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    Paso Doble n°63 : La revanche de Karl Marx

    Par Toréador | mars 27, 2008

    A las cinco de la manana…

    La fin de la Sainte Alliance

     

    Lors de la chute du mur de Berlin, Francis Fukuyama annonça la fin de l’Histoire, c’est à dire l’extension sans limite du modèle de démocratie libérale. Il fut, on le sait, rapidement démenti par les faits.

    Cependant, on l’a oublié, l’opuscule de Fukuyama mélangeait allègrement les termes d’économie de marché et de démocratie. Car il y avait un autre système victorieux en 1990: le capitalisme, vieil allié du libéralisme politique.

    Le communisme de Lénine étant mort étouffé par ses propres faiblesses, on en tira la conclusion que le capitalisme était le meilleur des régimes. Et que Marx avait eu tort.

    C’était faux, mais le dire aurait été tabou alors, tant la critique du capitalisme vous aurait placé immédiatement dans le camp des staliniens donc des totalitaires. La vérité est que le capitalisme, pour plagier Churchill, reste le moins mauvais des régimes économiques, nuance. Et s’il a survécu jusqu’à présent, c’est car il s’est toujours confondu avec l’extension démocratique, le progrès économique se faisant cousin du progrès politique. Sa victoire lui a cependant laissé le champ libre et tel un éléphant sans cornac, il s’est ébroué dans les ruines du léninisme.

    Les Vingt Odieuses

    Avec du recul, on en est en droit de se demander si on ne reprend pas là le cours d’un mouvement de fond débuté à la fin du XIXème siècle et brutalement arrêté par les deux guerres mondiales : en faisant naître des idéologies totalitaires, le XXème siècle a quasiment rendu le débat occidental sur la validité du capitalisme caduc. Et aujourd’hui, il reprend, avec trois constats.

    Le premier constat, c’est le découplage du libéralisme politique et du capitalisme. Devenu international, sans Dieu ni maître, ni loi ni morale, le capitalisme se soucie peu des régimes avec lesquels il s’acoquine. Hors de l’Occident, les ex-pays du tiers-Monde ont également changé leur discours : oui au progrès technique, oui au progrès financier, non au progrès politique et « au droit de l’hommisme ». Le libéralisme est devenu un projet occidental alors que le capitalisme est désormais la religion mondiale. Les trente Glorieuses ont débouché sur les Vingt Odieuses : vingt années de compromissions politiques au nom de l’intérêt économique.

    Le second constat, c’est qu’au bout de vingt années de tigre sans chaîne, la planète s’approche de plus en plus du gouffre, de la grande culbute, du trou noir. C’est périodique : tous les cinq ans, une grande crise menace de mettre à bas le système financier international. Aujourd’hui, c’est la Bear, hier c’était LTCM, avant-hier Bank of Illinois. Il y a eu les crises russe, turque, asiatique, brésilienne, argentine. Chaque fois, les banques sortent des casemates et éteignent l’incendie, quitte à s’asseoir sur les grands principes du laisser-faire : too big to fail disent les américains. C’est un concept qui déresponsabilise totalement une clique de cols blancs apatrides qui jouent les cigales par beau temps et prennent le voile lorsqu’il se met à pleuvoir.

    Et j’arrive au troisième constat. Vingt années de mondialisation capitaliste ont ruiné deux cents années de conquête politique. Une caste de brahmanes internationaux, qui n’ont d’autre légitimité que le fric qu’ils ont amassé, est venue supplanter dans les faits l’élite démocratique de nos pays civilisés.
    Non seulement la plupart de ces derniers gagnent des sommes colossales en pratiquant une activité de parasite qui consiste à bêler avec les autres moutons en suivant les mouvements de capitaux que la spéculation dirige; non seulement ils sont complètement déresponsabilisés à grands coups de parachutes dorés et d’interventions des banques centrales lorsque tout va mal ; non seulement ils arrivent à dormir la nuit alors que sous leur matelas, certains possèdent de quoi nourrir 2 milliards d’individus pendant un mois (comme Bill Gates), mais en plus certains se permettent d’afficher une morgue et une insolence à l’égard de leurs frères humains, et de ce monde ancien qui a été le berceau de leurs libertés.

    On a fait des révolutions pour moins que ça, mais il est vrai qu’à l’époque le palais de Versailles n’était pas un paradis fiscal à l’autre bout du monde.

     

    Le blob capitaliste

     

    Le problème est que ce capitalisme-là grossit à la vitesse du blob et que bientôt plus aucune banque, pas même la FED ou la BCE, ne sera en mesure de sauver la situation.

    La capitalisation boursière mondiale dépasse les 13 000 milliards de dollars, plus que le PNB américain. La dette des pays en voie de développement est proche de 1 600 milliards de dollars, soit cinquante fois les montants accordés par le FMI. La dette américaine est de plus de 9 000 milliards de dollars. Les réserves de change de la BCE sont, elles, de 40 milliards d’euros !

    C’est une embolie massive qui va frapper le capitalisme mondialisé. Peut-être pas cette fois-ci, mais dans ce cas dans cinq ans, dix ans, quinze ans. Le système bancaire n’y résistera pas. La « financiarisation » de l’économie s’est tellement développée grâce à la titrisation que plus personne n’arrive à avoir une vision claire de ses engagements et de ses risques. En d’autres termes, dans ce grand jeu de « je te tiens par la barbichette », le capitalisme mondialisé a éliminé ce qui est le BA B.A du capitalisme de grand papa : le risque. Le risque est couvert par tous et donc, tout le monde gagne … ou meurt.

    En vingt ans, grâce aux préconisations lumineuses de Margaret Thatcher, le capitalisme s’est dégagé de la maîtrise politique, restée au niveau des nations. Sans organe politique mondial, le coût de concertation et de coordination pour moraliser le capitalisme est tel qu’il échouera. Trop d’incitations à jouer le cavalier clandestin, et profiter de ce que les autres respectent les règles pour gagner de l’argent, subsistent.

