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    Paso Doble n°46 : Il y avait bien un plan « B »

    Par Toréador | janvier 22, 2008

    A las cinco de la tarde…

    La Révolution des fourmis (n’aura pas lieu)


    Le plan B de Fabius
    envoyé par aklineuropa

    Sur le net, la fourmilière noniste est sens dessus dessous. Il faut dire qu’en 2005, c’était sur les blogs que la campagne noniste avait pris son envol. Les ouvrières de la victoire du non au référendum se sont donc activées en tout sens pour arrêter Sarkozy, mais ce fut peine perdue. Le mini-traité simplifié, condensé gazeux du défunt projet de constitution sera bel et bien ratifié avec l’aval du Parlement.

    La proximité de la volte-face entre la France qui dit non (en 2005), puis qui dit oui (2007), ne traduit pas selon moi un « déficit démocratique » mais bel et bien la suprématie du clivage droite/gauche sur le clivage européen.

    En effet, les référendums et les élections européens réactivent les lignes de fracture entre les partis centro-républicains, plutôt maastrichiens, et les partis des bords, eurosceptiques. En revanche, les élections nationales réalignent les partis sur une logique d’affrontement droite/gauche. La preuve en est qu’au second tour de la présidentielle, les français, pourtant majoritairement hostiles au projet constitutionnel, avaient sélectionné pour les gouverner deux candidats oui-ouistes.

    On est d’extrême-gauche ou d’extrême-droite avant d’être eurosceptique. Ce qui fait que c’est le bon vieux clivage droite-gauche (soit-disant disparu) qui structure encore la vie politique. Ne croyons néanmoins pas que cela soit destiné à être permanent : il n’y a qu’à regarder l’histoire des Etats-Unis pour constater que si l’Europe continue sa « centralisation », l’avenir pourrait être constitué d’un parti fédéraliste versus un parti « bruxellois« .

    Trois interrogations à tirer de la schizophrénie Française

    Ma première interrogation est d’ordre sociologique, et porte sur le lien entre ces deux clivages : pourquoi les modérés sont-ils toujours « forcément » eurolâtres et les extrêmes toujours « forcément » eurosceptiques ? En d’autres termes, y’aurait-il un lien génétique entre d’un coté la fibre européenne et de l’autre le positionnement sur l’échiquier politique ? Un centriste eurosceptique, ça existe ?

    En effet, je ne comprends pas au nom de quoi (sinon l’Histoire), la structure politique française est ainsi faite que l’euroscepticisme est forcément une tare politique.

    Ceci nous amène à une seconde interrogation. Tant que la question Européenne reste figée dans une dialectique centre gouvernemental/extrêmes de l’opposition, celle-ci restera instrumentalisée et largement stérile. En effet, comment peut-il y avoir valablement débat démocratique si le choix est biaisé ? Où est la liberté si d’un coté on me propose une option pro-Europe impopulaire (mais dont on m’explique qu’elle peut bien être pratiquée), et une option eurosceptique populaire mais que pas un parti « de gouvernement » n’accepte de conduire ? Souvenez-vous de la réthorique sur « l’absence de plan b »…

    On le voit, et c’est ma troisième interrogation, on en revient à la non-représentativité du Parlement, d’où sont exclus (ou sopus-représentés) les partis nonistes. Sachant que la France est coupée en deux, faut-il reproduire cette fracture au Parlement ?

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    Sujets: Paso Doble | 14 Comments »

    14 réponses “Paso Doble n°46 : Il y avait bien un plan « B »”

    1. odanel Says:
      janvier 22nd, 2008 at 17:20

      « Un centriste eurosceptique, ça existe ? »

      –> Le Chafouin ? Edgar ?

    2. le chafouin Says:
      janvier 22nd, 2008 at 18:09

      Oui, je crois Toreador que tu fais une erreur d’interprétation là… La faute aux médias qui caricaturent forcément les positions des uns et des autres. je suis clairement noniste, et je ne suis pas à l’extrême gauche, ni à l’extrême droite.
      Sur l’Europe, j’ai un peu la même opinion que dupont aignan, disons. Et que Guaino. Sont-ils extrémistes? Pas vraiment… Certainement pas, même. On ne peut pas non plus dire que Villiers est à l’extrême droite…
      Je pense que ce n’est pas un problème partis gouvernementaux/extrêmes, mais plutôt politiquement correct contre le reste, extrême ou pas. Beaucoup de membres des partis dominants sont tout simplement muselés alors qu’ils sont contre ce traité, ou contre le fait de le passer au parlement. On a vu Guaino, hier sur France 3, dire qu’il était hostile au traité de Lisbonne!

      Je crois qu’il y a deux leçons à tirer de tout cela :
      - on croit que sous prétexte que la construction européenne est irréversible et incontournable, il faut aller dans le sens de l’histoire, et donc dire oui à tout quitte à y perdre des plumes. C’est exactement la position (pathétique) du PS.
      - Effectivement, il y a là, clairement, un problème de représentativité non pas des nonistes, mais des députés tout court. Il est étrange qu’un président puisse, de façon sûre, faire passer un txte à l’assemblée alors que celui-ci aurait toutes les chances d’être retoqué par référendum. Ce problème n’est d’ailleurs pas spécifique à la France si l’on en croit les polémiques qui ont eu lieu au Portugal avec josé Socrates.
      - Si on continue comme ça, il y aura d’autres 21 avril, dans tous les sens. Les Français n’aiment pas qu’on se moque d’eux.

