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Banderille n°186 : Le « pouvoidacha »
Par Toréador | janvier 9, 2008
Quand le pouvoir d’achat va, tout va !
C’est l’antienne du moment que les néo-économistes de gauche entament avec enthousiasme : le gouvernement ne fait rien pour le pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat, c’est l’appellation officielle de la « vie chère » de Ségolène. Attention, c’est pas la « consommation » ou « le revenu ». Non, c’est plus social. Pour le PS tout revigoré par ces mots magiques, c’est une aubaine. Un peu comme si la légion de Petibonum avait trouvé un plein chaudron de potion magique.
Economiquement, tout ceci ne tient pourtant pas de la route. Tout d’abord, un premier constat qui tient à l’évolution du PIB/habitant en parité des pouvoirs d’achat. Cet indicateur introduit la correction dite de la parité pouvoir d’achat : il tient alors compte des différences de pouvoir d’achat entre les différentes monnaies. Le PIB PPA était, en 2005, de 30 386 dollars/hab contre 21 190 dollars 10 ans auparavant (à prix courants). Il a donc progressé, et ma foi sensiblement plus que l’inflation.
Sommes nous moins riches ou plus riches que les autres européens ? Certes, les britanniques, qui étaient à 21 392, sont désormais à 33 238; les américains, qui étaient à 27 574 sont à 41 890; et les japonais, ont progressé de 23 156 à 31 267. Ils sont au dessus de nous et nous ont distancés. Mais en sens inverse, les allemands sont passés de 21 278 à 29 461 et les italiens de 21 241 à 28 529. Tout peut être vérifié ici.
Il est donc faux de dire que le pouvoir d’achat a globalement baissé. Il a moins augmenté que dans certains pays mais je doute que le PS ait intérêt à faire prospérer cet argument, sauf à vouloir par là préconiser des solutions libérales de flexibilisation du marché du travail…
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Gauche sanguine, Socialisme light, opposition zéro
En revanche, ce qui est vrai, c’est que pour certaines catégories de personnes, le pouvoir d’achat a effectivement baissé : on peut citer les catégories les plus modestes qui vivent en ville notamment, car elles ont subi une hausse de l’immobilier, et notamment des loyers.
Evidemment, les propriétaires, eux, n’ont pas trouvé cette hausse des loyers et des prix de l’immobilier aussi handicapante…
Mais les loyers et l’essence ne font pas tout : ce que le PS oublie de dire, c’est que les cas de surendettement ont explosé pour les ménages les plus modestes pour des raisons tout à fait décorrelées avec la hausse de certains prix.
La société de consommation a ses attraits que même les sirènes d’Ulysse n’avaient pas. Plasma, mp3, ordinateurs, iphone : voilà dans quoi certains rmistes engloutissent leurs maigres économies. Allez lire le rapport d’octobre 2007 du Conseil Economique et social qui pointe notamment tous les dangers liés au crédit à la consommation. Et le gouvernement, que fait-il selon vous ? Au lieu d’éteindre l’incendie, il rajoute de l’huile sur les flammes.
Plutôt que de rentrer dans la subtilité du propos, et de vraiment prendre la défense des classes modestes (tout en faisant la part des choses avec ce qui relève de la conjoncture et ce qui relève de la bêtise humaine), le PS préfère sautiller sur place en râbachant « le pouvoidacha ». A trop faire de néo-économie, on finit en néo-opposition.
Tags: néo-économie, pouvoir d'achat, PS, Ségolène-Royal
Sujets: Banderille, Toréador critique la Gauche | 15 Comments »





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janvier 10th, 2008 at 3:09
Merci pour toutes ces informations.
Toutefois, ce que tu appelles la « néo-économie » n’est, à mon avis, pas si peine perdue pour le PS. En effet, il y a beaucoup d’électeurs qui ne se soucient guère de la politique et ne cherchent qu’à voter pour celui qui leur semble le plus proche de leurs intérêts… Or, avec la récente hausse des prix (pas seulement celle du carburant et des loyers) comparée à non augmentation de (certains) salaires, il faut bien dire que beaucoup ont l’impression que le pouvoir d’achat a diminué…
janvier 10th, 2008 at 6:40
Il ne faut pas oublier la croissance de la décomposition familiale qui paupérise de nombreuses femmes vouées aux petits boulots à temps partiel pour assurer un minimum vital à leurs enfants.
Il faut aussi penser à la classe moyenne qui voit nombre de cadres moyens et techniciens se faire éjecter des entreprises privées pour raison d’âge donc de rémunérations trop élevées pour certains groupes qui font de la masse salariale un enjeu stratégique plus que la R&D.