    Le Monde de Mad Marx

    Cette mort du capitalisme, ce sera la revanche de Marx. En tuant le communisme, l’Occident s’est blessé mortellement car elle a libéré un tigre cannibale. Si ce tigre se contentait de se mutiler, encore, cela irait, mais il est dangereux pour les libertés politiques – il n’y a qu’à voir la montée des mécontentements en Occident liés aux délocalisations – et pour la planète elle-même – l’environnement est la première victime de ce capitalisme débridé.

    Mais la revanche de Karl Marx, c’est aussi qu’entre temps est mort le Léninisme, forme abâtardie et dévoyée du marxisme. Chose inimaginable il y a vingt ans, la réflexion de Karl Marx peut être reprise là où il l’avait interrompue. Quand on relit le Capital, on se rend compte que certains raisonnements ne tiennent plus, notamment parce qu’il réfléchissait dans le cadre d’un monde colonisé. Mais Marx avait compris une chose : le système capitaliste contient dans ses propres gènes les prémisses de sa destruction.

    S’extraire de l’horizon borné de son époque, c’est comprendre que ce qui semble aujourd’hui immuable – la démocratie, les Nations, le capitalisme – n’est en réalité que la résultante de choix politiques. Et que dans cent ou mille ans, ces systèmes là sembleront à nos successeurs aussi exotiques que ne le sont pour nous le polythéisme grec ou le mercantilisme. Oser penser l’alternative, voilà à quoi je vous invite à réfléchir aujourd’hui.

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    Sujets: Paso Doble | 50 Comments »

    50 réponses “Paso Doble n°63 : La revanche de Karl Marx”

    1. Seb Says:
      mars 27th, 2008 at 8:17

      Tu te trompe en annoncant la mort du capitalisme. Cette crise est en fait une victoire triomphante du principe de l’économie de marché et ces opposants ne s’en rendent même pas compte. En 2001 puis aujourd’hui la financiarisation extreme a poussé tous les acteurs sur une sorte de bulle de crédit. Aujourd’hui la bulle se dégonfle sans que rien ni personne n’y ai contribué. Le système s’est grippé par lui même tout comme en 2001. Décision politique ? Choix des grands argentiers ? Bien sur que non!

      Personne ne semble comprendre que ces crises a répétition sont la constituantes du système et même le pendant nécessaire. Sans crise il n’y a pas de période faste. Notre système fut étudié à plusieurs reprises par des milliers d’économistes dont certain on montré l’irrégularité de la croissance du système capitaliste qui suit une courbe appellée « cycle de Kondratiev » fasconnée par les crises et les croissances folles.

      Cette crise est le splendide exemple que le marché s’autorégule sans interventions. J’assistai hier soir à une conférence sur la conjoncture financière et ses intervenants de dire « le marché nous ramène toujours à la réalité quoi que nous fassions ».

      Enfin les considérations selon lesquelles le capitalisme ne serait pas humain est un autre débat, qui relève bien plus de la philosophie… Mais je risque de repasser.

      Le capitalisme se porte bien merci.
      http://careagit.blogspot.com/2008/03/17h30-le-march-ferme-dans-des-ouf-de.html

    2. Julien Says:
      mars 27th, 2008 at 9:05

      Sauf que la crise actuelle intervient alors que nous sommes dans la fin d’une phase descendente du cycle de Kondratieff, commencée au lendemain du choc pétrolier de 1973. Or la théorie voudrait, au contraire, qu’une nouvelle phase A se mette en place.

    3. seb Says:
      mars 27th, 2008 at 9:23

      vous avez du rater la croissance de la net economie ou celle des annees 2003 2007 certes pas en france.

      Si l’on applique ces cycles aux marches financiers nous sommes en bas d’echelle. Un des indicateurs de valorisation montrent par exemple que le marche action en rapport aux obligations sont au niveau des annees 80. Nous sommes donc ds un schema similaire quoique tres differents de la crise 2000 qui sanctionne un desequilibre grandissant finance a credit.

      Donc non nous n’etions pas du tout en bas d’echelle et j’en prend pour preuve les situations financieres de nos entreprises. Ce qui pourrait nous sauver.

    4. Toreador Says:
      mars 27th, 2008 at 10:07

      Si les Etats n’interviennent pas cette fameuse crise va tout balayer. Victoire de l’économie de marché ? on assiste au retour des nationalisations !

      Quant à Kondratieff : Les mouvements de longue durée de type Kondratieff (longue période)sont de l’ordre de 50 années. Ils coïncident avec des changements majeurs du système productif (rien à voir dans le cas présent) et reposent également sur l’observation des prix de gros et de détail (les prix montent en phase A et baissent en phase B, les taux d’intérêt suivant une évolution inverse). L’auteur n’en a pas donné d’interprétation mais cela a été fait par la suite : irrégularité du progrès technique et variations de la quantité de monnaie (J. Schumpeter, J. Ackerman). Pour Schumpeter, il y a six cycles de juglar dans un kondratief et trois cycles de Kitchin dans un juglar.
      L’innovation constitue le cœur de l’explication schumpeterienne des cycles : le développement d’une activité ne se réalise pas d’une traite car la croissance est tributaire des modifications de l’environnement, de la croissance de la population, de l’essor de certaines villes, etc… François Simiand en a fait également une présentation qui distingue les phases « A » (tendance à la progression) et les phases « B » (tendance à la régression). La période de baisse est relativement rapide, et dure moins longtemps (environ vingt ans), alors que l’expansion est relativement plus lente (et dure environ trente ans). La France serait également, entre 1973 et 1995, au sein d’une récession d’un cycle long de type Kondratieff, et 1995 devrait annoncer une reprise durable, de l’ordre de 20 à 30 ans. Donc dans ce schéma, ta crise de 2008 est totalement contradictoire.
      Le Kondratieff a présenté un dernier sommet vers 1971, avec la Crise monétaire internationale. Le précédent sommet du Kondratieff se situait en 1929 (crise due aux dysfonctionnements du capitalisme). Après un premier sommet, le Kondratieff présente un plateau qui a s’est accéléré dans les années 80 (récession de 82). Le creux aurait été atteint vers 1992-1995. Nous en sommes donc à la reprise de ce Kondratieff, qui aurait débuté au début des années 1970 et qui présentera son prochain sommet vers 2020.
      Toutefois, si l’on s’en tient à l’analyse des prix, la stagflation ne colle pas à l’analyse de Kondratieff (par contre cela marche si l’on prend le taux d’intérêt réel), de même que la récession (et non la dépression) qui a suivi le pic de 73.

