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    Paso Doble n°39 : Six mois de grossesse, et toujours pas d’embryon d’opposition

    Par Toréador | décembre 5, 2007

    A las cinco de la tarde…

    Le discours de la méthode

     

    J’ai pris pour point de départ de ce Paso Doble la conclusion de Nico sur l’absence d’une réelle opposition à Nicolas Sarkozy. Et pourtant, il y en aurait des choses à critiquer : l’amateurisme autoritaire de certains ministres (Fadela Amara vient de perdre son directeur de cabinet, comme Dati), l’inexistence du plan banlieue, la déculottade de Sarkozy face à Poutine, Hu Jintao et Bouteflika, la vente en catastrophe de bijoux de famille pour prouver coûte que coûte la rapidité gouvernementale, quitte à y perdre des plumes, etc, etc…

     

    Non, le seul angle d’attaque de l’Opposition, c’est la méthode. La Carte judiciaire ? Ce qui ne va pas, c’est la méthode. Les régimes spéciaux ? Le problème, c’est la méthode. Les Universités ? Un défaut de méthode a conduit au blocage. La Gauche s’est découvert un diplôme ès méthodologie, et elle court les tréteaux en ordre dispersé pour occuper le terrain avec son nouveau discours.

     

    Pendant ce temps-là, où sont les chefs ? A écrire des bouquins les uns sur les autres, à distiller telle ou telle phrase assassine, tout en rêvant parfois hypocritement à un maroquin ministériel. Les plus avancés se battent sur des concepts, ou des alliances. Modem ou LCR ? Social-démocratie ou socialisme ? La belle affaire…

    ************

     

    Le puit sans fond (Silence, on chute)

    La vérité est que la Gauche refuse d’entamer le débat sur les idées, qu’elle est devenu un puit sans fond dans laquelle ses élites chutent inlassablement.

    Pour ma part, je vois un certain nombre de nouveaux terrains de conquête.

    La première idée est la manière dont on peut domestiquer ou moraliser le capitalisme, ce qui pré-suppose qu’on l’accepte évidemment comme une donnée exogène. Le domestiquer, c’est réfléchir sur les facteurs susceptibles de réduire les externalités négatives de certaines décisions court-termistes, mais aussi sur l’approche qui doit être retenue pour orienter les décideurs économiques : par l’incitation ? par la sanction ? par la coercition ? La place de la fiscalité notamment doit être revue à la lumière de l’environnement concurrentiel dans lequel évolue l’économie française.

    Le moraliser, c’est bâtir l’outil qui manque aujourd’hui en France pour immédiatement sanctionner les comportements délictueux : magouilles, scandales, pots-de-vins, etc. Chaque semaine, le Canard se fait l’écho de malversations et la Justice est trop lente pour y remédier. Or, ces fameuses affaires engendrent la suspicion généralisée et rongent la cohésion citoyenne de notre pays.

    La seconde idée, c’est de réfléchir au rôle de l’Etat. Je pense que l’on peut s’accorder à dire, surtout dans notre pays, que l’Etat ne peut pas se désengager du domaine social pour se recentrer uniquement sur les problématiques régaliennes. Toutefois, cela n’empêche pas de faire une évaluation réaliste de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, et d’avoir le courage politique d’expérimenter. La flexibilité sociale, c’est avant tout libérer l’innovation en ce domaine (alors que le discours politique se réduit trop souvent à l’innovation économique), tenter, expérimenter, adapter la politique au temps présent, décentraliser l’initiative.

    La dernière piste, c’est l’objectif européen. Pour la Gauche, l’Europe ne peut-être qu’un objectif si elle est sociale, c’est à dire si elle ne se limite pas à une vaste zone de libre-échange. Ceci étant dit, une multitude de questions se posent, notamment en relation avec mon point précédent : Qui de l’Europe ou de l’échelon national est mieux adapté pour gérer le domaine social ? Faut-il construire un super-Etat européen ? Une piste de réflexion serait peut-être de confier aux Etats la possibilité de bloquer des décisions européennes au nom de la défense du modèle social, mais les modalités d’un tel pouvoir seraient extrêmement délicates à mettre en oeuvre.

    Toutes ces pistes mènent peut-être à des impasses ou ne sont pas carossables. Elles ne sont pas exclusives également d’une multitude d’autres problématiques (quel modèle d’intégration ? quelle position vis-à-vis de concepts tabous comme l’autorité, l’ordre, la sélection, l’excellence, la richesse…).

    La Gauche doit trancher le dilemme entre l’Oeuf (le programme) et la poule (le candidat). Je recommande qu’on sélectionne les poules en fonction des oeufs d’or qu’on trouvera, ou non, dans leur nid.

     

     

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    Sujets: Paso Doble | 3 Comments »

    3 réponses “Paso Doble n°39 : Six mois de grossesse, et toujours pas d’embryon d’opposition”

    1. Ozenfant Says:
      décembre 5th, 2007 at 21:48

      A toutes tes questions et à toutes tes questions, on ne peut répondre que « Comment ? ».

    2. Ozenfant Says:
      décembre 5th, 2007 at 21:49

      A, oui, j’allais oublié j’ai lancé le pavé dans la mare: Le communautarisme n’est-il qu’une variante de «la bête immonde» de Victor HUGO ?

    3. Blanc Cassis Says:
      décembre 6th, 2007 at 8:04

      Il y a encore de l’espoir grâce à une fécondation in vitro dont pourrait s’occuper le frère de J-F Kahn ou croire en Dieu qui pourrait une fois de plus féconder notre Marianne nationale qui n’est plus vierge mais est malheureusement ménopausée : Elle cherche d’ailleurs un nouveau donneur
      «  »Pour gagner une prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d’un compagnon amoureux, à fond avec la candidate. »"
      La tentative Bayrou, ayant échoué, qui sera l’Elu ?
      Dadou pourrait servir d’intermédiaire

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