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    Paso Doble n°130 : Qu’est-ce qu’être de droite en 2009 ?

    Par Toréador | mars 29, 2009

    A las cinco de la manana…

    Jegpol Jones et le Temple du Péril

    Sans le vouloir, le Régent de la Blogosphère* a mis le doigt sur un sujet de taille. Afin de moquer l’entrée d’un certain Goux dans le réseau LHC, Jegpol s’est attaqué à ce réseau né d’une dissidence de Kiwis en le qualifiant de « réseau de droite »** et en pointant à juste titre que personne sur la toile ne voulait être revendiqué comme tel.

    Je serais plutôt de son avis, et donc pas de celui de Rubin. Même si LHC essaye désespérément de sortir de ce créneau en s’ouvrant à d’autres couleurs politiques, comme à Kiwis, son « comité directeur » est 100% monocolore. C’est la Chambre bleu horizon.

    Ce noble animal est un Kiwis et pas un LHC

    Reste que le problème dépasse LHC. Les Kiwis peuvent balayer d’ailleurs devant leur porte : ni H16, ni Laurent, ni Gauche totalitaire, ni Pierre Catalan ne revendiquent cette étiquette. Ils préfèrent les casquettes suivantes : « libéral », « gaulliste libre », « de non-gauche », ou « du centre ».

    A la recherche de l’Arche perdue

    Comment expliquer ce phénomène ? Je citerais pour ma part trois facteurs explicatifs :

    1/ Le poids du passé : le lourd héritage de Vichy. Le fait que la quasi-totalité de la droite « intellectuelle » ait inspiré, basculé, ou sympathisé avec Vichy l’a discréditée à la Libération. Les communistes, malgré le pacte Molotov-Ribbentrop, s’en sont eux sortis couverts de gloire.

    Du coup, il y a comme un fumet de suspicion autour de ces esprits brillants que sont Barrès, Maurras, Drieu la Rochelle, et même Peguy ou Bernanos, c’est dire. Ceux qui osent les lire ou les revendiquer sont promptement étiquetés « extrême droite », comme l’Insolent. Pour ma part, je considère que cet oukaze intellectuel s’est révélé être une véritable catastrophe pour la vitalité de la pensée française car la Gauche s’est retrouvée seule maîtresse du jeu et a donc soliloqué. En d’autres termes, la mort de la droite d’esprit a lobotomisé lentement la gauche intellectuelle.

    2/ Un facteur temporaire : le Sarkozysme. Ce curieux mélange idéologique entre gaullisme, libéralisme, et socialisme, saupoudré de manque de pudeur et de culot monstre joue peut-être dans le refus des blogueurs de droite de se positionner comme tels parce qu’être de droite, c’est être « sarkozyste« . Force est de reconnaître qu’à ma connaissance, aucun blogueur sarkozyste n’est encore en liberté sur le réseau, hormis les pourrissantes ruines de la campagne de 2007.

    3/ Le troisième facteur est un point d’avenir. Et si ce refus de se positionner comme de droite n’était en réalité pas le point d’aboutissement d’un divorce progressif entre les valeurs capitalistes et le conservatisme traditionnel ? L’évolution des moeurs a considérablement dissout les forces « de la réaction » : les catholiques de choc ne représentent plus que 10% de la population, la bourgeoisie s’encanaille, la France est déchristianisée. Dès lors, des sujets sociaux comme le mariage, l’avortement, la peine de mort deviennent moins clivants. A l’inverse, reste vivace le clivage économique, c’est à dire le débat sur la mondialisation. D’où des étiquettes plus marquées entre d’un coté les libéraux et néo-libéraux, et de l’autre les protectionnistes et étatistes.

    La dernière Croisade ?

    Comme je l’expliquais dans le kiwitest, le point clé du positionnement droite/gauche est, selon moi, la conception de l’homme et de l’histoire. Schématiquement, la Gauche a toujours cru, parfois naïvement, à un monde meilleurLa Droite, elle, a toujours défendu le passé et mis en garde contre des évolutions trop radicales.

    Le libéralisme vient brouiller ce clivage, parce que le libéral a une vision alternative à la Gauche du bonheur de l »Homme. Il est optimiste sur les capacités de coopération. Il peut même à la limiter confiner au libertarianisme, ce qui le placerait à gauche sur le clivage politique.

