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Banderille n°158 : Fadela Amara, ou le syndrôme Bernard Tapie
Par Toréador | septembre 20, 2007

Ferme-la Amara ?
J’ai connu, il y a longtemps, Fadela Amara. Je suppose donc que, par rapport à certains journalistes ou blogueurs, j’ai une certaine légitimité à en parler, même si paradoxalement c’est plus difficile de rester neutre. C’est une femme de caractère, quelque peu névrosée aussi, mais charismatique. Le personnage m’avait plu. Mais une récente interview et ses dernières sorties médiatiques me poussent à nuancer immédiatement ces gentils propos introductifs car je ne supporte plus sa logghorrée verbale.
Ecoutons-la secrétaire d’Etat à la ville : « Mon boulot sera de convaincre le président de la République et le premier ministre d’utiliser tous les moyens financiers à disposition, au-delà de mon budget de 1,3 milliard. Il faudra aligner le fric (…) Moi, je vais voir les mecs et les nanas qui sont dans les cages d’escaliers et qui ont aussi des choses à dire, même si parfois je ne partage pas leurs propos et leurs manières d’être (…) il faut mobiliser les médias. S’ils ont des choses à dire, c’est le moment pour eux de cracher le morceau. De la même manière, je vais convoquer les intellectuels. Car dans ce milieu tout le monde écrit sur la banlieue et se fait du fric sur le dos des mecs et des nanas de quartiers (…) Dans les cités, on en parle: aujourd’hui, il y a des nanas qui portent le voile – je ne parle pas de celles qui le portent par conviction religieuse – parce que c’est un moyen pour elles de restaurer leur réputation et de se racheter une virginité de façon à pouvoir rentrer dans le marché du mariag (…) Moi, j’ai payé cash ma liberté. »
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Des « nanas » à « Nanard »
Je passe sous silence le caractère éminemment autoritaire de cette sous-ministre qui veut envoyer ses collègues sur le terrain, convoquer les intellectuels, et qui semble avoir été élue à la Présidence de la République en lieu et place de Sarkoléon, pour passer directement au style.
Il y a dans cette interview un parfum d’auto-justification permanente (dont est significatif l’usage du « moi, je ») et un souci obsessionnel de « parler vrai », comme si l’usage de mots comme « nana », « mecs », ou « fric » faisait de vous un homme politique proche du peuple. Regardez Bernard Tapie, qui parlait ainsi : cela ne signifiait pas qu’il était honnête. Fadela Amara mélange le parler-vrai et le parler-franc.
Je ne crois pas que la vulgarité soit la meilleure piste pour mieux guider l’action publique. Je ne crois pas non plus qu’un homme politique qui s’abaisse à parler, vivre et s’habiller comme n’importe quel caillera rende service à la démocratie. A force de faire croire aux gens que l’homme politique ressemble à n’importe qui, n’importe qui veut faire de la politique, un peu sur le modèle de tous ces décérébrés qui passent à la télévision dans des émissions de « TV-Réalité » et qui espèrent la gloire facile. Or, si gouverner un pays était chose aussi aisée, nul doute que cela se saurait…
Tags: Fadela-Amara, Nicolas-Sarkozy, populisme, qualité-du-débat-démocratiqueSujets: Banderille, Toréador critique la Gauche | 3 Comments »





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septembre 20th, 2007 at 12:28
L’ouverture de Sarkozy met a mal la gestion des banderilles de Toreador. Fadela Amara pourtant minstre du gouvernement Fillon (UMP) du President Sarkozy (Re-UMP) …
C’est une erreur de l’avoir prise (pas la seule) dans ce gouvernement, elle sait decrier critiquer gueuler, engueuler, sait elle au moins construire ?
septembre 20th, 2007 at 13:25
slut,
merci pour le lien, contrairement à toi j’ai trouvé l’interview intéressante et directe.
Oui elle a prouvé qu’elle savait construire et faire bouger les choses avec Ni Putes, Ni soumises.
Attendons la fin de l’année pour voir le plan banlieues, mais les axes évoqués dans l’article me paraissent de bon sens et courageux.
à bientôt !
septembre 20th, 2007 at 13:30
Sur ses axes, c’est encore très flou je ne sais pas. Tu as raison Seb, j’ai hésité à imputer Fadela à la gauche. J’espère que Besson ne se mettra pas devant une de mes banderilles car cela me posera un problème de conscience !