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Banderille n°282 : Docteur « Jassume » et Mister « Screwed »
Par Toréador | février 5, 2009
Les premiers pas d’Obama sur la scène politique sont éclairants, tant ils montrent les correspondances, mais surtout les différences avec Nicolas Sarkozy.
Ils s’aiment
Au registre des points communs, Courrier international pointait, la semaine dernière, dans l’un des articles reproduits, les frappantes similitudes entre les deux hommes, élus sur un programme de rupture, partageant un passé d’avocats au sang-mêlé et des épouses maîtresses-femmes.
Sur le papier, ils ont tout pour s’entendre. Dans la vraie vie, aussi. Normal, les emmerdements, ça rapproche.
Ainsi, Obama a dû se séparer de Richardson, secrétaire au Commerce, puis de Tom Dashle, son secrétaire à la Santé à cause d’une affaire de corruption. En France, on farfouille dans la vie de Bernard Kouchner; le Canard Enchaîné a Bernard Laporte et Santini dans le collimateur; et bientôt un livre sur Rachida Dati devrait encore un peu plus éclabousser le tableau.
Sur le plan interne, Obama comme Sarkozy peinent à convaincre leur opposition du bien-fondé du plan de relance de l’Economie.
Enfin, les deux se sont étranglés d’indignation lorsqu’ils ont appris que les banquiers aidés allaient récupérer des bonus de fin d’année mirifiques.
Ils se sont aimés
Et pourtant, depuis son élection, Obama n’a accordé qu’un rapide coup de fil à Sarkozy. Quel désamour ! France et Etats-Unis semblent adorer jouer au chat et à la souris. Alors que la plus grande partie du mandat de Bush s’est passée avec Chirac en vis-à-vis – un vrai clash des cultures; Alors qu’enfin nous leur avions enfin élu en 2007 un président pro-américain, néoconservateur et bushocompatible, voilà qu‘ils ont viré le leur pour un proto-chiraquien, autant intéressé par l’intérêt de l’Amérique que par les grandes problématiques mondiales que sont l’Ecologie et le développement !
Et c’est ainsi que celui-qui-voulait-être-le-meilleur-ami-de-l’Amérique se retrouve légèrement pestiféré !
Il faut dire que sur le fond, pour le moment, Obama n’a pas besoin de téléphoner à Sarkozy pour prendre des leçons. Sur l’affaire des bénéfices des banquiers, la sortie du calme Obama a eu plus d’impact que les rodomontades de l’Elysée : « C’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux (…) Ce qu’il va falloir entre autres, c’est que les gens de Wall Street, qui demandent de l’aide fassent preuve de retenue, de discipline et de davantage de sens des responsabilités» avait indiqué Obama. Pour lui, le peuple américain «n’aime pas l’idée que des gens creusent un trou alors qu’on demande aux américains de le remplir».
Voilà qui est autrement moins mollasson que «Il ne peut pas y avoir des efforts en bas, et aucun effort en haut». Nicolas Sarkozy s’est contenté d’inviter les banques à «prendre des engagements sur les dividendes à verser, sur la rémunération des dirigeants et sur les bonus».
Et dans les faits, si Nicolas Sarkozy a demandé haut et fort aux banquiers de faire ceinture et de renoncer à leurs avantages, Obama a fait mieux, et plus silencieusement. Selon le site Internet du New York Times, l’administration Obama devrait imposer une rémunération globale maximale de 500 000 dollars (384 000 euros) aux patrons et aux équipes de directions des établissements renfloués par l’Etat, donc en premier lieu, des banques et des constructeurs automobiles. Qui a dit que les Etats-Unis étaient le vatican de l’ultra-libéralisme ?