    Le plus probable, une fois que la fumée du Sarkozysme se sera dissipée, est que la droite sera scindée en deux : les libéraux d’un coté, les conservateurs de l’autre. Et il n’est pas certain que certains hommes « de gauche » ne finissent par préférer les seconds au premier.

    * Et oui, Jegpol. Si nous sommes bien d’accord pour dire que le Pape a abdiqué, que le Prince s’est enfui, tu ne peux être que « régent », en attendant évidemment la junte militaire de Kritikus.
    ** Pour ma part, je serais encore plus précis sur certains de ses membres qui sont surtout xénophobes et s’abritent derrière des syllogismes pour cacher leurs idées stupides.
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    Sujets: Paso Doble | 28 Comments »

    28 réponses “Paso Doble n°130 : Qu’est-ce qu’être de droite en 2009 ?”

    1. Blanc Cassis Says:
      mars 29th, 2009 at 7:03

      En 40-44, il y avait les collabos, les profiteurs du marché noir, les attentistes, les résistants.
      Aujourd’hui il y a les Penseurs Uniques bobiostes, les Mincistes opportunistes, les ignorants ignardisés par les premiers et les seconds , les « RuptuRiens », les éclairés critiques qui s’en prennent plein la tronche quand ils l’ouvrent.
      Encore quelques années, la situation se décantera puisque la majorité d’entre eux ira peupler les maisons de retraite que leurs enfants et petits enfants ne pourront ou ne voudront plus financer.
      Ils auront à payer la dette que leurs ancêtres jouisseurs instantanés à coup de crédit révolving, cautionnée par l’Etat qu’ils ont dirigé pendant 3 ou 4 décennies, leur ont laissée.

    2. Blanc Cassis Says:
      mars 29th, 2009 at 7:04

      Il fallait lire BoBioïstes, désolé

    3. RoseNoire Says:
      mars 29th, 2009 at 11:34

      Je suis tout à fait d’accord avec toi, Toré: à l’heure ou beaucoup de clivages traditionnels s’estompent, les différences Gauche-Droite sont de niveau philosophique et sociologique: qu’est-ce que la nature humaine, quelle est la place de l’Homme dans la Société.

      Et dans certains pays (comme la Belgique ou Israël, endroits où j’ai grandi et vécu), le clivage droite libérale/droite conservatrice est déjà consommé depuis longtemps. La première formation politique francophone est un parti libéral de centre-droit, fort progressiste sur les questions comme l’avortement, mariage gay, euthanasie etc…tandis que son aile conservatrice vieillit et disparaît peu à peu. Mais je m’égare.

      Je me demande néanmoins: alors qu’ici, pendant l’Occupation, il y a eu Léon Degrelle et Staf De Clerck qui valaient bien Pétain…le ménage a été fait dans les placards et il n’est en rien une « honte » ou un tabou de se dire de Droite. C’est juste une tendance politique parmi les autres.

      Quant au libéralisme, il faudra que quelqu’un m’explique un jour pourquoi c’est un si vilain mot en France. Je n’ai jamais bien compris pourquoi et cela m’intéresserait d’avoir les origines historiques et sociétales de ce phénomène de rejet.

    4. Didier Goux Says:
      mars 29th, 2009 at 11:53

      Un certain Goux… Un certain Goux…

    5. Nicolas J Says:
      mars 29th, 2009 at 12:45

      « Le plus probable, une fois que la fumée du Sarkozysme se sera dissipée, est que la droite sera scindée en deux : les libéraux d’un coté, les conservateurs de l’autre »

      Tu as oublié : « et que la gauche aura disparu ».

    6. Nick Carraway Says:
      mars 29th, 2009 at 13:11

      Euh… si la droite est discréditée et honnie en 1945, De Gaulle l’a complètement relevée en une dizaine d’années (cf les élections législatives de 1951)

    7. Rubin Says:
      mars 29th, 2009 at 15:03

      1) Sur LHC :

      Le comité directeur est « monocolore » ? C’est toi qui le dis.

