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Banderille n°167 : Hussards contre Grognards
Par Toréador | octobre 19, 2007
Vive la Résistance (et le Führerprinzip)
Le Monde a très bien résumé ce qui m’a traversé l’esprit en découvrant la bronca des professeurs à propos de la lettre de Guy Mocquet : « Les professeurs n’aiment pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire dans leur classe. Surtout si l’injonction vient d’en haut ». Ma pensée serait plus proche de « Un professeur, ça ferme sa gueule, ou alors ça démissionne ». J’appelle ça le Führerprinzip.
Je suis en effet gêné par cette fronde qui a tous les traits d’un début (d’amorce de prémisse) de mouvement de désobéissance civique des hussards noirs de la République à l’encontre un président démocratiquement élu. Contrairement à ce qu’on pourrait laisser croire, et que d’aucuns tentent doucement d’instiller dans le débat public, le professeur n’est pas une espèce de pape anarchiste sans dieu ni maître qui dispense du haut de son Aventin une vérité révélée. Il est certes maître de sa pédagogie, mais pas du contenu de l’enseignement; des moyens mais pas de l’objectif; de la forme mais pas du fond; sans quoi l’Education Nationale ressemblera tantôt à un conglomérats de potentats et de petits fiefs.
*************
Mocquet vous,… et obéissez
Sur le fond, je trouve cette idée de lecture de lettre assez superficielle, dans le sens où le texte en lui-même n’est pas « profond ». En revanche, je salue le symbole et ce n’est pas moi qui contesterai le besoin de rappeler aux jeunes générations qu’il y a encore soixante ans, on pouvait mourir pour des idées et pour la liberté. Mais mon opinion, je la garderais pour moi-même si j’étais professeur. Lire du Guy Mocquet, ce n’est pas lire Mein Kampf, n’en déplaise aux sarkannibales. Et un fonctionnaire, ça commence déjà par obéir.
(D’ailleurs, je soulignerai au passage toute la contradiction qui existe entre les lamentations sans cesse relayées du corps professoral sur « la perte de leur autorité » et « le non-respect qui leur est dû », et leur attitude, qui n’encouragera guère, on en convient, leurs chères têtes blondes à écouter tout discours sur le respect de l’autorité.)
Alors, c’est sûr. Il y aura toujours des imbéciles comme cet entraîneur qui brisa le moral de ses joueurs en voulant faire du lèche-cul du zèle auprès de Nicolas Sarkozy en leur lisant dans les vestiaires avant un match de rugby la fameuse lettre. Mais que notre corps enseignant n’oublie pas trop qu’il sert la République, et que son président s’appelle Nicolas Sarkozy.
Qu’ils ne soient pas grognards, certes, on peut le comprendre. Mais qu’ils demeurent hussards !
Pour un avis différent, c’est ici celui de Chafouin (et pour mon point de vue sur Guaino, c’est ici)
Tags: désobéissance-civique, Education, Nicolas-SarkozySujets: Banderille | 59 Comments »





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octobre 19th, 2007 at 23:15
effectivement la valeur d’exemple n’est pas leur point fort et que disent leurs syndicats? courage fuyons nos responsabilités ! heureusement cette drôle de « race » ne semble plus majoritaire, ils sont de plus en plus nombreux que le monde réel existe et qu’ils avaient des lunettes déformantes.
octobre 20th, 2007 at 0:55
Obéir pour appliquer une manipulation politique n’est à mon sens pas nécessaire. Ces professeurs sont peut-être idéologues, mais je crois que tu fais la même erreur que Guaino. Ton propos est certes valable par principe, et en particulier en ce qui concerne la neutralité qui doit être observée notamment en philo ou en histoire. Mais là, je ne comprends pas la valeur éducative d’une telle lecture. Aucun intérêt, si ce n’est de faire une nouvelle fois parler de Sarkozy. Et ce dès son investiture (affichage d’ouverture, d’emblée).
D’autant qu’appliquer à la lettre ta vision des choses, si ferme, si stricte, me paraît exagéré et même dangereux. Cet espèce d’Etat omnipotent qui doit s’imposer jusque dans l’éducation des enfants, déjà, j’ai du mal à l’avaler. L’application directe, dans les méthodes scolaires, des idéologies, idem. Mais si les manipulations politiques doivent obliger les profs à faire perdre une heure aux élèves…
Et je te rappelle qu’aujourd’hui aussi, on meurt pour des idées et pour la liberté. On pourrait diffuser en classe des films sur la Birmanie, tant qu’on y est. Ce serait tout aussi déplacé, mais au moins, on aurait le sentiment d’avancer plutôt que de perpétuellement revenir en arrière de 60 ans.
octobre 20th, 2007 at 0:56
J’ai d’ailleurs exposé cette thèse sur mon dernier billet.
http://penseespolitiques.over-blog.com/article-13185229.html
octobre 20th, 2007 at 2:25
C’est sûr qu’on n’est pas d’accord : quand bien même il n’y a pas de valeur éducative, ce n’est pas à chaque prof d’en décider.
octobre 20th, 2007 at 8:12
Et depuis quand un président de la république impose du jour au lendemain, la lecture de quoi que cela à l’éducation nationale !
Au fait, il y a un bon moment que nos « têtes blondes » ont un tantinet foncé et même à Ste Cécile Ste Marthe à Neuilly où ma fille (now 35 ans) a fait son secondaire…
octobre 20th, 2007 at 8:30
Bonjour,
Les enseignants ont l’obligation absolue de respecter des Instructions Officielles qui sont leur Bible, leur Coran, leur Torah laïque et qui définissent précisément leurs horaires, leurs programmes, leurs objectifs et l’évaluation de ceux-ci.
La lecture de cette lettre se veut une obligation sur la pédagogie, sur la méthode, sur les moyens pour atteindre les objectifs des IO.
