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Olé n°87: « EuFMIsme » de la Victoire
Par Toréador | septembre 28, 2007
« Valse de Strauss »
Nicolas Sarkozy avait vraisemblablement compris, bien avant le PS, que Ségolène Royal était l’opposante rêvée : incompétente, autoritaire, instinctive, et incapable de rassembler son propre camp. On murmure même que c’est la presse de Droite, Figaro en tête, qui a « fait » la candidate en lui donnant de plus en plus de crédit.
Mais la gamelle qu’a prise le parti de Jaurès en mai a failli détruire ce beau jouet : aussi l’Empereur s’est-il débrouillé pour consolider Royal à la tête du P.S. Une première étape aura été le débauchage de ses soutiens les plus brillants (Kouchner) – ou, à tout le moins les plus médiatiques (Lang) – pour l’empêcher de profiter valablement de ces cinq années de cure d’opposition. Le second volet de la stratégie a consisté à aspirer toute l’opposition anti-Royal, à commencer par le seul qui aurait pu lui faire mordre la poussière : Strauss-Khan.
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Bayrou : la voie Royale ?
Voilà pourquoi la nomination de ce dernier à la tête du FMI est supposément une triple victoire pour le Machiavel de l’Elysée. Premièrement, elle porte à la tête de la prestigieuse institution internationale un des nôtres ; deuxièmement, elle satisfait l’égo de l’intéréssé, et en fait un allié objectif (cet intellectuel brillant mais dilettante sort en effet « par la haut » de l’impasse du PS, coincé qu’il était, tel une fine tranche de salami, entre Royal et Hollande) ; tertio, elle réduit la lutte d’influence au PS à deux-trois leaders de faible envergure : un apparatchik, une tsarine illuminée et un mondain parisien, sous les yeux de la jeune génération des « quadras » qui ne brillent guère par leur originalité.
Ce plan machiavélique, entre ouverture et nettoyage, est censé ligoter par avance la Gauche qui aura beaucoup de mal à se différencier d’un candidat avec lequel elle aura en partie gouverné. L’ouverture tente également de faire pièce à l’argumentaire de Bayrou-2007 en réalisant le fameux « gouvernement d’union nationale » et en se défaisant de toute image « sectaire ».
Mais ce plan a néanmoins une faiblesse car l’ouverture est double tranchant : elle pourrait faire exploser le PS et pousser dans les bras du Modem l’aile droite du PS, ce qui, paradoxalement, accélèrerait la modernisation de l’opposition. On assisterait alors à l’émergence d’un parti « blairiste » et d’un parti socialiste recentré sur son aile crypto-marxiste. Ce nouveau Modem, étant doté d’un programme de substitution, n’aurait plus besoin du créneau « ni-ni » de 2007 et, surtout, aurait… toute légitimité pour se présenter comme « l’alternative ».
L’arroseur arrosé ?
Tags: 2012, Affaires-internationales, DSK, extralucidité-de-Toreador, FMI, gauche, Modem, Nicolas-Sarkozy, ouverture, politique-étrangère, présidentielles, premier-secrétaire, PS, Ségolène-RoyalSujets: Olé | 8 Comments »





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septembre 28th, 2007 at 20:49
Votre analyse est excellente… jusqu’au dernier paragraphe. Je ne crois pas du tout que le mou-dem puise avoir actuellement une capacité d’attraction suffisante, ni sur le plan idéologique, ni sur le plan régional. Il n’arrive à s’implanter qu’à Paris et dans le Béarn. Cela ne sufffit pas pour en faire un parti national ou une alternative sérieuse.
septembre 29th, 2007 at 0:38
« le seul qui aurait pu lui faire mordre la poussière : Strauss-Khan »
Je suis comme Reza, j’ai un faible secret pour « G » , pour Gaston (Ya l’téléfon ..) -un Rocard qui saurait danser – (et apprécier les stagiaires).
Je suis probablement victime d’un effet d’optique idéologique. Merde, chacun ses tic(s?) ,ses toc(s?) et ses faiblesses .
Diletantisme ? oui ! mais qui couvre un grand professionnalisme – sans intuition (dommage?) -.
Je reprendrai bien ma 1ere phrase de Jean-Paul « Votre analyse est excellente… jusqu’au dernier paragraphe ».
L’ouverture de Sarko sera dévastatrice pour la gauche et le modem, s’il réussit à peu près son pari (faire passer cahin caha un max de changements sans bloquer le pays.
S’il se plante, la question est de savoir qui engrangera l’avoine du mécontentement. Il y aura alors un mano à mano entre Ségo/Fabius et notre berger béarnais frisé.
Pronostic difficile, combinaisons multiples .