    5. Ozenfant Says:
      mars 27th, 2008 at 10:08

      Les tenants de la méthode coué m’ont toujours réjouit la couenne !
      Pour les gens qui « font » l’essentiel de la vie consiste à déceler les moindres défauts qui essaiment tout système, leur propre système.

      Et alors là, pour le capitalisme, nous aurions donc le seul exemple, depuis que le monde est monde, d’un système qui n’aurait pas à être corrigé en permanence ?
      Bon, allez, je préfère parler d’autre chose, parce qu’a partir d’un certain stade, il vaut mieux compatir que s’énerver. Je compatis donc.

      Toréador,
      A l’époque ou j’étais un anti-communiste primaire, j’allais souvent de l’autre coté de rideau de fer pour mes affaires.
      Maintenant avec le recul, en comparant avec la néo-facho-mondialisation je crois bien que tu as raison !

    6. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 10:24

      Suis d’accord avec Seb.

      Car même si « le système capitaliste contient dans ses propres gènes les prémisses de sa destruction. », -comme tout système social,humain,bref,mortel-, c’est pas demain la veille qu’un nouveau système de production va lui succéder.
      Ces mutation se font sur plusieurs siècles et même si tout va plus vite, on voit mal se poindre un successeur crédible à notre Kapitalisme triomphant.

      Par ailleurs la force de ce système est d’être allié, corrélé sur le Marché. Avec Majuscule svp, car c’est l’axiome premier de notre crédo collectif.

      Et le Marché est un truc insubmersible, increvable, inaltérable , un très bel outil : il s’autorégule , le vicieux, il s’auto-corrige perpétuellement, le masochiste !
      D’un certain point de vue le marché ne meurt même jamais !!! Ce qui ne veut pas dire qu’il sera éternellement au centre du système .

      Ceci dit, l’ampleur de la dette , tous ces milliards qu’on se doit à nous même … ou à nos enfants … ou aux Chinois ( ??? je finis par ne plus trop savoir!) , pourrait bien être l’occasion de nous auto-infliger, à un moment donné, une phase de contrition collective, de correction fortement dépressive !
      Et le « cycle de Kondratiev » sera alors à intégrer dans un autre, plus large, que l’absence de perspective nous empêchait encore de voir.

      M’a assuré M’ame Irma FêtNat (qui conseille aussi les grands de ce Monde).

    7. Seb Says:
      mars 27th, 2008 at 10:34

      je me doutais a vrai dire d’un tel commentaire puisque ton billet fait suite au mien. Vous avez raison je fais une erreur puisque les cycles dit de kondratiev sont longue duree et sont en revanche ponctuee de periode bcp plus courte. La crise actuelle en est.tu notes ensuite l’intervention actuelle des etats pour juguler le crash.je parle du capiralisme dans sa constitution actuelle ce qui englobe evidemment les banques centrales. Mais au fond je ne comprends pas bien ton propos. Annoces tu la mort du systeme ? Si oui alors tu te trompe et je suis meme etonne que tu oses le comparatif avec un systemequi a prouve sa suffisance dans l’histoire. Que le capitalisme soit le moins mauvais des systemes c’est chose sure qu’il souffre c’est l’actu mais qu’il agonise je ne le crois pas.

      Drole que je sois le seul a repousser ce fatalisme et pessimisme ambiant… Illumine ou stupide ?

    8. Seb Says:
      mars 27th, 2008 at 10:38

      Je m’excuse pour l’orthographe et la synthaxe de mes interventions mais dur de suivre le debat sur le petit combine de la marque a la pomme…

      Bonne journee

    9. Ozenfant Says:
      mars 27th, 2008 at 10:40

      Opposum,
      Ce n’est pas le capitalisme qui est indestructible: c’est la vénalité de l’homme.
      Bien sûr que tu as raison de dire que ce n’est pas demain la veille qu’il sera remplacé.
      Ce n’est d’ailleurs pas le capitalisme ou l’économie de marché qui est en cause, mais ses excès.
      Comme toujours l’excès de libéralisme (libertés), tue le libéralisme. La liberté d’expansion de tout système s’arrêtant là où il vient se heurter à la liberté d’un autre système.
      Comme pour tout, toute tentative manichéenne de juger de l’économie de marché est excessive et donc insignifiante.

      Mais Oppossum, pourquoi ne viens tu pas nous faire un texte là-dessus à l’électron libre ?

    10. Toreador Says:
      mars 27th, 2008 at 10:57

      Sur le caractère indépassable du capitalisme, je ne suis évidemment pas d’accord (cf. ma conclusion). Le capitalisme mondialisé a connu 2 grands âges d’or : 1880-1914 et 1990-2008. La première fois – accident de l’histoire – il a été « redompté » par l’Histoire et les Nations. Nous disposons donc de deux petites décennies d’expérimentation et l’on voit les dégâts. C’est un peu court pour dire qu’il est éternel.
      L’avenir, c’est soit le retour des Nations, soit un néo-marxisme.

    11. Toreador Says:
      mars 27th, 2008 at 10:58

      Seb, il n’agonise pas. Il a l’air en pleine santé. Et lorsqu’il s’effondrera, la crise de 29 aura l’air d’une partie de pique-nique au bord du Tage.

