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    Banderille n°148 : Ô Champs Elysées !

    Par Toréador | juillet 16, 2007

    J’me baladais sur l’avenue, …

    Nicolas Sarkozy est-il démagogue ou est-il un visionnaire ? Seul l’avenir nous le dira, mais ce 14 Juillet là aura marqué les esprits.

    En jouant avec la flexibilité de l’énorme machine mise en branle pour l’occasion, Nicolas Sarkozy a ainsi pu goûter l’extraordinaire minutie de la préparation… qui va jusqu’à s’adapter à l’imprévu.J’approuve sans réserve la volonté de Nicolas Sarkozy de refaire du 14 Juillet une fête populaire, avec des concerts et le dépoussiérage de certains rituels. Il y avait un coté éminemment sympathique dans cette volonté de « marquer le coup », en arrêtant le cortège présidentiel et les 240 gardes républicains au beau milieu des Champs-Elysées, en invitant des héros et des brisés de la vie à la garden-partie, et en faisant venir les Nations d’Europe dans le cortège.

    Toutefois, on se souviendra qu’en son temps, Chirac en 1995 avait pris un bain de foule sur la place de l’Etoile, que Giscard avait descendu à pied l’avenue en 1974, que Mitterrand avait fait défiler les allemands en 1994…

    bref, rien de neuf sous le soleil.

    **************

    le coeur ouvert à l’inconnu…

    Car tout bêtement, Sarkozy nous fait le coup classique du type vachement sympa qui sait rester simple. Il y a toujours eu une volonté, chez ces présidents récemment élus, de montrer que la fonction ne les avait pas changés et qu’ils étaient toujours « près du peuple ».

    La contrepartie de cet exercice à balles rélles de la popularité, c’est le coté horriblement vulgaire et sans-gêne. Arrêter un cortège présidentiel, c’est quelque part n’avoir aucune attention pour son service de protocole et surtout de sécurité, et accessoirement pour les 240 types derrière vous qui patientent, stoïquement, sur leur cheval après s’être levé à l’aube.

    En plus, se rapprocher du peuple, c’est bien, mais que serait-il arrivé si on avait tiré sur lui ? Qui aurait-on blâmé ? Les pauvres types dégoulinant derrière lui !

    ******************* *

    J’avais envie de dire bonjour à n’importe qui…

    Il y avait également un coté un peu ridicule à voir ce président aller serrer les mains de ces pauvre-drapeaux, qui n’en demandaient pas tant et qui, instrumentalisés par l’Elysée sous l’oeil des médias, en perdaient leur latin : devaient-ils respecter le protocole et ne pas serrer la main (comme tenta de le faire le grec ou le bulgare) ? serrer la main ? Mais en saluant avant ? Après ? et comment tenir le drapeau sans qu’il aille se fracasser sur la tête de Sarkozy en face ?

    ********************

    et je t’ai dit n’importe quoi…

    PPDA avait raison : Nicolas Sarkozy fait penser à un enfant de maternelle un matin de sortie au parc, genre « les grilles d’Eurodisney s’ouvrent et je découvre les attractions ». Reconnaissons-le : ce 14 Juillet était quand même plus sympathique que ridicule. Mais le syndrôme de VGE le guette : à trop vouloir désacraliser la monarchie Républicaine, le président prend des risques.

    La distance est toujours gage de mystère, et donc de sécurité. Et ce n’est ni Elisabeth II, ni Lady Di qui me contrediront !

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 6 Comments »

    6 réponses “Banderille n°148 : Ô Champs Elysées !”

    1. lomig Says:
      juillet 16th, 2007 at 15:08

      salut,
      plutôt d’accord avec toi sur l’aspect sympathique de ce 14 juillet.
      Par ailleurs, tu dis que c’est prendre des risques de désacraliser ainsi ce rituel : n’est ce pas une des caractéristiques de Sarkozy ? on peut l’aimer ou pas, mais il prend des risques et ne reste pas assis dans son fauteuil, ça c’est sûr !
      à bientôt !

    2. Tonton Says:
      juillet 16th, 2007 at 16:45

      Bonjour,
      D’accord avec le commentaire de lomig. De toute façon, il sait que quoi qu’il fasse, on va le critiquer vivement, à gauche, mais aussi un peu à droite, et donc il en profite pour faire ce qui lui semble bon, avec sa vision de l’intérêt général. Il est toujours facile de caricaturer, mais il faut reconnaître qu’il y a du bon, que tout n’est pas à jeter dans cette rupture qui s’ammorce.
      Cordialement,

      http://mitterrand.2007.over-blog.com/

    3. amike Says:
      juillet 17th, 2007 at 0:32

      Arrêter un cortège présidentiel, c’est quelque part n’avoir aucune attention pour son service de protocole et surtout de sécurité, et accessoirement pour les 240 types derrière vous qui patientent, stoïquement, sur leur cheval après s’être levé à l’aube.

      L’arrêt avait été testé (témoignage d’une journaiste) au cas où…

    4. Gilbert Sorbier Says:
      juillet 17th, 2007 at 8:21

      Périodiquement (Je l’avais fait chez Christophe Barbier), je sollicite de votre mémoire, le rappel de ces huit pages de l’Express (retiré des kiosque sur ordre de l’Elysée au bout de deux heures) qui faisait la liste des oeuvres « noires » de Mr Giscard, pas d’Estaing du tout. Sarközy de Nagy-Bocsa ne devrait pas être pire !

    5. Erick Says:
      juillet 17th, 2007 at 12:09

      Cher Toréador,

      Si vraiment vous n’ avez pas d’ autres critiques à faire (le respect pour le service d’ ordre, ça c’ est le bouquet !), c’ est que vraiment vous n’ avez pas grand chose à dire.
      Quel est le fil conduceur entre les bains de foule de Chirac, la descente à pied de Giscard et défilé des troupes allemandes et les bains de foule et orchestres de Sarkozy ?

      En tout cas, pas de comparaisons entre Giscard et Sarko : le descente en solo de Giscard avait été trés mal prise par beaucoup de gens. Le seul à avoir osé le faire avant lui, c’ était de Gaulle lors de la libération de Paris.

    6. Toréador Says:
      juillet 17th, 2007 at 13:12

      Cher Erick,

      Je n’ai pas bien compris la splendeur de vos remarques : un garde républicain ou un policier ce n’est pas un citoyen comme un autre ?

      Le fil conducteur est écrit dans le billet.