• Les Archives Glorieuses de l’Arène

  • Publicité

    Proud member of Kiwis ! Abonnez-vous à ce blog
  • Bronca !

  • Combien de visiteurs uniques depuis le 1er janvier 2007 ?

  • Catégories

  • Amour, gloire et beauté

  • « | Home | »

    Banderille n°184 : Faire du ciel le plus bel enfer sur terre

    Par Toréador | décembre 22, 2007

    Vite, convoquons des juristes ! Que la France demande l’application des conventions internationales contre le terrorisme !

    Je crois que la convention de 1983 contre la prise d’otages peut s’appliquer, étant donné qu’un groupe d’anarcho-syndicalistes du SUD/CGT vient de prendre en otage tous ces pauvres français qui souhaitaient prendre l’avion pour aller fêter Noël en famille.

    On pourrait également invoquer la convention de la Haye de 1970 sur la capture illicite d’aéronefs, voire même le protocole de Montréal de 1988 pour la répression des actes illicites de violence dans les aéroports servant à l’aviation civile internationale.

    On connaissait la bande à Bader et Bin Laden. En France, nous avons la bande à Bin Bader. Ok, évidemment je plaisante. A moitié.

    Cette grève vise clairement à faire jouer la loi de l’emmerdement maximum. Ou alors, je ne m’y connais pas. En clouant 30% des avions le samedi précédant Noël, une minorité active au sein du le personnel navigant prend en otage toute la France au pire moment de l’année. Déjà que leurs petits cousins de la SNCF nous avaient foutu en l’air les vacances de la Toussaint… Je me sens d’autant plus concerné qu’au départ, il y a un mois, j’avais envisagé de prendre l’avion demain, craignant un nouvelle grève des chemins de fer (j’y avais renoncé, vus les tarifs prohibitifs..). Je me bénis d’avoir choisi le service public !

    Quoiqu’il en soit, toute cette histoire n’est pas une question de droit de grève versus le droit de liberté syndicale. C’est une question d’altruisme social : lorsqu’on est un tantinet évolué, on ne déclenche pas une grève au beau milieu de la trêve des confiseurs, sauf cas de force majeure (genre rétablissement du STO, abolition des syndicats ou licenciement de 50% des effectifs sans indemnités).

     

    Sud et la CGT font donc du terrorisme social : un maximum de dommages avec un minimum de moyens, et un effet levier psychologique fort pour arracher des concessions à la direction. Sarkozy, avant de s’occuper des FARC, devrait réfléchir à réduire les zones de non-droit sur le territoire national…

    Quant à nous, pauvres Français, nous sommes aux couleurs de Noël : de bonnes dindes, et marrons…

    Tags: , , , , ,

    Sujets: Banderille | 8 Comments »

    8 réponses “Banderille n°184 : Faire du ciel le plus bel enfer sur terre”

    1. Adrien Says:
      décembre 22nd, 2007 at 10:48

      Quel vocabulaire : terrorisme, prise d’otage, levier psychologique fort, emmerdement maximum, etc.

      Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’il faut bien choisir le moment de faire sa grève. Mais ce n’est pas la peine de jouer la

    2. Adrien Says:
      décembre 22nd, 2007 at 10:51

      Excuse moi : voici la suite.

      Mais ce n’est pas la peine de jouer la terreur en utilisant ce champ lexical guerier!

      Ce n’est sans doute pas une bonne idée de leurs part mais une réaction aussi égoiste est loin d’être mieux.

      Cordialement.

    3. John_G Says:
      décembre 22nd, 2007 at 11:38

      Quelle déception Toré ! Je constate donc que tu te plies à la mode habituelle, de la vraie « pensée unique » actuelle française et que tu te compares à Ingrid Betancourt.

      C’est assez marrant d’entendre la droite donner constamment des leçons de vocabulaire à la gauche, notamment sur l’emploi des termes « fascistes », « raciste »… mais aujourd’hui, tout cela a changé de camp. « Prise en otage », « privilégiés », « terrorisme social » (j’ai déjà entendu des députés UMP utiliser ce terme), voilà toute la mesure de la droite actuelle, et la tienne par la même occasion.

      C’était d’ailleurs consternant (comme ton billet) de voir les réactions des passagers interrogés. Je comprends leur énervement mais leur inculture les conduisait à voir encore en Air France un « service public » (alors que l’Etat y est désormais largement minoritaire), à comparer cette grève avec celle de la RATP et de la SNCF alors qu’elles n’ont strictement rien à voir.

