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    Banderille n°284 : Des nouvelles de l’U.M.Pen prolétariat

    Par Toréador | février 9, 2009

    Déla(c)tion à l’UMP !

    Le tollé qu’a suscité la proposition d’Eric Besson m’a laissé perplexe. Le nouveau secrétaire d’Etat à l’immigration a annoncé mercredi sur Europe 1 que l’Etat promettait un titre de séjour de 10 ans pour tout clandestin qui dénoncerait son passeur. Le but: « démanteler les filières d’immigrations clandestines en Europe ».

    En effet, c’est une proposition salutaire. Les passeurs ne sont guère différents des esclavagistes d’autrefois, un crime aujourd’hui passible des tribunaux pénaux internationaux. Marchands de bétail faisant leur beurre du malheur de leurs congénères, je ne verrais pas pourquoi on ne les dénoncerait pas. Si votre voisin tue son cousin de sang froid, n’irez-vous pas le dénoncer à la police ? Si votre voisin exploite une coréenne de 10 ans dans sa cave, n’irez vous pas le dénoncer ?

    Alors en quoi dénoncer serait un acte systématiquement mauvais ? Dénoncer un ancien nazi, c’est bien. Dénoncer un juif en 43, c’est mal. Tout dépend qui vous dénoncez.

    Si les Villepin n’étaient pas là, Nous serions tous en Sarkozie… (Les Ricains, M. Sardou)

    Aussi, le député Jean-Pierre Grand, qui s’est exclamé « Après avoir quitté le PS, ce n’est pas l’UMP que Besson devait rejoindre. C’est au Front national qu’il devrait adhérer ! » s’est fait plaisir gratuitement. Il n’en sort pas grandi.

    Ce proche de Villepin qui vit clandestinement en Sarkozie s’est peut-être senti visé ? :-) . Moi en tous les cas, j’ai repéré un passeur qui fait passer des clandestins du PS à l’UMP….

    Que ceci cependant n’excuse pas la sortie tout aussi ahurissante de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, qui est venu samedi au secours du nouveau ministre de l’Immmigration, en assurant: « La dénonciation est un devoir républicain ». Je ne crois pas qu’élever non plus le « balançage » de son voisin aux flics au rang de vertu républicaine soit de très bon goût. Cela reste, et doit rester une exception.

    Peut-être Lefebvre prépare une reconversion au FN ? … Ok, je sors…

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 8 Comments »

    8 réponses “Banderille n°284 : Des nouvelles de l’U.M.Pen prolétariat”

    1. Garçon Says:
      février 10th, 2009 at 0:19

      Il ne s’agit pas qu’une personne tierce denonce un crime ou un delit dont il est temoin. Il s’agit de denoncer son propre bourreau avec toutes les retombees que cela peut avoir sur l’entourage qui lui ne recoit pas la protection de l’Etat. Ce n’est pas DU TOUT la meme chose.

      Par ailleurs la comparaison entre un passeur et un esclavagiste me laisse totalement dubitatif. L’esclavagisme sans compter que ce soit un crime contre l’humanite, atteint la dignite de la personne en la transformant en marchandise humaine ce n’est pas le cas du passeur qui monnaye un service totalement illegal mais n’est pas un marchand d’homme.

      Finalement comme tu le dis: Tout depend de qui vous denoncez.
      Et je te rejoins sur le fait que la dénonciation doit rester de l’ordre de l’exception et non du devoir. Toutefois j’ai la certitude que dans ce cas precis, l’appel a la delation est plus une demarche de communication gouvernementale qu’un veritable programme qui de toute facon n’a aucune chance d’efficacite.

    2. Toréador Says:
      février 10th, 2009 at 0:36

      On n’est pas d’accord sur le passeur, qui est pour moi quelqu’un d’abject qui profite de la faiblesse humaine et n’hésite pas à traiter ses frères comme du bétail.

    3. Garçon Says:
      février 10th, 2009 at 1:22

      Je n’ai pas dit le contraire, je tiens simplement a te faire eviter les amalgames… Traiter quelqu’un comme du betail et le vendre ce n’est pas pareil, surtout du fait qu’il y ait un acheteur dans l’equation.
      Ne fait pas semblant de ne pas entendre mon propos :) . Je considere tout autant que toi les passeurs comme des profiteurs de miseres qui se placent dans l’illegalite la plus totale. J’aurais espéré lire une formulation un tout petit peu plus nuancee que le terme « guère », simplement histoire de ne pas minimiser l’esclavagiste au rang du passeur illegal… L’esclavagisme perdure encore et du point de vue du TPI est considere comme un crime du plus haut rang.

