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    Banderille n°199 : Confidences pour confidences, moi j’aime sans sentiment…

    Par Toréador | février 16, 2008


    Aimez-moi, à genoux/ J’en suis fou

    Telle la chanson de Jean-Jacques Schulteis, Nicolas Sarkozy a fait de la vénération de son nombril un thème de campagne, puis de gouvernement. Il est la Légitimité, il est la Vie. Jamais l’un de nos égocentriques présidents – de Gaulle inclus – n’avait osé mettre en avant sa vie privée et son style de manière si ostentatoire, saint sacrement laissé à l’adoration pieuse de ses fidèles. 

    Admirez ses mollets ! Reluquez ses costumes Paul Smith ! Matez sa gonzesse ! Thisiz ze French Dream… 

    Depuis un an, tout ce qui existe par Sol Invictus (la devise de Louis XIV) a le droit de briller, certes moins fort que l’Astre (l’Être ?) suprêêême, mais néanmoins plus intensément que les autres sources de légitimité. Il n’est pas étonnant que Guaino ou Gueant, lunes solaires, éblouissent Fillon ou le Parlement, simples planètes en bout de système sarkozyste. 

    Si vous voulez des caresses/Restez pas, pas chez moi

     Les récents évènements ont cependant révélé une désagréable face cachée de Nicolas le Grand. J’ai repensé à ce qu’on rapporte de Cécilia dans je-ne-sais-lequel de ses ouvrages : Sarkozy n’aime personne, sauf lui. 

    Souvenons-nous : cela avait commencé par Jolly, l’un de ses fidèles, écarté de l’Elysée et recasé à TF1. Jollie manière de récompenser ceux qui vous ont servi, simplement parce que votre femme ne les souffre guère.

    Ensuite, il y a eu le drame Cécilia, soit-disant la femme de sa vie, qu’il oublie en moins de deux mois. On pourrait penser que Carla a éclipsé Cécilia, et pourtant certaines rumeurs du Nouvel Obs laissent imaginer le contraire.

    Et enfin, il y a le cas Martinon.

    Je n’ai jamais trouvé David Martinon sympathique. C’est quasiment physique : il respire l’énarque plein de certitudes. Mais la manière dont son patron l’a humilié, en en faisant un paillasson de luxe est révoltante. Le fils Sarkozy parle et agit comme son père, la perruque blonde en plus et les dents qui rayent le plancher plus visibles. Trahi par le fils de son propre patron, quel enfer ! Autant s’appeler Kerviel, au moins à faire la une des journaux, on passe pour un rusé.

     Je me fous, fous de vous/ Vous m’aimez, mais pas moi 

     Je garde comme conclusion de ce déplorable vaudeville qu’est devenue la présidence de Nicolas le Petit, que, telle la Cour de Louis XIV, les positions à la Cour sont au bon vouloir du Roi et qu’une lettre de cachet peut suffire à faire chuter les plus grands. Certains Fouquet en herbe devraient revisiter Vaux-le-Vicomte, par précaution, et localiser Pignerol sur une carte. 

    Et puis un dernier doute m’habite : de Gaulle aimait l’idée qu’il se faisait de la France; Mitterrand aimait le peuple de France; Chirac aimait le terroir français.

    Et Sarkozy ? Qu’aime-t-il réellement ? la France, ou tout simplement l’idée qu’il se fait de lui, à la tête de la France ? 

    Dites-vous que sans moi

    Vous n’êtes rien du tout

    Tout pour rien, rien pour vous

    Vous m’aimez, mais je joue

    J’oublie tout

    Confidences pour confidences

    C’est toujours moi

    Que j’aime à travers vous

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 1 Comment »

    Une réponse “Banderille n°199 : Confidences pour confidences, moi j’aime sans sentiment…”

    1. Paso Doble n°59 : Loosing partners | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” Says:
      mars 17th, 2008 at 5:03

      [...] Qui va payer ? Vraisemblablement Patrick Devidjian, Copé et quelques conseillers de l’Elysée. J’avais parlé de Guaino sur ce blog (écarté des négociations sur le projet d’Union Euroméditerranéenne), mais les magnifiques incartades de Mignon (la Scientologie + le parrainage des classes de CM2) font d’elle un bouc-émissaire de choix. Et évidemment, il y aura Martinon. [...]