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Olé n°106 : T’vas voir ta gueule à la récré
Par Toréador | février 29, 2008
L’Espagne a le bourbon, la France a le bourdon
Vous l’aurez noté, l’heure est à l’insulte, comme le croque si délicieusement mon grand ami Charles* , et mes non-moins compères de Kiwis (comme le Chacal, Seb, ou Pierre Catalan). Je n’ai pas eu envie de banderiller ce passage au Salon de l’Agriculture. Tout ceci était pathétique, dans un sens, comme dans l’autre.
Imaginez : Même pas un « parle à ma main » ou un « casse-toi tu pues et marche à l’ombre » qui auraient pu lui donner une réputation de mélomane.
En Espagne, lorsque Sa Majesté s’énerve, cela donne « Porqué no te callàs ?« . En France, « Casse-toi pov’con ». Quand même, il y a des jours où l’on se dit que la monarchie a du bon. Du Bourbon.
Mais il n’y a pas que ce cas isolé : l’actualité fourmille d’insultes, quand on ne la mélange pas avec la diffamation. J’ai même certains lecteurs de passage qui s’étonnent de ma liberté de parole (je dis ça pour Lorycalque, qui est peut-être le calque de Lorie, la chanteuse, on ne le saura jamais). La France de Frednetick* Bigard est en marche.
J’ai 10 ans
De fil en aiguille, j’ai eu l’impression d’être revenu à la récré, lorsqu’on se poussait en s’insultant et en s’affublant de surnoms. Et plutôt que d’analyser une insulte dans un environnement d’adulte, je me suis plu à imaginer ce qu’a dû être l’enfance de ceux qui nous gouvernent.
J’ai donc essayé, pour les besoins de cet olé, d’imaginer une classe de CM2 (sans le parrainage de la Shoah) avec nos hommes politiques enfants. Imaginez-les : quelconques, perdus dans l’anonymat d’une salle de classe, peut-être en butte à l’hostilité et à la cruauté des autres bambins…
J’imagine le petit Nicolas de Nagy Bosca. On devait le surnommer « Nabot » ou peut-être « Pec« . Mais celui qui lui sortait ça devait ensuite courir vite pour ne pas se prendre une taloche.
Le Premier de classe s’appelait François Fillon, mais tout le monde, surtout lorsqu’il avait une bonne note, murmurait derrière lui « trou du fion, trou du fion« .
Borloo devait avoir des jeux de mots stupides du genre « Borloo le Loup » ou « Borlou t’es mou » (Borloo t’es relou ? Borloo Waterloo ?). Voilà sans doute pourquoi il a eu une enfance moins traumatisante que les deux autres.
Et puis il y a ceux qui ne devaient pas avoir un jeu de mots mais un surnom, protégés et handicapés par leur nom exotique : Nathalie Kosciusko-Morizet ou Sylvie Noachovitch. Avec les résultats que l’on sait…
L’autre classe de CM2, celle de l’opposition devait être pas triste non plus. Ségolène a dû passer son enfance avec des jeux de mots sur la royauté, et puis – derrière son dos, car elle n’hésitait pas à te griffer – sur les cigarettes et la pâtée pour chien. Jean-Luc Mélenchon, un peu rond, avait droit à le saucisson, le torchon, le bouchon. Et n’évoquons pas par pudeur « Bayrou le Mérou », ses grandes oreilles et son défaut de bégaiement.
Enfin, il y a les cas désespérés. Pour une fille s’appeler « Mignon », il vaut mieux être une bombe. « Bachelot » rime avec « Cachalot ». Et je ne parle pas de « Boutin« .
A l’insulteur anonyme
Quelque part, je trouve que c’est amusant. Imaginez qu’il y a peut-être un type en France qui s’appelle Norbert Martin. Il était assis en classe de CM2 juste derrière Nicolas Sarkozy, qu’il a martyrisé pendant toute une année en disant « Pec, pec, pec ».
Norbert Martin vit un grand moment de solitude depuis plusieurs mois. Il se réveille tous les matins depuis un an, en disant en sa rasant qu’il est peut-être le seul en France à avoir foutu des baffes à Sarko. Peut-être d’ailleurs Norbert Martin me lit en ce moment…et qu’ il a rétrospectivement un frisson dans le dos !
