« Un ! dos ! tres ! Un paso adelante… | Home | Banderille n°316 : Sodomie démocratique & vaseline des mots »
Paso Doble n°152 : l’Insoutenable légèreté de la Dette
Par Toréador | octobre 1, 2009
A las cinco de la manana…
Déficit de pensée
C’est la mode de la Dette. Cette année, la Dette se porte longue, en dessous des genoux, pour cacher le sujet (de la crise). Si possible noire. Oui, la Dette est le sujet non-sexy du moment qui fait trembler les rédactions et la blogosphère. Malakine a pondu un billet qui montre que le débat naît de la crise financière, le niveau d’endettement étant diversement analysé suivant les écoles de pensée (je ne partage pas certaines de ses observations). Jourion montre que le débat fait rage entre ces mêmes écoles, la crise ayant ressuscité Keynes, et que la dette n’est qu’un des aspects du problème.
Bon certains se mélangent un peu les pinceaux, comme ce gentil quidam qui titre sur la Dette et fait un billet sur les 140 milliards de déficit (50% du budget de l’Etat).
Rappelons que le déficit est une seule des composantes importantes de la dette : les taux d’intérêt sur les marchés de refinancement jouent aussi. Rappelons aussi que ledit billet présente les chiffres d’une autre étude qui me semblent sujets à caution. Primo, les réductions de personnel dans la fonction publique vont représenter une économie importante pour un Etat qui dépense 140 milliards pour son personnel. Cela peut être 500 millions une année et trois fois plus l’année d’après.
Deuxio, la répartition du déficit citée dans le dit billet, par grandes charges de l’Etat est une vue de l’esprit : il s’agit de la répartition des dépenses plaquée sur le déficit.
La magie du chiffre
Le débat en réalité est un peu tronqué justement parce que l’on se focalise sur le seul chiffre du déficit. Un budget en déséquilibre n’est pas forcément un budget mal géré. Allez voir la situation personnelle d’un chômeur qui lance sa boîte pour sortir du trou. Il est endetté jusqu’au cou, et pourtant. De plus, le rapporter au seul budget de l’Etat passe sous silence que ce dernier peut être plus ou moins bien doté par rapport au reste de la richesse nationale. Aussi, expliquer qu’il y a un chiffre « raisonnable » d’endettement est farfelu.
je ne parle même pas de soutenabilité. En matière d’environnement, cela fait trente ans qu’on nous explique aussi qu’on va dans le mur. Reste que Copenhague en décembre 2009 est bien parti pour être un échec. De quoi mourrons-nous les premiers : la montée des eaux ou la baisse des liquidités ?
Connaissez vous le montant de l’encours d’Assurance vie des Français ? Plus de 1 000 millards. A rapporter à notre Dette, 1 428 milliards d’euros. Sommes-nous réellement à plaindre ! Un article intéressant du Figaro rappelait que « le niveau de liquidités des ménages français peut permettre de refinancer l’Etat. La France n’est donc pas dépendante des investisseurs étrangers, ce qui lui permet de soutenir un niveau d’endettement élevé. » L’article est même très optimiste puisqu‘il finit par prédire qu’en cas d’effondrement anglo-saxon, nos obligations à nous connaîtront une envolée !
Endettons-nous, Folleville !
Enfin, si personnellement je ne me fais pas de cheveux blancs, c’est parce que je reste convaincu qu’un Etat peut, in fine, se passer de payer ses traites. Ce n’est pas bien, mais c’est comme ça. Souvenez vous comment les Rois de France géraient leur découvert chronique ? Ils s’endettaient sans cesse, ne remboursaient qu’à moitié, et au besoin se servaient sur la bête.
Si Maddoff ne s’était pas ruiné tout seul, il aurait fait un parfait Jacques de Molay.
La situation internationale a-t-elle vraiment changé ? Bien sûr que non. La Russie n’a jamais payé l’emprunt russe, mais qui s’en soucie aujourd’hui ? La France est encore « too big to fail » : les marchés financiers savent très bien que nous laisser tomber risquerait d’avoir des conséquences en chaîne. L’inconséquence budgétaire étant fille de l’insouciance financière, laissons ces deux soeurs jumelles chanter sous la pluie !
Pour ironiser sur l’article de mon collègue Laurent, le monde financier paiera donc bien la taxe Tobin. Mais ce sera en une seule fois !
