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Désir de rupture n°14 : Faire de l’Union Européenne un régulateur environnemental de service public mondial
Par Toréador | décembre 16, 2007
Bali, il est interdit d’interdire
Multilatéralisme = bien. Unilatéralisme = Bush = Mal. L’exemple récent de la Conférence de Bali sur l’avenir du climat montre qu’il n’en est rien. Depuis 1992, et le Sommet de Rio, les Etats se tournent autour en se reniflant le scrotum. Objectif : traiter le problème du réchauffement climatique et du développement durable par la voie de la négociation. Moralité : au bout d’un quart de siècle de palabres oiseuses, tout ce que la Communauté internationale est arrivé à conclure, c’est qu’il faudra renégocier au plus tard en avril 2008.
La diplomatie est prisonnière de sa réthorique : tout le monde se congratule, car il est plus important d’avoir un accord que pas du tout. L’essentiel c’est que « la conférence n’ait pas capoté » nous explique-t-on. Par un délicieux transfert de logique, le but de la Conférence de Bali, qui était originellement, croyait-on naïvement, de lutter contre le réchauffement climatique, a « muté ». L’important, en fin de conférences était de… conserver le réchauffement des relations entre Etats sur cette question…
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Un rôle pour l’Union Européenne
Pendant ce temps là, cyniquement, les grands Etats qui ont fait dérailler le processus – Inde, Chine, Etats-Unis – vont continuer à polluer. Qu’importent les rapports alarmants du GIEC et les risques que par un phénomène de cocotte minute le climat nous échappe. On a beaucoup glosé parmi les blogueurs sur le cynisme de Sarkozy, mais ce cynisme là est encore pire : voici des Etats qui polluent, qui le savent, et qui – égoïstement*- ont le front d’assumer l’échec d’une conférence multilatérale. Tout le monde sait que derrière l’un d’entre eux au moins, il y a une clique de capitalistes texans, rentiers du pétrole.
Il est urgent d’agir : l’Union européenne ferait mieux de prendre des mesures unilatérales sans plus attendre l’autorisation des trois ogres. Voire même des mesures compensatoires, c’est à dire au-delà de sa propre part de pollution, pour jouer un rôle d’intérêt général de la planète. Nous pourrions nous fixer un objectif de – 50% de pollution en 5 ans par exemple. Tout ceci coûterait cher, très cher à l’économie européenne. Je propose que ce surcoût soit refacturé unilatéralement aux pays voyous : frappons d’un droit de douanes de 200% les produits des pays polluants**.
Puisque ces salauds ne comprennent que le bâton financier, utilisons-donc pour une fois notre gros bâton européen.
*Il s’agit surtout des Etats-Unis. Concernant les pays en développement, on peut comprendre à la rigueur qu’ils veuillent rattraper les pays du Nord et s’indignent qu’on veuille les priver des moyens nécessaires pour y parvenir.
** Il faut savoir que cette proposition est vraisemblablement totalement contradictoire avec le règlement de l’OMC, quoique des mesures conservatoires puissent être prises au nom de l’environnement. Mais le temps que l’organisme de règlement des différents de l’OMC rende son avis, la température aura grimpé encore et encore…
A vous de vous exprimer : « OUI », « NON » ou « BOF » ?
Tags: Affaires-internationales, Chine, Désirs de Rupture, Environnement, Europe, mondialisation, polémique, politique-économique, réchauffement-climatiqueSujets: Désirs de Rupture | 11 Comments »





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décembre 16th, 2007 at 19:43
oui à 100%.
décembre 16th, 2007 at 19:44
OUI.
décembre 16th, 2007 at 19:59
NON.
décembre 16th, 2007 at 20:04
Yes
décembre 17th, 2007 at 12:58
Oui et Padaccord sont un seul et même plaisantin (IPP: 84.97.227.79)
décembre 17th, 2007 at 15:50
[...] suivi via les différents posts de Grégoire et quelques articles de journaux, j’ai aimé ce billet “coup de pétard” de Toreador, et ces propos de Corinne Lepage relayés par [...]
décembre 17th, 2007 at 17:26
comment peut-on construire une politique efficace sur un constat scientifique orienté, et non partagé ?
décembre 17th, 2007 at 20:29
La TVA sociale était(est?) beaucoup plus efficace à mettre en oeuvre. Le goût de « taper » sur les Américains, peut-être
Sinon, je pense qu’une éducation de la population sur un usage plus mesurée de nos ressources serait plus efficace à terme. P.ex, l’eau en container (fontaine) est toujours moins polluante que l’eau en bouteille individuelle, que le constat scientifique soit orienté ou pas !
décembre 18th, 2007 at 16:14
L’idée y est, mais le problème d’une opération unilatérale si lourde est que l’action entraîne la réaction, et que toute mesure extrêmement contraignante, qui pourrait paralyser l’économie mondiale, est à éviter. Dans ce contexte d’économie mondialisée, toute mesure unilatérale brutale est impossible à mener car elle isolerait l’UE. Par contre, prendre des mesures progressives mais néanmoins contraignantes, et ce en imposant à l’OMC une meilleure prise en compte des intérêts écologiques, ça me semble être une bonne idée. Dans le même genre, on pourrait mettre le paquet économique sur les énergies renouvelables en en faisant un fleuron de l’industrie européenne. Comme Airbus mais sans les dysfonctionnements et les scandales financiers, en fait.
décembre 18th, 2007 at 17:38
Lomig, le rapport du GIEC est justement là pour étayer scientifiquement… Tu trouveras toujours des scientifiques pour nier le réchauffement (comme Allègre), mais bon : en Histoire, tu trouves aussi des révisionnistes !
juin 17th, 2008 at 17:10
Tout à fait d’accord, la conférence de Bali est plutot un pacte, que chaque grand pays peut modifier a sa convenance! Des mesures a la carte! « si vous ne voulez pas, on va diminuer les mesures contraignantes, pas de problème! » Donc, connaissant le genre humain, tout le monde tire la couverture a soit l’environnement, on s’en brosse!