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Banderille n°302 : Hirochômage
Par Toréador | avril 27, 2009
Vu sur i-télé ce matin. « Chômage : 70 000 victimes« .
Lorsque l’info tombe juste après les chiffres de morts de la grippe porcine, le mot de « victimes » sonne bien faux. L’ignorance de l’histoire est mère de l’approximation de la pensée. Si le poisson pourrit par la tête, l’intelligence agonise par le vocabulaire. J’avais déjà fustigé la « néo-économie » et « les rafles« .
La dramatisation à outrance de la vie économique, qui emprunte largement à la sémantique de la guerre ( »conflit social », « guerre économique », « victimes du chômages », « disparitions d’emplois », …) est un non-sens. On compare des choses qui ne le sont pas.
Le chômage peut être un drame s’il est long, mais on n’en meurt pas. Au fait, saviez-vous que la bombe d’Hiroshima fit 70 000 victimes ?
Quant au ridicule, heureusement qu’il ne tue pas lui non plus…
Tags: chômage, dramatisation, le sens des mots, néo-économie, rafles, victimesSujets: Banderille, Toréador critique littéraire et médiatique | 7 Comments »





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avril 27th, 2009 at 22:14
On peut être victime d’un accident de la route et ne pas en mourir.
J’avoue ne pas bien comprendre ton assurance sur le vocabulaire.
Ma voiture est jaune, le citron est jaune. Ce sont pourtant des éléments non comparables autrement que par leur couleur.
Et s’il y a bien quelque chose d’incomparable, c’est bien la bombe d’Hiroshima.
Un peu d’égarement ?
avril 27th, 2009 at 23:41
Le terme de « victimes » est déplacé. On dirait qu’elles sont mortes. Il faut remettre les choses à leur place : être au chômage, non, ce n’est pas mourir. Il y a pire : être atteint d’un cancer par exemple. Ceci participe d’une pensée sociale qui théorise le chômage comme une espèce de « mort sociale ». Arrêtons de dramatiser tout.
avril 28th, 2009 at 8:20
Les mots ont un sens, c’est bien de le rappeler par des exemples comme ça. Merci.
Bonne journée
avril 28th, 2009 at 13:11
et bien justement je crois vraiment que si l’utilisation du terme victime est un épuisement fort tu fais fausse route sur là mort sociale qui est bien réelle dans le cas de certaines personnes déjà fragilisée, coupées des liens structurants que sont la famille et les collègues . Il ne faut ni sous estimer ce pblm ni le majorer hors de proportion mais il existe. post moyen s’il en est, loin de ta production habituelle…
avril 28th, 2009 at 15:44
Bonjour,
Si jadis une victime était un animal ou un humain offert en sacrifice à une divinité, aujourd’hui ce peut être simplement quelqu’un qui subit des conséquences fâcheuses.
Tous les mots s’atténuent à l’usage au fil des siècles, tel le mot navré qui signifiait blessé physiquement ou meurtri qui signifiait tué.
avril 28th, 2009 at 17:10
Nous vivons dans une société de consommation où les critères sociaux se fondent sur notre capacité à consommer et à le faire voir. Notre philosophie est « Consommer c’est vivre. »
Celui qui ne consomme plus est considéré comme mort, il n’a plus sa place parmi nous. Les chômeurs sont des victimes dans le sens où ils ne peuvent plus consommer normalement, ils ont un pied dans la tombe de la non consommation…
avril 28th, 2009 at 18:00
@ Fred. Nous avons donc 70 000 morts sociaux ? Invoquer un cas particulier pour justifier une généralité me semble spécieux.
Je serais plutôt de l’avis de Neogandalf.
Mais à force d’hyperboliser tout, on construit un monde sans hiérarchie ni sens.