• Les Archives Glorieuses de l’Arène

  • Publicité

    Proud member of Kiwis ! Abonnez-vous à ce blog
  • Bronca !

  • Combien de visiteurs uniques depuis le 1er janvier 2007 ?

  • Catégories

  • Amour, gloire et beauté

  • « | Home | »

    Banderille n°211 : Pléistocène, Holocène et Mises en scène*

    Par Toréador | mars 30, 2008

    C’est le printemps !

    Y’a d’la joie, bonjour, bonjour les hirondelles ! Le départ de François Hollande de son poste de premier secrétaire, après 11 années de cogestion, fait office de bouchon de champagne libérant un jet de mousse alcoolisé de mauvais Champomy, ou bien de couvercle sur une marmite qui se déglinguerait après des années de pression. Car cela bouge au PS : voici que se réveillent les ambitions ! C’est le printemps !

    Et à mesure que le parti décongèle et sort de son hibernation, les militants du P.S découvrent un parti qui ressemble de plus en plus à l’armée mexicaine tant dénigrée par Estrosi à propos de l’UMP.

    Car au PS, on n’a pas d’idées, on n’a pas de pétrole, mais on a des candidats. Si c’était le printemps du cinéma, on hésiterait sur le titre du film : 300 (les héroïques grecs qui refusent de plier devant l’Empereur des Perses et se font massacrer) ou 10 000 (le très mauvais film préhistorique où l’on attend l’élu qui sauvera le peuple alors que meurent les mammouths).

    Listons d’ailleurs, si vous le voulez bien, tous ces mammouths prisonniers de la fonte des glaces :

    Il y a les candidats-présidentiables qui se présentent au poste de Hollande sans penser à 2012 (Royal), les candidats qui ne veulent plus être premier secrétaire mais s’estiment présidentiables (Holande), les candidats qui sont théoriquement présidentiables, et a fortiori premier-secrétables … mais qui officiellement ne sont pas vraiment candidats (Delanoë). Et puis cela se complique encore : les premiers-secrétables qui ne sont pas présidentialisables (Moscovici, Dray), les ex-présidentiables qui aimeraient être premiers-secrétables (Jospin, Fabius ?), et enfin tous les ex-quelque chose ou les exécrables qui aimeraient bien être quelque chose (Aubry, Bartolone, etc…).

    Onze

    Onze est le chiffre qui colle finalement le mieux au P.S : avec 11 joueurs on fait une équipe de football.

    Le P.S, lui, a bientôt 11 candidats au poste de premier secrétaire, mais il en est toujours à discuter sur le nom du capitaine. Le Parti Socialiste est un parti collégial – il est géré par un collège de personnalités – mais certainement pas un parti collectif : il n’y a pas d’équipe poursuivant un objectif commun, mais plutôt divers égos posant les futurs jalons de leur carrière politique.

    Onze ensuite, comme autant d’années de perdues, parce que le parti n’a pas voulu trancher son noeud gordien idéologique. Sur le plan des idées, la divergence est vieille comme le monde : l’aile droite penche pour le Modem (hier les radicaux), l’aile gauche pour les communistes et les verts. Mitterrand avait su faire la synthèse. Jospin l’avait sublimée. Depuis lors, il n’y a plus rien.

    Le programme commun du P.S tient en trois mots : il faut « augmenter » (généralement, tous les revenus sociaux, mais jamais les impôts), il faut « être uni« , et il faut « s’opposer » à Sarkozy. De la part de nos apprenti-roitelets, pas une ligne claire, pas une once de programme, pas même un début de vision stratégique. Le parti de Jaurès est devenu un parti de godillots qui ingurgite et recrache en permanence les slogans préfabriqués de la direction. C’est la dictature du prolétariat … des idées !

    * Pour comprendre toute la subtilité de ce titre léger et de bon goût, il convient de rappeler à ceux qui ne sont pas paléontologistes amateurs que les mammouths se sont éteints au moment du réchauffement climatique correspondant à la fin du Pléistocène. La période interglaciaire qui a suivi s’appelle Holocène. Voilà qui vous permettra de faire sensation lors de votre prochain dîner en ville.
    Tags: , , , , , ,

    Sujets: Banderille, Toréador critique la Gauche | 17 Comments »

    17 réponses “Banderille n°211 : Pléistocène, Holocène et Mises en scène*”

    1. amike Says:
      mars 31st, 2008 at 10:06

      cite: « Le programme commun du P.S tient en trois mots ».

