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Paso Doble n°31 : Journal de la Rupture qui vient
Par Toréador | octobre 16, 2007
A las cinco de la manana…
On s’était donné rendez-vous dans dix douze ans…
Thursday, bloody thursday… Le Jeudi Noir arrive, et avec lui, son cortège de souvenirs. Etrangément, nous avons l’impression de revivre collectivement le même film qu’il y a 12 ans. Au générique, un président récemment élu; A la réalisation, un gouvernement tiraillé entre libéraux et gaullistes; En synopsis, une volonté réformatrice affichée et des retraites de fonctionnaires sur la sellette; et pour finir … Le 10 octobre 1995, une grande grève générale de la Fonction Publique pour alerter le gouvernement. Décembre 1995 : Explosion sociale. La capitulation en rase campagne d’une équipe qui avait à peine neuf mois. Fin du film.
Les souvenirs ont la vie dure et l’humain est ainsi fait qu’il analyse l’avenir avec les schémas du passé. En témoignent le dies horribilis que les Cassandre nous annoncent à raison, et les prédictions plus sombres que certains énoncent pour les mois à venir. La correspondance des dates, des rythmes électoraux, et des sujets pourrait laisser croire au pire, c’est à dire à bras de fer explosif le dernier mois de l’année. Pour la CGT-cheminots, de toutes façons, c’est la seule fenêtre d’opportunité : les cheminots reçoivent en effet un treizième mois qui leur permet de « supporter » le coût d’une grève longue.
****************
La Guerre de la Rupture n’aura pas lieu
Toutefois, il n’en sera rien, j’en fait le pari. Certes, il y a des risques, et notamment celui que les grands leaders syndicaux ne maîtrisent pas leur base. Mais surtout, le contexte a changé : l’opinion – je vous l’accorde, elle peut être très versatile – est majoritairement en faveur de la réforme, qui ne concerne plus qu’une poignée de fonctionnaires dans un pays épris d’égalité. Ses éléments les plus droitiers aspirent à une forme de revanche par rapport à l’humiliant retrait de 1995. De plus, Sarkozy n’est pas Chirac : il dispose d’une réputation d’homme d’action et surtout semble bien déterminé à remplir ses promesses. Son socle électoral est large et populaire.
Enfin, et surtout, il ne donne pas l’impression de combattre la fonction publique au nomd’une idéologie (le libéralisme) mais revendique une approche concrète du problème (tout en défendant un Etat fort).
Voilà pourquoi, il est difficile de se mobiliser contre Sarkozy : il n’y a pas d’idées à combattre, juste un triste raisonnement comptable.
Voilà pourquoi ce Jeudi Noir sera peut-être un ultime baroud d’honneur, mais certainement pas le prémisse d’une crise sociale pour les fêtes.
Voilà pourquoi, quand bien même décembre serait chaud, la bataille sera gagnée par le gouvernement. Tout simplement parce que ce dernier ne peut pas reculer : ce serait définitivement sacraliser les régimes spéciaux et faire une croix sur le reste des réformes.
Je suis bien conscient qu’en écrivant cela, je prends le risque d’être démenti par les faits, mais ma conviction est que même si certains syndicats jusqu’au-boutistes déclenchent la der des ders, le reste des fonctionnaires et salariés n’embrayera pas.
Et pourtant, pour les camarades les plus à gauche du syndicalisme qui vient, il n’y a pas de place pour eux dans ce monde post-rupture. Le projet Sarkozy, en attaquant toutes les vaches sacrées en même temps, est un casus belli, un danger mortel, un choix de société différent. Ses opposants n’ont rien à perdre, et c’est pour cela que tout devient possible.
Ami, entends-tu le cri noir du corbeau dans la plaine ?
Voir aussi en complément l’article paru ce matin dans le Monde APRES ce paso doble.
