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Banderille n°202 : Puppet Show médiatique
Par Toréador | février 27, 2008
Il était une fois…
L’avalanche de titres concernant « la fin de règne », le « chaos », la « mauvaise ambiance », les « ratés de la machine » commence à titiller en moi cet esprit de contradiction qui fait que je souhaiterais prendre un peu de recul par rapport à l’hallali médiatique dont est victime le président de la république.
En effet, ce sont les mêmes qui léchaient les orteils de leur nouveau maître il y a six mois qui aujourd’hui le mordillent de plus en plus vaillamment. Le filon du prince charmant est épuisé, blanche-neige s’est barré, regardons s’il n’y aurait pas un des 7 nains pédophile.
Ils ont donc trouvé un nouveau créneau porteur en noircissant le tableau. Hier, comme aujourd’hui, tout est fait pour « vendre une histoire ».
Retour sur le pouvoidacha
Prenez par exemple « le pouvoir d’achat ». En voilà un mythe politique : l’élection de 2007 se serait faite sur le pouvoir d’achat, vu que Sarkozy, au détour d’un discours a osé proclamer qu’il voulait être le « président du pouvoir d’achat ». C’est une reconstruction médiatique incroyable : la « vie chère » (sic) était plutôt un axe de campagne de Royal, et la campagne a porté essentiellement sur l’environnement, puis sur les mal-logés, puis sur la sécurité (souvenez-vous des émeutes de la Gare du Nord).
On nous explique aujourd’hui, à grands coups de sondage, que le Français ne pense qu’à ça. C’est faux. Ma position sur ce vrai-faux problème a déjà été exposée ici. Il a plein de problèmes, le Français. Evidemment, comme tout le monde, il aimerait dépenser plus. Mais il n’a pas fait d’économie, ni de finance. Son boulot n’est pas de diagnostiquer : il ressent. Et comme on l’assomme, le Français, en lui bourrant le crâne avec l’idée qu’il n’y aurait qu’un seul problème à tous ses maux, et bien il opine. Hier, c’était le chômage ou l’insécurité. Mais on pourrait très bien pointer à la vindicte populaire l’euro, les patrons, les étrangers, le temps de travail, les bas-salaires, la fiscalité, le poids de l’Etat, la faiblesse des exportations, l’Europe, la météo, Chirac, Dieu, etc, etc…
Les Termites de la république
Autre manipulation assez horripilante, le travail de sape du pouvoir démocratiquement élu, qui passe par la critique de sa légitimité. Qui peut nier que les médias sont un contre-pouvoir et que, loin d’être dirigés par le Chateau, ils ont leur propre agenda ?
Regardez comment le Canard Enchaîné, chaque mercredi, ébruite toutes les rumeurs possibles, vraies ou fausses, sur la dissension au sommet de l’Etat : si on voulait la provoquer, on ne s’y prendrait pas mieux.
Lisez Marianne qui, avant mai 2007, expliquait grosso-modo que Sarkozy était fou et dangereux et qui s’est reconverti dans un autre créneau : il serait anti-républicain.
Et surtout, admirez le travail de sape silencieuse du Monde. Exemple de titres du Monde pour aujourd’hui :
- »Visite controversée de Nicolas Sarkozy au Tchad après la disparition d’opposants »,
- »Chirac is back » au Salon de l’agriculture« ,
- »La direction de la rédaction du « Parisien » s’explique sur l’interview corrigée de M. Sarkozy« ,
- »La faute professionnelle du président de la République, par Christophe Brun »,
- « M. Sarkozy justifie sa méthode et revient sur sa réplique au Salon de l’agriculture »,
- « Pour Pascal Clément (UMP), la rétention de sûreté est « limite sur le plan philosophique »,
- »En banlieue, une police hyperactive pour retrouver les auteurs de violences urbaines »,
- « Quand Nicolas Sarkozy fait le tour de la Toile« .
Bref, si vous arrivez à trouver un seul article sur les huit qui ne sous-entendrait pas que Sarkozy est un type controversé, moins populaire que Chirac, connu pour ses frasques au salon de l’agriculture, ses violations des droits, son influence dégoûtante sur la rédaction du Parisien, et l’inefficacité de sa politique de sécurité, faites-moi signe en commentaire.
Il y a quelque chose de honteux à monter en épingle le moindre faux-pas pour discréditer toute l’action d’un gouvernement qui ne se résume pas seulement au sms du nouvel obs et au mariage avec Carla.