      Non, un seul : commun. Voila la vraie plus-value du PS. Le programme suivra…

    2. Rébus Says:
      mars 31st, 2008 at 14:04

      À un premier secrétaire dépourvu de charisme mais sachant arrondir les angles, sans toutefois jamais s’imposer, va succéder la guerre des chefs… Ben, rien de nouveau depuis 2002 en fait.
      Pour revenir sur Estrosi, y a t il queqlu’un qui réfléchisse au PS ?

    3. Oppossum Says:
      mars 31st, 2008 at 14:59

      Bon billet
      Mais attention , la gauche fonctionne de telle façon qu’il n’y a pas toujours besoin d’un programme. Un catalogue de bonnes intentions élaboré par des assises plurielles très larges suffit.
      Avec comme ciment un enthousiasme essentiellement de résistant.

      Et si la plus moderne n’était pas en fin de compte Ségolène ? Bon , uniquement parce qu’elle ne carbure pas à l’idéologie et qu’elle est assez libre.
      Et que sous sa bêtise, elle paraisse avoir de l’intuition. Avec en plus un coté traditionaliste qui la protège de certaines dérives.

      Dommage qu’elle soit nulle. (Quoique épaulé par Peillon …)

    4. Philippe Says:
      mars 31st, 2008 at 15:28

      @Toré,
      Le paradoxe, c’est que la gauche a des électeurs.
      Pourquoi ne pas pêcher des cadres dans ce vivier provincial au lieu de maintenir des types usés à force d’être vus er entendus?
      Je suis un de ces électeurs, sans ambition personnelle mais je connais des militants qui feraient mieux que les Hollande et consorts.

    5. Manue Says:
      mars 31st, 2008 at 16:45

      Commun, commun, c’est vite dit …
      Pas grand monde n’a qoi que ce soit en commun dans ce parti, hormis le nom « socialiste », mais comment un même terme pourrait-il couvrir une étendue qui va de DSK-Valls à Emmanuelli-Hamon ?
      Là est le principal problème du PS à mon sens. Si déjà ils tranchaient ce point, ça diminuerait de moitié les candidats, déjà …

    6. jane Says:
      mars 31st, 2008 at 17:41

      si je vous suis bien Opposum, pour satisfaire à la la modernité il faudrait par défaut choisir la bêtise teintée d’intuition et corsetée de traditionalisme? bigre…nous crevons sous la bêtise et il faudrait en redemander??

    7. Ozenfant Says:
      mars 31st, 2008 at 17:47

      Dommage que l’intelligence terrorise les Français du 21ème siècle, sinon, il y aurait Védrine:
      « Aucun programme politique écologique radical ne peut être accepté sans révolte par les populations du monde telles qu’elles sont actuellement. En revanche, on ne peut pas complètement exclure que, si nos sociétés prennent conscience d’un danger imminent, de pollution massive, ou de pénurie tragique, elles réagissent de façon brutale. Les gens seraient peut-être prêts à soutenir n’importe quel pouvoir qui prétendrait perpétuer notre mode de vie et de consommation par des mesures autoritaires, notamment en matière d’énergie. Si nos sociétés sont confrontées brusquement à des perspectives de manque qui les terrorisent, elles risquent de réagir n’importe comment. »
      http://www.decroissance.info/Entretien-Hubert-Vedrine-Serge

    8. Oppossum Says:
      mars 31st, 2008 at 19:14

      @ Jane
      C’est un choix qui appartient aux socialistes plus qu’à moi.

      Mais oui, même bête (C’est une énarque dont on se demande si elle a eu son bac), il n’est pas impossible, si elle travaille un peu et prend de la maturité , que je puisse la considerer comme la moins mauvaise solution … proposée par la gauche.

      Bien encadrée par un staff des plus hypocrites des plus intelligent des plus compétents, on peut l’imaginer menant une politique très peu de gauche, allant vaguement dans la bonne direction , sans creer trop de blocages …

      De plus Ségolène entretient un rapport irrationnel avec son électorat, et semble seule capable de dissoudre des blocages primitifs du gentil primate socialiste. (Au contraire de N.S. qui a réussi à tout raviver)

      Un peu d’imagination que diable !

