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    Paso Doble n°42 : Sarkozy ou l’esprit de transgression

    Par Toréador | décembre 18, 2007

    A las cinco de la manana…

    De Nicolas Sarkozy comme focus transgressif de la Nation

    La thématique de la rupture aurait dû nous laisser présager l’impact psychologique du phénomène Sarkozy. Mais personne ne l’a prise au sérieux : tout le monde nous avait déjà fait le coup, de vouloir « changer la vie ». Pourtant, nous étions prévenus : Comme un long rail de coke après trente années d’abstinence, la France est en train de prendre son pied avec une nouvelle drogue (dure ? douce ?). Elle se junkise, elle veut son Nirvana.

    Sarkozy, c’est le recul du Surmoi freudien.

    C’est le plaisir transgressif absolu : à la droite décomplexée a succédé l’inimaginable. Le président dynamite avec une joie ostentatoire tous les poncifs du genre un à un, toutes les vieilles citadelles, et ce avec la gourmandise d’un ethiopien découvrant la chocolaterie de Willy Wonka. Et plus il piétine rageusement les plates-bandes de la bienséance politique, plus, ébahis et pétrifiés, ses détracteurs reculent, saisis de tant d’audace. Ivresse du mouvement.

    Sarkozy, c’est donc la transgression. La folie. Le grand saut. Voter pour lui, sourdement, en masse, pour chasser les faux modernistes, c’était jouissif : on le lisait sur le visage de cette droite frustrée par 12 années de chiraquisme. Sarkozy est un transgressif car il enfreint et il jubile. Et plus il enfreint, plus il le fait ostentatoirement. Le poids des mots et le choc des photos, Sarkozy ou le bulldozer.

    Imaginez-vous donc ? il est allé reprendre après deux mois de séparation une actrice ex-mannequin comme première Dame de France ! La transgression ultime : c’est Kennedy larguant Jacqueline pour Marylin Monroe.

    Le Sarkozy, il vit sa vie privée comme un film sur grand écran, en Louis XIV entouré de pénélopes courtisanes et de grands féodaux asservis. Il scénarise sa vie publique comme un théâtre.

    ************

    La vie comme un part d’attractions

    Le Sarkozysme, c’est comme une boîte de chocolats. On sait jamais ce qu’on va trouver à l’intérieur.

    Le pays est sur les rails du grand frisson, de la montagne russe (ou hongroise). Les tabous tombent un à un : il a commencé en parlant de sécurité et en piquant les thèmes du FN. Et puis la pelote s’est emballée : il part en vacances avec des milliardaires, dompte les syndicats, respecte à la lettre ses promesses, mène une politique keynésienne, ouvre grand les portes du gouvernement à la Gauche, ose mener une politique pro-américaine, invite Khadafi en France le jour des droits de l’Homme. « Les cons, ça ose tout : c’est même à ça qu’on les reconnaît. » pense-t-on.

    En même temps, les génies (politiques) également.

    Car, le génie psychologique du Sarkozysme est de faire fi des contraintes exercées depuis trente années. La France en a marre des discours cent fois ressassés, et usés à l’extrême. Marre des mêmes visages, des mêmes argumentations, des mêmes « Il ne faut pas ». Hypnotisée, elle se sent défaillir devant le séducteur, elle qui ne s’est plus donnée depuis 1981. Elle redoute – pardonnez-moi l’expression – ce grand orgasme que le petit Napoléon lui promet.

    Sarkozy, c’est un sex toy politique.

    Soit ce monsieur nous conduit à la plus grande mutation que la France ait connu depuis 1968, soit il nous conduit au désastre annoncé. Ou pire : les deux en même temps.

     

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    Sujets: Paso Doble | 14 Comments »

    14 réponses “Paso Doble n°42 : Sarkozy ou l’esprit de transgression”

    1. Blanc Cassis Says:
      décembre 18th, 2007 at 5:53

      Sex toy politique ? excellente image.
      Ses piles dureront-elles assez longtemps pour faire vibrer les lecteurs des canards de salles d’attente ou de coiffure ?
      Je ne le crois pas et les trois Grands Valets du Palais qui le fournissent en macarons à la poudre de pilule bleue, vont-ils le supporter longtemps ou accepteront t-ils de mourir avec lui sur le champ mediatique ?
      Et désolé pour le mauvais jeu de mot, François commence à en avoir plein le fion d’essayer de coordonner ses ministres, supporter les clowneries pipolesques de l’empereur showman et rolexman et de tenter de faire avancer les réformes.
      En 24 heures Sarkonaparte est devenu naboléon.

    2. RoseNoire Says:
      décembre 18th, 2007 at 9:20

      Toréador…la lecture de ton billet me rend malade de jalousie, pour la simple et bonne raison que tu y écrit noir sur blanc quelque chose que je ressens confusément sans parvenir à l’exprimer.

      Je plaide à 100% coupable d’us et d’abus assumé du sex toy médiatique dont nous parlons. C’est effectivement le côté transgressif qui me fascine et m’attire (j’assume également ce mot) chez Sarkozy. Et aussi ce que tu mets si bien en exergue: la jubilation évidente avec laquelle il brise un certain nombre de tabous et d’habitudes.
      Le concert de protestations et de cris outragés qui accompagne l’ensemble du processus est quelque chose que je déguste avec gourmandise…même si j’admets que cela m’agaçe parfois.

      Pour le reste…je n’en suis pas pour autant dupe, ni victime de sarkolâtre caractérisée. Je ne sais pas davantage si tout cela conduira à des bouleversements salutaires ou à la catastrophe.
      Mais en attendant…je m’installe dans le wagon des montagnes russes, je boucle ma ceinture et n’ai pas l’intention de bouder mon plaisir…même si parfois j’ai un peu mal au coeur.