En ce sens, je trouve légitime les réactions négatives de quelques hussards puisqu’en principe, dans une certaine mesure, et comme tu le dis justement dans l’article, l’enseignant est maitre de sa pédagogie.
octobre 20th, 2007 at 9:51
Les profs en obéissant pas donnent un mauvais exemple à leurs élèves dont ils exigent l’obéissance.
Ceux qui refusent la lecture de cette lettre (et cela peut se comprendre) devront s’expliquer devant leurs élèves sous peine de perdre en crédibilité.
Les profs sont donneurs de leçons mais n’aiment pas qu’on leur fasse la leçon. Voilà le paradoxe.
octobre 20th, 2007 at 9:54
Il y a bien longtemps que les profs ont renoncé à dispenser ce qu’on appelait ‘la morale’. Ils ont même organisé ce renoncement avec la complicité de l’air du temps.
S’étant de plus privé de tout ce qui ressemble trop à de la discipline ou de l’autorité -toujours avec l’assentiment de l’opinion- , ils finissent , les pauvrets, à travailler dans de fort mauvaises conditions, avec mauvaise humeur , désillusion et le sentiment d’être incompris.
Bref de renoncements en complaisances faciles ils ont fait de l’E.N. une machine molle , tout juste capable de reproduire en les aggravant la continuité endogène des couches sociales (sauf pour leur rejetons …).
Et de produire des ectoplames plus ‘consommateurs’ que vraiment ‘citoyens’.
Bref l’exact inverse de ce qu’ils souhaitaient : comme quoi les chemins de la facilité ne mènent pas souvent où on se l’imaginait !
Ce désastre a toutefois l’avantage d’alimenter leur raisonnement vicié, dès lors que par quelques tours de passe-passe idéologiques primitifs mais efficaces (auxquels ils ne croient plus qu’à moitié), ils en font porter la responsabilité au ‘Système’ !
Car une de leur dernière satisfaction est l’exercice à vide de ce qu’ils pensent être leur esprit critique , mais qui n’est qu’une vague posture désabusée et mécanique.
L’opération gadget/mocquet , en sus de toutes ces motifs de mauvaise humeur, a fini , à la longue, par leur chauffer les oreilles .
Voilà, quand on replace objectivement cette affaire dans son contexte historico-psychologique, on les comprend mieux , ces pauvres victimes mal-aimées qui ne rêvent plus que d’une chose :
qu’on leur foute la paix , qu’on les laisse mariner dans leur jus justificateur … en les payant mieux, en revalorisant leur statut, leur carrière, en allegeant les programmes, en diminuant les heures de cours, et en embauchant perpétuellement pour dédoubler toutes les classes … etc etc …
octobre 20th, 2007 at 10:30
@toto: ce que tu ne comprends pas c’est qu’il n’y a pas à obéir à un ordre ilégitime. si mon patron me donne un ordre stupide, je lui dis zut.
@Toré :Ce qui me gêne, ce n’est pas tant la lecture de la lettre que de formaliser ça par une lecture au même moment, le même jour. Pourquoi ne pas mettre la lettre en encadré dans les prochains livres d’histoire? ça suffirait bien.
Je vous rappelle que tout ce qui est excessif est dérisoire…
octobre 20th, 2007 at 11:18
@ chafouin
Tout ce qui est excessif est insignifiant !
Et ce que tu oublies c’est qu’en face il y a des gamins. Un prof qui désobéit est un mauvais message qui leur est adressé. Toi et ton patron êtes des adultes, ce n’est pas pareil.
Une solution possible : le prof explique aux élèves qu’il n’est pas d’accord pour lire cette lettre avec énoncé des motifs mais qu’il l’a lit quand même par « obéissance » . Ainsi l’exemlpe est donné envers un auditoir traditionnellement enclin à désobéir et le prof a donné son avis (intelligemment).
octobre 20th, 2007 at 11:30
En faite cette lettre n’est qu’un teste pour mesurer la capacité d’opposition et de mobilisation des enseignants et sans doute de comptabiliser les troupes.
Le choix de la lettre écrite par un fils d’un résistant communiste n’est pas neutre d’où le malaise d’une partie des opposants.
On commence petit, on divise, d’autres banderilles arriveront puis ce sera l’estocade, tout ça n’est que de la technique comme l’annonce du divorce le jour de la grève.
octobre 20th, 2007 at 12:58
Je suis content de voir que cette fois-ci, en prenant une position « dure » j’ai réveillé le débat !!!
octobre 20th, 2007 at 13:02
ah oui on peut dire « dure »!
octobre 20th, 2007 at 13:09
Je crois que vous oubliez tous une partie importante dans l’affaire, oh un détail, mais qui a son importante : les parents !
C’est à eux que s’adresse GM, Ce sont eux qui ont confié leurs enfants à des Enseignants qui leur apparaissent de plus en plus étrangers. Et ils peuvent se sentir lésés de ce comportement retord d’une corporation qu’ont sait majoritairement politisé.
octobre 20th, 2007 at 13:56
Cette lettre est issue d’un gamin endoctriné par les FTP qui ont commis toutes sortes d’exactions bien connues. La seule valeur de cette lettre est celle d’un innocent doublement victime et non pas d’un résistant qui sait pour quoi il se bat. Par conséquent, il n ‘y a aucune raison pour faire lire une lettre qui relève de l’intime et non pas du politique récupérateur voulant faire fondre en larmes tout un chacun pour mieux le manipuler.
octobre 20th, 2007 at 13:58
@ Funr. Plutôt d’accord avec vous sur la valeur intrinsèque de la lettre !
octobre 20th, 2007 at 14:30
Toré : tu es d’accord pour dire que la lettr en’a pas la valeur qu’on veut lui donner auprès des élèves, et pourtant tu considères que les profs doivent obéir. C’est un peu contradictoire : si les profs sentent que l’ordre vise à utiliser l’éducation des enfants à des fisn politiques, il est légitime de refuser de s’y soumettre.
octobre 20th, 2007 at 19:05
Oui, cette lettre est celle d’un gamin raflé, mauvaise pioche, pas celle d’un résistan actif. Elle est touchante, simple et belle, comme le sont celle des poilus de dix-huit ans qui mouraient dans la boue de la Somme. Ca parle d’amour et de mort. Moquet ne meurt pas pour la France, mais à cause des hasards tordus de la guerre. Qu’en tire-t-on, de cette lettre? Un poème de Prévert?