      Tu peux le croire ou pas, mais je puis t’assurer que nous ne sélectionnons pas les blogs candidats par rapport à leur orientation politique « de gauche » ou « de droite ». Mais il ressort de notre observation autant que des discussions avec les uns et les autres que très peu de blogueurs de gauche sont prêts à nous rejoindre, non pas toujours pour des raisons purement idéologiques, mais simplement parce que se tenir trop près des « libéraux de service », ça la fout mal.

      S’il se trouve en effet peu de blogs se revendiquant « de gauche » au sein du réseau LHC, je pense que c’est plutôt parce que le mot « libéral », qu’il soit utilisé pour désigner une pensée politique ou même plus ponctuellement, n’a pas bonne presse auprès de la gauche française d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs désolant.

      2) Sur Vichy, etc. :

      Barrès, Maurras, Drieu, des « esprits brillants » ? Représentants de la « droite d’esprit » ? Tu les as lus ? J’espère que non. Je préfère te penser péremptoire que réellement sensible à cette diarrhée mentale. Si c’est d’esprits comme ceux-là dont la droite a besoin pour retrouver du fond et la gauche un adversaire, alors plus que jamais, je récuse le clivage absurde !

    8. AsTeR Says:
      mars 29th, 2009 at 15:16

      La gauche c’est le bien et l’espoir, la droite c’est le mal et la peur. Star Wars était moins manichéen…

    9. Laurent, gaulliste libre Says:
      mars 29th, 2009 at 16:31

      @ Toréador,

      C’est amusant que tu me cites dans le camp de ceux qui n’assumeraient pas le fait d’être de droite… Pourtant, je crois que le résultat de mon kiwitest montre assez clairement qu’il est difficile de placer mes idées à droite. De même, quand tu parles de la ligne de séparation entre gauche et droite sur la vision de l’homme, je me situe de l’autre côté.

      Mais la question que tu soulèves est très intéressante. Le gaulliste que je suis n’est pas vraiment gêné par Vichy. Je n’ai pas attendu Sarkozy pour refuser de me classer sur cette échelle gauche-droite.

      Il y a plusieurs raisons qui expliquent mon refus de me classer selon les clivages traditionnels :
      - la première fois que j’ai voté (et le débat qui m’a structuré intellectuellement) était le 20 septembre 1992. Le débat sur le traité de Maastricht est le débat qui m’a construit. Et ce débat dépassait les clivages gauche-droite. Les deux hommes qui m’ont le plus influencé après le Général (que j’ai découvert à ce moment là, n’ayant pas baigné dans une ambiance gaulliste) sont JP Chevènement et P.Séguin, deux hommes, un de gauche et un de droite, mais qui ont tous les deux la particularité de plaire à l’autre partie de l’électorat. Du coup, j’étais déjà mal parti pour me placer sur un tel clivage.

      Deuxième point, comme l’a montré Maastricht et le débat de l’époque sur l’autre politique, ce que l’on appelle la gauche aujourd’hui a beaucoup cédé aux dogmes néolibéraux (indépendance des banques centrales, refus absolu de toute forme de protectionnisme, monétarisme de la BdF et de la BCE), au mépris de toutes les conséquences sociales. Pour cela, je me sens plus interventionniste sur l’économie que la quasi totalité du PS (surtout depuis que Mélenchon et Généreux sont partis).

      Du coup, j’ai du mal à me sentir de droite alors que sur les questions économiques, je me sens à gauche de ce qu’on appelle la gauche en France.

      Plus globalement, j’ai l’impression que ces lignes de partage n’ont plus vraiment de sens quand on voit que PS, Modem, UMP s’accordent sur la monnaie, le commerce, voir la place de l’Etat dans l’économie.

      Je crois qu’il faudrait réinventer une façon de classer les partis politiques. La seule chose qui me convienne aujourd’hui et depuis longtemps est le terme « gaulliste » car je me sens en phase avec les idées du Général.

      En revanche, je suis complètement d’accord avec ta conclusion sur la convergence de la gauche avec les libéraux de droite. Le libéralisme sociétale de la gauche se traduit aisément en libéralisme économique.

    10. Toréador Says:
      mars 29th, 2009 at 23:02

      @ Rose Noire. C’est un mystère. Dans l’entre-deux-guerres, la Droite était extrêmement libérale. Rappelons que Caillaux, en 14, dut se battre pour imposer l’imposition des revenus au taux de 5%. Le choc s’est produit après 1945.