Car la vision mécaniste des boules laplaciennes ne tient pas compte de la nature des boules elles mêmes … (Bon je me comprends, c’est déjà ça)
Bref l’arroseur sera peut-être arrosé, à un moment donné, mais pas forcément, et on ne sait , ni comment, ni par qui, ni trop quand …
Ca nous changera de Chichi, qui, lui , à chaque calcul, se prenait systématiquement les pieds dans le rateau, pour n’être ‘sauvé’ – in extremis- que par le guignol « sympatoche » qu’il cachait sous ses rictus et ses (fausses?) rigidités.
? ?? Bon d’accord mais je me comprends …
septembre 29th, 2007 at 14:24
sarkozy se cire tellement bien lui même les pompes que ses ménestrels en sont réduits à des prouesses quotidiennes pour que leurs coups de langue soient remarqués
« grande victoire », ben tiens
sarkozy avat-il vraiment le choix? c’est-à-dire, pouvait-il utiliser son seul pouvoir en la matière, celui du veto à la candidature de dsk (veto possible car dsk est français)?
la réponse est très simple: c’est non.
d’une part parce que ce geste sectaire aurait réduit à néant sa com sur l’ouverture, d’autant qu’il n’avait personne d’autre à proposer.
d’autre part parce que ça aurait fait une pierre de discorde en plus avec juncker et merkel, qui avait déjà donné leur accord de principe
en résumé: nous sommes en france, un beau pays où sarkozy impose sa vérité.
septembre 29th, 2007 at 15:01
@ Jean-Paul : pas mal le jeu de mots sur le moudem mais je pense que ce n’est pas la capacité d’attraction du parti qui comptera mais bien l’équation personnelle de Bayrou. Il suffit de constater qu’en 2007, il est passé proche. Or, en 2012, si c’est á nouveau Royal, le PS ne pourra plus la défendre en faisant appel au « sursaut de gôche », surtourt si une partie des socialistes a rallié le modem.
@ Martin. Je ne vous réponds pas car vos petites allusions m’exaspèrent.
@ Oppossum. Je ne crois plus en Fabius. D’ailleurs, lui-même ne croit plus en lui !
septembre 29th, 2007 at 16:41
@ Toreador (on peut se tutoyer)
je te trouve certes un peu malvoyant s’agissant de sarko, mais pas du tout leche botte
il faut comprendre les 2 1eres lignes de mon precedent commentaire comme faisant suite à l’autosatisfecit de sarko validé par la plupart des commentateurs.
j’arrive ici en desesperant de trouver des gens pour s’etonner de ces cris de victoire disons un peu « décalés »
septembre 30th, 2007 at 11:13
Ah ok, je n’avais pas compris ceci. Euphémisme de la victoire veut bien dire ce que cela veut dire !
octobre 1st, 2007 at 2:47
@ Toreador,
quelle belle grande thèse. Je ne te savais pas adepte à ce point des théories du complot.
Pour ma part, je ne crois pas une seule seconde à la fameuse thèse de la « meilleure candidate » de Sarkozy. Peut-être aussi, parce que contrairement à la fameuse « pensée unique » actuelle, je ne crois pas une seule seconde que Royal soit incompétente. Ensuite, « incapable de rassembler son camp », même Allègre qui lui porte l’estime que l’on connaît, loue ses capacités de chef. Elle a simplement pâti de la situation particulière entre elle et le Parti compliquée par ses relations avec un certain chef de Parti… Quant à « autoritaire » et « instinctive », c’est assez drôle comme reproche face à Sarkozy.
Ensuite, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi la campagne a été aussi dure, pourquoi elle a tant mobilisé (autant dans les deux camps) si Royal était si mauvaise candidate. Pourquoi Sarkozy a-t-il fait une campagne si agressive s’il était sûr de gagner à partir du moment où elle était désignée ?
Quant à DSK, il parie sur un pourissement au sein du PS et se voit, tel un Delors qui accepterait, comme le sauveur arrivant en 2011, à condition qu’il réussisse au FMI.
Et pour finir sur l’ouverture, je n’en reviens pas que des blogeurs sérieux comme toi puissent encore croire que cette blague va pouvoir servir d’arguments politiques dans 5 ans. Kouchner a déjà explosé en vol. Quant à Lang, s’il accepte, c’est la bronca à l’UMP. Et les autres, ils sont soit négligeables (Bockel…) soit méprisables (Besson)… Donc très franchement, qu’est-ce que cela apporte à Sarkozy si ce n’est un risque de profonde mauvaise humeur au sein de sa propre famille politique ?
octobre 1st, 2007 at 13:00
Je suis exactement d’accord avec cette analyse. Ceci dit, je ne crois pas le MoDem assez fort pour récupérer quoi que ce soit… Le MoDem, ce n’est rien, ça n’existe pas. Ils vont s’ailleur là avec la droite, ici avec la gauche : ce parti n’a pas d’existence propre, ni de ligne claire. D’autant que partout, des gens se déclarent du MoDem sans avoir d’opinion réellement commune. Bref, le bazar. A part Bayrou… Il n’y a pas grand-chose.