Mais quel est l’objectif de cette lecture aux connotations planificatrices? Provoquer l’émotion? Pourquoi? Cet allant démiurgique me casse les couilles, pour faire simple.
Les profs ont raison. Ce truc pue un peu.
octobre 20th, 2007 at 19:48
euh, toreador, c’est une blague?
ton billet est un peu surchargé en fausse logique trop rudimentaire pour etre honnete
sarkozy est président, certes, ce n’est pas pour autant dieu, fut il élu. ou alors on change vraiment de régime
qu’il s’occupe de son boulot de president est deja suffisament prenant pour lui en principe et aussi penible pour nous
Qui est contre Guy Môquet? Voilà la question que nous envoie « subliminalement » sarkozy dans la face. Eh bien celui qui pose cette question là, celui là, se déshonore. On était habitués à ce que sarkozy utilise toutes les variantes du terrorisme intellectuel et instrumentalise toutes les situations avec la pire indécence. Pendant la campagne, je me suis souvent rappelé cette interpellation balancée à Dukakis en 1988: « et pour l’assassin de votre enfant, vous êtes toujours contre la peine de mort? ». En France nous sommes débarrassés de cette peine capitale, mais nous ne sommes pas débarrassés des politiciens qui usent et abusent de la posture: face à l’émotion, on argumente pas.
Il s’agit bien de museler les contradicteurs, de mettre les opposants au garde à vous. Pour quoi se battait Guy Môquet, si ce n’est pour le contraire? Pour beaucoup de nos compatriotes, donner tous les pouvoirs à un homme dit « à poigne », c’est le summum de la démocratie. Pour Guy Môquet, c’était le contraire.
octobre 20th, 2007 at 20:40
Bien d’accord avec vous !
Je me suis longuement chez moi étendue en son temps sur Guy Môquet et sa lettre (pas top confortable à dire vrai), allant même jusqu’à interroger des profs d’histoire pour avoir leur avis et recenser tous ceux que je pouvais trouver … C’est un symbole, il est beau, il y en a d’autres, c’est vrai, il peut permettre de digresser, c’est vrai, notamment sur le PC et sa position à l’époque de la lettre, c’est vrai aussi, de façon à remettre toutes les choses dans leur contexte.
Et quant aux profs qui viennent nous sortir que cette lecture n’est pas faisable parce qu’elle ne suit pas la progression chronologique de l’année et que les élèves (de lycée rappelons-le) vont se perdre, je n’ai même pas envie de leur répondre …
Ce que je vois, c’est par exemple un enseignant qui affiche un papillon sur sa porte lors d’une réunion individuelle « parents-profs », indiquant « je suis ici pour le bien de vos enfant, et ne tolèrerai pas la moindre critique » (véridique !) … alors qu’en plus ils se sentent internés dans leurs classes par Sarko, il n’y a qu’un pas qu’ils franchissent allègrement …
Et pour en terminer, cela fait déjà quelques années que je constate que, certainement pour ne pas « perturber les enfants dans leur progression chronologique » on ne leur parle plus au collège ni de l’armistice de 14-18, ni de celui de 39-45, ni de la commémoration de la guerre d’Algérie, ni de celle d’Indochine … et que lorsqu’il se produit un fait marquant dans l’actualité, on se garde bien de leur en dire un mot …
Alors la lettre de Guy Môquet, hein, de qui se moque-t-on effectivement … ?
octobre 20th, 2007 at 20:42
@ chafouin
Et là , désobéiriez-vous ? Les enjeux sont déjà nettement plus sérieux :
http://www.rue89.com/2007/10/19/guerre-en-iran-les-generaux-tentes-par-la-dissidence
octobre 21st, 2007 at 0:23
@ Martin P : Non, lorsqu’on n’est pas d’accord avec la politique émotionnelle, on n’élit pas le candidat Sarkozy. Et s’il est élu, on se plie aux ordres pourvu qu’ils n’enfreignent pas certains principes fondamentaux.
Je ne pense pas comme vous qu’il s’agisse de museler. Je pense que Sarko and co ont voulu réveiller la fibre « patriote » et ont choisi volontairement – pour faire taire les critiques de lepénisation rampante – un résistant communiste. En soi, c’est plutôt habile.
@ Charles. Effectivement, il n’y a rien, que de l’émotion, et le souvenir. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour désobéir.
octobre 21st, 2007 at 0:54
Martin P. fait une remarque très significative : « On était habitués à ce que sarkozy utilise toutes les variantes du terrorisme intellectuel »
… on croit rêver de lire de pareille déformation de la réalité , mais cela illustre bien l’impression qu’on ressent avec cette manie qu’a Nicolas de brouiller les pistes et d’occuper le terrain par sa stratégie d’ « ouverture »!
Et oui, finalement il ne rêve que d’occuper le camp adverse , que de débaucher les hommes et les idées, comme si cela pouvait le laver de cette droitisation un peu raide qu’il a pratiquée pendant et surtout en fin de sa campagne .
Cette opération Mocquet n’est que le prolongement de ce déséquilibre un peu infantile , qui lui fait « provoquer » et réagir chacun , tout en réclamant une sorte de compréhension fusionnelle de tous.
Bon y’a du progrès à faire pour tenir le rôle -plus classique mais plus sûr et cohérent- du « Père », qui tance tout en rassurant.