Tags: Alain-Juppé, droit-de-grève, Etat, extralucidité-de-Toreador, Fonction-publique, François-Fillon, France, Gouvernement-Fillon, hyper-président, Nicolas-Sarkozy, Sécurité-sociale, service-minimum, social, SyndicatsSujets: Paso Doble | 15 Comments »





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octobre 17th, 2007 at 9:03
@ Toré
))
attention les régimes spéciaux ne concernent pas que les fonctionnaires… dit à un mec de la RATP qu’il est fonctionnaire et tu vas te faire un copain
octobre 17th, 2007 at 9:05
Oui c’est vrai :
« la bataille sera gagnée par le gouvernement. Tout simplement parce que ce dernier ne peut pas reculer »
mais aussi :
« Ses opposants n’ont rien à perdre, et c’est pour cela que tout devient possible »
Faites vos jeux …
octobre 17th, 2007 at 9:11
C’est vrai Nico, c’et un abus de langage : des fonctionnaires et des agents publics
octobre 17th, 2007 at 10:14
salut,
très bon . Je découvre ton article, et je viens d’en poster un où je termine en utilisant également le terme « baroud d’honneur » ! Marrant, notre analyse se rejoint.
Ne jouons pas trop sur les mots, « fonctionnaires », « agents publics » désignent tous deux des personnes qui sont protégés des contraintes économique (chômage, concurrence) et doivent donc, légitimement, avoir des devoirs. Assurer le service public devrait être un devoir.
Ayons une petite pensée pour tous ceux qui vont galérer plusieurs heures demain à cause de cette grêve injustifiable !
à bientôt !
octobre 17th, 2007 at 12:53
Voilà ce pour quoi les « agents » de la SNCF font grève (exposé établi par un cadre de la même SNCF) :
Afin que vous ayez tous les éléments pour vous faire une idée, je vous livre le régime spécial des cheminots tel qu’il est actuellement. Je ne porte aucun jugement, je cite la réalité.
L’âge de la retraite
Les cheminots non conducteurs (la majorité) partent à 55 ans sous réserve d’avoir un minimum de 25 ans de cotisation. Les conducteurs partent à 50 ans s’ils ont au moins 15 ans de conduite. Les agents de la SNCF peuvent donc faire valoir leurs droits à la retraite dés qu’ils remplissent les 2 conditions d’âge et de durée de service.
Le taux de cotisation
Dans le privé ce taux est de 26% du salaire imposable réparti ainsi 15,5% pour l’entreprise et 10,5% pour le salarié. A la SNCF il est nettement plus important puisque il se situe à 40,97% réparti à 33,12% pour l’entreprise et 7,85% pour le salarié. On voit donc que si l’entreprise cotise plus, le cheminot cotisent moins. Pour être tout à fait complet il faut savoir que sur les 33,12% que versent la SNCF , 4,6% sont des cotisations patronales dites « complémentaires » qui ont pour but de permettre aux futurs retraités de maintenir leur pouvoir d’achat. Pour ce qui est des 7,85% de cotisations par le salarié elles se font sur la base du salaire liquidable c’est-à-dire sans prise en compte des indemnités diverses et sans les gratifications (ce chiffre est également celui des affiliés des autres principaux régimes de retraite du secteur public).
C’est ce taux élevé, payé par l’entreprise qui permet aux cheminots de partir soit à 50 soit à 55ans. En clair c’est l’entreprise qui paie par un taux de cotisation très élevé cet avantage.
le montant de la retraite
La retraite des cheminots est en moyenne de 1500 euros, les plus basses étant d’environ 1000 euros ce qui correspond au minimum de pension au chemin de fer. Elle est calculée sur les 6 derniers mois. Chaque année de service procure une fraction de pension égale à 2% de la rémunération de fin de carrière (ex : un cheminot qui a 30 ans d’ancienneté percevra 60% de cette rémunération) avec un maximum de 37,5 annuités soit 75% .C’est rarement le cas car la carrière d’un cheminot est prise en compte à partir de 18 ans et comme il part à 55 ans cela fait 37 ans. Pour augmenter leur plafond en fonction de leur entrée dans l’entreprise où pour atteindre le plafond maximum certains salariés demandent et obtiennent une prolongation de service de quelques mois.
A noter que la retraite des cheminots bénéficie de ce que l’on appelle la péréquation automatique de la pension c’est à dire que la pension des retraités bénéficie des mêmes revalorisations que celle des agents en activité. Ce sont les 4,6% de cotisations patronales dites « complémentaires » qui permettent cet avantage supplémentaire.
