« Banderille n°199 : Confidences pour confidences, moi j’aime sans sentiment… | Home | Olé n°103 : Travailler plus pour … »
Paso Doble n°50 : Shoah – Danse avec les Loups
Par Toréador | février 16, 2008
A las cinco de la tarde…
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là

C’est Simone Veil qui a donné le signal de la curée. En étant lâché par la figure morale de la Droite, représentante emblématique de la tragédie juive, Nicolas Sarkozy se retrouve seul avec une initiative controversée, celui de faire de chaque élève de la fin du primaire le dépositaire de la mémoire d’un jeune juif déporté.
Je suis passé sur plusieurs blogs : la tonalité est la même, très négative. Curieusement, j’ai exactement l’opinion inverse.
La mémoire, nous l’héritons de nos parents et nous la léguons à nos enfants
Tout d’abord, je ne suis pas convaincu par l’argument du « traumatisme » que ceci pourrait causer aux chères têtes blondes. Celles-ci découvrent la sexualité à 8 ans, la pornographie à 11, les tournantes à 12. Nos enfants allument leur télévision et voient quotidiennement la grossièreté des adultes, le drame de l’Afrique, et la férocité de notre monde capitaliste. Ils rentrent le soir à la maison et découvrent le divorce et la famille recomposée. Voilà au moins une violence mentale qui servira un objectif heureux : celui de la mémoire.
Ensuite, je ne suis pas d’accord avec Autheuil lorsqu’il explique en substance qu’à ce titre, on pourrait célébrer toutes sortes de destins brisés et de tragédies individuelles : homosexuels, résistants, roms, esclaves, etc… Je ne suis pas d’accord parce que l’Holocauste n’est pas une tragédie comme les autres. C’est le crime le plus abominable, le plus monstrueux, le plus terrifiant que l’Humanité ait jamais perpétré. Rien ne se compare aux six millions de victimes torturées, massacrées, déportées, humiliées, déshumanisées par la folie nazie. Même les Croisades et l’Inquisition, l’esclavage ou la guerre de 14-18 ne soutient pas la comparaison.
Il faut relire « Au nom de tous les miens » ou « Si c’est un homme » pour sentir aux tréfonds de sa chair toute l’horreur de la chose. La polémique violente née d’un billet d’Embruns la semaine dernière, où ce dernier parlait maladroitement de la Shoah comme « la plus grande oeuvre de l’Humanité » montre bien que les mots s’émoussent avec le temps.
Mémoire et politique
Enfin, il y a l’argument politique. Chafouin exprime sa lassitude : trop de Shoah tue la Shoah. Les partisans de l’apaisement vous expliquent que finalement, à trop parler de la Shoah, on risque de réveiller l’antisémitisme.
C’est en partie vraie, mais en en parlant, nous garderons plus activement les antivirus nécessaires pour le combattre. Regardez ces évêques mitrés qui n’osent plus affirmer la force de leur Eglise et sous-évaluaient les chiffres de la fréquentation des JMJ, de peur d’être « triomphalistes » lorsque Jean-Paul II venait en France : leurs églises se vident et leur pouvoir s’effrite. Regardez ces intellectuels qui n’osent plus s’engager dans des causes, de peur de ne plus être suivis : ils sont une race en voie d’extinction. L’inhibition use le pouvoir.
Aussi permettez-moi d’être solitaire dans mon argumentation : non, Radical Chic se trompe lorsqu’il croit voir dans cette annonce au CRIF le cynisme d’un président. Il faut un peu arrêter avec les procès d’intention et les adjectifs du type « répugnants ». Je ne pense pas qu’il y ait chez Sarkozy de ce point de vue là une volonté d’utiliser politiquement la Shoah.
Et je ne suis pas d’accord pour dire que la mémoire doit s’exercer « avec raison » et non pas sous le règne de l’émotion. Encore une phrase qui ne veut rien dire : la Raison a tôt fait de réécrire l’Histoire, pour rationaliser ce qui ne l’est pas. Regardez la Terreur, qu’on occulte joyeusement lorsqu’on célèbre la Révolution Française, véritable boucherie humaine et drame économique et moral pour ce pays. L’émotion du bon : elle touche, elle mobilise, elle réveille.
In fine, je crains hélas que ceux qui ne récusent l’idée de Sarkozy n’aient pas des idées bien plus (bassement) politiques que son initiateur…
Tags: juifs, mémoire, Nicolas-Sarkozy, Shoah, Simone VeilSujets: Paso Doble | 22 Comments »





Abonnez-vous à ce blog




février 16th, 2008 at 20:37
Je suis bien d’accord avec toi pour dire que l’histoire s’écrit et se lit avec de l’émotion comme avec de la raison, c’est aussi ce que pensent les historiens depuis déjà bien longtemps.