      @ D.Goux. Désolé mais je ne demande qu’à te connaître. Fais le kiwitest ça m’aidera !

      @Nicolas J. La Gauche est-elle en train de disparaître ? Peut-être. Il y a pourtant pas mal de pistes : l’anticapitalisme, l’écologie. Deux manières de revivre le progrès, même si le NPA est finalement réactionnaire.

      @ Rubin. Vous avez des blogs de gauche au Comité Directeur ?
      Je comprends tout à fait votre problème puisque nous avons le même, mais doublé. Sur la gauche, les left blogs, sur la droite, les LHC.

      Sur Maurras, Barrès et Drieu, ce sont des intellectuels de droite. Ils avaient un système de pensée cohérent. Drieu est un type qui mérite d’être lu parce que son désarroi est celui d’une génération : « Nous saurons qui nous sommes quand nous verrons ce que nous avons fait ».

      Je te rappelle que Barrès et Jaurès s’entendaient très bien. Que Drieu a hésité entre communisme et fascisme (Socialisme fasciste, 1934 ; Chroniques politiques, 1942).
      C’est une génération d’excès, parce qu’idéaliste, positiviste, et en même temps psychologiquement marquée par la guerre (qu’il s’agisse de 1870 ou 1914).Drieu fut protégé par Malraux, et finit par se fâcher avec Vichy.
      Quant à Maurras, c’est un aboyeur.

      Nous ne faisons pas la même lecture de l’extrême droite. Les gens ont le droit de penser ce qu’ils veulent et je suis plus démocrate que républicain.

      @ Aster. Là tu plaques tes fantasmes. Je n’ai pas dit qu’il était bien ou mal de penser ça ou ça. La Gauche a eu raison sur les 40h, et tort sur les 35h. Parfois, il faut savoir bâtir le temple, parfois, il faut savoir garder sa porte en aboyant.

      @ Laurent. Pour moi de Gaulle est une forme transcendante de bonapartisme. Donc depuis 50 ans, les gaullistes sont une sensibilité de droite qui ne se sent pas à l’aise avec les autres. D’où le concept de gaulliste de gauche. Mais au Kiwitest, tu es plus proche du MRC que du MPF !

    11. Rubin Says:
      mars 29th, 2009 at 23:05

      Je sais bien que Barrès et Jaurès s’entendaient bien ! Et il n’est pas étonnant que Drieu ait hésité entre communisme et fascisme : il n’était pas le seul. Je suis moi-même beaucoup plus démocrate que républicain, et ma vision du fascisme dans l’entre-deux guerres dépasse le simple cadre de l’extrême droite.

    12. Falconhill Says:
      mars 30th, 2009 at 7:40

      Je trouve ton billet très bon. Tout en ayant aucun problème, de mon coté, de me revendiquer « de droite ». En tous cas plus de droite que de gauche.
      Si on accepte le fait aussi que, comme la gauche, la droite est plurielle. Avec ses extrémistes, ses modérés, ses dogmatiques et ses crétins aussi (tout comme la gauche)

      Mais je trouve ton billet très bon. A citer (pour faire des points Wikio mérités).

      Bonne semaine à toi

    13. Monsieur Poireau Says:
      mars 30th, 2009 at 8:36

      Une fois le sarkozysme évacué, il ne restera qu’une coquille vide tant celui-là aura mis d’énergie à destructurer la droite en France et à en brouiller les frontières !
      :-)

    14. Toréador Says:
      mars 30th, 2009 at 9:17

      Cher Poireau, le Sarkozysme va-t-il tuer la Droite ? Non.
      Le Sarkozysme a le même effet que la mondialisation. Il brouille les clivages et attire à lui, tel un mouvement centrifuge (ou pète, je ne sais plus) tous les éléments de la classe politique.
      Or, cela produit un réveil identitaire à droite comme à gauche : pour se démarquer du sarkozysme, il faut être clair sur ses valeurs. Le Sarkozysme est donc in fine du pain béni pour la gauche.

