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    Banderille n°261 : Elections, piège à cons !

    Par Toréador | novembre 10, 2008

    Le Parti Socialiste, c’est franchement rigolo. Prenez leurs élections internes : l’idée de base d’une élection, voyez-vous, c’est de demander aux passagers de l’avion de voter pour qui doit être dans la cabine de pilotage. Cela s’appelle dégager une majorité et un chef.

    Or, le PS a un système de vote tellement sophistiqué, qu’il ne produit pas 1 vainqueur, mais… 4 perdants. Et pas de majorité.

    La bande des Quatre (la machine à perdre)

    Ainsi, Ségolène Royal, pourtant arrivée en tête, a perdu, puisque 70% du parti a, dans les faits , refusé de voter pour elle. Les commentateurs, à l’exception de Koz, ont oublié de le mentionner, mais elle avait quand même écrasé ses adversaires il y a deux ans avec 60% des suffrages aux primaires. Défaite donc, car son capital sympathie a fondu de moitié et car sa première place ne lui sert à rien. Royal détrônée.

    Du coup, pour éviter d’être à 15% dans 2 ans, elle a proposé d’acheter des électeurs. Le P.S, parti d’in-no-va-tion !

    2ème par ordre d’arrivée, Bertrand Delanoë. Lui aussi perdant. Perdant, parce qu’on l’annonçait comme le messie que le PS attend et parce que nul rideau du temple ne s’est déchiré lorsqu’Il est apparu. Perdant parce que malgré l’appui d’Hollande (qui s’était même aventuré à dire qu’il soutiendrait « la motion arrivée en tête », tellement il était certain de finir premier) , il ne finit ni en position de leader, ni en position d’arbitre. Son coming-out néo-libéral le place désormais en position défensive, vu la crise, et restreint ses marges de négociations avec la gauche du PS.

    3ème, Martine Aubry. Perdante aussi : elle état censée s’imposer dans le duel Royal/Delanoë et  n’est pas parvenue à le troubler. Elle n’a pas la légitimité par exemple pour disputer le leadership à Royal, alors que son positionnement, lui, en termes strictement politiques le justifierait. Moralité, au lieu d’être la tête de pont de la synthèse, elle va être le marchepied.

    4ème, Benoît Hamon. Encore un perdant. On sait désormais que les socialistes au P.S pèsent à peine 1/5ème des troupes. Ses 18% ne lui servent pas à grand chose : les additionner à Aubry ne donnera pas de majorité d’idées. Les donner à Delanoë ou Royal est impossible. Les abandonner en quittant le PS comme l’a fait Mélenchon serait irresponsable ou stupide. Hamon est donc condamné à devenir le nouvel Emmanuelli : suffisamment important pour peser, mais pas assez pour l’emporter.

    J’ajoute que le nombre de cadavres est plus important que les quatre cités plus haut : DSK, qui n’a plus de troupes en propre ; Moscovoci, qui a joué le mauvais cheval; Cambadélis, qui a soutenu aussi le mauvais cheval, etc…

    Le bateau ivre

    Le PS est donc, grâce à ce merveilleux système proportionnel dont on nous rabat les oreilles, devenu parfaitement ingouvernable, à la merci des petits arrangements entre amis dans lesquels François Hollande excelle. Attendons-nous à un mariage et… quatre enterrements.

    Pauvre PS. Sa majorité d’opinion (sociale-libérale) ne peut prendre le pouvoir, parce qu’elle est divisée à peu près 60/40 sur le choix de son leader. Sa minorité d’opinion (socialiste) pourrait trouver un chef, mais elle est minoritaire en voix.

    D’où la solution : trouver un bouche-trou, un type qui ne fasse pas peur à personne. Il faut donner du temps au temps, car le temps règle tous les problèmes. D’ailleurs, c’est comme ça que la France a réglé son problème du chômage. Ils ont fini par devenir des retraités !

    Dans l’intervalle, vous imaginez : c’est un Rebsamen ou Peillon qui auraient la lourde tâche de ferrailler avec Nicolas Sarkozy. Dans un avion, cela s’appelle le pilotage automatique. On avisera bien au moment de l’atterrissage…

    Le P.S est en passe de devenir le post-scriptum de l’Histoire politique de la Vème République. Ou un erratum ?