Par contre, le rôle de l’école primaire n’est pas de charger les enfants d’émotion -ils n’en manquent pas eux-même- mais plutôt de leur enseigner les rudiments d’une pensée et d’une attitude raisonnée.
Quand bien même on accorderait pas ce point, je crois qu’il n’est pas de la responsabilité du président de la république de charger unilatéralement les enfants en de telles émotions. Ce rôle revient soit à des individus -mais alors ce sont les parents- soit à des institutions -mais les pratiques scolaires sont des équilibres trop précieux pour être bouleversés aussi radicalement et aussi soudainement-.
février 16th, 2008 at 22:25
Bonsoir,
Mon avis n’est pas tranché sur cette nouvelle mesure omniprésidentielle, mais NS n’étant pas ministre de l’éducation, la mesure faisant grand débat, je laisse à la communauté éducative le soin de trancher.
Ce que je retiens, c’est le changement radicale de Sarkozy. Ne disait-il pas, tout au long de sa campagne, son combat contre la repentance ? » De quel droit demandez vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ? « .
Mon plus grand regret, c’est que la Shoah n’a RIEN à faire dans une politique politicienne de bas étage émotionnel… N’y a t il pas plus urgent – et sérieux – que cette pseudo-traumatisassion des enfants de CM2.
février 16th, 2008 at 22:58
@ Heloim : je pense que ce n’est pas à la communauté éducative de discuter des orientations de l’Educ Nat. J’avais déjà développé cet argument au moment de la lettre de Guy Mocquet. Que les profs obéissent.
@ Cratyle. C’est justement avant l’adolescence que les enfants sont les plus stables et les plus « ouverts ». Il faut les marquer jeunes, qu’il s’agisse de drogue, du tabac ou du sida.
février 17th, 2008 at 2:15
J’ai moi aussi été un peu étonné par cette avalanche de réaction négatives : je crois qu’il y a beaucoup de gens primaires qui réagissent en fonction de sarkozy, et non en fonction de ce qu’il propose.
Je crois que ce n’est même pas un problème d’école ou de pas école, cratyle. A vrai dire, l’école enseigne déjà la shoah au lycée! j’insiste sur l’âge : 10 ans c’est bien trop tôt pour ce genre de choses.
Toréador, tu peux ricaner au sujet du sexe ou de la pornographie : ce n’est pas parce qu’on fait erreur dans ces domaines là qu’il faut continuer dans ce chemin. Ce que tu as répondu en commenaite à cratyle me fait froid dans le dos. Tu sais, ça me fait penser à l’urss…
EN revanche, tout ce que tu dis sur la mémoire est très intéressant. Le slivres que tu cites sont très émouvants et font prendre conscience de l’horreur de ce Crime. Mais ce n’est pas le nombre qui fait sa particularité. J’ai lu des ouvrages très durs sur le génocide rwandais, et je suis persuadé que la seule différence entre ces deux crimes de masse est la méthode, industrielle pour l’un, artisanale pour l’autre.
février 17th, 2008 at 2:21
Non Chaf, il y a une différence : la préméditation, la planification, la systématisation. Et une seconde : dans un cas l’Afrique, continent qui découvre la démocratie. De l’autre, la patrie de Goethe…
février 17th, 2008 at 3:50
Je me suis rangé à l’avis de Simone Veil.
Il est inconsistant sur le fond et en fait trop sur la forme notre zappeur évènementiel, émotionnel.
février 17th, 2008 at 8:34
Bonjour,
Je n’aime pas la phrase « Il faut les marquer jeunes, qu’il s’agisse de drogue, du tabac ou du sida. »
février 17th, 2008 at 10:45
Qu’est ce que vous n’aimez pas Lou Ravi ?
Les jeunes sont de véritables éponges à cet âge, pour le meilleur et pour le pire. Sensibilisez-les sur le tabagisme, la toxicomanie ou les risques sexuels, et vous aurez plus d’attention que si vous parlez à un troupeau d’ados rougissant.
février 17th, 2008 at 13:18
Toré, cette phrase me fait aussi très peur.
Au Rwanda aussi tout cela a été prémédité et planifié! Il manque juste la systématisation.