    12. seb Says:
      mars 27th, 2008 at 11:25

      Le systeme s’ecroulera lorsque le marche ne corrigera plus les derives par lui meme. 73 crise petrolire et surproduction, 2001 sanction du principe de speculation, 2008 crise bulle du credit qui remet en cause (le systeme lui meme se grippe sur des derives!) la titrisation outrageuse et l’oubli du risque ds l’accord du credit. Ds ce contexte comment imagines tu la mort d’un systeme capable de corriger certaines ( je dis bien certaines) deviances? Meme si demain l’on assiste a un rechute plus profonde tout cela repartira apres la purge car quoi que l’on en dise il faudra tjs se loger, manger, boire etc ds ce contexte mondialise.

    13. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 11:35

      @ Seb, je suis avec toi. Le cac est à + 0,84.
      On est dans la vérité ! Enfin aujourd’hui …

      @Toréador : Pourquoi le Tage … ? C’est important le Tage , dans la démonstration … ?

    14. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 12:13

      Cac: + 0,99 à 12h12 : Toréatort, t’es dans l’error !

    15. Toreador Says:
      mars 27th, 2008 at 12:37

      Le Tage est un fleuve espagnol. Allusion au nom du site.

      Le CAC. Non mais c’est incroyable ! Réponse court-termiste à un problème structurel ! Regardez les montants en jeu : le jour où ça pète, personne n’aura les moyens d’y mettre fin. Un spectre hante le monde : le spectre de la paupérisation généralisée.

    16. lomig Says:
      mars 27th, 2008 at 12:51

      salut,
      non non Seb, tu n’es pas le seul…je te rassure.
      Le capitalisme est l’allié naturel du vrai libéralisme politique : respect strict du droit de propriété, liberté d’entreprise.

      La capitalisme est loin d’être mort : il montre son succès tous les jours partout dans le monde. Seuls les mentalités françaises marxisantes et collectivistes ne s’en rendent pas compte. La capitalisme est ce qui a permis à beaucoup de pays de sortir de la misère. Et le capitalisme repose sur des fondements justes (libéraux). Ce qui n’est vrai d’aucun autre système économique (socialisme, collectivisme, communisme, appelez ça comme vous voulez)…
      Je ne pense pas qu’il faille voir dans les très médiatisés remous des marchés financiers autre chose que l’adaptation en temps réel de l’économie à son environnement. Demain, il y aura encore des gens pour investir, pour risquer, pour capitaliser, pour faire des plans plus longs que ceux des politiciens.
      à bientôt !

    17. Seb Says:
      mars 27th, 2008 at 13:03

      Cela ne petera pas Toré, ca pliera fort trés fort mais cela ne craquera pas car le système n’est structurellement pas soumis a l’implosion il peut exploser si les acteurs le décide. Mais le système en lui même, même s’il devient fou ne peut pas imploser.

    18. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 13:21

      Miracle à Montrouge !

      Anne-Marie Toutzé 8 ans, une petite fille comme les autres , dans une humble décharge municipale, a vue apparaitre par 3 fois Karl Marx.
      Très vite , ce matin, de nombreux sympathisants sont venus se recueillir sur le lieu de l’apparition, sanctuarisant par leur ferveur et leurs chants religieux, mais à textes révolutionnaires, le dépôt d’ordure .

      Les dirigeants du Parti, restent dans l’expectative comme le précise Marie-Georges Buffet « Il convient d’être extrêmement prudent. Une provocation n’est pas à exclure ! »
      Les parents de la fillette sont effondrés : ils ont toujours voté UDF et récemment MoDem !

      Anne-Marie a déclaré que Karl Marx semblait préoccupé par le crack boursier et aurait laché « l’homme est un loup pour l’hommme » mais qu’il lui paraissait très gentil.
      Il aurait ajouté « Approche petite, je ne vais pas te manger, je suis Karl Marx, approche plus près … ». A la suite de quoi, il aurait lontemps joué à la marchande avec Anne-Marie.

      Karl Marx serait vêtu d’un grand imperméable gris.

      Anticommunisme primaire ou nouvelle stratégie du Parti : la question reste ouverte

      (Tiré de « Merci Bernard » de J.M. Ribes)

      PS/ Désolé toréador ;) , je n’ai pas pu resisté!

    19. Toréador Says:
      mars 27th, 2008 at 15:01

      résister.
      Très marrant !

    20. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 15:12

      Résister, Oui Toré … (C’est une longue lutte …)
      et j’ai d’autres occasions d’avoir honte …

    21. Ozenfant Says:
      mars 27th, 2008 at 18:20

      De tout temps les hommes ont pensé que leurs dieux, leurs superstitions, leurs théories, leurs certitudes étaient les bonnes… et éternelles !

      Orgueil + certitudes + veau d’or = ????

      Robert Walker le trésorier Gal US a une idée là dessus… vous ne pouvez pas ne pas la connaître !

    22. xerbias Says:
      mars 27th, 2008 at 21:48

      Eh bien quelle provoc’ !
      Pourquoi le capitalisme chuterait-il ? Déjà, le capitalisme peut avoir différentes formes, le trait marquant étant la propriété privée des moyens de production. Elle n’a pas l’air de mal se porter à travers le monde. Si l’on parle de hausse des prix des matières premières, c’est justement du fait de la croissance des pays du tiers monde, et la Chine est bel et bien passée au capitalisme.

      Dès lors, quelle crise ? Pas au niveau mondial en tous cas. Nos chers marxistes nous annoncent depuis cent cinquante ans la baisse tendancielle du taux de profit, et elle n’est toujours pas au menu aujourd’hui. Il y a bien une crise financière américaine actuellement, mais je ne vois pas en quoi elle est plus grave que les précédentes. Certes, à chaque fois, on a trouvé des gens pour proclamer la chute prochaine du système capitaliste et le Grand Soir à venir. En fait, rien ne s’est passé comme Marx l’avait prédit.

      Alors, capitalisme, moins mauvais des systèmes économiques ? Sans nul doute. Il a tout de même quelques faits d’armes à son actif. Fondamentalement, je considère qu’il a été facteur de progrès. Depuis la révolution industrielle, la vie n’est pas toujours facile, mais d’une part elle ne l’était pas plus auparavant, et d’autre part de nouvelles perspectives ont été ouvertes. Gagner un trimestre d’espérance de vie chaque année environ ne me parait pas rien. Si l’on est passé à six milliards d’habitants sur Terre, c’est bien parce que bon an mal an la transition démographique était rendue possible dans un nombre croissant de pays.