      Desole de « te chercher des poux », mais je ne peux pas m’empecher d’exprimer ma pensee

    4. Toréador Says:
      février 10th, 2009 at 8:49

      Cher Garçon, c’est justement le point. L’esclavagisme perdure, même s »il a en grande partie disparu, et c’est un crime des plus odieux. Et je ne fais aucune différence dans les faits entre les 2. Ce ne sont pas seulement des profiteurs de misère et le Conseil de l’Europe partage ma vision :
      « Les migrants, victimes de passeurs peu scrupuleux, ne sont pas toujours conscients du caractère irrégulier de leur situation et des conditions d’entrée strictes dans les pays d’accueil. Dans la plupart des cas, les migrants employés clandestinement sont traités et exploités de manière inhumaine et dégradante, et subissent une violation flagrante des droits de l’homme. Ces restrictions de leur liberté constituent une forme moderne d’«esclavage déguisé». »
      cf. http://assembly.coe.int/Documents/AdoptedText/TA93/FREC1211.HTM

    5. Falconhill Says:
      février 10th, 2009 at 9:41

      Ce qu’a dit Lefebvre me parait plus con (et dangereux) que le mot malheureux de Grand.

      Enfin, c’est nul tout ça… (mais le billet est sympa).

    6. Garçon Says:
      février 10th, 2009 at 9:45

      Je ne crois pas que le texte que tu cites partage exactement ta vision (si tu me le permets):
      Il insiste sur la restriction des libertes qui accompagne dans la plupart des cas l’exploitation de migrants employes clandestinement ce que le texte compare a une forme d’esclavage moderne. Il s’agit bien de l’exploitation du travail du migrant qui constitue cette forme moderne d’«esclavage déguisé»

      En revanche ce texte qualifie le passeur uniquement par le terme « peu scrupuleux » ce que je trouve relativement choquant quand ce meme texte souligne le caractere irregulier de la situation du migrant sans insister sur l’illegalite du role du passeur.

      Toutefois, le passeur contrairement a l’esclavagiste d’antan ne dispose pas de la vie du migrant sans son consentement prealable, il ne le constitue pas prisonnier contre son gre (enfin pas de maniere systematique car il y a des cas particuliers ou le migrant est accule a une situation locale le privant de choix). Cette difference a mon sens est majeure, le passeur est un rouage de cet esclavagisme moderne qu’est le travail clandestin, mais le comparer a un marchand d’esclave me semble minimiser tristement ce qu’a ete l’esclavagisme d’antan voire l’esclavagisme « non deguise » d’aujourd’hui qui par exemple se constitue sans passeurs mais par enlevements directs afin de peupler les reseaux de prostitutions de nos pays riches en mal de « fillettes » …

      Nous ne tomberons surement pas d’accord, mais je tenais profondement a signifier ma surprise quant a la volonte de mettre sur un pied d’egalite un marchand d’homme et un passeur de frontiere.

      D’ailleurs tu n’etends pas la question de la « denonciation » des passeurs a celle des exploiteurs de la main d’oeuvre clandestine. Finalement, pourquoi monsieur Besson n’envisage t il pas de donner une carte de sejour a tout migrant exploite indignement et clandestinement, qui viendrait a denoncer son patron ?

    7. Toreador Says:
      février 10th, 2009 at 11:56

      @ Garçon
      Oui tu as raison sur le passage que je citais mais si tu lis la conclusion : « d’élaborer une convention visant à combattre toutes les formes de migration clandestine, en prévoyant notamment des sanctions pour les passeurs et les employeurs de migrants clandestins, à la lumière notamment des dispositions figurant dans la Résolution 1983/30 du Conseil économique et social des Nations Unies sur la lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation de la prostitution d’autrui, et la Résolution 1991/35 sur la suppression de la traite des êtres humains. »

      En réalité, je parlais de TRAITE des esclaves que je comparais aux passeurs, et non pas à l’esclavagiste d’arrivée. D’où l’ambiguité. En effet, dans l’esclavage, il y a 2 esclavagistes : celui qui achète et dispose, et celui qui transporte. Je pense que l’analogie tient pour la traite.

      J’ajoute que les exploiteurs ne sont pas au même niveau. Ils n’ont pas la possibilité de se débarrasser des plus faibles en pleine mer, comme le font les passeurs.

    8. Manue Says:
      février 10th, 2009 at 12:37

      Moi aussi je suis sortie … de groupe FB de Frédéric Lefèvre …