    3. Toréador Says:
      janvier 22nd, 2008 at 20:00

      désolé mais dupont et villiers c est la frange droitière de la droite. guaino c du gaullisme de gauche alors il est difficile de le positionner. quant à villepin il était pour de mémoire non ?

    4. le chafouin Says:
      janvier 23rd, 2008 at 10:31

      C’est la franbge droitière de la droite pour quelle raison? Villiers, ok, depuis qu’il a entrepris de siphonner l’électorat du FN, n vain.
      Mais dupont aignan… Il est juste un des derniers gaullistes de droite.

    5. Toreador Says:
      janvier 23rd, 2008 at 11:22

      Regarde ses déclarations sur l’immigration !
      Je sens que Chaf’ aime de Villiers :-)

    6. Killcow Says:
      janvier 23rd, 2008 at 15:16

      Je dirais plutôt que l’Europe divise au-delà des clivages traditionnels et que c’est ça qui la rend si difficile à appréhender. Les présidents de la République doivent laisser leur trace dans l’Histoire européenne, et ils doivent donc faire ratifier au moins au traité. Ce qui explique que la majorité présidentielle (ou parlementaire si on remonte jusqu’à la CED) soutienne invariablement le traité présidentiel. Et l’opposition, qu’elle soit de gauche ou de droite, est incapable de trouver une position commune par manque de discipline partisane.
      On peut aussi expliquer que les clivages européens soient en-dehors des clivages classiques, car les clivages ne sont pas les mêmes dans les pays d’Europe. Comme le dit Tony Blair : « en France, je serais au gouvernement. » Et comme chacun sait, tous les Allemands sont pro-européens et tous les Anglais sont eurosceptiques.
      …..
      Des préjugés ? Où ça ?

    7. amike Says:
      janvier 23rd, 2008 at 18:56

      L’union européenne, c’est un seul mot : Compromis. Vous imaginez, vous, après avoir lu le site de Le chafouin, ce dernier faire des compromis avec 15-20 partenaires différents ? Les Centristes comme Schumann ont cette capacité, Les autres les méprisent et glorifient Clémenceaux, dont l’intrangisence a conduit à la 2GM…

    8. Toréador Says:
      janvier 23rd, 2008 at 19:25

      Hum, Amike, je pense que pour Clémenceau c’est plus compliqué que ça. Versailles fut un mauvais compromis entre Wilson et Clémenceau…

    9. le chafouin Says:
      janvier 23rd, 2008 at 20:38

      Non je n’aime pas Villiers. Il se tait actuellement sur l’Europe par pur opportunisme. Je n’aime pas les gens qui se targuent de valeurs qu’ils ne respectent pas…

    10. Monsieur Prudhomme Says:
      janvier 23rd, 2008 at 21:00

      « c’est le bon vieux clivage droite-gauche (soit-disant disparu) qui structure encore la vie politique », je ne sais pas, mais c’est bien le clivage sur L’Europe qui déstructure le PS

    11. Julius Says:
      janvier 24th, 2008 at 20:20

      « ne traduit pas selon moi un “déficit démocratique” mais bel et bien la suprématie du clivage droite/gauche sur le clivage européen. »

      plus qu’un déficit c’est surtout un pur déni de démocratie
      finalement on fait avaler à nos peuples tout ce qu’ils ne veulent pas du moment qu’on ne leur pose pas la question à commencer par le traité simplifié et bientôt l’entrée de la turquie et l’adoption par des couples homosexuels (cf. la dernière jurisprudence

    12. Gael Says:
      janvier 28th, 2008 at 12:35

      Perso, je suis assez d’accord avec M. Prudhomme! C’est moins les débats franco-français que les questions sur l’Europe qui détruisent le PS.

      Je pense effectivement qu’il existe des centristes nonnistes… autant sans doute que des extrêmistes partisans du oui!

      Selon moi, le clivage droite-gauche ne s’oppose pas avec la vision pro ou anti-européenne! De chaque bord, il y a des pours et des contres. Mais reconnaissons que les artisans politiques du « non » ont une image de la France qui n’est pas compatible avec la construction européenne.

      Pour préciser ma pensée, je pense que les figures politiques nonnistes ne se reconnaissent pas dans la construction européenne (qu’elle soit libérale ou non d’ailleurs). Ils ont joué diverses cartes et recueillis les partisans (nombreux) d’une autre Europe!

      je ne jette donc pas la pierre à ceux qui ont voté « non » en imaginant un avenir meilleur pour l’Europe, mais à ceux qui savent comment fonctionne la machine Europe et n’ont rien fait pour la réparer. Ne tournons pas autour du pot: Fabius ou Mélanchon (Dupont Aignan de même) sont anti-Européen!

      A galon

      Gael.

    13. Toréador Says:
      janvier 28th, 2008 at 12:56

      Tout dépend Gaël : une Europe « puissance » à la Française, qui serait la projection du gaullisme au niveau continental, pourrait séduire une partie de la droite non ?

    14. Au programme cette semaine, le coup d’Etat simplifié! « Pensées d’outre-politique Says:
      octobre 27th, 2008 at 16:43

      [...] de refuser le droit au même peuple de donner son avis?  Cela montre bien qu’il existe un décalage criant entre les élites et les citoyens sur cette question, comme sur d’autres. Comment comprendre [...]

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