      Toutes ces personnes et toi peut-être ne prennent-elles les exemples à l’étranger uniquement quand cela les arrange ? J’ai été bloqué à Londres plusieurs fois pour cause de grève, sans parler de Toronto l’année et je ne parle même pas de la grève de la DB en Allemagne. Que la droite essaie de profiter de sa relative position de force pour mettre à bas les syndicats, pas étonnant. On constate en tout cas que cela a infusé les esprits, jusqu’au tien.

    4. Toréador Says:
      décembre 22nd, 2007 at 12:59

      @ Adrien. Effectivement, même si c’est de l’humour, je récuse tout comportement égoïste de ma part. Comment ? Il y a 365 jours dans l’année et le personnel choisit l’un des jours les plus critiques ? Il ne s’agit pas d’unhasard, mais bien d’une volonté de forcer la direction en misant sur le mécontentement de la clientèle. Est-ce là une conception de l’entreprise ? Que dirais-tu, toi, si ta DRH se mettait en grève juste au moment où tu dois être payé ?

      @ John G. Sur Betancourt, tu trouveras ma position sans équivoque via le moteur de recherche. Pas sûr qu’elle te plaise. Tu sais ce qu’il y a de déplaisant chez toi ? Tu commentes comme le mini-Versac des blogs, distribuant « bons points » et « mauvais points », tel un arbitre des élégances qui connaîtrait la vérité. La vérité, tu dois être un catholique refoulé !

      Il y a d’autres outils que la grève, tu sais. Par exemple : la grève du zèle. Le personnel navigant aurait pu dire « nous embarquons mais nous ne servons plus les plateaux repas ». Cela peut être aussi la grève à la japonaise : « nous venons travailler mais avec un bandeau noir qui montre notre détermination et notre engagement ». Et crois-le ou pas : ça marche. C’est autrement plus impressionnant de voir les gens venir travailler et manifester leur mécontentement. C’est la colère tranquille, et la clientèle supporte d’ailleurs mieux cet état de fait.

      Puisque tu te permets de me juger : je crains que tu ne sois trop franco-français et imbibé de culture militante PS de base. Il faut savoir un peu élever ses références et regarder ailleurs, surtout si l’on veut s’ériger en torquemada. D’ailleurs, une bonne nouvelle http://www.torquemada.fr est libre de droit. Si le coeur t’en dit…

    5. RoseNoire Says:
      décembre 22nd, 2007 at 13:23

      @John_G: Sans vouloir donner dans la lapidation publique, ni dans les querelles personnelles entre blogueurs, je me permettrai cette remarque sur un ton légèrement agaçé:

      Tu as tes opinions, c’est évidemment et éminemment respectable, et tu les défends de manière articulée: fort bien.
      Ce qui par contre est déplaisant, c’est qu’il n’y a pas un seul commentaire que tu fasses qui ne soit lourdement entaché de leçon de morale et de jugements de valeur. Voire même de commentaires paternalistes et méprisants. Et çà, c’est insupportable – voire trollesque – et coupe toute envie de polémiquer courtoisement avec toi.

      Les gens qui ne pensent pas comme toi ne sont pas nécessairement des imbéciles: ce sont simplement des gens qui pensent différemment. Et heureusement que cette diversité d’opinions existe. Car quand tout le monde pense pareil, cela porte un nom: formatage et dictature.

    6. Julie Says:
      décembre 22nd, 2007 at 19:25

      Je suis globalement d’accord avec Toréador : en France on ne sait pas négocier, tout du moins on commence à apprendre à le faire. Salariés pas contents, salariés en grève. Je n’apprendrai rien à personne en affirmant qu’en France nous n’avons pas la culture du dialogue. J’espère tout de même que désormais la grève ne sera plus l’unique remède.
      Concernant l’opportunité de cette grève, il est difficile de se prononcer, des arguments pour et contre sont recevables :
      - d’un côté c’est dégueulasse de faire grève dans un aéroport le week-end précédent Noël avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les voyageurs ;
      - mais d’un autre côté cela sous-entendrait-il qu’il y a des « périodes » moralement acceptables pour faire grève ? Faire grève le 27 novembre ou le 2 mars serait-il plus acceptable ? Là encore je pense que le problème de fond est celui du manque de dialogue et de négociation.

      Bref bref juste un dernier mot concernant les propos de John_G. J’ai vraiment eu l’impression, en lisant sa critique, que le billet de Toréador traduisait la réussite d’une terrible propagande de droite.
      Toréador a très bien résumé « je crains que tu ne sois trop franco-français et imbibé de culture militante PS de base ».
      L’hystérie socialiste, un éternel mystère à mes yeux.