A mon avis l’Etat sort un peu de son rôle, là.
février 17th, 2008 at 14:34
Vous êtes effrayé par ce que l’Etat fait déjà ? Vous n’avez jamais entendu parler des infirmières qui sillonnent les écoles primaires ? des campagnes d’information ? enfin, arrêtez de vous faire dessus avec quelques mots !
Au Rwanda, non, ce n’était pas planifié ni prémédité. Cela a dérapé.
février 17th, 2008 at 19:40
Je pense que vous confondez Collège ou Lycée et Ecole primaire. A ma connaissance, les infirmières et médecins qui sillonnent (sic) les écoles primaires ont à peine le temps de pratiquer les 2 contrôles biométriques obligatoires.
A l’école primaire, on a affaire à des enfants, pas à de jeunes adultes, et l’enfance de beaucoup est suffisamment volée pour ne pas en rajouter dans un milieu qui, pour certains, est synonyme de stabilité voire de sécurité.
Si c’était aussi simple que vous le dites (« les éponges ») les enseignants n’auraient pas autant de mal avec la lecture ou la grammaire…
Le terme « marquer un enfant » doit faire bondir tout éducateur, non ?
Zut, je me suis encore fait dessus.
février 17th, 2008 at 23:35
Cher Lou Ravi, vous vous trompez : je connais des classes de CM1-CM2 où ces initiations sont bien pratiquées !
février 17th, 2008 at 23:47
Tiens, je m’aperçois que je partage plutôt ton appréciation. Idée criticable, soit, mais il faut savoir raison garder.
février 18th, 2008 at 0:40
Décidément, Koz, je vais finir par demander ton intégration à Kiwis
février 18th, 2008 at 0:49
Idée criticable tout de même.
Toréador, les massacres du rwanda ont été préparés par une longue propagande anti-tutsi sur les radios. Un peu comme l’antisémitisme latent des caricatures et compagnie. ALors certes, il n’y a pas eu de distribution de machettes pendant des mois avant la tuerie. Mais c’est tout comme. Dès que l’avion du président s’est écrasé, les Hutus, encadrés par des hommes de main du gouvernement, ont tout de suite saisi leurs machettes pour aller trancher du Tutsi.
février 18th, 2008 at 1:21
Primo, le massacre a touché également des Hutus modérés.
Secundo, il n’y a guère de différence standard entre un Hutu et un Tutsi (il s’agit surtout d’une différenciation basée sur le mode de vie pastoral/sédentaire et le siècle d’implantation, maintenue artificiellement par les belges).
Tertio, le conflit du Rwanda s’inscrit dans une vision plus longue : évènements du Burundi, massacres des Hutus par les Tutsis dans les années 50, etc…
février 18th, 2008 at 7:31
Bonjour,
Au temps pour moi donc, il semble que ces initiations ne soient pas parvenues jusqu’à nos provinces reculées.
février 18th, 2008 at 12:52
Et pourtant, j’ai connu ça dans une petite école de province !
février 19th, 2008 at 13:37
Bonjour Toreador,
Je ne réagis que sur votre dernier paragraphe :
« je ne suis pas d’accord pour dire que la mémoire doit s’exercer “avec raison” et non pas sous le règne de l’émotion. »
L’ennuyeux, c’est que seule la Raison permet de construire et d’articuler un savoir aussi objectif que possible. Je ne vois pas comment élaborer une connaissance qui ait quelque prétention scientifique en s’en remettant à l’émotion.
Deuxièmement, l’émotion est le moyen de manipulation le plus efficace : la peur (du chômage, de l’étranger, de la délinquance, de la paupérisation, de la maladie…), l’amour (pour la patrie, pour des valeurs, pour un leader…), la haine (de l’adversaire politique, de l’immigré, du riche, du pauvre…) sont des ressorts utilisés en permanence par les politiques.
« Regardez la Terreur, qu’on occulte joyeusement lorsqu’on célèbre la Révolution Française, véritable boucherie humaine et drame économique et moral pour ce pays. »
Les motifs de cette occultation — réelle — de la Terreur m’apparaissent différentes. J’ai plutôt le sentiment que c’est un exemple que les dirigeants actuels cherchent à soustraire à la réflexion citoyenne, des fois que ça leur donne des idées. Robespierre partait d’un postulat assez simple : la République exige qu’on serve l’intérêt général, sans considération pour les intérêts privés : particuliers, lobbies, corruption, etc. Il faut croire que c’est cette conception qu’on taxera de rigorisme, idéalisme, puritaine — j’en passe et des meilleurs — qui n’enthousiasme pas nos dirigeants actuels.