    15. dedalus Says:
      mars 30th, 2009 at 10:16

      Le sarkozysme ? Mais c’est la droite qui s’assume, rien de plus. Et le libéralisme n’est qu’un cache-sexe pour une droite encore complexée – et c’est tout de même encore ainsi que je la préfère, fourbe mais la queue entre les jambes (ça fait tout de même moins mal).

      http://sarkononmerci.fr/files/droite-honteuse-versac-embruns.html

    16. BiBi Says:
      mars 30th, 2009 at 10:37

      Droite, Gauche ? C’est encore l’incontournable Gilles Deleuze qui résumait le mieux le Combat. Il disait à peu près ceci. Quand on est de droite, on commence par penser le Monde à partir de soi puis on élargit à ses proches, à la France puis au Monde. Quant on est de gauche (en pensée), on commence par réfléchir au Monde pour arriver en bout de chaine à soi (dans le Monde).
      Pour les Pensées BiBi, il va de soi que ça commence par la gauche.
      A bibientôt

    17. Florent Says:
      mars 30th, 2009 at 13:16

      Ah, ça me rappelle René Rémond et « la droite en France », ça.

      C’est, en effet, une constante de la droite française (à la notable exception de Nicolas Sarkozy) : elle refuse, toujours, de se qualifier ainsi.

      Tu ne trouveras nulle part un article de Chirac, Giscard d’Estaing, Pompidou, ou De Gaulle, (ou même Le Pen) expliquant qu’ils sont « de droite ».

      ils peuvent être « modernes », ou « patriotes », ou « opposés à l’étatisme sclérosant des socialistes », ou « avant tout soucieux de l’intérêt général ».

      La droite, en France (et, oui, en bonne partie à cause de Vichy) n’admet pas de l’être.

      Même Sarkozy, qui a mis en oeuvre la révolution copernicienne du RPR il y a une douzaine d’années en assumant d’être de droite (ce qui lui a assuré une sympathie des militants et posé la base de sa prise de pouvoir), continue à se référer plus volontiers à Jaurès qu’à maurras…

    18. Toréador Says:
      mars 30th, 2009 at 13:31

      En même temps, Maurras c’est plus l’extrême droite que la droite.
      J’aime bien la définition de Deleuze, même si à mon sens elle est fausse. Il y a une Droite « holiste » qui pense aux répercussions générales de l’action d’un seul.

    19. AsTeR Says:
      mars 30th, 2009 at 15:56

      Je te cite pour appuyer ton aspect manichéen mais :

      « La Gauche a toujours cru, parfois naïvement, à un monde meilleur. La Droite, elle, a toujours défendu le passé et mis en garde contre des évolutions trop radicales. »

      Certes j’ai déformé, mais entre la présentation humaniste de la gauche et la présentation sectaire tournée vers le passé de la droite je penses que tu as bien initié le pas.

    20. Toreador Says:
      mars 30th, 2009 at 19:40

      Merci de me citer, mais je ne vois pas du tout ce que tu me prêtes. Est-ce qu’un « naïf » de gauche veut bien lui expliquer ma pensée ou suis-je le seul à voir l’évidence ?

    21. Oppossum Says:
      mars 30th, 2009 at 22:54

      C’est vrai que droite et gauche correspondent à deux cosmogonies différentes … ainsi qu’ à toute une série de petits détails quotidiens et des mauvaises habitudes de penser et de rire qu’on labellise en culture ou contre-culture …

      Mais pas au point de ne pas pouvoir partager le pain avec les copains et le reste avec les copines , hein …
      Heureusement. Car mes amis seraient plutôt gauche bon tein , gentiment radicale parce merde, et avec l’humanisme comme air-bag.

      Etre de droite ou ne pas être ?

      Bon, je ne serais pas me premier à en refuser l’étiquette … pour la plus grande joie de Bibi, Florent et des autres tout heureux d’avoir percé les subterfuges de cette droite qui ne s’assumerait pas ou qui , pire, se cacherait …

      Ce qui leur échappe complètement -et il faudrait bien trop de temps pour qu’il en saisissent les prémices -, c’est que souvent, le primate de ‘droite’ ne rentre pas dans l’image d’épinal qu’ils s’en font, et que véhicule le fond de l’air ambiant. Vraiment pas .