Tags: déficit, déficit soutenable, dette, finances publiques, Jorion, Keynésiens, le Figaro, Malakine
Sujets: Paso Doble | 28 Comments »





Abonnez-vous à ce blog



octobre 1st, 2009 at 8:44
C’est Jorion, pas Jourion.
octobre 1st, 2009 at 8:51
Pour le reste, je crains que ton optimisme soit un peu trop large : certes, l’état peut ne pas payer. Mais les conséquences d’un tel acte (du jamais vu en plus de 200 ans en France, par exemple) seraient assez délicates puisque du jour au lendemain, des chômeurs, des malades, des retraités et des fonctionnaires se retrouveraient … sans un rond.
A côté, l’effondrement de banques de dépôt ressemble à une gaminerie.
octobre 1st, 2009 at 11:05
Dans le même registre, j’ai lu ce billet qui développe la même thèse que la tienne : http://lachute.over-blog.com/article-36667588.html
C’est sûr, on peut se rassurer en se disant qu’on pourra toujours ne pas payer, ou qu’on changera la loi qui interdit aux banques centrales de prêter à l’Etat à taux nul … mais en attendant d’arriver à ses extrêmités, on risque d’avoir le temps de souffir. L’après 2012 risque d’être pénible pour tout le monde
octobre 1st, 2009 at 11:53
Tout dépend Malakine. C’est comme la crise financière : si la France est la seule à défaillir, c’est grave. Mais si c’est groupé, alors il n’y a plus de responsables. C’est systémique.
octobre 1st, 2009 at 14:42
> Mais si c’est groupé, alors il n’y a plus de responsables. C’est systémique.
Donc si tous les Etats ne peuvent plus rembourser leurs banques — et donc les clients de celles-ci — c’est pas grave ?!? J’espère pour vous que vous n’avez pas de compte de dépôt…
octobre 1st, 2009 at 14:56
C’est dingue le nombre de gens qui font dans leur froc dès que l’on parle des banques. Banques qu’il faudrait à tout prix sauver jusqu’à se saigner aux 4 veines car il en va de notre avenir…foutaises!
Les banques sont assises sur une position dominante monétaire qui leur permet de financer comme elles veulent et qui elles veulent. Elles peuvent créer de la monnaie quand bon leur semble et l’envol des déficits depuis 20 ans en est la conséquence.
En clair la dette c’est du vent monétaire. Cela ne veut rien dire. Mais au nom de la dette on peut vous contraindre à vendre vos bijoux de famille, votre protection sociale etc…
Les banques ne mourront pas si on ne les remboursent pas puisque la dette c’est du vent, des chiffres dans un ordi, et en aucun cas de l’argent réel.
Luttons contre cette désinformation massive libérale de l’ordre mondial établi.
octobre 1st, 2009 at 15:47
@ Incrédule. Premièrement, vous faites l’hypothèse que toute la dette est privée. Or, elle peut être bilatérale ou multilatérale, publique et privée. Deuxièmement, vous faites l’hypothèse que toutes les banques sont des banques de dépôt. Or, même avec la suppression du Glass Steagall Act, on trouve quand même une séparation des activités dans bon nombre de pays. Troisièmement, vous faites l’hypothèse que ce sont les dépôts qui fournissent les liquidités. C’est faux : or les dépôts ne constituent qu’une fraction des encours. De plus, les Etats conservent le pouvoir de battre monnaie.
Si tous les grands Etats se mettaient en faillite, on restructurerait comme on l’a fait dans les années 80. Mais comme les banques seraient tributaires des Etats pour survivre, elles accepteraient un moratoire…
octobre 1st, 2009 at 16:15
> Les banques ne mourront pas si on ne les remboursent pas puisque la dette c’est du vent, des chiffres dans un ordi, et en aucun cas de l’argent réel.
Quand l’État s’endette, cela veut dire qu’il prélève pour son usage des ressources qui sinon seraient restées dans la societe civile : des bâtiments, des véhicules, des équipements, de la main d’oeuvre, etc. Soit pour lui-même, soit pour les redistribuer. Ce ne sont pas des chiffres dans une base de données. Sinon, vous pensez-bien que les politiques n’auraient pas attendu pour annuler unilatéralement ladite dette !
Si l’État fait défaut, il n’honore pas son contrat et vole de fait la societe civile.
octobre 1st, 2009 at 16:33
Là, Toré c’est énorme ce que tu dis.
Bien entendu que l’Etat pourrait ne pas payer, tout est possible. Mais la situation actuelle n’a rien à voir avec les exemples historiques auxquels tu penses , où une guerre donnait l’occasion au pays le plus puissants de se refaire une santé sur le dos d’un autre, et ou l’emprunt russe n’était qu’une goutte d’eau …
Que les états s’orientent vers un non remboursement de leurs dettes et c’est l’Etat qui « crack » et sombre corps et âme : c’est le début de la coercition généralisée. C’est la fin de la confiance, c’est le ’sauve qui peut’ des liquidités.