      La main invisible est un concept qui apparait comme souvent foireux, mais le capitalisme permet d’apporter des progrès d’un point de vue global tout en devant partir d’un point de départ assez peu favorable, la nature humaine.

      Alors bon, cela fait des millénaires qu’on nous promet l’apocalypse, le délais passé me fait penser qu’on a du temps pour voir venir, et pour ce qui ne va pas, ça peut toujours se changer sans que ce soit le déluge et la refondation de l’humanité.

    23. Oppossum Says:
      mars 27th, 2008 at 23:14

      @ xerbias
      « rien ne s’est passé comme Marx l’avait prédit » .

      Oui c’est vrai, mais il convient de nuancer en « rien ne s’est passé comme les interprètes, les successeurs, les théoriciens , les praticiens de l’après Marx l’avaient prédit. »

      Marx a tenté une analyse de l’histoire qui avait une autre dimension que les chroniques évènementielles courantes. Et d’un certain point de vue c’est également le 1er à avoir une approche sociologique étayée des faits, allant plus loin que les intuitions de Montesquieu et la pénétration de Tocqueville . Et en tout cas le 1er à poser le principe d’une interpénétration de plusieurs instances qu’il s’agit d’ordonner, pour comprendre un fait.

      Son principe d’un déterminisme en dernière instance de l’économique est aussi foireux que la main invisible : c’est à la fois vrai et pas vrai dans plein de cas.

      C’est à dire que le réel s’architecture autour de ces principes avec plein d’aberrations contradictoires , comme les poissons sortis des fonds abyssaux dont le fonstionnement correspond à une logique dont on peine à comprendre comment elle a pu se mettre en place.

      Oui, l’apocalypse est toujours pour demain.
      Enfin jusqu’à présent.
      Quoique, à regarder l’histoire du XXe …

      En tout cas, la merde, elle , est nettement plus fréquente.

    24. Ozenfant Says:
      mars 28th, 2008 at 10:42

      Robert Walker le trésorier Gal US a une idée là dessus… vous ne pouvez pas ne pas la connaître !

    25. Toreador Says:
      mars 28th, 2008 at 11:29

      Pour poursuivre le débat :
      http://www.authueil.org/?2008/03/27/778-une-sainte-horreur-du-marxisme&cos=1

    26. le chafouin Says:
      mars 28th, 2008 at 12:12

      Je ne sais passi le capitalisme s’effondrera, car il a bien plus de prise sur le monde que le défunt communisme. En revanche, dire comme seb que « le capitalisme va bien , merci », c’est être complètement aveugle.

      Le capitalisme est en crise car la financiarisation de la société met l’humain complètement de côté. Tant que le capitalisme ne sera pas teinté de moralité, tant que la loi du marché en pourra pas être subordonnée à une loi naturelle supérieure, on continuera à creuser les injustices. Et on laisse ainsi place à d’autres idéologies pires encore. Il y a le soviétisme, mais aussi le trotskysme, et pourquoi pas, le fascisme islamiste!

    27. Oppossum Says:
      mars 28th, 2008 at 14:03

      @ Toréador (Réponse a ton message chez Samuel)

      Dire « le capitalisme va bien merci » est un constat ne supposant pas forcément un accord et ne signifie pas non plus que ce soit une forme ultime de l’évolution économique.

      L’essence du capitalisme est la concentration du kapital, phénomène distinct de la présence d’un marché, du libéralisme et de la démocratie.
      Et également distinct du problème de la répartition : un capitalisme plus redistributeur et de meilleure façon n’est pas inenvisageable … en théorie du moins.

      @ Chafouin
      Teinter, comme tu le souhaiterais , le capitalisme , de moralité est un peu abstrait. L’économie répond à une logique précise , reflet de nos micro comportements économiques.
      Ce qu’il faudrait c’est, tu as raison, plus de « moralité » en chacun de nous. Et encore ça ne serait pas suffisant si cela ne modifie pas une logique de nos comportements et de nos choix économiques . Non ?

    28. le chafouin Says:
      mars 28th, 2008 at 15:37

      @oppossum

      On peut demander à chacun d’être plus moral, ça n’empêchera pas les inepties de notre système se faire.
      C’est parfois à la loi d’être morale.? En ce qui concerne les appels au meurtre, par exemple, la loi les interdit, elle ne compte pas sur la moralité de chacun. Pourquoi l’économie, qui est capable de broyer des millions de personnes, serait-elle exempte de donner le « bon » exemple?
      Pourquoi un patron qui délocalise quand tout va bien, et pendant ce temps, augmente la prime des actionnaires et s’octroie des dividendes ne serait-il pas puni? Je dis ça sans être ni marxiste, ni socialiste. ça me paraît être justice… Non?

    29. Toréador Says:
      mars 28th, 2008 at 15:46

      Je suis plutôt d’accord avec Chaf. Et j’applique aussi un raisonnement pratique : si le capitalisme ne respecte pas l’homme, il découvrira bientôt que ce dernier n’est pas seulement consommateur ou manoeuvre, mais aussi électeur.

    30. Oppossum Says:
      mars 28th, 2008 at 16:43

      @ Chafouin
      La logique d’un système est la résultante démultipliée de nos micro-comportements et pas un substrat autonome qui ne suivrait qu’ une logique purement interne.
      La loi peut corriger, donc nous contraindre individuellement. Mais elle ne peut pas tout, sur tous. Elle ne peut pas fixer toutes les règles du jeu. Et la loi doit être aussi l’expression d’un consensus …
      Ou bien alors on change de système …

      Pourquoi n’y a-t-il pas de loi punissant les délocalisations ? Parce que si ça marchait sans casse par ailleurs, ça se saurait et probablement nos démagogues de tout bord l’auraient-ils déjà proposé.

