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Paso Doble n°48 : Annonce d’OPA hostile sur l’Elysée
Par Toréador | février 4, 2008
A las cinco de la tarde…
Toute relation avec une OPA de la BNP sur Société Générale ne devrait être comprise que comme un élément intéressant de comparaison…
Elections, piège abscons
Les élections locales sont toujours un piège.
Si la couleur du gouvernement en place gagne, il y a toujours un doute : on défend à bon droit que c’est essentiellement parce que les maires ou les conseillers en place avaient un bon bilan.
En revanche, si la France se colore, même très légèrement, de la couleur « d’en face », c’est forcément interprété un vote sanction pour le gouvernement.
Comme dit Dupin, le comportement électoral aux municipales est donc forcément asymétrique. J’ajouterai qu’en plus, un vote sanction aux municipales coûte « moins cher » qu’aux législatives : le citoyen accepte beaucoup plus facilement un maire de l’autre bord qu’une assemblée nationale dominée par le parti ennemi.
Sarkozy a donc déjà perdu, ce qui explique son pas de deux sur la politisation des élections.
Tout est perdu, fors l’honneur ?
La droite va donc perdre. Ce n’est pas moi qui le dit : ce sont les journaux, les fameux les sondages, et surtout le terrain – les ci-devant « remontées ».
Que l’électorat bourgeois et conservateur soit offusqué qu’un président se comporte comme un adolescent prépubère en épousant sa copine* cinq mois après l’avoir rencontrée, c’est un fait. Mais après la famille recomposée, voici venir la famille (politique) décomposée : le gouvernement actuel, en instaurant la franchise médicale, a mécontenté des milliers de retraités à petite pension. Ces derniers, généralement plutôt à droite, feront défaut en mars prochain. Il y aura également les notaires, les avocats, et les taxis qui feront campagne « contre« . La cote de Sarko se dégonfle un peu comme les prix de l’immobilier : la spéculation est passée, vive les subprimes !
Attention, ne nous y trompons pas : la Gauche ne progressera guère. Par contre, en face, la Droite verra une partie de ses troupes faire défaut. D’autant que le Modem, totalement rongé par les guerres pichrocolines, se déchire : il n’y a pas d’alternative.
Du reste, pour gagner, les champs de bataille sont peu nombreux. La reconquête de Paris est perdue d’avance avec une candidate UMP sympathique mais inexistante. A Lyon, Collomb sera triomphalement réélu. A Toulouse, les couteaux sont tirés chez les orphelins de Baudis. A Bordeaux, Juppé allume des cierges. Quant à Marseille, Gaudin risque fort de s’effondrer si la petite droite modeste boude les urnes.
Le Guaino-bashing
Pendant ce temps là, « à Paris », c’est une autre cabale que l’intelligentsia tente de mener. Appelons-le le « Guaino-bashing« . Il y a ceux qui lui reprochent directement ses idées, prêtant à l’ombrageux conseiller les pouvoirs d’un gourou : l’interventionnisme d’Etat, c’est lui; la politique budgétaire laxiste , c’est re-lui; on le voit même « néo-con à la française« , ce qui est quand même assez tiré par les cheveux.
Et puis, il y a les précieuses ridicules, qui se contentent juste de lui savonner la planche. Le Monde, instance suprême de la bien-penséance française, fait jouer les violons. Le 30 janvier, pas moins de trois articles pas du tout orientés : il est « la bête noire des élus« , il « aiguise les dissensions à l’Elysée« , il « exaspère Bruxelles« . Beau travail de propagande.
On nous prépare un bouc-émissaire bien propre, « à la Kirviel », beaucoup plus convenable pour l’élite que Fillon ou Dati. Une OPA sur la défaite.
L’idée, c’est de profiter de la gifle des municipales pour « remettre » le pouvoir « dans les rails » de la normalisation, « recadrer Sarkozy », le purifier de ses relents étatistes. Et tant pis si le peuple ne voulait pas forcément cela. Vous verrez : le lendemain de la défaite, on villipendera les conseillers qui ont « isolé » l’Elysée du terrain. Les élus prendront leurs fourches.
A mon sens, Sarkozy ferait une erreur de les écouter car la présence d’un fou du Roi lui apporte un peu d’air frais face à une élite qui tente de réimposer la pensée unique. Guaino n’a pas forcément raison – loin de là – mais au moins, il a une vision alternative de ce qui doit être fait.
Le Sarkozisme est-il en crise ? Non, mais l’état de grâce est terminé.
* Allez voir chez Rose Noire cette excellente image
Tags: élection asymétrique, état de grâce, Elections municipales, Fillon, guaino-bashing, Henri Guaino, Lyon, Marseille, Nicolas-Sarkozy, ParisSujets: Paso Doble | 3 Comments »





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février 7th, 2008 at 14:45
[...] Les vieux aussi n’ont pas été oubliés : 200 euros d’acompte au nom de la revalorisation pour les 634 000 bénéficiaires du minimum vieillesse. A point nommé, juste avant mars. Sarkozy a saisi l’occasion de la conférence sur la protection sociale pour confirmer sa promesse d’augmenter le minimum vieillesse de 25 % d’ici à 2012 et de porter de 56 % à 60 % le montant des pensions de réversion. 2,5 milliards d’euros…Elle est pas fraîche, ma rupture ? [...]
mars 10th, 2008 at 5:01
[...] résultats du premier tour sont tombés. Comme il fallait s’y attendre, le parti au pouvoir explique que les Français se sont exprimés sur des problématiques locales, [...]
mars 17th, 2008 at 5:02
[...] Patrick Devidjian, Copé et quelques conseillers de l’Elysée. J’avais parlé de Guaino sur ce blog (écarté des négociations sur le projet d’Union Euroméditerranéenne), mais [...]