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Paso Doble n°138 : Sarkoz-yin et Obam-yang
Par Toréador | mai 12, 2009
A las cinco de la manana…
Joyeux anniversaire, nos voeux les plus sincères…
Par un heureux coup du sort, nous avons célébré coup sur coup les cent jours d’Obama et les deux ans de mandature de Nicolas Sarkozy. Enfin, « célébré » est un vain grand mot pour le second, tant le gouvernement s’est efforcé de ne pas communiquer sur ce seuil fatidique afin de ne pas prêter le flanc à la critique et ses corollaires – le droit d’inventaire, le bilan, et autres réquisitoires…
C’est d’autant plus étonnant que les débuts d’Obama et ceux de Sarkozy sont in fine très similaires : une envie naïve et enthousiaste de bouger les lignes, une popularité très forte avec une minorité très hostile, une équipe incluant les adversaires d’hier, un retour en arrière sur certaines positions quasiment idéologiques des administrations précédentes (Cuba pour Obama, l’OTAN pour Sarkozy). .. et tout cela conduit avec un appétit frénétique.
On a beaucoup reproché à Sarkozy d’être un onmiprésident se mêlant de tout. Et pourtant, on s’émerveille désormais que Barack Obama fasse exactement la même chose. Pourquoi ce décalage ?
Romulus et Remus (ou Caïn et Abel ?)
Voici ma thèse : l’exercice de comparaison démontre bien que ce qui a créé ce divorce entre Sarkozy et l’opinion, c’est la manière de vivre cet activisme. Chez Nicolas Sarkozy, ce qui agace, c’est que son énergie est analysée sur un mode négatif et névrotique, comme le défouloir d’une personnalité exacerbée et légèrement vulgaire (un synonyme de bling-bling). A l’inverse, chez Obama, adossée à sa personnalité zen et souriante, la même énergie est vue comme la manifestation résolue d’une combativité froide.
Alors qu’Obama cultive le style effacé, Sarkozy n’arrive pas à comprimer son Moi. Et cela suffit à passer de la lumière à l’ombre, de la vertu au vice, d’Abel à Caïn…
Maladie chez l’un, courage chez l’autre : Mère Communication est donc profondément injuste dans un monde de perceptions. Regardez Benoît XVI, qui mène la même politique que Jean-Paul II, et qui est pourtant quasiment décrypté comme le pape malade de l’Europe…
Pour Sarkozy and co, l’ironie est d’autant plus cruelle que Mère Com’ se comporte comme le Dieu Grec Chronos qui dévorait ses propres enfants. Tony Blair et Gordon Brown, grands consommateurs de spin doctors*, ont fini dévorés par le monstre et Sarkozy ne dompte plus vraiment la bête. On verra bien si Obama est comestible…
* Conseillers en com’
Tags: Chronos, comparaison, Obama, sarkozy, spin doctorSujets: Paso Doble | 3 Comments »





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mai 12th, 2009 at 10:55
Oui, Mère Com’ est injuste: la forme prime sur le fond. C’est tout à fait pertinent de le souligner via cette comparaison Obama – Sarkozy.
mai 12th, 2009 at 13:33
Oui, j’ai bien aimé la comparaison et effectivement, le rapprochement est judicieux. Je regrette que tu (Toré) ne l’aies pas poussée plus loin, il doit y avoir pas mal d’autres éléments similaires (leurs traitements de la crise, par exemple, similaire dans les politiques, quasiment à l’opposé dans le traitement médiatique qu’ils en font…).
mai 12th, 2009 at 14:12
En réalité, oui. Je n’ai pas développé mais par exemple sur l’attitude face aux banquiers, on a de grandes similitudes