PS/ Pour le sujet imposé de Toréador, je me dis qu’on a raison de se poser des questions à voix haute sur l’objectif de cette lecture (même s’il n’y a pas mort d’homme -si on peut dire- )
Mais ,
… je ne sais pas s’ils ont raison de ne pas vouloir faire cette lecture, car ce sera un précédent, un coup de canif de plus dans ce reste d’organisation hiérarchique vieillotte qui structure avec peine le gros pachiderme de guimauve graisseuse qui nous tient lieu d’Education Nationale !
Sacré G.Mocquet qui nous a fait louper le titre du ballon ovale ! et qui va nous pourrir un peu plus l’image des enseignants !
octobre 21st, 2007 at 10:28
Guy Mocquet et Ben Laden, même combat ? je crois qu’aujpiurd’hui les jeunes savent très bien que l’on peut mourir pour des idées… c’est la définition, que ceux qui n’ont pas les memes idées, surtout pas celle de mourir donnent au mot » terrorisme », qu’il soit d’hier ou d’aujourd’hui.
J’ai une fille de 16 ans avec qui j’ai parlé de cette lettre. Elle m’a juste dit : « ben quoi, ils veulent nous mettre dans le crane qu’on peut se faire tuer si on désobéit ! »
bref , autour de cette lettre, assez mievre et pas tres interessantesur un plan littéraire, il y a plein de débats possibles… Encore faut-il qu’ils existent.
Et moi profondément, ca me dérange que dans une démocratie, le président puisse dicter ce qu’il faut faire à l’école ! Y a comme du dérapage constitutionnel dans l’air. Peut etre que Maitre Eolas nous éclairera sur ce point.
Election c’est pas non plus chèque en blanc…C’est pas parce qu’il a été élu , qu’il faut baisser la tete, serrer les fesse et laisser faire tout et n’importe quoi. Quand ca dérape, faut réagir. Et les réactions sont assez molles . Culpabilité ? Contrition ?
Je vous rappelle aussi, qu’Hitler a été démocratiquement élu…
octobre 21st, 2007 at 11:00
Cher co :
- Ceci ne relève pas du partage des pouvoirs constitutionnels. Pas besoin de Maître Eolas pour cela : cela relève de l’article 20 qui est ainsi libellé : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. ». Et le gouvernement est nommé par le Président.
- Hitler n’a pas été « démocratiquement élu ». Son parti avait perdu les élections…Le 25 février 1932 Hitler obtient la nationalité allemande, et à l’élection présidentielle de mars-avril, il obtient 13,75 millions de voix, représentant 37,3 % du corps électoral, mais il est battu par le vieux maréchal Hindenburg. Aux élections générales de novembre, le parti nazi devient le plus important groupe politique du Reichstag, le parlement de la république de Weimar, avec ses 11,74 millions de voix représentant 33,1 % du corps électoral, ce qui ne lui donne pas la majorité absolue.
Touché par sa défaite, Hitler comprend, que pour arriver au pouvoir, il doit pactiser avec les milieux d’affaires, très insatisfaits des politiques menées par les chanceliers successifs. Et ce sont les barons de l’industrie allemande qui incitent le maréchal Hindenburg, qui ne l’aime pas, à nommer Adolf Hitler, le 30 janvier 1933, au poste de chancelier du Reich.
- « Election ce n’est pas chèque en blanc ». C’est extrêmement intéressant car cette remarque démontre à quel point le fonctionnement de la démocratie représentative dans laquelle nous évoluons est méconnu des citoyens. Justement, le principe de la D.R, c’est le mandat. Le citoyen n’intervient pas ensuite : il donne tous les pouvoirs aux élus. L’élection d’après se fait sur le bilan de l’action entreprise. Ce serait une erreur que de croire que l’Etat, c’est comme l’équipe de France et qu’on peut se permettre 60 millions de sélectionneurs !
octobre 21st, 2007 at 12:05
Toréador
-Hitler, le 19 aout 1934 (et c’est bien en réponse a votre titre, que je le mentionne) a recueilli quelques 89 % des suffrages, non ?
-Le rôle du président est effectivement de nommer un gouvernement qu’il laisse gouverner… hors ici le gouvernement existe à peine. le président fait tout. Je pense qu’il y a dérive de l’esprit constitutionnel. Et ca me gène.
-Votre conception du rôle du citoyen fait froid dans le dos :j’ai voté et maintenant je ne m’occupe plus de rien… je vous rapelle qu’il existe des des droits : de greve, de manifestation, le recours citoyen et des contre pouvoirs…Je me demande juste aujourd’hui ou ils sont..
octobre 21st, 2007 at 12:16
Co :
- Le 19 août 1934, il s’agissait d’un référendum si je ne m’abuse qui seraitp lus proche d’un plébiscite et des partis avaient été interdits. L’arrivée au pouvoir de Hitler ne s’est pas faite de manière entièrement démocratique.
- Il y a une mutation constitutionnelle que personnellement je n’aime pas mais qui est assez logique compte-tenu de la source de la légititimité.
- Il ne s’agit pas de MA conception du citoyen. Il s’agit de la conception traditionnelle de la démocratie représentative, sans vouloir me donner un rôle de professeur ! Les droits existent, mais il s’agit de droits individuels qui n’entrent pas dans le champ de la définition des compétences publiques. D’ailleurs, ces droits sont adossés à des devoirs et le preier devoir d’un fonctionnaire, c’est d’obéir !
octobre 21st, 2007 at 12:21
« … Si tout un chacun – et en particulier les hommes politiques – peut se créer le passé historique qui lui plaît, l’absence de mise en contexte des personnages rend le discours historique de Nicolas Sarkozy plus proche de magazines people que d’une construction intellectuelle : comment parler des valeurs défendues par Guy Môquet sans souligner que tout son engagement procède de son militantisme communiste dans une période très trouble pour le parti ? Enfin, la volonté de se servir de l’histoire pour diffuser une idéologie officielle, comme en témoigne la lecture obligatoire de la lettre du même Guy Môquet dans les lycées, ramène les novations formelles de Nicolas Sarkozy aux usages les plus classiques de l’histoire, à savoir un vecteur d’enseignement civique ou de propagande patriotique. »
Nicolas Offenstadt
Source :
http://www.nouveleconomiste.fr/1402/1402-une.html
octobre 21st, 2007 at 12:33
La lettre de ce pauvre Guy n’a finalement pas d’importance. Ca aurait pu être n’importe quel autre texte… La question que je me pose, c’est depuis quand un président de la république decide-t-il tout seul, et quelles ques soient ses lubies, de ce qui doit etre lu en classe ?
