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    Paso Doble n°52 : Analyse économique du marché religieux

    Par Toréador | février 21, 2008

    A las cinco de la tarde…

    Guelfes et Gibelins

    Scientologie sans conscience n’est que La polémique quelque peu ridicule qui a éclaté sur les propos de la directrice de cabinet du président de la République dissimule mal le fossé grandissant entre les Guelfes, ceux qui sont favorables au rôle de la religion en société (dont font notamment parti les grenouilles de bénitier comme Emmanuelle Mignon) et les Gibelins, qui se méfient de tout opium du peuple et sont en réalité franchement anti-cléricaux.

    Or, derrière le problème des sectes, il y a en réalité deux questions, même si le débat public maintient l’ambiguïté en cachant la seconde derrière la première. Les sectes renvoient tout d’abord à une problématique d’ordre public (la protection de personnes faibles contre des gourous de toutes sortes) mais pas seulement. Car l’autre question, que personne ne se risque à traiter, est : faut-il laisser apparaître de nouvelles religions ?

    Comme le dit le bon mot, « une religion est une secte qui a prospéré ». On notera que de tout temps, les religions en place (et les pouvoirs qui leur étaient alliés) ont cherché à écraser les sectes diverses et hérésies qui menaçaient leur hégémonie. Le Judaïsme tenta d’étouffer l’hérésie chrétienne. Les Chrétiens brulèrent les cathares. Les catholiques combattirent les protestants. Les sunnites menèrent une guerre sans merci aux chiites et aux kharijdites. Et je ne parle même pas du culte d’Aton.

    Concurrence pure et parfaite & Cartel

    Essayons donc de considérer la religion comme un marché comme un autre. On y produit de l’espérance, c’est à dire un peu d’opium pour tenir au jour le jour. La religion est également une industrie protectrice de normes.

    L’attitude actuelle française consiste à verrouiller le marché pour éviter de nouveaux entrants. Cela s’appelle un Cartel. Voilà pourquoi l‘Eglise catholique ne veut pas d’une révision de la loi de 1905 qui favoriserait surtout l’islam, PME aujourd’hui et demain peut-être grande entreprise du marché religieux français si on la laisse trouver des capitaux frais.

    En cela, elle rejoint, dans une alliance contre-nature, ceux qui voudraient faire baisser la consommation de produits religieux, considérés comme nocive pour la santé de la société. Ceci passe par un numerus clausus du nombre d’acteurs (la lutte contre les sectes). En effet, c’est connu en économie : un accroissement de l’offre entraîne un accroissement de la demande et donc un élargissement du public consommateur. Ce dont les anti-cléricaux ne veulent surtout pas.

    Notons quaux Etats-Unis, c’est l’inverse : la concurrence pure et parfaite règne. En URSS, la prohibition du produit de consommation religieux a quant à elle conduit à des trafics, puis à un contournement des règles, jusqu’à leur suppression.

    Analogies

    Ce qui est étrange, c’est que cette mise sous tutelle drastique du marché religieux contraste avec d’autres marchés totalement dérèglementés. Prenons ,au hasard, le marché bancaire et financier. La succession des crises (Crédit Lyonnais, Barings, Bank of Illinois, Société générale) montre bien que les acteurs ne sont pas suffisamment contrôlés avec des répercussions bien réelles en termes de trouble à l’ordre public (ruine possible des épargnants, et effet domino) et sur la santé de la société toute-entière (une crise financière crée du désespoir).

    Or, pourtant, personne ne semble véritablement pester contre cette absence totale de check-points. Pas de « mission de vigilance contre les dérives bancaires », par exemple, qui serait chargée d’éradiquer les comportements dangereux sur les produits dérivés.

    Le risque d’abus de produits religieux est-il véritablement plus dangereux que le risque d’abus de produits financiers ? Le premier est plus difficile à quantifier, mais ce qui est certain, c’est que le second est plus immédiat et plus concret. Curieux pays où l’on réglemente très fortement les risques théoriques et où on laisse la bride abattue sur les marchés qui dysfonctionnent concrètement.

    Vous avez dit cartésien ?


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    Sujets: Paso Doble | 8 Comments »

    8 réponses “Paso Doble n°52 : Analyse économique du marché religieux”

    1. Thibault Says:
      février 22nd, 2008 at 0:20

      Bonjour,
      l’analogie entre marché et relgions est sympa !

      Sérieusement, il n’y a pas que des pro-religions et des anti-religions.
      Tu émets une confusion entre laîcité (neutralité de l’état vis-à-vis des religions), laïcardisme (refus de toute influence religieuse dans le politique) et anticléricalisme (opposition aux religions).

      La laïcité a pour objectif de défendre la liberté de conscience et l’esprit critique contre les dogmes et les notions de vérités révélées.

      En ce cas, les sectes, les abus de faiblesses de consciences, sont bannies.

    2. Toréador Says:
      février 22nd, 2008 at 1:02

      Cher Thibault, je fais exprès de dualiser car en réalité, le débat est occupé par des gens avec des faux-nez. Je pense que ta distinction entre laicardisme et anticlericalisme est assez ténue.

    3. Blanc Cassis Says:
      février 22nd, 2008 at 5:38

      Encore une fois Tom Nicolas nous a piégé !
      Il s’agit d’un plan de comm qui a débuté quand il était Ministre des Finances :
      1) Réception de Tom Cruise
      2) Latran, Ryad etc..
      3) Mignon et la Scientologie
      Avec pour objectif de préparer :
      Un voyage d’études + vacances cet été en Californie
      a) rencontre avec Schwarzie (thème : l’écologie)
      b) une journée à Disneyland
      c) 15 jours dans une villa à Malibu avec Carla, chaperonnés par Tom Cruise
      d) Concert de charité avec Barbara Streisand
      e) rencontre avec les deux finalistes des Primaires

    4. Blanc Cassis Says:
      février 22nd, 2008 at 7:46

      Pendant la campagne c’était :
      Aide toi, Nicolas t’aidera.
      Après Latran et Ryad :
      Aide toi, le Ciel t’aidera
      Mais
      Quand Nicolas montre Dieu, le Peuple ne voit plus que Rolex et Ray-ban

    5. Toreador Says:
      février 22nd, 2008 at 9:47

      C’est parce que la lumière divine éblouit !

    6. le chafouin Says:
      février 22nd, 2008 at 10:57

      Salut toré…

      Jeme suis toujours méfié de ce genre d’analyse, qsui met de côté toute transcendance…

      Quant à l’Eglise et la loi de 1905, je crois surtout que les catholiques ont beaucoup à perdre économiquement puisque cette loi stipule que tous les bâtiments construits avant sont à la charge de l’Etat pour ce qui est des réparations…

    7. Thibault Says:
      février 23rd, 2008 at 16:40

      J’ai croisé des Scientologues aujourd’hui à Paris.

      Ils tenaient un discours édifiant sur les psychiatres qu’ils faisaient passer pour des bourreaux et abusant de la faiblesse de personnes en difficulté.

      Saisissant !

    8. Toréador Says:
      février 24th, 2008 at 2:32

      @ Chafouin. Une révision de la loi de 1905 vaudrait pour l’avenir, en permettant aux fidèles de cotiser.

      @ Thibault. Mon opinion sur les psys…

    Commentaires