« L’émotion a du bon : elle touche, elle mobilise, elle réveille ».
Oui, et elle ambrigade, elle aveugle, elle interdit l’argumentation et suscite des réactions épidermiques et violentes.
« non, Radical Chic se trompe lorsqu’il croit voir dans cette annonce au CRIF le cynisme d’un président. Il faut un peu arrêter avec les procès d’intention et les adjectifs du type “répugnants”. Je ne pense pas qu’il y ait chez Sarkozy de ce point de vue là une volonté d’utiliser politiquement la Shoah. »
Il faut aussi arrêter avec la naïveté ! Vous croyez sincèrement, Toreador, que le fait que cette annonce soit faite lors du dîner du CRIF est un pur effet du hasard ??? Nicolas Sarkozy veut s’attacher le vote juif, comme il a cherché à s’attacher le vote musulman (organisation du culte musulman, projet d’aménagements de la loi de 1905) et le vote chrétien (les racines chrétiennes de la France, la visite au pape…), le vote d’extrême-droite (chasse aux immigrés, vidéo-surveillance, délire sécuritaire…), le vote de gauche (l’ouverture, Jaurès, Môquet…), etc.
Nicolas Sarkozy voit la France comme une mosaïque de communautés hermétiques, voire antagonistes, son modèle d’organisation est le communautarisme américain (pas parce que c’est un modèle performant, mais parce que c’est le modèle américain), aussi s’agit-il pour lui de séduire toutes ces composantes une à une, quitte à dire n’importe quoi. Il s’est juste dit que son idée sur la Shoah (pondue tout seul, sans consulter personne) ferait plaisir aux Juifs, c’est tout.
Et cela me fait franhcement froid dans le dos (comme dirait l’autre) lorsque vous répondez à Heloïm :
« je pense que ce n’est pas à la communauté éducative de discuter des orientations de l’Educ Nat. […] Que les profs obéissent. »
Vous voulez dire, comme en URSS ?
C’est à l’Etat de définir la vérité historique et les contenus de culture ?
De quel pouvoir divin Nicolas Sarkozy est-il, selon vous, récipiendaire, pour décider personnellement de choses ?
Est-ce un président que nous avons élu ou un dieu omnipotent et omniscient ?
février 19th, 2008 at 14:26
Cher Antoine,
Tout d’abord, merci de cet excellent commentaire, rentre-dedans et plein de pertinence.
Sur la Terreur, vous avez en partie raison. Mais son occultation est également le produit d’une réécriture de l’Histoire par les républicains. L’Ancien Régime, c’était mal. La République c’est forcément tout blanc. On vous parlera longuement des atrocités des Croisades, mais on passera sous silence les charniers révolutionnaires. Un livre noir de la Terreur est sorti récemment à ce sujet.
Sur l’émotion, effectivement, elle a ses mauvais cotés. Comme la raison. Mais privilégier l’une sur l’autre me semble abscons.
Effectivement Sarkozy, vous avez raison, se comporte en président d’un melting pot. En même temps, il apparaît logique que ce soit au dîner du CRIF qu’il annonce une telle mesure, et pas au Vatican. Quoique cette inversion aurait pu sembler pour le moins intéressante à tous égards. C’est un geste politique, mais politique n’est pas forcément cynique, ou machiavélique.
Sur le dernier point, nous sommes en total désaccord. Vous noircissez le tableau. Un prof n’est pas un Dieu qui décide en toute indépendance : pourquoi faites-vous confiance à un type nommé sur lequel vous n’avez aucune prise, plutot que sur un type élu ? L’éducation EST politique : la laisser à des fonctionnaires livrés à eux-mêmes c’est au mieux d’un angélisme inquiétant, au pire d’un machiavélisme calculateur.
J’ai déjà exposé ma thèse ici :
http://www.toreador.fr/2007/10/19/banderille-n%C2%B0167-hussards-contre-grognards/
février 19th, 2008 at 16:18
Toreador,
Merci pour votre réponse argumentée. Je crois que nous n’avons pas de désaccord fondamental sur ce billet-ci. Vous avez évidemment raison sur la révision de l’histoire par l’idéologie républicaine qui entend gommer ses crimes de jeunesse. Je voulais simplement souligner une autre raison de cette volonté d’oubli et de dénigrement de la terreur de la part de nos dirigeants actuels. Les deux ne s’excluent pas.
Quant à l’émotion, elle ne me semble pas constructive. Qu’elle puisse être, parfois, un outil efficace pour emporter l’adhésion, c’est certain, mais c’est un outil à manier avec une extrême précaution, tant il peut être instrumentalisé dans n’importe quel but. La rationalité (réelle, pas sa caricature scientiste) me semble offrir moins de risque de dérapage.