Je ne sais pas si c’est déjà arrivé dans notre 5eme république, sans qu’aucun débat préalable, sans qu’aucune concertation, (il aime bien ce mot pourtant) n’ait eu lieu. C’est ca qui me pose probleme.
(comme toutes les prise de pouvoir, celle d’hitler est complexe et a bénéficé du contexte de crise économique, de l’apres weimar… mais,meme s’ il a mis du temps, gagné puis perdu certaines élections il a su, avant ce plébiscite jouer avec les constitutions et les forces en présence, pour arriver au pouvoir légalement, incarnat la « seule » voie possible pour sauver le pays de la crise…)
octobre 21st, 2007 at 12:35
Donc le régime de Vichy est légal ?
octobre 21st, 2007 at 12:44
il est obéissant en tous cas…
octobre 21st, 2007 at 12:46
et ca dépend a quelles lois on se réfère..
octobre 21st, 2007 at 12:47
et ca dépend à quelles lois on se réfère..
octobre 21st, 2007 at 13:58
Je crois que certains posteurs délirent complètement en présentant cette affaire commme une sorte de diktat direct et brutal du présydent, sournoisement prémédité, visant à s’ingérer manifestement dans l’espace de liberté pédagogique des enseignants, avec l’arrière pensée de transformer les « apprenants » en bêtes serviles à tête baissée !!!
Mais il est difficile de discuter avec quiconque est est porteur de cette grille d’interprétation toute faite qui dispense d’analyser la proportion des choses, de ce délire de persécution généralisé si confortable, de cette manie de prendre un détail bien vu pour la logique de l’ensemble, de cette illusion que toute critique systématique rendrait forcément plus intelligent (On me la fait pas à moi , hein !)
Il y a de la fausse rouerie de la part de Sarkozy dans cette affaire , bien sûr , mais il y a autant de petite mauvaise foi bigleuse et indignée dans ces réactions à posture sur cheval de bois en manège infantile.
Ceci pondu comme ça , sans vouloir vexer personne.
octobre 21st, 2007 at 16:13
ça devient n’importe quoi:
on vote, et ensuite on se « plie aux ordres »
au nom de quoi? on est en pays libre
j’espere qu’il y en a encore quio voit des limites aux domaines dans lesquels il faut se « plier aux ordres »
président, tel que sarkozy le définit, c’est chef de l’executif, pas plus.
le président n’est pas une espèce de pape anarchiste sans dieu ni maître qui dispense du haut de son Aventin une vérité révélée. Il est certes maître de sa pédagogie, mais pas du contenu de l’enseignement; des moyens mais pas de l’objectif; de la forme mais pas du fond; sans quoi l’Education Nationale ressemblera tantôt à la succursale d’un potentat, cornaquée par de petits chefs.
octobre 21st, 2007 at 16:25
…et les relations franco-allemandes là-dedans, vous y pensez? Lire cette lettre aujourd’hui ne fait rien pour l’amitié franco-allemande ou la construction de l’Europe. Que dirait-on si les Espagnols faisaient lire en classe la lettre de l’un des fusillés du Dos de Mayo (voir le tableau de Goya)…
octobre 22nd, 2007 at 8:34
Personnellement, tout à fait d’ accord avec le propos de Tiré. Je drirais même en plus qu’ il y a une autre dimension à la lettre : celle de l’ affection et de l’ amour filiaux. Rappel pas inutile à l’ heure où, paraît-il, la famille se délite.
Le Chafouin prône le droit à la désobéissance. Hormis la contravnetion à la valeur de l’ exemple que relève trés justement Toré, c’ est un appel au bordel et au n’ importe quoi, chacun dans n’ importe quel domaine d’ érigeant m
octobre 22nd, 2007 at 8:44
Personnellement, tout à fait d’ accord avec le propos de Tiré. Je drirais même en plus qu’ il y a une autre dimension à la lettre : celle de l’ affection et de l’ amour filiaux. Rappel pas inutile à l’ heure où, paraît-il, la famille se délite.
Le Chafouin prône le droit à la désobéissance. Hormis la contravention à la valeur de l’ exemple que relève trés justement Toré, c’ est un appel au bordel et au n’ importe quoi, chacun dans n’ importe quel domaine d’ érigeant maître à penser.
Dans le domaine militaire, ce fut la théorie des « baïonnettes intelligentes » ie le droit de se rebeller contre un ordre manifestement idiot. Théorie rejetée par la jusrisprudence des tribunaux car génératrice d’ indiscipline.
Quant à traiter Sarkozy d’ anarchiste, c’ est l’ hopital qui se moque de la charité.
octobre 22nd, 2007 at 17:06
Lu sur Rue89 , à méditer je pense :
« Si l’histoire ne doit jamais être instrumentalisée, utilisée, remémorée… A quoi sert-elle sinon à faire le narcissisme de l’historien ? L’objectivité historique est une valeur relative et jamais absolue, et les profs savent combien chaque fait d’histoire peut faire l’objet de mille traitements différents.
Le sentiment d’appartenance à la communauté… Française (avec un grand F) peut-il exister sans aucune conscience de ce que ses idéaux supposent et supposèrent ?
