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Paso Doble n°146 : Georges W. Benyamadinejad, le Frankenstein d’Orient
Par Toréador | juin 15, 2009
A las cinco de la manana…
Bibi Folk
Israël se remet enfin à faire de la politique. Après l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidentielle iranienne, « Bibi » Néthanyahou a sorti son plan B, celui de la sortie de crise, en annonçant vouloir reprendre immédiatement les négociations de paix sur la Palestine sans conditions préalables.
Benyamin va même plus loin puisqu’il devrait annoncer un geste fort (pour un gouvernement de droite dure) : l’accord sur un Etat palestinien, avec deux conditions lourdes : la négation du droit au retour en Israël des réfugiés et la démilitarisation de ce futur Etat de Palestine. La première exigence viole, on le sait, les diverses recommandations de l’ONU qui depuis 1948 ont toujours validé ce droit. Néanmoins, elle est compréhensible compte tenu du déséquilibre démographique croissant entre les populations sémites et arabes en Israël. La deuxième exigence, elle, est une évidence.
Reste qu’il ne faut pas croire que Benyamin Nethanyaou ait agi par conviction. C’est un peu comme si Le Pen acceptait de passer ses vacances chez les Chirac. Le vrai moteur de ce déblocage, qui aura des conséquences positives (notamment sans doute la relance de l’Union pour la Méditerranée, aujourd’hui bloquée depuis les incidents de Gaza), c’est le résultat des présidentielles iraniennes.
Israël is in deep chiite
Si l’on considérait par avance que les élections iraniennes seraient truquées, on pouvait penser que le Guide Suprême enverrait un signal fort vers l’Occident en choisissant un président modéré, afin de répondre aux sollicitations de Barack Obama. C’est néanmoins passer un peu vite sur la culture de négociation perse où l’on ne répond pas systématiquement favorablement (du moins au début) à des offres conciliantes.
Je ne suis d’ailleurs pas certain que ces élections iraniennes aient été truquées au point de changer le résultat. Mir Hossein Moussavi était le candidat des modérés, des classes éduquées, des jeunes, des villes. Les campagnes, elles, préfèrent Ahmadinejad. Comment le leur reprocher alors que le pays le plus puissant de la planète a laissé les plaines de l’Arkansas et du Texas choisir à deux reprises le candidat le moins subtil plutôt que le candidat de l’expérience diplomatique ?
Faut-il se plaindre de la réélection d’Ahmadinejad ? Oui et non. Oui, parce que nous nous rapprochons de la zone dangereuse d’intervention militaire israëlienne sous couvert américain. Si l’Iran déçoit Obama, Israël aura les mains libres. Elle s’y prépare déjà.
Mais non. Non, parce que si des compromis par l’Iran sont faits, il vaut mieux qu’ils viennent d’un type comme Ahmadinejad, qui tient sa droite. Ce seront de vraies ouvertures.
Non, parce que les émeutes spontanées montrent que l’Iran se dote d’une société civile courageuse, vingt ans après les évènements de Tien-an-men.
Non, ensuite, parce que le raidissement iranien va peut-être reléguer au second plan le problème palestinien.
Non, enfin, parce qu’après Bush, il y eut Obama.
Si tenté qu’il y ait désormais la probabilité d’un « après »…
Tags: Benyamin Nethanyahou, Iran, Israël, Mahmoud Ahmadinejad
Sujets: Paso Doble | 4 Comments »





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juin 15th, 2009 at 11:18
Tu vas un peu vite en besogne, je trouve. Quelques remarques au fil de l’eau :
- Aucun gouvernement israélien, de gauche comme de droite, n’acceptera un droit au retour officiel et intégral des Palestiniens. Si un État palestiniens est effectivement créé, de nombreux retours auront de toute façon lieu.
- Tu décides, en une phrase, que les élections iraniennes sont la véritable raison de l’évolution de Netanyahu, mais tu ne démontres pas pourquoi. C’est un peu léger, surtout à la sortie d’une comparaison pour le moins étrange.
- Idem pour les considérations sur la « culture de la négociation perse » : pas de source, pas d’explications. Désolé de devoir l’écrire, mais c’est du café du commerce.
