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Banderille n°193 : La Révolution rupturelle
Par Toréador | janvier 24, 2008
Tout d’abord, j’implore ta clémence, ô passant, pour ce borborigme infâme, ce néologisme foireux, ce bâtard sémantique que j’ai osé étaler au frontispice de cette banderille, en guise d’accroche.
Car oui, je le dis bien fort : Tout devient possible…
Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites
La rupture en chantant/nous ouvre la barrière/la liberté guide nos pas (air connu).
Tout devient possible.
Vive la Révolution Rupturelle et le petit Timonier ! Apologie du volontarisme politique, ce slogan a mis en branle une force qui fonctionne un peu sur le principe de l’ avalanche. Car c’est un fait : notre apprenti-sorcier qui, pour des raisons tactiques et politiques, s’était cru intelligent en lançant la rupture tous azimuts a … azimuté le pays.
C’est ça le sarkozysme : une révolution paisible. Sarkomao a bouleversé la hiérarchie et invite à renverser les citadelles. Ils sont de plus en plus nombreux, les gardes rouges, à écouter le petit timonier ; Et chacun profitant du joyeux bordel pour faire avancer ses petites affaires, la pagaille s’installe au coeur de l’Etat. Et la France est au bord de la rupture d’anévrisme.
Il ouvre, elles l’ouvrent !
« Aujourd’hui, on n’a plus le droit/ Ni d’avoir faim/ni d’avoir froid/Dépassé le chacun pour soi… » (air connu)
D’abord inhibés, les ministres ont rapidement compris : plus on ouvre sa gueule férocement, plus ça plait au Roi, qui ne méprise rien tant que les dociles laquais de son camp. Et du coup, l’on voit gaiement les secrétaires d’Etat agresser leurs ministres de tutelle sans prendre de gants (ou alors si, de boxe) dans les journaux parisiens. Le flingage du plan banlieue (enfin, plutôt du catalogue des Trois-cités) par Boutin aura ainsi résonné en écho du matraquage médiatique qui l’a salué. Quant à Fillon, si l’on en croit le Canard, lui aussi s’amuse à moquer le grand schtroumpf.
Je ne parlerai même pas du Parlement, où de grands guerriers comme Goasguen se sont permis de descendre en flèche le plan Attali, et où d’autres braves amazones conservatrices (du genre Guedon en Vendée…) avaient carrément menacé de ne pas voter le budget au moment du plan Dati. A force de brouiller les repères, Sarko est en train de se brouiller tout simplement avec sa famille politique.
Mais revenons sur le plan Attali et ses 314 propositions. C’est « le Grand Bond en avant » et le slogan inoubliable de la campagne des 100 fleurs : » Que cent fleurs s’épanouissent ». Au point que l’ancien conseiller de la Mitterrandie a oublié tout sens du timing politique : annoncer qu’on va supprimer les départements au moment où l’on vote aux cantonales ? s’attaquer aux relais d’opinion que sont les taximen, les notaires et les pharmaciens au moment où chaque maire a besoin du moindre buraliste pour appuyer son bilan ? Descendre en flèche les petits commerces où les vieux font leurs courses (parce que l’hyper, il faut la voiture) ?
J’ai peur que ce soit les votes qui ne repoussent pas après ce « rapport Attila* ».
Le poisson pourrit par la tête
« A la pêche aux moules, je n’veux plus y aller Carla… »
Quant au Grand Chef, il délire lui-aussi. Outre le fait qu‘il annule le lendemain ses déclarations fracassantes de la veille ou de l’avant-veille (les 35h, puis la politisation nationale des municipales), il s’est également embarqué dans toute une série de gestes contradictoires qui cumulent leurs effets négatifs.
La France a accepté d’être gouvernée par un catho coincé (de Gaulle), comme par un athée (Mitterrand). Mais un paillard divorcé qui donne des leçons de religion, ça c’est une première. Les culs-bénis voient surtout qu’ils se tapent une mannequin et les laïcards ne se sont pas remis de la comparaison entre les curés et les instituteurs. D’autant que comme le fait remarquer Chafouin, il y a des sujets de société immédiatement plus concrets qui mériteraient que ce soit le parlement et non le juge qui s’en occupe. Mais notre président, lui, préfère parler mariage, à peine deux mois après avoir rencontré une femme qui est en faveur de l’amour libre.
Sarko me fait penser à la réplique de Gabin dans un « singe en hiver », ce qui nous ramène in fine à l’extrême-Orient : « Les gastronomes disent que c’est un bar à putes et les p’tits vicieux prétendent que c’est un restaurant japonais« . Comprenne qui pourra…
* Désolé, Fred, mais j’avais quand même la primauté du jeu de mots. La preuve ici.
Tags: Attali, cacophonie, Cents fleurs, Fadela-Amara, Gouvernement-Fillon, Grand bond en avant, omniprésident, plan Marshall pour les banlieues, Révolution cuturelle, RuptureSujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 7 Comments »





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janvier 24th, 2008 at 5:12
Encore un qui va finir à la poubelle ou qui va servir à Ségolène pour sa prochaine campagne.
J’attends maintenant le résultat du travail des deux Nobel qui ont en charge de mettre en œuvre le bonheuromètre qui va permettre de calculer le BNB, Bonheur National Brut.
Selon des sources confidentielles, il serait composé de trois paramètres :
Le Baisons Nous Bien,
Le Bouffons Nous Bien,
Le Bossons Nous Bien.
Nous avons toutes les chances d’être premiers dans le monde occidental, puisque :
Notre taux de fécondité est au top,
Le nombre d’obèses serait le moins élevé,
Notre administration pond le plus de rapports de la planète !
janvier 24th, 2008 at 8:39
On est mal, on est mal… LA rupture, mais en chantant mon p’tit bonhomme!
janvier 24th, 2008 at 9:51
Tu es en forme mon Ami !
janvier 25th, 2008 at 18:39
Oui. Et désormais, je ralentis ma production. J’en ai marre d’avoir des articles pas commentés donc j’attends 10 comm pour écrire à nouveau !
janvier 27th, 2008 at 22:57
Oh non, oh non Toréador ! J’encourage les lecteurs silencieux et néanmoins admirateurs de ce blog (c’est mon cas depuis un an) à se manifester. Toréador doit écrire plus pour qu’on le commente plus. S’il décide de bouder il faudra se contenter du journal télévisé…
janvier 28th, 2008 at 11:23
Violette, merci, mais souvenez vous qu’un blog sans commentaires, c’est un blogueur solitaire. Et que malgré la forte fréquentation, ce qui m’intérèsse ce sont les réactions…
janvier 28th, 2008 at 15:07
franchement, toréador, les réactions ça ne s’invente pas. quand on lit on est souvent entre deux trucs. Je suis souvent d’accord avec tes analyses, et c’est difficile de prendre son clavier pour écrire « ouais t’as trop raison »!