Si personnellement je ne soutiens, loin s’en faut, ni la politique opportuniste, financiariste et hypocrite de Sarkozy ni les tendances délirantes de Guaino, je crois qu’une telle mesure ne peut que contribuer à la paix civile et à la cohésion socio-culturelle de notre pays, et plus encore à inspirer nombre de jeunes trop souvent victimes d’ »anomie républicaine » à redécouvrir que leur pays n’est pas uniquement ce que les mass-média américanisés à l’extrême veulent bien leur en dire.
Que les profs de gauche se révoltent que l’on « publicise » la lettre de Môquet me laisse songeur. Avec un peu d’intelligence, une telle opportunité peut leur permettre d’ouvrir l’année sur une réflexion profonde qui servira autant les vrais idéaux de gauche qu’elle déservira à proportion les vraies motivations économiques de la politique umpiste en les discréditant salutairement. »
http://www.rue89.com/2007/10/21/moquet-business-de-sarkozy-lhistoire-dictee-den-haut
octobre 22nd, 2007 at 18:08
Toréador, c’est marrant de prendre position et d’insister, mais au bout d’un moment il faut savoir s’arreter
c’est inquiétant de voir répéter autant de fois le mot « obéir ». il ne faut pas confondre militaires et fonctionnaires
quant aux leçons sur la démocratie représentative, on pourrait en discuter si on ne partait pas d’une conception aussi sommaire: « on choisit un chef tous les 5 ans, qui a autorité sur tous les sujets »
chacun à sa place, y compris le chef de l’Etat
Bref, ça m’embete de plus en plus de mettre un lien vers ce genre de discours
octobre 22nd, 2007 at 19:40
Ecoute Martin P. personne ne t’oblige à pointer vers moi. Je ne vais pas céder au terrorisme de la pensée et puisque tu es si mal à l’aise, je vais te relaxer en t’enlevant de ma blogroll : comme ça, personne ne te suspectera de pointer vers des blogs qui ne pensent pas comme on devrait.
J’aime beaucoup ce que tu écris, mais je ne supporte pas ce type d’intolérance…
Salutations
octobre 22nd, 2007 at 22:22
ma fille a 11H, heure légale pour lire dans la France entiere la dite lettre, avait cours de gym… c’est donc la prof de gym qui leur a distribuer dans le bus (ils avaient piscine) la lettre… En leur disant : ben voilà, j’obeis aux ordres… Vous pourrez dire a vos parents. mais je suis pas armée pour la commenter. Voyez avec votre prof d’histoire, si ca vous interesse.
Et ceux qui avaient bio, physique, anglais, chinois ou maths..ont eu le droit au meme traitement;
Moralité : les eleves ont bien compris qu’obeir a un ordre débile ne mene qu’au ridicule…
PS
Un psychiatre interviewé dans le Figaro il y a quelques jours et qui était pour la lecture de cette lettre, insistait sur le caractere suicidaire de cette lettre et disait a quel point, face a une tranche d’age, dont on sait qu’elle est la plus touchée par le suicide, il etait fondemmental d’accompagner la lecture d’un débat, et de ne pas laisser les ados seul devant cette apologie de la mort.
je persiste a dire que le comportement de petit chef de notre president qui s’agite dans tous les sens, veut etre partout, avoir reponse a tout, et penser a la place de tout le monde, sans jamais anticiper les conséquences de ses actes est effectivement préocupant. Et que désolée Toréador, a part les profs d’histoire et les profs de philo qui avaient cours a 11 H aujourd’hui, les autres profs auraient mieux fait de s’abstenir..;
octobre 22nd, 2007 at 23:00
@co,
je te rejoins et je trouve effectivement le coup du « j’obéis aux ordres » particulièrement éducatif pour le coup
@toreador,
j’ai toujours été à l’aise avec les accusations d’intolérance. quand y’a malaise avec un discours, je ne vais pas en plus en faire la propagande
et taper un coup à droite un coup à gauche n’est une preuve d’objectivité que pour les ânes
non que tes écrits ne soient mal faits, mais avec les doutes que j’ai je préfère rester sur la réserve
octobre 22nd, 2007 at 23:02
@ Martin P. : Réserve que tu alimentes chez Radical Chic au lieu de les exprimer ainsi.
@ co : Quand Mitterrand est mort, et qu’on a décrété une minute de silence, certains profs ont fait de même
octobre 22nd, 2007 at 23:44
Cher Toré vous manquez d’humour sur ce coup et ca m’etonne de vous !
Que vouliez vous qu’elle fasse cette pauvre prof de gym dans son bus allant a la piscine avec la lettre de guy moquet ?
On ne peut pas comparer un évenement national comme la minute de silence observée à la mort de tous les présidents (Pompidou ou Mitterrand) dans nos écoles républicaines et le caprice d’un Sarko qui veut, on ne sait ni pourquoi, ni comment, comme dans un film de leny Rifenstahl (ok , ok, ok… je retire, on va encore me dire que j’exagere) qui veut donc une belle ceremonie, une image symbolique revetant un caractere historique, pour marquer par des temps forts et plein d’emotion, sa présidence.
Mais c’est loupé. Parce que c’est juste du pur marketing, parce que ca sonne faux, parce que c’est trop simplificateur, parce que c’est pas préparé, c’est pas concerté, ca tombe d’en haut. les ordres sont les ordres : execution… pffff ! Et la plus part des profs , devant leurs classes surchargées (36 éleves en 1ereS, pour ma part) ont fait ce qu’ils ont pu pour ménager la chevre et le choux, leur image de fonctionnaire responsable et la réalité de leurs cours, de leurs competences et… C’est tout. C’etait ridicule. Le président a seulement réussi a faire prendre conscience a tous nos jeunes que parfois il faut savoir aussi dire non et que la désobeissance est un devoir d’intelligence, un devoir citoyen.
En tous cas, et c’est une des bases de toute pédagogie : on n’obtient rien de bien par la contrainte.
octobre 23rd, 2007 at 0:08
Non co, on s’est mal compris. Ce que je voulais dire c’est que les profs « de droite » avaient largement saboté il y a 10 ans la « minute de silence » imposée « par en haut ».