Norbert Martin tressaute chaque fois qu’une voiture de police se gare devant chez lui. Norbert Martin n’ose plus quitter le territoire pour ses congés. Norbert Martin déprime, sa femme l’a quitté. Il a imaginé changer de nom.
Alors samedi dernier, Norbert Martin a pris son courage à deux mains. Et il est allé au Salon de l’Agriculture…
* Mention Eolassienne – Charles’ et Frednetick sont des marques déposées « Sept Merveilles du Oueb ». Tous droits réservés au Torero.
Tags: diffamation., insulte, Nicolas-SarkozySujets: Olé | 16 Comments »





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février 29th, 2008 at 14:47
Ca me rappelle les paroles de Sarkozy aux Guignols le jour de son élection : PPD lui demandait à qui allaient ses pensées, et il citait tous les gamins qui se moquaient de lui quand il était au collège.
Ou il y a quelques années, quand il disait « Je veux être Président parce que quand j’étais on cinquième on me disait qu’j'était p’tit avec des grandes oreilles ! »
Je suis toujours surpris par la justesse des caricatures guignolesques.
février 29th, 2008 at 14:48
Au fait, tu devrais lire une BD qui s’appelle « Le p’tit Chirac » et « Le p’tit Sarko ». C’est justement une classe de CM2 avec tous nos chers politiciens.
février 29th, 2008 at 15:01
Sans faute !
février 29th, 2008 at 15:50
Je confirme, ces BD sont très drôles. Comme ce billet, d’ailleurs.
février 29th, 2008 at 16:55
ah ! pour une fois !
février 29th, 2008 at 22:51
tres drole en effet…
mention speciale pour « l’enfance moins traumatisante que les autres » qui explique tant de chose.
Le CM2 de l’opposition ayant été un peu survolé, peut etre l’occasion d’une seconde note sur le sujet??… quoi qu’il en soit, je propose qu’on lance dès maintenant une pétition pour avoir Norbert chez Drucker. JFK si tu m’entends…
février 29th, 2008 at 23:01
Ce qui est drôle, c’est que la cour et l’arrière-cour sarkozienne se sont empressés de justifier en disant « il parle comme tous les français ». Eh bien, pour ma part, je connais des françaises et des français qui, quand on ne leur serre pas la main ne font pas une jaunisse, une crise de nerfs, ou ne se mettent pas à insulter les gens.
Et puis la meilleure, c’est monsieur Karoutchi, ministre de son état, qui non seulement justifie le langage mais ajoute, je cite, en parlant du manant : « si ça avait été moi je lui aurais mis une baffe » …
mars 1st, 2008 at 10:08
très drôle, vraiment!
enfin, façon de parler parce que cette décomplexion de la haine serait plutôt inquiétante.
elle dénonce une fébrilité, pire, une sauvagerie sous-jacente, prête à exploser.
c’est aussi frappant sur le web, cette propension qu’on certains à accuser, dénoncer, insulter
ce qui est évidemment une censure indirecte, sournoise.
mars 1st, 2008 at 10:10
houps! il faut lire « Qu’ont certains » bien sûr!
sorry
mars 2nd, 2008 at 23:10
j’te jure qu’il va t’arriver des trucs à toi….
mars 4th, 2008 at 20:45
quelqu’un aurait des nouvelles de Norbert Martin?
mars 4th, 2008 at 22:07
Ben non !
Aux dernières nouvelles, on l’avait vu monter dans la voiture de Gueant…
mars 5th, 2008 at 1:54
[...] Et encore, il ne s’agissait pas pour Sophie Marceau de serrer la main de Le Pen – comme Norbert Martin au Salon de l’Agriculture -, mais de figurer avant lui dans un journal [...]
mars 5th, 2008 at 20:35
finalement Nono serait rentré chez lui, dans le Poitou, auprès de l’élue de son coeur, après avoir décliné un poste de porte parole …
mars 8th, 2008 at 15:55
J’étais au collège avec François… pas de surnom. La version de « J’ai dix ans » avec Tryo est vraiment une merveille. Merci.
A+
juillet 26th, 2008 at 1:50
euh, je m’appelle Norbert Martin, mais je n’ai pas eu cette chance, baffer le nabot