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Gauche | 15 Comments »

    15 réponses “Banderille n°261 : Elections, piège à cons !”

    1. Seb Says:
      novembre 10th, 2008 at 10:37

      Pas d’accord. La récente scission du PS ouvre la voix et libére les mains des socio démocrates qui ne demandaient que cela et qui pourront draguer Bayrou sans aucun soucis, lequel tendra les bras à la première personne susceptible de le sortir de son désert politique.

      J’imagine donc un grand parti socio dem ou une alliance et une gauche socialiste plus marquée, plus proche du NPA (alliance ?) avec Ménichons et Hamon…

      Quoi qu’il arrive, c’est tout bon pour la droite meême si je dois avouer qu’une colalition socio dem serait dangereuse.

    2. Toréador Says:
      novembre 10th, 2008 at 11:40

      Ce qui est bon pour la Droite, le Modem et NPA, ce n’est pas à l’avantage du PS !

    3. Seb Says:
      novembre 10th, 2008 at 13:45

      Si tu analyses l’échiquier politique français. Trois blocs se dégagent. La droite dite dure, UMP, conservatrice sur certains points quoique la présidence Sarkozienne l’a un peu décollé de ses bases traditionnelles. Les soc dem, centristes, royalistes qui se disent qu’aprés avoir tantot essayé la droite, la gauche, ce serait bien de mettre les deux ensembles. Puis les perdus de la médecine, éternels marxistes anti systèmes, anti europe, anti tout en fait.

      Ces trois blocs là existe et tiraillé le PS jusqu’alors, la démission de Ménichons ouvre la voix a la refonte de tout… Enfin j’pe me tromper… Surement meme…

    4. oppossum Says:
      novembre 10th, 2008 at 14:14

      Tout est relatif, Toré : globalement S.R. regresse mais par rapport à sa déroute annoncée et au succès programmé de Bertrand … elle ne s’en sort pas si mal, en faisant preuve d’un réalisme efficace , dont semble dépourvu son rival (cf les J.O. de Londres) : si elle manoeuvre bien , elle choisira donc le prochain 1er secrétaire. C’est considérable.

      Et Hamon n’est non plus pas perdant.

      Et BD + MA , même s’ils sont les perdants , ont un pouvoir de blocage considérable.

      Ce qui me frappe surtout c’est cette extraordinaire capacité de la gauche, et surtout des socialistes, à bricoler des raisonnements pour jeter la suspicion sur les résultats de tout type de scrutin non conformes à leurs souhaits.
      Faisant semblant d’oublier qu’un mode scrutin est un compromis entre l’idéal et l’efficacité, ils n’ont alors à la bouche que le sublime argument de la Démocratie Absolue … qu’il oublie dès que ledit scrutin leur donne satisfaction.

      Et quand on pense qu’il s’agit là d’un mode qu’ils se sont choisis eux mêmes.

      Depuis le départ les notables du PS ont toujours considéré que les succès et victoires, ou demi-victoire de S.R. au sein du PS , n’ étaient finalement, que des « anomalies démocratiques »

      J’hésite entre consternant et ecoeurant . Peut-être les deux.

    5. Toréador Says:
      novembre 10th, 2008 at 15:17

      La capacité à bloquer les choses ou détruire le PS n’est pas la capacité de construire et de diriger.

      Je suis d’accord avec ton analyse Seb, mais je vise le parti en tant qu’institution.

    6. Ozenfant Says:
      novembre 10th, 2008 at 19:17

      Toreador,
      Je sollicite tes magnanimes excuses, à l’avance, puisque les propos de SEB me forcent à écrire une fois encore la même chose:

      Depuis 1981 le PS fait des pâtés !
      Un coup le pâté est trop sucré (à gauche) et les amateurs de sels (les bobos) s’en vont (1983).
      Un coup le pâté est trop salé (à droite) et les amateurs de sucre (les français d’en bas) se cassent (Jospin 2002).

