• Les Archives Glorieuses de l’Arène

  • Publicité

    Proud member of Kiwis ! Abonnez-vous à ce blog
  • Bronca !

  • Combien de visiteurs uniques depuis le 1er janvier 2007 ?

  • Catégories

  • Amour, gloire et beauté

  • « | Home | »

    Paso Doble n°37 : Besancenot/Clemenceau, même combat ?

    Par Toréador | novembre 24, 2007

    A las cinco de la tarde…

    Un titre qui peut sembler étrange. Tout est parti d’une réflexion de Killcow sur l’erreur stratégique commise selon lui par Besancenot en abandonnant l’étiquette trotskiste pour se positionner (légèrement) plus à droite.

    Erreur ou évolution naturelle ? Le débat est ouvert : il est peut-être en train d’arriver à Olivier Besancenot ce qui est arrivé à tant d’hommes de gauche avant lui, de Clémenceau à Robert Hue.

    Force est de constater qu’il existe une force tectonique mystérieuse qui par sécrétion fait apparaître périodiquement à l’extrême gauche de l’échiquier politique des forces radicales, lesquelles sur le long terme évoluent lentement vers la droite, poussées par les nouvelles forces qui s’éveillent sur leur gauche.

    Le parti radical de Georges Clemenceau en est un bon exemple. Lorsqu’il se dote idéologiquement d’une doctrine avec le programme de Belleville de 1869, le Parti Radical porte bien son nom : il est à l’extrême gauche. Vous imaginez ? Il milite pour la liberté complète de la presse et la séparation de l’Église et de l’État. Il souhaite l’instauration de l’impôt sur le revenu et l’élection des fonctionnaires, se déclarant également prêt à la suppression des armées permanentes. Des propos véritablement révolutionnaires alors !

    Et puis, au tournant du siècle naît le parti socialiste et le parti radical devient lentement un parti d’appoint gouvernemental. Quinze ans plus tard, les socialistes se déchirent et voilà que les communistes surgissent sur leur gauche. Les radicaux deviennent le parti pivot des gouvernements (Herriot) et les socialistes, les alliés mal à l’aise avec leur nouveau statut. Dix ans passent et Blum devient président du Conseil : la SFIO est devenue parti pivot des alliances gouvernementales.

    Depuis, le parti radical de Clemenceau s’est scindé entre centre gauche (Mouvement des Radicaux de Gauche) et centre droit (Radicaux « valoisiens »). Certains de ses héritiers gouvernent avec … l’UMP (Borloo). Et à la gauche du PCF a surgi le mouvement altermondialiste, ce qui fait que le PS s’interroge sur la nécessité de devenir social-libéral tandis que le PCF devient un parti de gauche ancienne manière.

    La Gauche est la force de mouvement : il est donc normal qu’elle fasse avancer les « plaques continentales » politiques. Force est de constater cependant que les idées les plus généreuses se sont toujours diluées dans la soupe gouvernementale. Et c’est ainsi que Clemenceau, qui avait passé, à l’âge de 25 ans, 77 jours en prison pour avoir défié le pouvoir en apposant des affiches convoquant une manifestation, et qui réclamait l’amnistie pour les communards en 1876, se fit une réputation de briseur de grèves en faisant tirer sur la foule qui manifestait en 1906.

    Olivier Besancenot a 34 ans, l’âge auquel Clemenceau, avec son élection comme député de Paris à la Chambre, entama véritablement le début de sa carrière de chef incontesté des républicains radicaux et de l’opposition d’extrême gauche. 2037 : Olivier Besancenot, premier flic de France ?

    Tags: , , , ,

    Sujets: Paso Doble | 8 Comments »

    8 réponses “Paso Doble n°37 : Besancenot/Clemenceau, même combat ?”

    1. Ozenfant Says:
      novembre 24th, 2007 at 17:13

      Bien vu !

    2. toto Says:
      novembre 24th, 2007 at 17:23

      2037 :Sur qui Besancenot va t-il faire tirer ?