- Sur l’élection elle-même, je te conseille chaudement de lire les nombreux articles décortiquant, dans le détail, les résultats du scrutin iranien. Les anomalies sont assez frappantes. Tu y apprendrais aussi que l’idée d’un Musavi candidat des villes et d’un Ahmadinejad candidat des champs est grossièrement caricaturale. C’est au niveau des provinces qu’il faut analyser.
- Pourquoi Ahmadinejad ferait-il le moindre compromis une fois réélu ? Et quels types de compromis ? Avec qui ? Peut-on parler, s’agissant du régime iranien, de « droite » et de « gauche » ?
- Difficile de comprendre ta conclusion : penses-tu que Musavi aurait été à Ahmadinejad ce qu’Obama fut à Bush ? L’idée n’est-elle pas un peu… angélique ?
juin 15th, 2009 at 14:28
Cher Rubin, je ne peux pas écrire de billet de 4 pages, les gens ne les lisent pas.
1/ Aucun gouvernement n’a effectivement jamais accepté le droit au retour. Je ne crois pas avoir dit l’inverse. J’ai dit au contraire que c’était logique. où est ta critique ?
2/ Netanyahu a choisi de parler le dimanche soir, ô coincidence c’est le soir des élections iraniennes. Lors de l’entretien du 19 mai dernier avec Barack Obama, B.N a explicitement lié les 2 aspects (Iran et Palestine). Tu trouveras un article de fin avril d’Haaretz, disponible sur courrier international, qui explique très bien pourquoi Israël ne peut pas se payer le luxe d’un guerre avec les chiites tout en ayant les sunnites sur le dos.
3/ Sur la culture de négociation perse, je te renvoie à un article d’il y a 15 jours paru dans Courrier international qui de mémoire était intitulé pourquoi Téhéran va finalement faire la paix avec les etats unis. Cet article expliquait que l’attitude iranienne serait d’abord, as usual, de ne pas répondre aux propositions US, afin de ne pas prendre la responsabilité du premier pas.
- Sur l’élection iranienne, la plupart des articles sont passés au crible des médias occidentaux qui, depuis plusieurs années, expliquent le président actuel comme une espèce d’erreur. Un peu comme on nous expliquait aussi que Kerry allait gagner aux States. Je n’ai pas écrit que les élections n’avaient pas été marquées par des anomalies. Je dis juste que M.A aurait qd même gagné. La preuve est que la fameuse « rebellion » reste très circonscrite.
- Ahmadinejad fera ce que le Guide Suprême lui ordonnera. Il n’est que la boîte aux lettres et le thermomètre du régime. Si on lui demande de répondre favorablement à Obama, il le fera. Mais s’il le fait, on sera sûr que ce sera AVEC le régime et pas CONTRE lui, comme aurait pu le laisser penser un candidat réformateur élu contre le pouvoir actuel. De ce point de vue-ci, la grille de lecture est très simple. On peut parler de gauche et de droite, pourvu qu’on admette qu’elle ne recouvre pas forcément les mêmes choses d’un pays à l’autre. La gauche du Vatican n’est pas la gauche française.
- Désolé que tu n’aies pas compris la conclusion, que tu as survolé sans doute tant tu as été prompt à me critiquer. J’explique que l’Iran a réélu M.A de la même manière que les Etats-Unis ont réélu Bush. Mais qu’il ne faut pas désespérer car après Bush, il y eut Obama. Néanmoins, je m’interroge : la course au bord du vide permettra-t-elle longtemps cet état de fait ? S’il y a guerre, est-ce que l’Iran aura un « après » Ahmadinejad.
Heureux que tu réagisses, mais avant de t’avancer sur la route, évalue le terrain.
juin 15th, 2009 at 19:00
En parlant d’évaluer le terrain : Ahmadinejad serait en réalité troisième de l’élection. http://bit.ly/gvqir
Tu as qualifié de la rébellion de « circonscrite » à 14h28. Maintiens-tu l’adjectif à 19h ?
juin 15th, 2009 at 21:38
Toi qui parle de source : l’origine du chiffrage donnant M. A en 3ème est inconnue. Comment prouver qu’il ne s’agit pas d’un hoax ?
Oui, elle est circonscrite aux villes.