      Tout cerveau doué de réflexion aurait dû en déduire que le salut n’était pas dans le zig-zag perpétuel droite-gauche, mais dans des choix concrets de société.
      Tout cerveau doué de réflexion, sait d’ailleurs que les chapelles, les dogmes et les étiquettes ne servent guère qu’aux politiciens incapables de discernement.
      Ce qui est nouveau depuis les année 80 c’est que les classes moyennes sont devenues majoritaires. La petite bourgeoisie de gauche s’est alliée à la bourgeoisie de droite pour constituer : « Les partis de gouvernement » (le PS.UMP). Nous avons donc actuellement un vaste conglomérat comprenant les artisans, les commerçants, les fonctionnaires, les enseignants, les professions libérales, les patrons, les intellectuels et les retraités aisés qui forment un bloc de citoyens plus ou moins privilégiés représentant plus de 50% de la population et dont le principale préoccupation semble de tenir à l’écart de ces privilèges, (aussi modestes soient-ils) la masse des employés, ouvriers, et autres emplois subalternes représentant moins de 50% .

      Les dirigeants du PS n’arrivent pas à comprendre que les pays d’Europe qui ont les classes moyennes les plus nombreuse, aisées et actives sont plus à gauche socialement et plus pragmatiques économiquement.

      Bien sûr, ils ne sont pas aidés en cela par une presse française bobocrate au dessous du niveau de la mer, mais quand même, au PS, personne ne pense beaucoup…
      Ou plutôt ceux qui pensent comme Hubert Védrine, sont soigneusement tenus à l’écart… les médiocres ont toujours terriblement peur des gens qui pensent !

    7. amike Says:
      novembre 10th, 2008 at 21:18

      Frêche et Collomb ont soutenu par défaut Royal, contre le Nord et la direction nationale des cadres. Ces 2 là ne pensent qu’à leur région-présipauté, ce fichent royalement (!) du reste de la France, et on peut donner du crédit à cette volonté de garder le PS comme parti d’opposition, càd le succès garanti aux élections locales.

      Wallonie, droit devant !!

    8. Ozenfant Says:
      novembre 11th, 2008 at 10:29

      Frêche (MON notable local) et Collomb, sont surtout des pragmatiques qui en ont marre des salades d’une sociale-démocratie bobocratique qui n’a plus que l’étiquette sur le bocal, représentés par les barons (Delanoé), fils ou filles de barons (Delors) du vieux PS.

      De social elle ne conserve que la préservation des privilèges accordés aux classes qui n’en ont pas le plus besoin… De démocratique elle ne garde qu’un simulacre dans un parlement exempt de parlementaires issus des classes populaires et exogènes.

    9. Ozenfant Says:
      novembre 11th, 2008 at 18:24

      Hi ! Hi !
      Ya rien à répondre à çà !

    10. dedalus Says:
      novembre 12th, 2008 at 18:03

      quand tu écrivais à propos de je ne sais plus qui : « je regretterai aussi la constance avec laquelle il tape sur la Droite : l’autocritique et la capacité à accepter le regard de l’autre sont des qualités que je privilégie. »… j’ai failli croire que tu privilégiais des discours tout en nuances façon dentelles.

      je lis avec plaisir que j’avais mal interprété :-)

    11. Toreador Says:
      novembre 12th, 2008 at 18:33

      Dedalus,

      mon record est sur la droite : 133 banderilles contre la Droite, 123 contre la Gauche !

    12. dedalus Says:
      novembre 12th, 2008 at 18:35

      adepte du « tous pourris » donc ?

    13. Toréador Says:
      novembre 12th, 2008 at 18:42

      Tu devrais lire mon blog avant de parler. Je crois qu’on peut me reprocher certaines choses mais pas celle-ci.

    14. dedalus Says:
      novembre 12th, 2008 at 18:51

      tu as raison. ce n’était qu’une question taquine. une micro-banderille.

      j’ai parcouru ton blog. pas assez encore.

    15. Estocade n°21 : De la guerre des deux Roses à la Guerre des Rose | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” Says:
      novembre 25th, 2008 at 1:00

      [...] par inhibition idéologique n’ose le dire. C’est le seul parti qui arrive à produire 4 perdants avec une seule élection. Ah pardon, j’oubliais Nicolas [...]