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Banderille n°189: Sic Transit Gloria Mediarum
Par Toréador | janvier 17, 2008
Du Capitole à la Roche Tarpeienne
Dernier attrape-nigaud à la mode qui a circulé sur le Net : la grandeur et décadence du « président » de Facebook, un Rastignac mythomane dénommé Arash Derambarsh.
Ce-dernier, ayant été élu par environ 9 000 Facebookers, a transformé un widget-gag en machine de guerre d’auto-promotion. S’autoglorifiant président d’une sorte d’Empire sur lequel le bouton power ne s’éteint jamais, il s’est bâti en quelques jours une gloire numérique à peu de frais via Wikipedia, repris ensuite par les médias traditionnels sérieux ( le Figaro, LCI, Le Monde) et moins sérieux ( Morandini).
Lorsque le pot aux roses a été découvert, et que d’honorables volatiles (et grandes plumes) se sont retrouvés éclaboussés par la merde qu’ils avaient soigneusement étalé comme étant de l’information (sans avoir pris la peine de vérifier), les oies du Capitole ont réagi en meute, lynchant le susnommé à une vitesse encore supérieure à celle avec laquelle elles l’avaient encensé. Les blogueurs n’ont pas été en reste.
Ainsi va le troupeau médiatique. Son berger n’a plus de conscience, ni professionnelle, ni morale d’ailleurs, à l’exception de quelques uns (j’apprécie Bazin par exemple). Ce naïf Arash joue la brebis galeuse (expiatoire), le bouc-émissaire, et tant pis si dans les semaines qui viennent, il perd famille, travail et réputation : comme dit Dédale, lorsqu’on veut voler, il ne faut pas trop approcher du soleil…
Médias sans concience n’est que gloire de l’âne
« L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn ». Je ne sais pas pourquoi mais lorsque je vois les médias traditionnels se précipiter sur le nouveau-truc-à-la-mode, tel un troupeau de brebis bêlantes fonçant en masse vers le ravin, je repense à ce vers de Victor Hugo (La Conscience), en lui prêtant un autre sens : même au fond de sa tombe, le média se regarde lui-même, et se trouve beau.
Il y a dix ans, la technostructure médiatique a découvert internet, et surtout ses dangers : terrorisme, pornographie, pédophilie. Il y a deux ans, la lourde sphère médiatique s’est mis en branle pour opiner gravement sur les chats. L’an dernier, la mode était au printemps des blogs, ce nouveau medium censé concurrencer (mainonmainon !) le journalisme.
Aujourd’hui, le gadget à la mode c’est Facebook. Avec Figurelivre, on peut transformer en vampire son ancien copain, faire des tests de QI avec sa concierge, et emmerder la terre entière pour qu’elle vous rejoigne dans un groupe intitulé « Je sais vomir trois fois de suite, et vous ?« . J’exagère à peine.
Mais au travers de ces vagues technologiques censées moderniser des rapports humains qui dans la vie de tous les jours se distendent (figurez vous que j’ai découvert la semaine dernière les nom et prénom de ma voisine de palier, que je cotoie depuis 5 ans…), ce qui fait kiffer le Tout-média c’est le pouvoir, la perte du pouvoir et la conservation du pouvoir. A l’image d’une Amérique hégémonique tour à tour tourmentée par ses démons japonais, sa peur chinoise, sa phobie russe, et sa craine iranienne, nos médias cherchent désespérément dans le marc d’internet qui sera le prochain Roi.
Sic Transit Gloria Mediarum…
Tags: , blogs, Facebook, le Figaro, Le Monde, Médias
Sujets: Banderille | 1 Comment »





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janvier 17th, 2008 at 17:42
Merci pour ton lien, je vais faire de même car ton blog est bien frais!