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    Paso Doble n°53 : La possibilité d’une île

    Par Toréador | février 25, 2008

    A las cinco de la tarde…

    Démocratie castrée

    J’aime les coïncidences. Hier, nous avons assisté à un remake de Jurassik Park.

    A Cuba, le Dictateur Fidel Castro a cédé la place à son frère Raul, une initiative à la fois sage et surtout intelligente politiquement : trop longtemps, la dictature cubaine s’est confondue avec la présence de Fidel au pouvoir. Or, les successions dictatoriales se gèrent mieux lorsqu’elles sont organisées du vivant du grand chef (cf. Franco) qu’après sa mort (cf. Mao).

    Sur une autre île, plus proche de nous, à Chypre, c’est un communiste, Dimitris Christofias, qui a été confortablement élu à la Présidence de la République. Il y a encore des pays qui votent à plus de la moitié du corps électoral pour des partis staliniens. Et ce, volontairement.

    Le choc des symboles est assez fort. D’un coté, une île qui voudrait se débarrasser de son encombrant symbole national et de l’idéologie qui la met sous coupe réglée depuis cinquante ans. La succession Fidel-Raul, anti-démocratique quoiqu’on en dise, nie les désirs du peuple*. De l’autre, une île qui porte à sa tête un chef communiste en espérant qu’il recréera le lien national en la réunissant à sa partie turque. Il est vrai que le président de la partie turque de l’île est lui-même communiste.

    Le nouveau communisme est arrivé

    Je crois qu’il faut voir là une forme étonnante d’adaptabilité du communisme au monde post-1989. Etonnamment, on aurait pu penser, comme Fukuyama (« La Fin de l’Histoire »), que la chute du mur marquerait le déclin irréversible de toute forme alternative au capitalisme. Or, passé les heures d’euphorie qui ont suivi la fin du rideau de fer, force est de constater que jamais ce monde n’aura autant eu besoin d’espérance.

    Ayant survécu, le communisme s’adapte. Il s’est nationalisé. Ainsi, lui qui, du temps de Lénine, incarnait la solidarité des peuples au dessus des frontières, a partout survécu comme forme identitaire nationale. A Cuba, il est devenu indissociable de la spécificité cubaine face au Géant américain. En Chine, il s’est mué en national-communisme, égalant le confucianisme comme modèle d’organisation de la Nation. En Russie, Poutine l’a récupéré comme forme de glorification de la puissance passée. A Chypre, il est vu comme un vecteur d’unité nationale et de résistance à l’Europe.

    Edifiant. Autrefois espérance d’avenir, le communisme s’est souvent mué en nostalgie de la grandeur passée.

    Les 4 cavaliers de l’apocalypse capitaliste

    Engluée dans un capitalisme amoral et destructeur d’espérance sur le court-terme (il est toujours facile de louer le libre-échange depuis le VIIème arrondissement de Paris – les employés de Smoby auront certainement une autre vision), notre étoile est à la recherche d’une voie alternative. Pour ma part, j’en vois quatre :

    - Le communisme revisité comme forme aménagée de nationalisme « social »;

    - L’écologie, comme adaptation du capitalisme à des règles, non pas morales mais saines, de vie « en communion » avec la nature/ l’environnement;

    - Le spirituel : qu’il s’agisse de catholicisme social, d’islamisme ou de recherche transcendantale via les sectes ou autres mouvements mystiques;

    - L’altermondialisme, comme forme atténuée de l’ancien communisme : anti-libéral, anti-capitaliste, internationaliste.

    De ces quatre forces, on pourrait finalement ne faire que deux ou trois : l’altermondialisme est quelque part le bâtard étonnant des héritiers du communisme et des thuriféraires de l’écologie. De l’autre coté, les mouvements spiritualistes ont une approche radicalement différente du problème, récusant certes le matérialisme mais pour des motifs différents.

    L’avenir, dans un monde qui est traversé par des tensions centrifuges, repose selon moi dans les forces identitaires. La dialectique de l’alternative est double : faut-il prôner le repli ou une autre forme de fraternité transnationale ? Faut-il combattre le capitalisme par une approche matérialiste (le partage des richesses) ou une approche spirituelle (la faillite morale du libéralisme) ?

     

    * Notez cependant que les cubains ont voté, un peu comme les électeurs de Neuilly pour le futur conseiller général Jean Sarkozy. Evidemment, ça n’a rien à voir : en aucun cas le communisme ne rassemble 85% des suffrages spontanément sans fusil sur l’île de Cuba, alors qu’à Neuilly, l’UMP, si !
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    Sujets: Paso Doble | 3 Comments »

    3 réponses “Paso Doble n°53 : La possibilité d’une île”

    1. Ozenfant Says:
      février 25th, 2008 at 17:13

      Excelllent article, Torero !

      Seule la dernière phrase me pose problème: la connerie du bourgeois neuillyssois étant pire qu’une Kalachnikoff.
      Comme le dit Gustave: « Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est maintenant en partie accompli. »

    2. Toréador Says:
      février 25th, 2008 at 17:27

      Merci :-)

    3. Tib Says:
      février 26th, 2008 at 16:05

      Ecologie, communisme revisité, alter-mondialisme…
      Vaste programme mais ce ne sont que des doctrines liberticides et repentantes.

    Commentaires