L’annonce sur la Shoah aurait dû se faire depuis l’Elysée, voire par la bouche de Martinon ou même (pourquoi pas, après tout !) par celle du Ministre de l’Education Nationale, dont ce devrait être le rôle.
Mais notre vrai désaccord réside effectivement dans votre vision de l’enseignement. J’ai lu le lien que vous m’indiquez et, pour être honnête, j’ai trouvé votre billet assez ahurissant.
Tout d’abord, vous réclamer explicitement du Fürherprinzip, c’est plutôt audacieux !
Que vouliez-vous dire par là ? Que vous vous reconnaissez dans la conception de l’autorité théorisée par Hitler dans « Mein Kampf » ?!! Cela me paraît pour le moins contradictoire avec la volonté de perpétuer la mémoire de l’extermination des Juifs d’Europe et la commémoration de la Résistance à travers la lettre de Guy Môquet ! Du coup, cela devient particulièrement savoureux lorsque vous écrivez que « Lire du Guy Mocquet, ce n’est pas lire Mein Kampf ». Est-ce à dire que vous le regrettez et qu’à l’avenir vous attendez plus d’audace de la part de notre mini-Führer ?
Drôle de melting pot que vous nous faites là : un peu de Résistance, un fond de République, une pincée de « Mein Kampf » pour relever le tout… Plutôt indigeste, non ?
« Que notre corps enseignant n’oublie pas trop qu’il sert la République, et que son président s’appelle Nicolas Sarkozy ». Après le passage sur le Fürherprinzip, cette phrase est assez inquiétante ! Le peuple sert le Reich et son Fürher s’appelle Nicolas Sarkozy. OK, je caricature et je frôle le point de Godwin, mais avouez que vous le cherchez.
En démocratie, le contenu de l’enseignement n’a pas à être décidé par le politique et encore moins par la personne du Président de la République ! Les programmes sont établis par des commissions composées de spécialistes de chaque discipline et de pédagogues. La fonction de ces commissions de programme est simplement d’assurer une cohérence dans l’ensemble du cursus scolaire, ce qui ne pourrait être le cas si une liberté totale était laissée à chaque enseignant. Mais ce n’est pas là une volonté de contrôle politique du contenu. Je ne suis pas naïf et j’ai parfaitement conscience que ces commissions ne sont pas totalement indépendantes politiquement, mais néanmoins, ce sont elles qui déterminent les contenus de l’enseignement et pas le politique. Il n’y a que les régimes totalitaires qui décident d’une vérité officielle et de ce qui doit être enseigné, c’est pourquoi je citais l’URSS, mais vous penchez visiblement plutôt pour le IIIe Reich.
On ne peut pas, simultanément, demander des professeurs compétents, investis, brillants, inventifs, pédagogues, etc., et exiger dans le même temps qu’ils ne soient que les répétiteurs insipides d’un discours officiel.
La perte d’autorité des professeurs provient essentiellement de facteurs extérieurs à eux-mêmes. La société, dans son ensemble, accorde toujours plus de valeur au paraître et toujours moins au savoir. Les intellectuels et les professeurs apparaissent comme les représentants ringards d’un monde disparu. Et comme dans cette société, l’importance accordée à un individu se mesure en monnaie sonnante et trébuchante, les émoluments ridicules des enseignants montrent assez dans quel mépris les tient l’Etat lui-même.
février 19th, 2008 at 21:42
C’est bien joli de vouloir parler de la Shoah à des élèves de CM2,mais alors,il faut aussi se souvenir qu’actuellement des millions d’enfants meurent de faim ou sont enrôlés de force comme soldats et qu’une partie non négligeable des biens de consommation dont nous profitons sont produits par des mineurs dans des conditions Moyennageuses.
L’Holaucauste est certes l’évènement le plus tragique et le plus traumatisant de notre histoire mais,pour respecter la mémoire des victimes,il me parait plus judicieux d’oeuvrer au présent pour la paix que de ressasser sans arrêt toutes les ignominies qu’Hitler,Mao,Staline,Napoléon et l’église Catholique ont pu commettre.
En parlant au passé,Sarkozy veut surtout occulter son absence totale d’engagement pour la défense des Droits de l’Homme et ses amitiés douteuses avec divers dictateurs.
Ps:merci pour le concours »les 7 merveilles du Web » qui m’a permis de découvrir plusieurs blogs de qualité