Sur votre prof de gym, effectivement, je la plains. J’apprécie particulièrement le « Je ne suis pas ARMEE pour en parler ». c’est … particulièrement à propos
octobre 23rd, 2007 at 10:31
Il est tout à fait normal que les professeurs lisent cette lettre dans la mesure où leur structure hiérarchique leur a enjoint de le faire. Or, ce dernier point n’est pas très clair puisque le porte-parole de l’Elysée a fait valoir que les maîtres qui ne se livreraient pas à l’exercice ainsi imposé ne seraient pas sanctionnés! Ce propos laisse dubitatif car, au regard des règles en vigueur dans l’administration, tout refus d’un agent d’exécuter un ordre, sous réserve que ce dernier ne soit manifestement pas illégal, se trouve mécaniquement confronté à l’exercice du pouvoir disciplinaire par son autorité. Il s’agit là de l’expression naturel du principe hiérarchique : l’autorité ordonne, nomme, gratifie et sanctionne ses agents. Or, en l’espèce, il apparait qu’une consigne émanant de la plus haute autorité de l’Etat échappe, par décision de cette dernière, à toute sanction administrative. Que faut-il en penser? Faut-il en déduire que la demande formulée par le Président est un ordre ou ne constitue en fait qu’un simple souhait? En fonction de la réponse, qui pourrait d’ailleurs révèler les limites de l’exécutif actuel, le débat ouvert par les maîtres trouverait tout son sens ….
octobre 23rd, 2007 at 10:34
@Toreador
j’ai récidivé chez moi tant qu’à faire
je pensais à une réserve par rapport à la pub implicite que représente la blogroll
j’aime bien le coté facétieux et imprévisible, mais je trouve que ça masque régulièrement une argumentation capitularde
ce qui ne m’empeche pas de mettre des liens vers chez toi, mais pour illustrer mon propos. je ne sais pas si tu es rassuré
octobre 23rd, 2007 at 22:20
1/ Le président n’a pas le pouvoir constitutionnel de donner des ordres directs aux fonctionnaires des divers ministères (sauf cas d’usage de l’article 16 de la Constitution).
2/ Ici, le ministre de l’Éducation a demandé la lecture de cette lettre (et/ou d’autres) dans les établissements. Il n’est pas dit que ce sont aux enseignants de la lire, et dans les faits, diverses solutions ont été adoptées dans les établissements.
Les professeurs qui ont refusé de lire cette lettre ne refusent pas, semble-t-il, d’appliquer une instruction qui leur serait adressée.
3/ Le ministre aurait-il pu (ou pouvait-il) donner aux enseignants et/ou aux divers fonctionnaires l’ordre de lire cette lettre ou une autre ? Je n’en suis pas sûr.
Normalement, il y a des consultations obligatoires de divers conseils (CSE) avant l’édiction des arrêtés fixant les programmes scolaires (c’est ce que la loi prévoit et la loi s’impose au ministre). C’est une condition de régularité de l’arrêté.
4/ Bien sûr, un fonctionnaire doit obéir aux ordres de sa hiérarchie, sauf cas d’ordre manifestement illégal et portant une atteinte grave à l’ordre public… et ici, il n’y a pas de telle atteinte.
Mais l’autorité des plus hautes autorités se portera d’autant mieux que celles-ci respectent lois et Constitution…
5/ Sur le fond, une sensibilisation aux valeurs de la République, à celles de la Résistance, etc. est certainement souhaitable, du moins je le crois, mais dans le cadre d’un travail de réflexion, par exemple en histoire ou en philo, et conformément à des programmes scolaires ayant fait l’objet, lors de leur élaboration, des consultations et des débats prévus par la loi.
Je ne suis pas sûr que la « volonté » du président de la République, quels que soient ses motifs, suffise à rendre légitime aux yeux de tous la lecture de cette lettre (ou d’une autre).
octobre 23rd, 2007 at 22:37
1/ Le président n’a pas de pouvoir sur l’administration… sauf que c’est lui qui nomme le ministre de l’Education Nationale. Donc sauf à considérer qu’on élit un type qui n’a aucun pouvoir, il va falloir revoir cette lecture constitutionnelle
3/ Il ne s’agit pas d’un programme scolaire mais d’une circulaire administrative comme il y a de plus normal
4/ Ici on respecte la loi ET la constitution
5/L’article 34 dit :
rt. 34. -
La loi est votée par le Parlement.
La loi fixe les règles concernant :
• les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; les sujétions imposées par la Défense Nationale aux citoyens en leur personne et en leurs biens ;
• la nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et libéralités ;
• la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure pénale ; l’amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats ;
• l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime d’émission de la monnaie.
La loi fixe également les règles concernant :
• le régime électoral des assemblées parlementaires et des assemblées locales ;
• la création de catégories d’établissements publics ;
• les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l’Etat ;
• les nationalisations d’entreprises et les transferts de propriété d’entreprises du secteur public au secteur privé.
La loi détermine les principes fondamentaux :
• de l’organisation générale de la Défense Nationale ;
• de la libre administration des collectivités locales, de leurs compétences et de leurs ressources ;
• de l’enseignement ;
• du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;
• du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale.
Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’Etat dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.
Les lois de financement de la sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équilibre financier et, compte tenu de leurs prévisions de recettes, fixent ses objectifs de dépenses, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.
Des lois de programmes déterminent les objectifs de l’action économique et sociale de l’Etat.
Les dispositions du présent article pourront être précisées et complétées par une loi organique.
Par conséquent, fixer les principes fondamentaux relève de la loi. Fixer le programme scolaire, non.
octobre 23rd, 2007 at 22:59
Cher Toreador
1/ Le président nomme le ministre de l’Éducation sur proposition du premier ministre. cf. art. 8 « Sur la proposition du Premier Ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions.
