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    Paso Doble n°27 : 2007, miroir brisé de 1981 (ter)

    Par Toréador | septembre 27, 2007

    A las cinco de la manana…

    Miroir, mon beau miroir…

    (du coup d’Etat permanent au coup d’éclat permanent)

    Vous le savez, j’ai mes marottes.
    L’une d’elles est d’avoir analysé l’élection passée comme la réplique de 1981, présentant Nicolas Sarkozy comme le fils spirituel de Mitterrand. Ne sont-ils pas tous les deux, chacun dans leur style, « Dieu » ? Le ralliement de la vieille garde de 1981 (d’Attali à Lang) m’a confirmé que visiblement je n´étais pas le seul à faire le lien entre ces deux avocats porteurs d’idéologies contraires… mais similaires en ceci qu’elles furent considérées comme révolutionnaires par le système.

    *************

    Ne me fais pas tes yeux rigueur !

    Une nouvelle pièce à charge vient d’être inscrite au dossier. Les récents tiraillements au sein de la majorité sur la politique budgétaire à mener n’est en effet pas sans rappeler (en accéléré car Sarkozy fait tout plus vite, y compris les erreurs) l’euphorie keynésienne de 1981, qui fut suivie par le tournant que l’on sait. Rigueur, vous avez dit tournis de la rigueur ?

    Pour être tout à fait honnête, comme nous sommes de part et d’autre d’un miroir, il faut  nuancer mon propos : la politique socialiste visait, tel Robin des bois, à redistribuer les richesses vers les pauvres, tandis que le paquet fiscal de Sarkozy - on se demande bien pourquoi ? :-) - vise strictement l’inverse. Je suspecte l’Empereur d’avoir espéré provoquer un choc de confiance chez tous les Halliday du monde, et les expatriés en règle générale. Mitterrand avait fait fuir les capitaux ? Sarkozy se proposait de les faire revenir.

    ********************

    Les miroirs feraient bien de réfléchir à deux fois

    avant de nous renvoyer notre image…

    Entre ces deux exemples symétriques, il y eut le long intermède du régent Chirac, qui déduisit de l’échec de 1983 que la mondialisation était en train de dévorer la politique et que l’Etat ne pouvait plus diriger l’économie, mais accompagnerarkozy a voulu réagir à ce cynisme émollient les accidentés de la mondialisation.

    Or justement, Sarkozy a voulu aller à rebours de ce cynisme émollient, revenir à la période « pré-Chirac ». Au coeur de son discours, un leitmotiv : « tenir mes promesses« , une véritable gageure tant avec Jacques Chirac la France avait pris l’habitude d’être baladée. Et  ô surprise : Sarkozy - rendons à César ce qui est à César – tient (pour le moment) ses promesses, même lorsqu’elles sont manifestement stupides, économiquement inefficaces et surtout dispendieuses (Sarkozy aurait dû lire l’ADN…)

    Alors que Fillon* parle d’Etat en « faillite », un terme impropre mais néanmoins pas si éloigné de la réalité (le terme exact serait « à crédit » ou « sous perfusion d’emprunt »), l’économie réelle rattrape le premier président à avoir voulu « faire de la politique » depuis la capitulation de 1983.

    Un doute m’étreint : et si demain le déficit de la France explose en vol, et si Chirac avait eu raison, et si … Sarkozy s’apprêtait à devenir le dernier fou à avoir rêvé de politique ?

    Miroir brisé : sept ans de malheur ?

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    Sujets: Paso Doble | 1 Comment »

    Une réponse “Paso Doble n°27 : 2007, miroir brisé de 1981 (ter)”

    1. Maup Says:
      septembre 27th, 2007 at 13:59

      Eh oui, c’est ainsi que je vois Chirac, moi aussi… Lui et tant d’autres de nos hommes politiques d’ailleurs.
      Deux observations tout de même:
      - Sarko tient-il réellement toutes ses promesses? Moi je vois au moins 1 gros vilain mensonge (la Turquie), 1 fausse vérité (l’histoire de la déduction des intérêts sur les prêts pour ceux qui ont signé avant le 6 mai), et des mini-réformes qui n’en sont pas, et par conséquent trahissent la promese faite (université,…)
      - Cette fatalité des hommes politiques devant la mondialisation est criante dans le dossier européen. Comme l’écrivait Chevénement ou Dupont-Aignan, nos dirigeants se contentent de suivre le sens du vent, en piètres capitaines. Ca manque d’envergure. Sarkozy, que j’ai entendu à Strasbourg aligner ineptie sur ineptie devant une foule de groupies septuagénaires (De Gaulle et Monnet qui auraient construit l’Europe la main dans la main, non mais oh…), Sarkozy donc a réussi à passer avec son « mini-traité » pour un gaulliste volontariste. Or qu’est-ce que ce « traité modificateur » qui se prépare dans notre dos?
      Allez voir là:
      http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Traite_modificatif-Etape_vers_totalitarisme_de_marche.pdf

      Ainsi, pour moi, la comparaison Mitterand/Sarko tient effectivement la route, mais j’ajouterais le cynisme aux qualités qu’ils partagent.