    9. jane Says:
      mars 31st, 2008 at 20:17

      @ Oppossum,
      avancer des hypothèses si…follement…imaginatives, c’est de la sédition et je crois apercevoir déjà le rang des eunuques…

    10. boronali Says:
      mars 31st, 2008 at 22:17

      Toréador, vous avez définitivement l’art et la manière de rendre intéressant la pire des vacuités : la politique française. C’est un don rare.

      M’est avis que les « socialistes » méritent grandement une Bernadette Soubirou de la trempe de Madame Royal (en même temps, au rayon « midinette », les socialistes avaient déjà adoré Jospin …)

    11. Toréador Says:
      mars 31st, 2008 at 22:38

      @ Rebus. Non une page va se tourner, je pense. Mécaniquement les strauss-khaniens et les fabiusiens peuvent battre Ségolène s’ils s’unissent, mais je n’y crois guère. Je vois plutôt un candidat falot. C’est comme ça que Cotty est devenu président de la république !

      @ Oppossum; Ségolène a des idées mais il lui manque le recul et la patine du temps. Il est clair qu’elle, au moins, a une vision, certes confuse de ce que pourrait être la gauche

      @ Boronali. Merci. C’est qu’elle me passionne moi, car dans les petites alchimies médiocres se nouent parfois des tragédies. Imaginez si Gore avait été président au moment du 11 septembre ? La réplique américaine aurait-elle été différente ? La face du monde en aurait été (un peu) changée ? Je le crois. Et pour y parvenir, c’est quelques billets en Floride qu’il aurait fallu changer de boîte.

      @ Philippe : Effectivement, si la Gauche était logique, elle mettrait Colomb et Delanoë comme co-premiers secrétaires !

    12. gasper Says:
      avril 1st, 2008 at 13:59

      ah tiens! pourquoi Colomb et Delanoé?

      bon sinon, la guerre des égos, c’est quand meme la moindre des choses pour désigner un chef de file. a moins que le PS se décide à présenter un collège de candidat en 2012 (imagine, 11 co-présidents), la sélection ne peut que se faire par la confrontations des ambitions.

      quant aux alliances, tous disent exactement la même chose: confirmer, consolider l’union de la gauche (personne, même pas Royal, n’a jamais remis cela en cause).
      Reste a définir l’attitude a avoir avec le Modem, puisqu’il faudrait etre fou pour estimer, sur la base des résultats aux municipales, que l’alliance de la gauche serait de nouveau suffisante dans le cadre d’un scrutin national.

      Le PS va t-il continuer a considérer ces electeurs comme des « centre-droit » en embuscade (pour rappel le PS doit l’election de 50 de ses deputés a l’excellent report des voix du modem au 2nd tour des legislatives) ou va t-il enfin comprendre que cette masse d’électeur est bel et bien de centre gauche, continue de peser pres de 10% des suffrages au niveau national et se trouve donc etre incontournable, et que la politique de la main tendue sur les bases du « projet » socialiste est la seule stratégie qui vaille…

      ca fait 2 semaine que je dois pondre une note sur la question , mais je suis infoutue de trouver une analyse qui tienne la route sur le score du modem au niveau national.

      un joyeux < * à toi

      (*honteusement pompé sur un commentaire laissé chez embruns…)

    13. gasper Says:
      avril 1st, 2008 at 14:00

      je retente mon petit poisson:

      <

    14. gasper Says:
      avril 1st, 2008 at 14:02

      ben non ça marche pas… dommage…

      <

    15. Toréador Says:
      avril 1st, 2008 at 14:18

      C’est pas grave Gasper, c’est l’intention qui compte ! Le score du Modem au niveau national est simple : il n’a pas su attirer les déçus du Sarkozysme ni les déçus du PS parce que Bayrou a transformé, avec l’aide de Sarnez, le Modem en secte !

    16. boronali Says:
      avril 1st, 2008 at 16:45

      @ toreador : c’est là où l’on me traite (à tort) d’affreux cynique: pour moi, Bush, Gore ou Skippy le kangourou, les « boys » partaient de toute façon en Irak …

    17. Toréador Says:
      avril 1st, 2008 at 16:47

      Hum, pas si sûr. Pas en Irak. Si les réalistes, et non les néo-conservateurs, avaient été les conseillers du président, la cible aurait plutôt été l’Iran.