http://mitterrand.2007.over-blog.com

    5. frednetick Says:
      juillet 11th, 2007 at 19:33

      Je suis pas convaincu par le passage sur le libéralisme.

      Le libéralisme compris comme liberté individuelle n’a jamais éludé i dénié tout rôle à l’état. Adam smith « lui même » mettait en avant la nécessité de contrôler le libéralisme en raison des inévitables dérapages, accaparement illégitimes que cette idée entrainerait.

      Seuls les libertariens pensent que cet équilibre relève d’un tatonnement entre individus.

      Ceci dit le parti pris de partir sur le côté optimiste/pessismiste est assez pertinent je crois.

    6. Gauche/droite, la brume idéologique? : FrednetickWorld Says:
      juillet 11th, 2007 at 20:06

      [...] – Pour continuer la KIWI-réflexion : l’avis de Toréador , celui de Seb, mais encore  celui du Politoblog et enfin l’avis sc-poesque de Pierre [...]

    7. Seb Says:
      juillet 11th, 2007 at 23:53

      Ouf, heureusement que tu as eu la présence d’esprit d’écrire ton dernier paragraphe. Je suis convaincu qu’il existe plusieurs droites pour ma part mais cela ne fais qu’allourdir le débat. Les droites dure conservatrices des familles aisées à la française. Et la droite méritante, preneuse de risque, plus libérale et moins sectaire.

      Bref c’est assez dur de présenter ce sujet en fait !

    8. Gilbert Sorbier Says:
      juillet 12th, 2007 at 8:35

      Bonjour,
      Il est rafraîchissant de voir que l’espoir fait toujours vivre, et que les vieilles lunes font toujours recette…
      Dernier pays au monde à croire que l’on peut encore choisir entre libéralisme et…..? La France se singularise encore une fois par l’intellectualisme paroxysmique de ses rêves de systèmes politiques virtuels.
      Il serait bon pour notre bonne vieille France, que la pensée unique de ses intellectuels évolue un brin !

      Coller des étiquettes sur toutes choses afin d’essayer de les élucider est une solution indispensable à la maternelle, mais contre productive chez les adultes vaccinés.

      Le choix entre le libéralisme et ….. ? Est une chimère issue des cerveaux malades d’une extrême gauche Française n’ayant pas encore réalisé la chute du mur de Berlin. Chimère reprise (sous les rires de tous les observateurs conscients) par l’ex-premier ministre de DIEU, l’ineffable Lolo.

      Le libéralisme est un état de fait mondial.
      Ce qui est en cause c’est la manière dont les différents pays luttent ou non contre ses effets destructeurs pour l’être humain.
      Les pays énergétiquement indépendants, peuvent se permettre de mettre le libéralisme à la sauce étatique en Nationalisant leurs ressources naturelles.
      Les pays moins archaïques que le nôtre ont dejà depuis logtemps assorti le libéralisme d’un volet social beaucoup plus juste et solidaire que le nôtre.
      Mais, en dehors de la France, personne ne « rêve » un système qui n’a pas de nom puisque nous sommes obligés, nous en France de lui donner un ANTI-NOM.
      (Avant la chute du mur « l’autre sytème » s’appelait collectivisme).
      On ne peut pas être POUR un système qui n’existe pas alors l’hystérie collective lui a donné un anti-nom !!!

    9. Erick Says:
      juillet 12th, 2007 at 9:42

      La citation de Mauriac est intéressante mais à Napoléon et Hitler, il manque aussi Staline, Mao et Pol-Pot pour ne parler que des « chers disparus ». La galerie aurait été complète et équilibrée.

      Encore une fois on se demande bien ou classer le libéralisme, idée considérée « de gauche » par les conservateurs de droite puis débordée par le socialisme puis le marxisme.
      Défense de l’ individu contre primat de la société ? Débat sans fin par tout ce qu’ il implique dans les domaines philosophiques, économiques et sociaux.
      Contradiction entre l’ individualisme croissant au sein de la société d’ une part et les aspirations affichées à plus de justice, d’ égalité (égalitarisme ?) et de protection d’ autre part.
      Souvent, confusion et assimilation par la gauche du libéralisme au capitalisme. Le libéralisme est « hyper » et le capitalisme est bien entendu « sauvage », en oubliant que le libéralisme a pour objectif d’ endiguer les excés du capitalisme (cf les lois anti-trusts ou de protection du consommateur).
      Le libéralisme c’ est, pour parler comme un livre, libérer les énergies individuelles et protéger les faibles. Ce serait peut-être une définition de la social-démocratie. Est-ce pour cela qu’ elle est honnie par la gauche tradi ?

    10. Bastogi Says:
      juillet 12th, 2007 at 11:31

      Personnellement, je ne crois pas en la nature « bonne » des humains, mais je n’irais pas jusqu’à dire que je les méprise : j’apprends à faire avec, car je ne m’estime nullement au dessus des autres…Je suis d’accord avec ton analyse, si ce n’est que selon moi, la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy ne relève en aucun cas de l’optimisme, en tout cas pas de celui de la nature humaine : ses idées clairement positionnées à droite durant la campagne ont bien montré que la tendance du moment était à l’individualisme (ceci dit sans critique, mais plutôt comme constat d’un certain déclin de la confiance en l’être humain)…

    11. Sar Rabin Drahnat Duval Says:
      juillet 12th, 2007 at 12:25

      La suite dans les idées est souvent le dernier refuge des gens sans imagination. (OSCAR WILDE)

    12. lomig Says:
      juillet 16th, 2007 at 15:12

      salut
      on peut voir aussi dans le clivage gauche – droite une nécessité liée à la nature de l’action, et qui consiste à assurer une alternance pour équilibrer cette action. L’action efficace passe par une alternance modérée. non ?

    13. Toréador Says:
      juillet 16th, 2007 at 15:32

      oui, tout à fait !

    Commentaires