Enfin, ce que j’apprécie le plus chez Obama, c’est sa franchise. Lorsqu’il y a plantage, le président Américain dit « I screwed up » (« J’ai foiré« ) et le nôtre, « J’assume« . Tout un état d’esprit…
Tags: banques, capitalisme, Etats-Unis, France, Kouchner, méthodes, Obama, Richardson, sarkozy, styles, Tom DashleSujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 5 Comments »





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février 5th, 2009 at 20:30
Je te rejoins dans ton constats, la difference entre Sarkozy et Obama sur les salaires et les bonus c’est que l’un agit en légiférant et l’autre ne fait que causer en donnant des conseils.
http://cafecroissant.fr/2009/obama-tacle-les-patron/
Par contre sur les points communs je penses que tu raccourcis un peu:
Meme si tu conclues sur le sujet de l’entourage administratif des deux presidents en soulignant la difference entre j’ai foire et j’assume, je ne vois pas dans le fait que chacun soit mal entoure soit un point commun autre que le lot quotidien du milieu politique (le PS, l’UMP, le GOP ou les democrates ont tous leur lot de casseroles). Finalement la difference ne se limite pas a la franchise dans ce cas de figure mais carrement au traitement, Daschle, Richardson et Killefer ont tous immediatement demissiones des lors qu’il furent soupconnes ou convaincus de fraudes. Pas une seconde cette perspective n’a ete envisagee publiquement par le gouvernement francais.
Une autre difference majeure serait de souligner l’integration des lobbyistes qui s’amplifie en France et se voit de plus en plus limite aux US.
Enfin sur le plan de relance, il est rare que l’opposition soutienne automatiquement un plan de relance concocte uniquement par le pouvoir en palce, et la aussi il y a deux differences entre Sarkozy et Obama. Les republicains eux desirent un plan moins important et plus acces sur la baisse des impots, et en France l’opposition desire un plan de relance plus important et plus large. Le second point important a souligner c’est la volonte bipartisane d’Obama dans ce plan, il a rencontre l’opposition a plusieurs reprises et a integrer certaines propositions (en particulier sur le logement)…
PS : tu as fait une petite coquille, « I screwed up » et non « I swrewed up ».
février 5th, 2009 at 20:50
Je suis d’accord avec l’analyse de CI qui rapproche les deux hommes. Et je crois que le désamour, il vient justement de là, dans la mesure où les deux se font concurrence. Tu parlais de jeu du chat et de la souris, tu as raison ! Après « je t’aime, moi non plus », on a une belle rivalité entre l’Obama français et le Sarkozy américain.
Il ne reste qu’à voir comment ils vont tenir sur la durée, parce que dans la situation actuelle, il va bien falloir que l’un des deux se calme, notamment à l’international. Sinon, c’est le clash assuré !
février 5th, 2009 at 22:39
Rivalité Obama-Sarkozy, je veux bien… mais dans une confrontation USA-Europe. La France n’est pas dissoute dans un fédéralisme européen ; elle doit plutôt être considéré dans un jeu d’influence, qui dépasse même la présidence (française) actuelle. Et là, le rapport n’est plus aussi inégal ou d’une influence misérable…
février 6th, 2009 at 0:40
Sarko n’existe pas pour Obama. Parce que , actuellement, la France n’existe pas pour les USA. D’ailleurs L’Europe (G.B. exclue) n’existe pas dans la crise actuelle : vaguement protégée par l’Euro mais prisonière de sa Banque Centrale, chacun bricolant dans coin plus ou moins dans le même sens, elle ne fait que subir , elle participe plus ou moins, sans rien déclencher, sans rien entraîner ni dans un sens ni dans l’autre, sans être aucunement une solution.
Et si les attitudes de Sarko et d’Obama vis à vis des banques sont si différentes, c’est aussi que la situation des USA est infiniment plus préoccupante que la française et que les secteurs banquaires n’ont rien à voir.
Quant au « j’ai foiré » , on ne peut le dire qu’une seule fois, tandis que « j’assume » peut plus facilement être répété …
février 7th, 2009 at 14:26
L’europe ne subit pas. Simplement il est plus difficile d’agir à coté d’un bloc fort (USA) ; ou 2 (l’ex-URSS).
Mais les choses prennent leur temps et évolue… maerkel et sarkozy sont souvent ensembles. je ne peux pas croire que lorsque les représentants d’un ensemble de 150 millions d’habitants (soit la moitié des US) parlent, cela n’intéresse pas l’Obamaland.