      Quant aux primes et dividendes des actionnaires, ils sont en train de fondre en bourse … : c’est donc le marché, lui même, qui fait justice et corrige aveuglement, certes, l’illusion de la richesse .
      Ceci étant on pourrait mieux partager. OK . Si tant est qu’il y ait une manne, quelque part, qui comblerait tous nos déficit publics, équilibreraient tous nos régimes, financerait la recherche, l’EducNat, la culture, les vieux, les malades …
      Sans parler des investissements nécessaires à nos entreprises et de leur protection pour qu’elles ne soient pas ‘croquées’ par les Ricains ou les Chinois …

      L’éventail excessif des salaires entraine une démotivation subie ? Oui mais sous certaines mentalités, le resserrement de l’éventail des salaires aboutit également , non pas à une re-dynamisations mais à une paupérisation par démotivation choisie . Sans compter que des circuits occultes se mettent en place pour recréer l’ancien écart ….

      Entendu cet ‘imbécile’ (sens étymologique) de de Birenbaum sur Europe « Kerviel a fait perdre 5 milliards d’euros, soit l’équivalent du budget du RMI sur 1 an » !!!! alors que rien n’a été perdu parce que soit c’est passé d’une poche à l’autre, soit cela n’existait pas.

      Fétichisation de la monnaie aurait dit … Marx

      Oui Toréador , l’électeur peut toujours voter contre le capitalisme . Ils refera ses comptes après …

    31. le chafouin Says:
      mars 28th, 2008 at 18:09

      @Toréador

      Sauf que la seule solution proposée comme laternative, c’est le communisme, c’est-à-dire un mal pire encore. Franchement, qui croit que Besancenot ait une compétence suffisante pour gérer un Etat? Ce serait la banqueroute en six mois.

    32. Toréador Says:
      mars 28th, 2008 at 20:35

      Justement. Je maintiens qu’il est possible d’imaginer une alternative au capitalisme qui ne soit pas le communisme. Reste à l’inventer.

    33. xerbias Says:
      mars 28th, 2008 at 23:01

      « rien ne s’est passé comme les interprètes, les successeurs, les théoriciens , les praticiens de l’après Marx l’avaient prédit.”

      Ben la baisse tendancielle du taux de profit des entreprises, c’est quand même du pur Marx/Engels il me semble, et ça s’est révélé bien faux. Et Marx n’avait pas vraiment prévu la force d’une classe qui soit ni prolétaire, ni propriétaire des moyens de productions, il ne voyait qu’une petite bourgeoisie sans avenir.

      « En tout cas, la merde, elle , est nettement plus fréquente. »

      Ah oui ? Par rapport à quand ? J’ai toujours du mal avec le « c’était mieux avant ». Par rapport à l’époque de Marx, j’ai nettement l’impression que ça va mieux. Le réformisme a permis de grandes avancées dans le capitalisme. Quand je prends en compte des critères comme l’espérance de vie, l’alphabétisme, la santé ou le niveau de vie, globalement, c’est en bon progrès.

      A voir autant d’agitation sur la crise financière actuelle, ça me rappelle le livre de Michel Albert, « Capitalisme contre capitalisme », où l’on nous annonçait que le capitalisme libéral américain était cuit (en 1990), que ce qui dominerait ce serait le capitalisme protecteur rhénan et nippon dominerait le monde sans ciller. A l’époque, l’actualité le laissait en effet présager. Mais toute la décennie suivante a été consacrée aux crises allemandes et japonaises, et à la santé de l’économie américaine.

      Donc bon, je pense sincèrement qu’aucun d’entre nous verra la fin du capitalisme. Rares sont d’ailleurs les pays où l’on s’intéresse encore à Marx.

    34. le chafouin Says:
      mars 29th, 2008 at 0:04

      @Toré

      Bah… IL ne te reste plus qu’à voter Bayrou! ;)

      Plus sérieusement c’est ce que je cherche aussi. On peut fonder quelque chose si tu veux. Un truc efficace et rationnel, mais juste.

    35. Toréador Says:
      mars 29th, 2008 at 9:59

      Un truc nommé Kiwis ? :-)
      Tu proposes quoi ?

    36. le chafouin Says:
      mars 29th, 2008 at 14:13

      ;)

      La troisième voie, c’est un peu ce que tout le monde cherche depuis des années… C’est ce que Bayrou cherche à faire au delà de l’idée d’un centre indépendant! Le problème c’est qu’il perd toute crédibilité car il est totu sauf indépendant.

    37. Oppossum Says:
      mars 29th, 2008 at 15:29

      @ Xerbias

      J’ai surtout voulu dire que nombre de prédictions qu’on a fait dire à Marx étaient , elles , quasi toutes fausses.
      Cela dit, Marx s’est également trompé tout seul. Comme plein d’autres penseurs auxquels on s’interesse encore. Et il n’a pas fait que des prédictions.

      Quant au « merdes », j’en comparais leur fréquence plus élevée à celle des grands soirs qui n’arrivent jamais, des lendemains qui ne chantent pas forcément très juste, et des cracks sans cesse reportés.
      Cela dit, effectivement, de temps à autres il arrive quelque chose. En général que personne n’a prévue.
      Comme ca on peut alors se dire les uns aux autres : « On vous l’avait bien dit ! »

      Autre chose : vous dites « Par rapport à l’époque de Marx, j’ai nettement l’impression que ça va mieux. … l’espérance de vie, l’alphabétisme, la santé ou le niveau de vie, globalement, c’est en bon progrès »

      Et je suis entièrement d’accord avec vous …

      Mais parfois , ça va bien vite tout ça … avec des dégats collatéraux . Etait-on obligé de déstructurer l’économie du Sud pour un meilleur taux de remboursement de la sécu et des écrans plats ?
      Bon l’espérance de vie c’est chouette mais ce n’est pas le but de la vie en soi. Le niveau de vie … bon , ça aide , mais j’imagine que l’homme préhistorique avait lui aussi ses moments de bonheur. En tous cas , eux, n’avaient inventé l’exploitation des enfants du tiers ou du quart monde …
      Je chipotte car je sais que personne n’a fait expres et que tout ça c’était pour mon bien, je sais.
      Bon je chipotte. C’est que je me mefie de la culture du résultat à travers des indicateurs qui nous arrangent bien.