Il ne faut pas oublier d’observer la croissance vertigineuse de l’emploi dans les Collectivités territoriales qui paupérisent au final le français moyen qui ne trouve plus son compte dans les services gadgets offerts par des politiques plus soucieux de prestige immédiat que d’investissements qui ne seront visibles et efficaces qu’à long terme (la nouvelle République Bling-Bling ou rolex diorisée sauce bolo(rée) en serait-elle le miroir)
Le dernier fumeux projet de civilisation de Naboléon ou l’avenir marial proposé par Ste Marianne du Poitou-Lorraine ou l’utilisation intensive de la petite reine parisienne pour compenser le prix du baril, n’offrent guère de perspectives encourageantes à ces Français écartés de la croissance effective du pouvoir d’achat.
janvier 10th, 2008 at 6:58
Comment a t’elle optimisé son pouvoir d’achat à bon compte en hiver ?
Elle a bruni en Egypte et plus précisément a charmé l’cheikh ou l’chèque suivant les points de vue des lecteurs de Closer
janvier 10th, 2008 at 9:25
Quand un salaire n’augmente pas pendant environ deux ans, ce qui est assez fréquent, et que les prix à la consommation ont pris ne serait-ce que trois fois rien (et nous sommes plus que dans le trois fois rien)alors les foyers concernés s’assoient généreusement sur ces calculs savants.
Croyons bien que la population qui rame vraiment ne s’achète pas d’iphone, loin de là. Celle qui le fait, peut-être parce qu’elle traîne moins et encore ça reste à prouver, achetait vraisemblablement autre chose il y a dix ans avec son budget.
janvier 10th, 2008 at 9:43
Aprés toutes ces recherches et peut être en réaction à mon dernier article sur « nous faisons fausse route mes amis », le pouvoir d’achat est il le problème principal à régler ou est ce le niveau de l’offre amorphe ?
janvier 10th, 2008 at 11:49
« Croyons bien que la population qui rame vraiment ne s’achète pas d’iphone, loin de là. Celle qui le fait, peut-être parce qu’elle traîne moins et encore ça reste à prouver, achetait vraisemblablement autre chose il y a dix ans avec son budget »
Je ne suis pas d’accord Olivier. C’est d’ailleurs tout le sens du post (cf. également le rapport de la commission sur le surendettement)
janvier 10th, 2008 at 14:57
Au fait mon commentaire est une question !
janvier 10th, 2008 at 15:44
@Toréador,
Il est amusant que les nantis soient toujours entrain de répéter que le pouvoir d’achat augmente, et les pauvres qu’il diminue !
Pourtant QUOI de plus logique, puisque l’écart entre riches et pauvres ne cesse d’augmenter !
On peut donc en déduire que tout ce que dise les uns et les autres est vrai:
1° Le pouvoir d’achat augmente globalement.
2° La part des frais incompressible est de plus en plus élevée.
3° La part des frais compressible est relativement de plus en plus réduite chez les pauvres.
4° La part des frais compressible est relativement de plus en plus grande chez les riches.
Au fait, contant de te lire chez Malakine !
janvier 10th, 2008 at 18:28
Seb, à mon sens le problème n°1, c’est effectivement l’offre. La demande, c’est bien beau, mais vu notre balance commerciale…
janvier 10th, 2008 at 20:01
Le plus drôle n’est il pas de juxtaposer dans un même journal ou sur une même page web, les problèmes de pouvoir d’achat et les cinglés qui se glissent sous les barrières en fer pour avoir acheter le plus possible sous prétexte des soldes…
janvier 10th, 2008 at 21:57
c’est vrai
janvier 11th, 2008 at 11:30
Tu confonds PIB et pouvoir d’achat ! Le PIB cumule les salaires et les profits. C’est la richesse produite, pas la richesse distribuée en France sous forme de salaire.
Le pouvoir d’achat vient de la comparaison entre l’évolution des salaires et du coût de la vie.
janvier 11th, 2008 at 13:58
Non Malakine :
Le PIB en PPA est la richesse par habitant, ramenée justement au coût de la vie. Certes, il y a le facteur travail et le facteur capital, c’est basique, mais c’est une notion économique.
Le pouvoir d’achat tout seul, ça n’existe pas puisque tu compares des torchons et des serviettes. L’évolution des salaires est forcément une moyenne, qui va du PDG au Rmiste. Or, le PDG a bel et bien des profits qui lui sont reversés sous forme de dividende. Mais le taux moyen n’indique rien en lui-même. Le coût de la vie est également une moyenne qui ne veut rien dire, vivre à Paris VIIème n’étant nullement comparable à la vie à Barzac sur Aube.
janvier 11th, 2008 at 18:43
Doucement les intellos !
La seule chose qui compte, c’est ce qu’un ménage peut rapporter chez lui pour vivre une fois payé son loyer, EDF/GDF, CSG, Impôt locaux, Assurances, Eolia, Tels, etc, etc.
Hors çà, chez la moitié des français les plus pauvres, çà a réellement diminué… vue l’augmentation exponentielle des produits frais !
Le reste est de la littérature.
février 27th, 2008 at 18:30
[...] qu’à ça. C’est faux. Ma position sur ce vrai-faux problème a déjà été exposée ici. Il a plein de problèmes, le Français. Evidemment, comme tout le monde, il aimerait dépenser [...]