      Mais le militant de ce qu’il croit être la gauche, aime la simplification pour ne pas dire l’amalgame : qui ne pense ou ne penche à gauche est un presque facho déguisé : et plus la diversité sera forte plus cela sera mis sur le compte d’une stratégie sublimement subtile de camouflage que, leur esprit critique, à qui on ne la fait pas, déchire devant les yeux écarquillés du bon peuple.

      Amalgame : le voilà le mot juste. Bien sûr, je sais, mes amis (les vrais) sont obligés, comme moi, de penser vite, et les raccourcis pré-machés sont tout de même utiles, car la vie est courte !
      Amalgame ou bien simplement… un peu de paresse, une facilité dans l’usage des lieux communs, que l’ensemble des médias (contrôlé à 80% par les ‘puissances’ du Kapital, donc de droite, mais infesté à 80% par des ‘journalistes’ se prétendant objectifs, donc de gauche) relaie … et diffuse pour en faire l’air du temps … et le papier peint de l’inconscient collectif.

      Bien entendu, par-ci par_là , la réalité fait jour et on découvre que la gauche n’était pas la gauche : pensez donc , 1/4 des socialistes seraient tentés par la droite altéro-notabilisée de Bayrou, la moitié aurait parfois voté à droite, les 3/4 serait plutôt pour une conception plutôt libérale : d’ailleurs le temps faisant son oeuvre on perçoit à présent beaucoup mieux l’oeuvre de libéralisation et de privatisation de la gauche miterrandiste et l’empreinte de Jacques Delors !
      Oeuvre reprise et approfondie par le tournant de la ‘rigueur’ de Fabius, puis le deuxième gauche de Rocard héros de la lutte contre les archaïsme du PS, puis par Bérégovoy dont la politique fût couronnée par des plans de licenciement très fleuris … sans parler de Cresson et ses offres compulsives de billets gratuits aux clandestins , accompagnées de coup de machoires et d’airs déterminés qui ferait palir d’envie Brice !

      Et oui, la gauche n’est plus à gauche , DSK serait plus à droite que Bayrou, Ségo aurait des tendances autoritaires et parfois carrément régressives nappées d’une maternitude franchement réactionnaire …
      … et plus loin on tombe subitement (après avoir enjambé, soyons juste, la frange anti-européenne lontemps mise à l’index par le reste du PS, qui va du bellâtre Hamon, le ‘renouveau’ du socialisme, au quasi-xénophobe popouillard Mélanchon) … dans l’hyper-gauche que se partagent en union libre le dernier avatar du collectivisme relooké , la mouvance des altéro-tout&n’importe-quoâ, et le courant écolo à la moustache en forme d’étendard

      Dans ma grande bonté , puisque nos trublions s’en réclament, je veux bien ‘amalgamer’ ,moi aussi, ce joyeux mélange sous le drapeau du « peuple de gauche » , pour les besoins idéologico-festifs des petits bourgeois vaguement anti-sarkozystes.

      Mais l’addition du vide et du radicalisme n’a jamais accouché d’une pensée très pertinente. (Bon, le vide + du libéralisme n’est guère mieux ok)

      Voilà surtout pourquoi, m’appuyant avec détermination sur ce bloc de néant, d’autosuffisance et d’aveuglement démagogique, je préfère encore donner l’illusion – comme pas mal, à … ‘droite’ -, d’être quelque part sur la droite d’une gauche qui s’est perdue depuis longtemps.

      PS/ Bon, la lecture de left-blogs (Allez apprécier le niveau de l’argumentaire de jegpol) me ramène vite fait à H16 ou Koz ou même Abadie , et celle des LHC à Contreinfo , Malakine ou Jorion le couillu. Et pourquoi pas … Toréador, très en verve ces derniers temps!

      Didier Goux : bon style et même un chouïa plus , pensée un peu lapidaire mais bien rablée, provocation bien calibrée, antipathie sur-travaillée , imperméable à tout accès de sensiblerie, assassin potache&vieille « France » : qu’est-il allé faire dans cette galère ?

    22. rimbus Says:
      mars 30th, 2009 at 23:11

      Bonjour
      encore une fois je suis d’accord avec dedalus.
      Le centre n’existe pas, c’est bien entendu la partie molle de la droite.

