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Banderille n°201 : Femme & Fils de…
Par Toréador | février 22, 2008
Curieux paradoxe : une nano-polémique, comme seul le landernau germano-pratin arrive à en connaître, a éclaté à propos d’une journaliste de métier, unanimement reconnu dans sa profession, parce qu’elle a été nommée en deuxième position d’un média international censé porter la voix de la France. Motif ? Son mari est ministre des affaires étrangères.
La femme « de » devra donc se tenir à l’écart de toute activité touchant aux relations internationales, le temps que Kouchner restera au gouvernement. Ne pleure pas Cosette, tu pourras couvrir les municipales. Enfin, pas toutes les communes : pas celles dirigées par l’UMP (vu que ton mari est dans un gouvernement UMP), ni celles dirigées par le PS (vu que ton mari est quand même de gauche). Il te reste le Modem. C’est joli, Pau.
Pendant ce temps-là, tout le monde, à commencer par Autheil, a trouvé normal que Jean (le disciple que Nicolas aimait), le fils « de », grand blond prétentieux élevé dans la soie, qui parle et tue comme son père, soit bombardé à 22 ans conseiller général des Hauts-de-Seine.
Il y a les faux nez et il y a les vrais népotismes.
Tags: France 24, Jean Sarkozy, Kouchner, népotisme, Ockrent, polémiqueSujets: Banderille, Toréador critique la Droite, Toréador critique la Gauche | 11 Comments »





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février 22nd, 2008 at 14:06
votre analyse de l’affaire Okrent est à la fois très juste et très drole. et puis à Pau, c’est pas possible non plus, c’est la gauche qui est en passe de l’emporter
je suis un peu moins d’accord en ce qui concerne le nepotisme : c’est vrai que cette candidature de dernière minute, portant les couleurs de l’UMP, d’un jeune homme de 22 ans, qui n’avait jamais (avant de soutenir Martinon à mort) exercé de fonction politique, et ayant pour seul légitimité le nom que son père est… pathétique et parfaitement malvenue.
ceci dit, sa nomination sera soumise aux suffrages, les Neuilliens du Sud décideront si oui ou non ce tour de passe-passe est acceptable… une désignation ne fait pas une élection…
sans avoir trop creusé la question, mon sentiment est que l’élection de « Sarko-fils » sera soit serrée soit perdue. ce serait un signe que même a Neuilly on est attaché au principe de « la république irréprochable »…
février 22nd, 2008 at 15:21
Gasper a déjà dit tout ce que je voulais répondre.
Je rajouterais juste que si le fils Sarkozy est élu (on ne sait jamais), il faut lui laisser sa chance. Peut-être qu’il vaut quelque chose, et pourquoi être « fils de » vous interdirait certaines choses ?
février 22nd, 2008 at 15:54
@ Gasper
Grosso modo, ami Gasper, si vous êtes socialiste et que le PS vous propose comme conseiller le fils de Hollande, votre seule marge de manoeuvre c’est de voter à droite ?
@ Autheuil : et pourquoi cela permettrait-il tous les passe-droits ?
février 22nd, 2008 at 16:26
quel passe-droit ? Tout citoyen peut se présenter à une élection.
février 22nd, 2008 at 16:34
Une réaction que je laisse ici mais qui s’applique tout aussi bien à l’article d’Autheuil. Je crois qu’à trop prendre de recul, on oublie la simplicité de ce qu’il faut bien appeler l’affaire Ockrent.
Ockrent n’est pas nommé à la tête d’un média ordinaire, elle est nommé à la tête (N°2) d’un média public destiné à porter le point de vue de la France devant un public international. Il s’agit donc d’un organe de notre diplomatie, qui était jusqu’à ce jour rattaché au Quai d’Orsay. Si ce n’était un changement de dernière minute et de façade, elle travaillerait donc indirectement pour le compte de son compagnon. C’est déjà du népotisme.
Le népotisme n’est cependant pas tout. A son nouveau poste, Ockrent aura la haute main sur des journalistes sensés agir de manière indépendante -en tout cas dans le cadre de la mission qui leur est confiée-. Quelle sera l’indépendance d’un journaliste chargé de commenter les actes d’un ministre qui vit avec sa supérieure hiérarchique directe?
On entend répéter partout que Ockrent mériterait ce poste par son seul professionnalisme. Mais ce mettre dans une telle situation, est-ce vraiment là du professionnalisme? On dit qu’elle a toujours été exemplaire, mais entretenir une telle confusion, est-ce là exemplaire? On dit qu’elle ne doit rien à son compagnon, mais peut-on être assez naïf pour croire que ce poste, précisément ce poste, ne lui a pas été attribué pour cette raison?
février 22nd, 2008 at 16:49
il me resterait le choix de voter à gauche (hors PS) ou de voter blanc ou de ne pas voter du tout.
février 22nd, 2008 at 17:35
Christine Ockrent est une excellente journaliste qui réalise des émissions très fouillées
Les journaleux qui recopient les dépêches de l’AFP, Reuters ou autre sans sortir de leur hôtel en mission à l’étranger, et qui, de plus, ne parlent pas l’anglais sont légion et forcément font partie de la cohorte de ceux qui craignent pour « l’indépendance » du journalisme.
Le Fils de voulait faire du théâtre, le voilà acteur dans un vaudeville. IL est content, il pourra indiquer dans son press book, Vu à la télé !
février 22nd, 2008 at 19:53
Cratyle, il convient de se demander aussi pourquoi cet organe était rattaché au quai et en quoi il est la voix de la France ? Il ne faut pas confondre rattachement pour raisons budgétaires et mise sous influence éditoriale. Ce n’est pas le Quai qui donne ses instructions à TV5 ou France 24.
février 23rd, 2008 at 17:52
Ce cas est de toute manière à ratacher aux relations journalisme/pouvoir. C’était la situation de Béatrice Schoenberg, d’Anne Saint-Claire, et, dans une moindre mesure maintenant, de Marie Drucker. Tout repose sur la confiance et la crédibilité que l’on peut porter dans leur professionalisme, mais aussi sur les relations que ces personnes entretiennent dans leurs rédactions respectives.
Le cas de Jean Sarkozy est fort différent puisqu’il s’agit d’une simple manoeuvre politicienne. Il a pointé son nez, certainement sur ordre de papa. Il s’est planté, parce que les cadres du parti n’ont pas voulu de lui. Alors comment ne pas désavouer l’UMP et la présidence à la fois : on le place ailleurs. Pas très loin en l’occurence.
février 24th, 2008 at 16:40
N’empêche quela nomination d’ockrent fait mauvais genre, même si on fait bien de préciser que ce n’est pas forcément à elle de renoncer à sa carrière. Il n’y a qu’en France qu’on voit ça, Toré.
Jean Sarkozy, ça me choque moins : il se présente devant les électeurs. Il ne fait pas qu’hériter d’un cadeau de papa, même si sa tête et son attitude son insupportables…
février 24th, 2008 at 21:28
C’est bien cette asymétrie que je trouve incroyable