      D’aucuns m’accuseront peut être de légèreté, mais tant pis.

    3. le chafouin Says:
      décembre 18th, 2007 at 14:30

      ok sauf que concrètement, sarkozy a fait quoi pour le pays depuis mai? Cite moi uen réforme intéressante pour la france et son avenir?
      Donc sur la forme, oui, bravo nicolas, sur le fond, sarkozy est à poil à mon avis.

    4. toto Says:
      décembre 18th, 2007 at 15:51

      Euh oui ! seul problème : l’orgasme sera de courte durée, suivi d’une longue dépression (du moins pour la france d’en-bas).

      Perso le sarkozysme ne me fait pas penser aux montagnes russes mais plutôt à la croisière s’amuse.
      La technique des coups médiatiques (pour faire diversion quand ça se gate un peu) devrait atteindre ses limites, à moins que le peuple soit devenu vraiment abruti (à force de regarder TF1)

    5. focus transgressif Says:
      décembre 18th, 2007 at 18:12

      Comme ça, entre nous, M’sieur, c’est quoi un « focus transgressif »?

    6. Toréador Says:
      décembre 18th, 2007 at 18:19

      Focus qui a donné focaliser : il attire à lui, il centralise, il focalise. En latin : terme de « foyer ».
      Transgressif : qui résulte d’une transgression (violation, désobéissance par rapport à une loi, une norme, un rite)
      C’est donc un foyer, un centre de transgression. Un abcès.

    7. Hervé Torchet Says:
      décembre 18th, 2007 at 21:52

      Le problème de ces drogues-là, c’est qu’on n’en est jamais rassasié, il en faut toujours plus et tou ou tard, c’est l’overdose.

    8. Hervé Torchet Says:
      décembre 18th, 2007 at 21:52

      tôt ou tard …

    9. John_G Says:
      décembre 19th, 2007 at 1:50

      - Tout d’abord, sur la forme, billet remarquablement écrit ;

      - Ensuite, sur la fond, j’ai déjà remarqué à plusieurs reprises la fascination que semble exercé Sarkozy sur notre cher blogueur. Je dois avouer que je peux la comprendre mais qu’elle ma parait déconnectée de la réalité du personnage et surtout des « réformes » qu’il entreprend.

      Sarkozy a été élu sur une double imposture :
      * la fibre socialisante inspirée par Guaino : voir son discours sur le carreau Wendel, d’une démagogie que même la LCR n’oserait pas (remise en cause du Plan Acier notamment) sur les délocalisations, discours sur le pouvoir d’achat, discours sur le protectionnisme. Tout cela a beaucoup compté dans la présidentielle avec la fameuse formule « plus » connue par tout le monde. Tout cela, personne, n’en voit venir les réactions ;

      * la fibre néoconservatrice (déjà contradictoire avec la première) : libéralisme économique, politique étrangère droits-de-l’hommiste, orientation ultra-sécuritaire et identitaire concernant l’immigration.

      Ces deux électorats ne se comprennent même pas. Les premiers sont déjà en grande partie très déçus. Les deuxièmes sont moyennement convaincus, sauf pour la partie économique (voir l’excitation de Laurence Parisot aujourd’hui).

      Ensuite, sur les pseudos barrières de la vie politique française, notamment la peoplisation, Sarkozy en est non seulement le précurseur, il est entouré d’une cour qui vante ses louanges et guette la moindre de ses réactions. Il avait avouer que ce qu’il l’aurait intéressé en dehors de la politique aurait été de « gagner de l’argent » ou d’être « présentateur télé ». Les paillettes, c’est ce qu’il intéresse, point barre.

      Les grands hommes ne sont jamais le pur reflet de leur époque. Sarkozy l’est parfaitement. Voilà pourquoi je pense avoir une réponse à ton diagnostic.

    10. Toréador Says:
      décembre 19th, 2007 at 11:24

      Cher John G. je vous remercie de synthétiser ce que j’ai déjà écrit ici :
      http://www.toreador.fr/2007/03/14/banderille-n%c2%b080-nicolas-jekyll-sarkozy-hyde/

    11. John_G Says:
      décembre 19th, 2007 at 11:53

      Cher Toré, on peut se tutoyer non ?

      Je n’avais pas lu cet article, n’ayant connu ton blog (malheureusement ou heureusement ?) que très tard au cours de la campagne électorale voire après, je ne sais plus très bien…

      En tout état de cause, je ne comprends du coup pas ta fascination pour un homme qui est un tel réceptacle de l’ensemble des dérives de son époque.

    12. Toréador Says:
      décembre 19th, 2007 at 13:36

      peut être n y a t il pas de fascination ? tu es le premier à me suspecter de fascination pour tel ou tel !

    13. Banderille n°225 : Le Pen, vente au détail et soldes d’été | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” Says:
      avril 25th, 2008 at 15:22

      [...] forban de la politique nous a faite là. Sciemment, avec un art de la transgression qui le dispute à Sarkozy, Le Pen a osé revenir sur son mauvais mot de 1987 : les camps de concentration seraient un détail [...]

    14. Lettre ouverte aux négationnistes des racines chrétiennes de la France « Pensées d’outre-politique Says:
      octobre 27th, 2008 at 14:47

      [...] mais subsidiaires du fond. Peut-être le président, une nouvelle fois, s’est-il voulu provocateur, à contre-courant, briseur de tabous. Une nouvelle fois, il a plus à perdre qu’à y [...]

    Commentaires