    7. Ozenfant Says:
      décembre 26th, 2007 at 10:24

      Toréador,

      Ton texte m’a beaucoup plu ! Très judicieux l’exemple de refuser de servir les plateaux de repas etc. Et probablement plus efficace !
      Ne t’en fait pas! L’opinion de Jhonn G. n’a pas plus de poids que celle de n’importe lequel des militants de mauvaise foi (pléonasme). Comme tous les communautaristes il ne connaît pas la B.A.-ba de l’objectivité: « Qui aime bien châtie bien », ce qui veut dire qu’il est honorable d’être plus dur avec soi-même et les siens, qu’avec ses opposants. N’est-il pas ?
      Je suis pour un socialisme solidaire à l’usage des travailleurs pauvres, il me paraît donc plus normal de reprocher aux miens de n’avoir rien fait pendant 30 ans, plutôt que de le reprocher à ceux dont les nantis sont la clientèle naturelle ! Yahiiie !
      Bonne semaine de Noël tous (bis) !

    8. John_G Says:
      décembre 27th, 2007 at 14:18

      @ Toré,

      je viens de découvrir suite à mon sevrage bloguesque ton commentaire sur mon commentaire.

      Je n’en saisis pas très bien le sens, sinon à le relier à l’habituelle irritabilité des blogueurs assidus (dans lesquels je m’inclus). Le plus savoureux d’ailleurs, c’est que Versac lui-même m’a déjà fait ce genre de remarques.

      Je ne comprends pas très bien en quoi dire que ce billet m’a « déçu » et que le message renvoyé (l’assimilation à la « prise d’otages » répétée en boucle sur toutes les ondes) me « consternait » a de moralisateur mais soit.

      Au final, tu m’accuses en outre de faire dans la morale en ma rangeant (bien rapidement en outre) dans la catégorie des militants « hystériques » pour reprendre le qualificatif (sans doute bien intentionné) de Julie. Tu ajoutes à cela « franco-français », ce qui, sache-le, ne constitue pas pour moi une insulte, dans la mesure où je n’ai pas de problème avec mon identité nationale. Mais c’est d’autant plus incroyable alors que tu te contentes de reprendre des clichés éculés répétés à satiété par tout ce que Paris compte de journaleux. Et il me semble que les « exemples » dont tu parles, je les ai pris ailleurs. Je peux même être plus précis si tu le souhaites : 3 mois de grève dure des « cols bleus » (employés de la Mairie de Montréal consacrés au dégagement des rues) en plein hiver, 2 mois et demi de grève de la SAQ et du LCBO (monopoles provinciaux de distribution de l’alcool au Québec et en Ontario) en pleines fêtes de fin d’année, 2 mois de grève à l’aéroport de Chicago l’année dernière… Et ne parlons pas de la Grèce ou même de l’Angleterre contrairement au fantasme de certains thatcherolâtres.

      Mon commentaire signifiait donc que contrairement à la légende savamment entretenue, le nombre de jours de grèves diminue constamment en France et la France est globalement l’un des pays les moins sujets à ce genre de problèmes. Donc crier à la prise d’otage parce que vous avez retardé de quelques heures pour finir vos cadeaux de Noël au BHV de Nice, j’estime que c’est ni plus ni moins du caprice d’enfant gâté.

      Ceci étant, je ne suis pas contre des modalités plus inventives comme celles que tu évoques mais ça n’exclut pas les modes d’action plus « durs », quand la direction ne veut de toutes façons rien savoir et est habitué à ce rapport de forces.

      @ Ozenfant,

      je n’arriverai jamais à comprendre ton positionnement. Et je ne comprends pas très bien non plus cette grande réflexion sur le caractère « militant » de mon post. A ma connaissance, le personnel d’Air France n’est pas encarté. Par ailleurs, l’action du gouvernement n’est pas franchement à mettre en relation avec la gestion du personnel par Air France, dans la mesure où cette compagnie n’est plus publique. Je soulignais simplement que je ne supporte pas ce dévoiement du vocabulaire qui fait passer une grève pour un acte terroriste. Parallèlement, alors que les personnes qui usent de ce vocabulaire se prennent pour des croisés anti-pensée unique, ils se situent au contraire pleinement dedans.

      Et en matière de « châtiment des miens », je ne suis pas en reste quand ils le méritent. En revanche, tu ne me trouveras jamais quand il s’agira d’affirmer que rien n’a été fait en 30 ans, quand le RMI ou la CMU (pour ne citer que ces exemples) sont à peine aujourd’hui présents dans la campagne pour les primaires démocrates aux Etats-Unis…