      Moi j’observe un déplacement du centre de gravité vers la droite de toute la vie politique. Sarkozy se fait élire avec les armes du lepenisme (la peur et le populisme), et ségolène royal s’empare des symboles de la droite (la religion, le nationalisme avec ses drapeaux et ses fanfares, l’ordre). F. Bayrou est lui un parfait représentant de la droite chrétienne conservatrice (héritier des orléanistes).

      Le centre droit est représenté par Valls, un sarko-compatible et Dray. Le vrai centre est plutôt représenté en fait par S. Royal qui ne garde de socialiste qu’une vision économique sociale-démocrate mais reste profondément de droite par ses valeurs chrétiennes et son goût du présidentialisme et de l’autorité. On peut lui accoler au centre gauche le reste de la gauche caviar fascinée par le bling-bling, les éléphants tel Lang, Delannoé, DSK etc.

      La gauche pourrait commencer avec Aubry et Fabius (et encore !) puis Montebourg et Hamon-Emanuelli, enfin Larrouturou qui fait le lien avec la vraie gauche.
      La vrai gauche c’est Mélenchon et le facteur, et les groupuscules divers, rouges ou verts, et c’est pour ça que le facteur fait un super score.

      Donc non seulement la droite refuse de se reconnaitre comme telle, mais les centristes aussi, qui usurpent l’étiquette de gauche.

      Je reconnais que c’est une vision très personnelle des choses, mais objectivement il y a du vrai dedans.

    23. Toréador Says:
      mars 30th, 2009 at 23:24

      Analyses très intéressantes d’Oppossum et de Rimbus.
      Rimbus, en même temps, il y a un vrai réveil de l’extrême gauche. De plus, si tu as le courage de chercher dans mes archives, tu y verras une analyse de Clémenceau et de Besancenot en parallèle montrant que la tendance naturelle est la droitisation de la vie politique.

    24. Oppossum Says:
      mars 31st, 2009 at 9:45

      Rimbus, on en arrive à la conclusion que les mots ne veulent plus rien dire. Et que la confusion règne dans les idées et leur contenu concret.

      Est-ce le politique qui a trahi ses idées, son propre idéal ? Mais le politique n’est que le reflet d’une demande démocratique …
      Ou est-ce le réel qui a trahi le concept ?

      Au XIXe , les libéraux étaient des progressistes en ‘avance’ sur leur temps … c’est devenu une presqu’injure … : le même sort attendrait-il le concept de gauche ?

      Soit il faut changer d’appellation , soit redéfinir son contenu … mais les concepts ont également un versant émotionnel et quasi-sentimental !

      Oui Toré, c’est vrai qu’un mouvement de fond de droitisation de la vie politique s’observe (quand on compare les programmes éco de la gauche de 1981 et d’aujourd’hui !) , en même temps qu’une sorte de ‘socialisation’ un peu rampante de l’économie , et qu’une ‘libéralisation’ des pesanteurs morales et sociales.

    25. L'hérétique Says:
      mars 31st, 2009 at 12:22

      Sakut Toréador

      Préviens quand tu intègres l’échiquier : si je n’avais pas eu mon compteur, je ne l’aurais pas su ! Je t’ai donc ajouté au flux.

    26. Toréador Says:
      mars 31st, 2009 at 14:03

      @ L’hérétique. Vu que tu ne peux entrer dans Kiwis, je viens à toi !

    27. Florent Says:
      mars 31st, 2009 at 15:46

      @Toréador : J’ai écrit Maurras en pensant Barrès – dans les deux cas, c’est un peu réducteur de dire « extrême-droite » pour deux auteurs majeurs (et très clairement, et très nettement de droite, en revanche).
      Comme le pointe Oppossum, oui, il y a presque une cosmogonie de droite et une de gauche.

      La maladie de la droite est de ne pas assumer cette identité, ce qui laisse un vaste espace libre aux imbéciles comme Sarkozy ou aux nostalgiques de l’OAS comme Le Pen.

      Celle de la gauche est de croire que les gens de droite sont méchants – ce qui laisse, pour d’autres raisons, un large espace aux imbéciles aussi.

      En conclusion, euh, on devrait plus lire Bernanos

    28. Florent Says:
      mars 31st, 2009 at 15:51

      Rimbus, en relisant ton commentaire #22, j’ai eu des envies de parallèle sur Royal et le laudateur de l’instinct du terroir :)

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