      En même temps on n’a pas grand chose d’autres pour mesurer (les autres indicateurs sont pires) , et cela traduit tt de même un certain consensus ok.

      Mais comment un système produisant tant de ‘Bien’ ait un indice de satisfaction si bas , en même temps ? C’est quand même un problème .

      L’idéal serait de travailler directement sur l’indice de satisfation des gens. De se concentrer dessus. A mort. Cela présenterait l’avantage de se substituer à tous les autres critères, dont les résultats n’auraient plus aucune importance !
      Pas con non ?

    38. Ozenfant Says:
      mars 29th, 2008 at 17:48

      Ce n’est pas le capitalisme que je remet en cause, c’est sa sclérose !
      Sclérose qui c’est accélérée quand le contrepoids du communisme lui même gangréné par les abuts de la nomenklatura c’est écroulé.

      Les « comment » m’intéressent assez pour que je renonce sans regret à la vaine recherche des « pourquoi », disait Roger MARTIN du GARD.

      Dans le cas du dogme néo-capitaliste, ce n’est pas le POURQUOI du libre marché qui est en cause, mais le COMMENT il s’est pervertit.

      Nuances, encore nuances, toujours nuances !

    39. le chafouin Says:
      mars 31st, 2008 at 10:42

      Tiens toréador, la voilà ton alternative : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_sociale_de_l'%C3%89glise

      Lis, et dis moi ce que tu en penses!

    40. le chafouin Says:
      mars 31st, 2008 at 10:43

      oui bon le lien marche pas alors tape doctrine sociale de l’église dans google et puis voilà!

    41. Toreador Says:
      mars 31st, 2008 at 10:53

      J’en pense que j’avais déjà parlé de ceci ici : http://www.toreador.fr/2008/02/25/paso-doble-n%c2%b054-la-possibilite-dune-ile/

      :-)

    42. l'Arbre Blanc Says:
      mars 31st, 2008 at 12:31

      Si je peux me permettre de m’immiscer en passant dans vos réflexions …

      D’où peut-on tenir que le capitalisme est un allié du libéralisme politique ? Ceci suppose un accord entre ces deux modalités (l’une économique, l’autre politique) pour aller vers l’atteinte d’un même but.
      Or à mon avis, ce but est tellement naturel et général (assurer le bien-être des populations, par la promesse de l’embourgeoisement généralisé pour le capitalisme, par un certain auto-contrôle et une compatibilité avec l’exercice démocratique pour l’autre) qu’on ne peut pas mettre en avant une sorte de pacte, limite complot entre ces deux factions.

      Par contre, mettre en évidence les recouvrements (voire les confusions) ou les compétitions de rôle entre DIRIGEANT économique et élu-DIRIGEANT politique, les arrangements entre amis pour faire court, me paraît judicieux, même si ce n’est finalement qu’un contrat, qui plus est à durée déterminée (le jour où c’est moins cher ailleurs, on délocalise. Le jour où la gauche gouvern(ait)e, on nationalise). L’équilibre entre les deux factions n’existe que par les intérêts communs partagés, les intérêts spécifiques ayant le rôle du centrifuge.

      Il me paraît donc complètement absurde de parler de morale dans le capitalisme, mais aussi dans tout système économique performant, c’est-à-dire concentré sur son coeur de métier. Là où le capitalisme gagne, c’est qu’il est plus efficace économiquement que les autres, et tient toujours le monde par la promesse de l’embourgeoisement de masse. Vouloir un capitalisme moralisé, c’est comme prédire la fin de la lutte des classes : c’est un idéal inatteignable, qui n’a comme bon côté que d’apporter du rêve. Mais gare au passage à la réalité ! (Cf expériences communistes).

      Enfin, Marx n’a jamais prédit la mort du capitalisme. Sa prédiction était que le capitalisme deviendrait tellement insupportable pour les dominés (le prolétariat) que ceux-ci se révolteraient et prendraient le pouvoir. Puis, et c’est un second pas distinct QUI N’EST JAMAIS SURVENU dans le meilleur des mondes communistes, les classes auraient été abolies, il n’y aurait plus eu de dirigeants d’un côté et de dirigés de l’autre, chaque personne pouvant alors devenir l’HOMME TOTAL (Cf Marx).

      Marx s’est doublement trompé dans la mesure où : 1. En Occident le capitalisme a pu continué à progresser avec le progrès de la majorité (je ne dis pas de tous) 2. Les expériences de révolution prolétaires ont tourné à la création d’une nouvelle classe dirigeante, les bureaucrates, qui ont pris le pouvoir, recréant une classe dominatrice sur l’autre partie de la population. En gros, la prédiction de Marx présentaient, à mon avis, une sous-estimation sociologique et une sur-estimation économique.

      Et pour ce qui est de l’endettement de la planète, je me demande jusqu’à quel jour la vérité suivante restera bien cachée : l’endettement nourrit la croissance (et donc le capitalisme qui est le système économique réel). Si nous croissons, c’est parce que nous nous endettons (plus quelques autres facteurs : variation des taux de change, et désormais négligeable extraction de métaux précieux).