      Perso je pense que le petit facteur de Neuilly aura une carte à jouer en 2012, lorsque l’ex-maire de cette bonne ville des HdS se fera étriller par une population en mal de pouvoir d’achat. A moins bien sur que le « choc de confiance » n’aient enfin produit ces heureux effets, on peut en effet espérer que, une fois le gros du gateau de la loi TEPA consommée par les hauts revenus, quelques plus ou moins grosses miettes finiront par retomber dans l’escarcelle de la majorité qui trime aux alentours du salaire dit médian.

    3. Killcow Says:
      novembre 24th, 2007 at 20:28

      C’est vrai que les forces politiques ont globalement tendance à aller vers leur droite, l’extrême-droite étant un cas à part. Cela dit, pour Besancenot, je crois qu’il va rester un extrémiste, mais que c’est la relève qui pourra être tentée par gouverner. Prenons l’exemple du PCF : Duclos intransigeant, Thorez dans l’opposition mais participant à d’éphémères gouvernements, puis Marchais prenant ses distances avec l’URSS, puis enfin Hue et Buffet (froid) devenant simplement des gens « de gauche » qui n’ont rien à envier à certains membres du PS. Je crois que, surtout dans les partis très personnalisés, l’attitude change avec le leader.

    4. xerbias Says:
      novembre 25th, 2007 at 13:27

      Besancenot, premier flic de France en 2037 ? Et dire que je ne trouve même pas cela invraisemblable…

    5. Turold Nain Jongleur Says:
      novembre 25th, 2007 at 19:54

      A rapprocher de Le Pen qui, il y a peu, s’étstimait de « centre droit ».

    6. amike Says:
      novembre 25th, 2007 at 20:29

      « Une force tectonique » (la loi de Toreador ?) repousserait les mouvements politiques de la gauche vers la droite…

      Je crois qu’il y a un peu trop de contre-exemple ou de circonstances favorables externes à la gauche qui m’empêche d’y prêter foi. Sans compter que le curseur droite/gauche à pu pencher vers la gauche sans forcèment être le seul fait de cette dernière.

    7. Oppossum Says:
      novembre 25th, 2007 at 21:44

      Oui bien vu comme tendance générale et lourde ,
      Cela peut s’expliquer assez naturellement par ces éternels , attrait de la jeunesse pour l’idéalisme, goût et obligation de composer avec le réel lorsqu’on arrive en age d’exercer un ‘pouvoir’, et également mouvement de la société qui évolue dans le sens de certaines idées …

      Mais ces mouvements sont connus, de sorte qu’il se met également en place des idéologies de radicalité radicale, ou de radicalité perpétuelle , ou de radicalité sans cesse renaissante !

      Car l’Histoire avance à sa propre vitesse et par accoups. Et elle ne valide plus , à présent, les choix ‘extrémistes’, comme elle a pu le faire entre 1850 et 1950 , dans les sociétés à fondement démocratique et libéral!
      (Ceux qui ont voulu accélerer ou forcer ces tendances n’ont produit que les nombreuses déclinaisons monstrueuses de ce qu’on a appelé communisme, ou socialisme parfois)

      De sorte que la radicalité est devenue une simple posture intellectuelle plutôt décorative quoique très nuisible par de nombreux effets secondaires liés globalement à la perte de repères de la réalité dans sa globalité (Car sur des petits segments des analyses très subtiles peuvent jaillir !)

      Bien entendu, ce hiatus entre le doux rêve radical ET le monde tel qu’il est et évolue, et tellement énaurme et kolossal qu’il ne gêne en rien !!! Au contraire , c’est la preuve vivante (à l’aide de nombreux raisonnements foireux et boiteux) qu’il faut être encore plus révolté, encore plus extrémiste, encore plus radical !

      Et si l’on y croit plus guère -au fond- , alors le désenchantement , l’amour propre ou l’habitude cantoneront ces imbéciles (faibles) dans leur conviction, dont le dernièr ectoplasme a la bouille d’un sympathique facteur souriant !

    8. Paso Doble n°98 : L’abdication de Reims | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” Says:
      novembre 17th, 2008 at 10:02

      [...] effet, pour le PS, si l’on considère uniquement l’affaire du point de vue de la tectonique des partis, le vrai danger idéologique est  d’être poussé vers le centre. D’ailleurs sa [...]