»
Ce n’est pas un pouvoir du président agissant seul et sans contreseing.
2/ Le gouvernement est responsable devant l’assemblée, pas le président, d’où certains pouvoir propre du gouvernement et des ministres. On n’est pas aux USA.
3/ Ainsi, le président n’a pas le pouvoir de donner des ordres aux ministres ou au gouvernement (cf. période de cohabitation)
3/ Le président est incompétent (sauf usage de l’article 16) pour les actes réglementaires qui sont de la compétence du premier ministre ou des ministres, et ne peut signer décrets, arrêtés, instructions ou circulaires à leur place.
4/ Je n’ai pas dit que les programmes étaient de la compétence de la loi (constitutionnellement, c’est compétence réglementaire, on est d’accord, même si parfois le parlement fait une incursion dans ce domaine), mais que la loi avait prévu des modalités de consultations obligatoires pour les programmes scolaires (et pour la plupart des actes réglementaires du ministre de l’éducation), et que sans ces consultations, les arrêtés éventuels dudit ministre était illégaux. Par ailleurs, une fois ces consultations faites, le ministre a un très large pouvoir d’appréciation.
Je maintiens ma position juridique (il est vrai, c’est une lecture de la Constitution plus conforme à la lettre de celle-ci qu’à la pratique des présidents successifs en période de coïncidence entre majorité parlementaire et majorité présidentielle).
octobre 23rd, 2007 at 23:07
1/ Oui et qui nomme le premier ministre rappelle moi ?
2/ Tu as une lecture littérale du texte, c’est bien. Maintenant compte le nombre de fois où le parlement a censuré le gouvernement et compare-le avec le nombre de gouvernements débarqués par le président ?
3/ c’est purement théorique et cela ne fonctionne comme ceci qu’en cohabitation
4/ Il ne s’agit pas d’arrêté mais de circulaire. C’est le régime des textes infra-décretaux, tel que défini par le Conseil d’Etat (Notre Dame du Kriesker, 1954)
Je maintiens que ta position est 100% théorique. C’est celle qu’avait Debré ou Mitterrand en 1958…
octobre 23rd, 2007 at 23:25
- Pour les rapports de force hors cohabitation, tu as raison.
- Pour le droit, je préfère la position de Michel Debré en 1958, ou des lectures « parlementaristes » de la Constitution, à celle de certains hier aujourd’hui (projet Baladur ?)…
- Le Conseil d’Etat vérifie la compétence des divers auteurs des actes réglementaires et des autres actes administratifs, ainsi que les procédures d’élaboration (consultations obligatoires dans certains cas, par ex. CSE).
Y compris pour les circulaires à valeurs réglementaires (vieil arrêt ND Kreisker) ou, maintenant, comportant simplement des dispositions impératives (cf. Arrêt Duvignères, 18/12/2002).
octobre 23rd, 2007 at 23:35
Le Conseil d’Etat ne vérifiant nullement a priori la compétence des auteurs de circulaires ou instructions, la lecture de la lettre de GM est tout à fait légale, sauf si elle est attaquée ! Mais même si elle devait l’être, elle serait jugée parfaitement légale selon moi (D’ailleurs, le ministre de l’Education Nationale sur suggestion du PdR a émis une circulaire sur ce point, donc c’est encore plus légal.)
Je ne vois pas où est ton point !
octobre 24th, 2007 at 0:00
- Je parlais bien sûr ci-dessus du Conseil d’Etat statuant au contentieux et donc pour un acte administratif qui serait attaqué pour excès de pouvoir.
- Je ne sais si la note de service du ministre de l’éducation a ou non valeur impérative (impose-t-elle quelque chose, pas sûr…). Si oui, je me demande si elle ne serait annulable du fait de l’absence de consultation préalable du Conseil supérieur de l’Education, pour une mesure concernant d’une certaine manière le contenu de l’enseignement, mais j’avoue n’avoir pas creusé assez pour vérifier en détail les chances d’un éventuel contentieux.
- En fait, la position politique (et juridique ?) la plus sage est celle de M. Darcos lui-même : en gros, c’est une demande (un peu plus qu’un souhait), pas une obligation ni un ordre (je traduis librement) adressé aux professeurs. J’en conclus : il n’y a donc pas circulaire impérative, mais pas, non plus, de désobéissance de fonctionnaires à l’égard de leur chef de service (ici le ministre lui-même) !
- PS. A propos du premier ministre, il est certes nommé par le président, mais seule l’Assemblée nationale, en droit, a pouvoir de renvoyer le gouvernement (ie de provoquer sa démission), et le président n’a pas ce pouvoir.
Le gouvernement, pas plus que l’administration, ne sont à la disposition du président. (Je ne parle pas en rapport de force, mais d’après le texte constitutionnel.)
octobre 24th, 2007 at 7:17
Petit ajout
Tu dis : « … est tout à fait légale, sauf si elle est attaquée ! »
Ce doit être un labsus.
- Une décision peut être légale ou non, peu importe qu’elle soit attaquée ou non
- Le juge administratif a le contrôle dernier sur celle-ci (pouvoir d’annuler ladite décision dès l’origine si illégalité tout spécialement)
-Bien sûr, il faut que le juge soit saisi pour qu’une annulation soit prononcée, sinon une décision illégale peut être en vigueur.
octobre 24th, 2007 at 11:23
J’écris vite, c’est pour cela./ Toi aussi : on dit lapsus…
octobre 31st, 2007 at 18:30
[...] ami saucier reprend : “Alors oui, caporalisme (au petit pied) est le mot, surtout à entendre certains qui n’ont que le mot “obéir” à la bouche et qui, de manière inquiétante, [...]
décembre 22nd, 2007 at 22:18
[...] les billets qui vous ont le plus fait réagir, se trouve la banderille du 19 septembre 2007 “Hussards contre grognards” : 58 réactions. L’olé n°23 du 24 janvier 2007 (Le blog de M. Bazin, les [...]