      Il faudrait donc le dire de manière nette : il faut oublier Marx. Gardons les classes, gardons l’échec des expériences marxistes. L’alternative, au fond, ne se pense à mon avis que dans la compatibilité avec les éléments suivants :
      - des dirigeants et des dirigés qui acceptent de l’être, par intérêt ou autre,
      - un système économique au moins aussi performant que le capitalisme en matière de production de richesses, capable d’implémenter la promesse bourgeoise,
      - une politique porteuse de morale, et capable de sauver celle-ci (démocraties, droits fondamentaux)

      Et ce n’est ni le Modem, porteur de rien du tout, si ce n’est d’un idéalisme rationel foireux bien de chez nous, ni les extrèmes gauchistes, gavés à la lutte des classes, qui peuvent nous apporter quelque chose. Il me semble que c’est quelque chose de l’ordre d’un nouveau socialisme, d’une social-démocratie plus forte, dont personne n’est porteur en France, peut-être quelques bribes d’idée à grapiller en Amérique du Sud …

    43. Toreador Says:
      mars 31st, 2008 at 12:45

      Cher Arbre :

      1/ L’alliance naturelle existe, parce que dès le départ, il y a eu confusion entre le libéralisme économique et le libéralisme politique. En effet, les démocraties libérales étaient les plus ouvertes au libre-échange (Royaume-Uni, France de Louis Philippe) alors qu’à l’inverse les régimes autoritaires préféraient l’autarcie ou du moins le contrôle. La base de la réflexion était que le progrès matériel accompagnerait le progrès politique.

      2/ La prédiction de Marx est justement en train de s’accomplir : les perdants de la mondialisation dans les pays développés sont devenus quasiment majoritaires (cf. le résultat du référendum européen, qui a traduit un rejet d’une ouverture plus grande à l’international, signe d’une fragilité) et la révolte se fera donc. Par les urnes.

      3/ Contrairement à toi, je pense que l’avenir est dans l’alternative radicale. J’ai cité dans le billet rappelé au commentaire précédent un autre post où je faisais la liste de ces idéologies d’avenir.

    44. l'Arbre Blanc Says:
      mars 31st, 2008 at 13:33

      Cher Toreador :

      1. Alliés de départ, certainement. Alliés d’aujourd’hui ? Toujours. Mais c’est une alliance fragile, que j’appellerais plutôt un contrat. N’oublions pas que le capitalisme peut être aussi l’allié d’autres types de régimes (Cf Chine, Russie, où il sert les classes dirigeantes politiques). J’aurais tendance à mettre dans la balance le nœud commun que représente l’individualisme, ferment de la démocratie (ou de l’anarchie) et nécessité dans un environnement économique où la règle devient la spécialisation, la différenciation.

      2. Marx a prédit qu’en se développant le capitalisme serait MECANIQUEMENT de plus en plus insupportable. Or, même en mettant de côté sa trajectoire depuis 150 ans, sa diffusion au niveau mondial n’appauvrit pas TOUS les prolétariats, mais certains seulement (pays développés) en ce moment. Car à ce stade le capitalisme franchit une étape tellement gigantesque qu’elle s’accompagne d’un essoufflement ou d’un abandon relatif des travailleurs de certaines nations (au profit d’autres). Ce qui se passe, c’est que les supposés bénéfices de la mondialisation pour les prolétaires sont captés par les classes dirigeantes des pays développés, notamment les importateurs. Pour faire cours, le Jean qui devrait couter 3 euros continue à en couter 20, les importateurs et les distributeurs empochant le bénéfice.

      3. Réformisme ou révolution ? Le deuxième n’est-il pas un aveu d’échec du premier ou le déchaînement d’une violence totalement incompatible avec les principes libéraux ?

    45. Toréador Says:
      mars 31st, 2008 at 23:05

      1. Arbre blanc : merci de répéter avec tes propres mots la thèse de mon billet !

      2. Justement, comme la démocratie coïncide avec les zones où le prolétariat s’appauvrit…

      3. Justement : la révolution sera peut-être politique avec un proto-gouvernement mondial chargé de contrôler la mondialisation ? On ne décide pas des révolutions !

    46. l'Arbre Blanc Says:
      avril 2nd, 2008 at 13:21

      Bref, invoquer Marx dans ces circonstances … ce serait plutôt, de mon avis, le moment de s’en libérer. Bien peu de gens le considère simplement comme le symbole d’un idéalisme qui est une constante des masses de l’humanité, beaucoup s’aveuglent encore dans une solution ou une piste concrète et éminemment repoussante.

      A ce titre, il serait intéressant de voir comment a procédé « Die linke » en Allemagne, et faire également le tour des pays d’Europe pour voir si la France y fait bien figure d’exception marxisante figée dans une certaine rapacité politique, comme j’en ai l’intuition. Et ce bon vieux modèle scandinave, comme se porte-t-il ? Question intéressante aussi.

      Concernant l’altermondialisme, je conseille la lecture du point de vue suivant : http://www.laviedesidees.fr/L-altermondialisme-essoufflement.html

      A voir également : le point de vue de BHL sur la question, exposé dans ces relations à la question de la démocrate libérale à gauche : http://www.blogdudemocrate.org/2007/11/16/bernard-henri-levy-ou-la-gauche-a-lendroit/

    47. Toréador Says:
      avril 2nd, 2008 at 14:36

      Attention, je n’invoque pas toutes les idées de Marx, mais son diagnostic !

    48. Olé n°125 : Tuez les tous, la Main Invisible reconnaîtra les siens ! | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” Says:
      septembre 18th, 2008 at 1:06

      [...] s’autorégule par lui-même. Nous avions déjà eu un débat nourri il y a quelques mois, car mon analyse du capitalisme diffère souverainement de la sienne. Or, Seb remet le couvert cette semaine…il faut relire ce passage éclairant :”Le [...]

    49. IAM WAW Says:
      octobre 12th, 2008 at 11:34

      le capitalisme avec ses crises ne peut que engendrer des situations sociales menant à des révolutions et des guerres qui feront des tats de vistimes humaines et des bains de sang …. regarder cette vidéo et vous allez comprendre à quoi mène la liberté du marché et la domination capitaliste :
      http://video.google.com/videoplay?docid=3767487358149440770

    50. Y’a-t-il un péril vert? « Pensées d’outre-politique Says:
      novembre 1st, 2008 at 3:24

      [...] Pour couper la chique aux barbus de tout poils, qui souhaitent pouvoir représenter une alternative au capitalisme et au marxisme. Pour éviter que l’Islam ne soit le refuge d’idéologues L’islam ne connaît [...]

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