Les cheminots bénéficient lors de leur départ à la retraite d’une allocation de fin de carrière qui s’élève à 1/12 de la dernière rémunération brute. La pension est par ailleurs payée trimestriellement et d’avance le premier jour de chaque trimestre civil. Le premier paiement intervient dés la cessation de fonction et s’ajoute à la prime citée ci-dessus.
A noter que les conducteurs en plus de partir à 50 ans bénéficient pour leur retraite d’une bonification de 3 mois par année de conduite au delà de la troisième année de conduite. Cette bonification ne peut dépasser 5ans, atteints après 23 ans de conduite. Par ailleurs de nombreux cheminots bénéficient 6 mois avant leur départ d’un « coup de chapeau » sous forme d’avancement.
Le rapport actifs/retraités
Le différentiel important entre les retraités et les actifs provient du fait que après la deuxième guerre mondiale il a fallu reconstruire le réseau ferré. La SNCF a alors compté jusqu’à 450000 cheminots.
Le régime de travail d’un cheminot en 3X8
La pénibilité des cheminots n’est plus celle d’après guerre.
Chaque année un cheminot en 3X8 a :
118 repos hebdomadaires
14 repos (récupération 35 heures)
10 jours (récupération fêtes)
28 jours de congés ouvrables
Ce qui fait un total de 170 jours
De plus au chemin de fer la pénibilité du travail de nuit est récupérée par 36 minutes par nuit. Au bout de 7h43 Le salarié récupère ce qu’il appelle un repos nuit, avec un maximum de 6 par an.
En fin d’année un salarié du chemin de fer en 3×8 à une période de non travail de 170 + 6 soit 176 jours, soit presque 1 jour sur 2. Je ne porte aucun jugement. Il faut le savoir quand on aborde le problème de la pénibilité, c’est tout.
A noter enfin qu’un cheminot qui travaille en horaire de jour (services administratifs, services médicaux et bien d’autres encore) comme la plupart de nos concitoyens part également à 55 ans et là il n’est pas question de pénibilité. C’est le cas de la plupart des salariés du chemin de fer.
octobre 17th, 2007 at 13:49
Cette fois ça DOIT passer, Sarkozy DOIT réussir, sinon la France s’effondrera définitivement…
Il y a tant de symboles derrière cette réforme qu’elle en conditionne bien d’autres, notamment parmis les plus importantes et les plus délicates.
octobre 17th, 2007 at 16:28
Juste pour pimenter le suspense de la série « Cette rupture qui arrive enfin ! … »
Soit donc, un 3ème scénario presque pire que les deux autres : un succès gouvernemental aux forceps et à la Pyrrhus.
Un faux vainqueur , un vrai vaincu .
Désillusion et sentiment d’impuissance de tout côté.
octobre 17th, 2007 at 20:01
Sarkozy n’a pas le choix, le gouvernement Fillon de même. Il serait particulièrement stupide de capituler à nouveau, lorsque l’on voit les conséquences de l’échec de 95. Enfin à l’époque, je me demandais déjà où était toute cette population censée approuver les grévistes…
Il parait que la question c’est de savoir qui est le patron ? Après tout, pourquoi pas, s’il faut vraiment passer par là. Je ne me fais plus d’illusion sur un éventuel souci de l’intérêt général par les syndicats.
octobre 17th, 2007 at 20:44
Bien d’accord avec vous tous : sarko n’a pas le choix. Et puis surtout, la population est avec lui, cette fois… Et les syndicats ne prônent pas de mouvement reconductible. En gros, ils vont enquiquiner une bonn,e partie de la france demain tout en sachant que c’est peine perdue, c’est pas mal, ça, non?
En revanche, je crois que le gouvernement va bel et bien baisser sa culotte devant les internes en médecine. Et ça, ce sera bien normal.
octobre 17th, 2007 at 20:45
Il faut savoir qu’aucun syndicat à Marseille ne suit le mouvement.
Il y a 1 mois tous les syndicats n’étaient pas d’accord avec cette grève, mais de peur d’être marginalisés, ils se sont tous « raccrochés aux branches ».