Charybde et S(c)ylla
Bien sûr, il faut rester objectif. Oui, il y a des choses qui ne vont pas :
- Sarkozy n’a pas voulu se comporter en président, et du coup – ô surprise- on ne le respecte pas comme un président;
- Sarkozy a voulu créer un système de gouvernance personnalisé et donc s’est imprudemment exposé en termes de popularité, tout en mettant sens dessus-dessous l’Etat, avec des collaborateurs qui feraient mieux de fermer leur g… ;
- Sarkozy se veut très volontariste mais l’économie va mal et il a fait la bêtise de croire que la relance viendrait des classes aisées;
- Sarkozy aime les médias, a cru qu’il les hypnotiserait, et découvre désormais que l’alliance conjuguée des notables de droite, des franc-maçons, de la presse de gauche et de la presse voyeuriste est en train de le passer… au kärcher.
Qui manipule qui dans cette affaire ? Ceux qui lisent de blog depuis longtemps savent que je n’ai jamais paré notre bonaparte de Neuilly de toutes les qualités. Mais si je n’ai pas embrassé Charybde, ce n’est pas aujourd’hui pour fricoter avec Scylla.
Je devrais plutôt d’ailleurs écrire Sylla, comme le tyran romain, car le plus grand danger n’est pas forcément celui que les marionettistes des médias veulent bien pointer.
Ceux qui cherchent à déstabiliser le pouvoir par des moyens honteux (rumeurs, voyeurisme, fantasmes, calomnies, montée en épingle, insinuations et matraquage) font plus de mal à la République que le soit-disant néo-pétainiste que 53% des électeurs ont mis au pouvoir. On ne sort jamais grandi d’actions qui minent la cohésion de la Nation, car les armes d’aujourd’hui pourront être retournées demain contre leurs auteurs.
Lorsque les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites.
Tags: Canard enchaîné, Le Monde, Marianne, Médias, Nouvel Obs, polémique, pouvoir d'achat, sms
Sujets: Banderille, Toréador critique la Gauche | 5 Comments »





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février 27th, 2008 at 21:30
Moi ce qui m’amuse c’est qu’on parle de pouvoir d’achat au moment où la fréquentation des sports d’hiver explose… Y’a quand même de l’argent chez les classes moyennes.
AU sujet de Sarkozy tu dis en partie vrai : il est faux de croire que Sarkozy est impopulaire. En réalité (punaise, j’ai envie de faire un billet là dessus depuis quelques jours mais j’ai pas le temps de me poser!) les sondages défavorables sont pour lui un cercle vicieux. Du coup les médias en parlent, du coup les sondages sont encore plus défavorables!
février 27th, 2008 at 22:23
Certes, à gauche, je dirais en fin de compte « qu’on joue le jeu », même sans fair-play.
Mais à droite ! Tant de gens des médias insistant sur le fait d’être de « droite libéral » afin de ne pas être confondu avec l’Autre, le bonapartiste !
Je vois 2 raisons :
- Nicolas Sarkozy fait pour eux trop « vulgaire »…
- La Droite n’a pas cette culture de la communion automatique de la Gauche : La preuve? Sinon leurs noms de parti ne parleraient pas d’Union ou Rassemblement !
février 27th, 2008 at 23:26
très bon billet
février 27th, 2008 at 23:30
@ Chaf. Sarkozy s’est aliéné la classe populaire conservatrice, qui trouve qu’il est ridicule avec sa chanteuse plus grande que lui.
@ Amike. Sarko ? Bonapartiste ? Sarko n’est ni libéral, ni gaulliste, ni bonapartiste. Il est opportuniste.
Par contre la « culture automatique » du rassemblement à Gauche, permets-moi de doucement rigoler. La Gauche a toujours été centrifuge. Demande à Tonton qui pendant 20 ans a ramé avec le PSU, le CERES et le PCF, sans compter les rad-soc !
@ Julius. Merci
février 28th, 2008 at 16:04
@Chafouin,
Parisianisme ou méconnaissance?
Là où j’habite, très peu vont aux sports d’hiver, les pharmaciens et deux profs. de collège qui y conduisent une classe.
Les autres, nada. Il faudrait peut-être venir voir La France d’en bas.
@Toré?
NS? Sa retraite à Malte, son mensonge sur la décision de Jospin de fixer le salaire, l’anniversaire qui a coûté XXL smic, et j’en passe!
Comment peut-il rester populaire?
De plus il est d’une grossièreté § Il n’a pas l’humour de Mitterrand, de Chirac, du Grand Charles quand on l’insulte!
Et on ne sait rien de ses colères au chaâteau!
Ne s’est pas excusé, avait même reproché à Estrosi de l’avoir fait pour le jet privé à 187000 euros! « On ne doit jamais s’excuser » lui avait-il dit!