Au delà du visible, tous les gens concernés par ces régimes spéciaux savent (et souvent approuvent)que leur régime sera modifié, c’est avant un bras de fer entre organisations syndicales pour conserver une représentativité nationale et une existence physique et financière. La SNCF est une ressource financière importante du monde syndical et les temps sont durs !!
Elle est loin l’époque ou Moscou bouchait les trous.
octobre 17th, 2007 at 21:09
FO, La CTFC, la CFDT et la CGC, tous farouchement anti communistes seront heureux d’apprendre grace à mic90 qu’ils étaient financés par Moscou
))
@ Chafouin
j’ose espérer que tu es ironique que la reculade du gouvernement sur les internes…
octobre 17th, 2007 at 23:06
comme d’habitude Nico fait des interprétations tendancieuses mais c’est dans sa nature.
Il ne regarde que la partie visible de l’iceberg quand ça l’arrange et pourrait même déduire de l’alliance germano-soviétique que les communistes de Moscou étaient des fachos SS déguisés ou bien le contraire.
bien sur que Moscou a financer tout ce qui pouvait affaiblir les gouvernements de l’ouest, directement ou indirectement, comme l’état français qui finançait le grand banditisme pendant la guerre d’Algérie mais c’est une époque que tu n’as pas connue.
octobre 18th, 2007 at 10:19
mon pauvre Mic90
c’est beau de fantasmer, mais c’est nettement plus intelligent de se renseigner : FO est née d’un scission anti-communiste de la CGT en 1947 et a toujours combattu le communisme au point d’être financé en partie par les EU
la CFTC est née ne 1919 pour lutter contre le syndicalisme de classes de la CGT et depuis 1964 la CFDT en est l’héritière sur ce point…
alors bien entendu de la CGT recevait des fonds de Moscou (c’est pas scoop), mais pour les autres mis à part dans ton cerveau malade où tu complet à assimiler syndicats et communisme, il faut arrêter de délirer
quant à Marseille si les syndicats n’appelle pas à la grève c’est uniquemet parce que les traminots de la RTM n’a pas de régime spécial…
octobre 18th, 2007 at 17:23
@ Nico,
rien à rajouter à ton argumentation. C’est incroyable de voir écrit des choses pareilles… FO financée par l’URSS ! On croit rêver alors que l’on connait les sommes investies par la CIA et qu’on vient de découvrir que l’UIMM l’a financé à un moment donné.
Sans compter le fait que l’UIMM avait constitué un trésor de guerre pour permettre aux patrons de tenir financièrement face aux grèves, notamment en 1968 !
octobre 20th, 2007 at 11:16
1 merci pour l’historique syndical je le connais
2 je n’ai pas écrit que Moscou avait financer directement FO mais avez vous discuter avec des gens qui ont vécu le front populaire moi oui mon grand père et c’était un membre actif.
3 pour Marseille vous vous tromper cela a été très bien expliquer par la CGT et FO a la Radio
4 mon cerveau est sans doute celui d’un vieux c… mais qui a vécu mai 68 dans la plus grande usine de France (40 000 p), avec la milice patronale qui cassait les machines pour le mettre sur le dos des grévistes. je ne suis pas un anti communiste primaire mais j’ai un peu de vécu pas uniquement de lectures historiques qui sont très rarement objectives ce qui j’en conviens est la principale source d’information des jeunes et un corps enseignants qui parle principalement de ce qu’il ne connait pas autrement que par ses lectures et ses préjugers. Dans les livres d’école il est écrit nos ancêtres les gaulois c’est ce qu’on enseignait en Algérie merci messieurs les professeurs !
5 quand on attaque les syndicats par exemple cela implique t il que l’on sourient le patronat. Pour moi non et c’est une grossière erreur.
6 je ne vous souhaite pas un jour d’avoir vraiment besoin d’argent pour manger et faire manger votre famille (après une bonne de grève en 39 par exemple) car là je vous assure on ne regarde pas la couleur ni la provenance des billets, mais bon il faut avoir du vécu pour savoir de quoi l’homme est capable (et on en apprend tout le jour).