Si l’on ne veut pas alors augmenter drastiquement les impôts, il ne restera plus que la vraie planche à billets , donc une méga-inflation à tous les étages, pour financer « des chômeurs, des malades, des retraités et des fonctionnaires » (comme le note benoîtement H16 …) … d’ailleurs à ce moment là autant rembourser directement sa dette en monnaie de singe …
Bon je parle dans le vide avec la ‘vertueuese’ BCE !
Effectivement en ce qui concerne la France, il semble que nous bénéficions d’une épargne privée substantielle …
Mais écrire « le niveau de liquidités des ménages français peut permettre de refinancer l’Etat » … n’est qu’une formule creuse si on n’en précise pas le mode : on les préempterait comment ? Par un impôt purement confiscatoire (Bonjour les dégats et la rebellion organisée des français spoliés) Par un emprunt forcée ? … que l’ensemble des français devraient rembourser ensuite … : on sera bien avancé !
Ou bien par un emprunt qu’ on ne rembourserait jamais. Genre moratoire implicipe.
Ou un moratoire explicite.
Mais alors autant poser le moratoire tout de suite … tout en sachant qu’on congèle le problème.
Je suis bien d’accord avec toi -et avec beaucoup d’autres- que la dette ne peut plus être remboursée. Et donc si le Monde ne veut pas organiser sa propre faillite en mettant à plat, et en triant ses dettes , il va falloir des contortions extraordinaires (et douloureuses) pour faire durer les choses.
Or le Monde (occidental) ne veut pas organiser sa faillite car il pense qu’il a intérêt , pour sauver ses meubles, à globaliser le problème pour en faire supporter le coût à la terre entière.
Reste la solution d’aller ponctionner directement les ‘méga-super-riches’ , ceux qui depuis 30 ans concentrent une part toujours plus importantes de la richesse … mais outre que cette ‘richesse’ se dissipe et se dissimule quand on en approche de plus près, de plus, on se heurte vite au fait qu’on arrive ensuite vite à l’ensemble de l’appareil de production lui-même …
Bien entendu la Dette , pour moi est à la fois le produit d’une mauvaise répartition des richesses , d’un état d’esprit généralisé de facilité et de la conception noscive du déficit perpétuel et de la relance permanente , dues à nos amis les keynesiens.
octobre 1st, 2009 at 18:18
Le problème principal, ce n’est pas tant la dette en elle-même (qui est encore soutenable, le Japon étant lui-même à presque 200% du PIB) que le fait que nous sommes incapables de la résorber et en déficit structurel depuis au moins 20 ans.
Diminuer la dette n’est pas sans espoir, car il y a tout de même l’inflation qui, si la balance est équilibrée, réduit mécaniquement le montant de la dette publique. Mais il ne faut hélas pas négliger que nous payons des intérêts sur cette dette, et que le taux est notamment largement influencé par l’inflation. Si l’inflation augmente et que l’Etat a émis des obligations à plutôt court terme (ce qui est le cas je crois), il devra en ré-émettre de nouvelles plus rémunératrices pour intéresser les marchés. Et je ne parle même pas de magnifiques « cadeaux » à venir tels que l’emprunt national…
Pour l’instant, les intérêts (43 Mds d’€) coûtent un peu moins que l’Education Nationale (env. 65 Mds) et que ce que rapporte l’Impôt sur le revenu… Une belle somme qui va dans les coffres de divers établissements financiers et permettra donc de les sortir plus rapidement de la dure crise qui les a frappés.
octobre 1st, 2009 at 18:32
Le pays n’est pas trop endetté, il est simplement mal géré.
La dette pas un pb ? Rappelez vous l’argentine il y a une aine d’années !
octobre 1st, 2009 at 18:54
@ Incrédule. Ce n’est pas la société civile qui prête aux Etats, relisez mon propos. Les banquiers étant eux-mêmes des gens parfois peu soucieux des problèmes financiers de la société civile, je ne les plaindrai pas.
@ Oppossum. Mais ce que nous vivons n’est pas un évènement à prendre à la légère. C’est bien le fond du problème : économiquement, nous subissons l’équivalent d’une Première guerre mondiale.
octobre 1st, 2009 at 20:33
> Ce n’est pas la société civile qui prête aux Etats, relisez mon propos.
C’est la société civile qui voit une partie de la richesse produite « détournée » par l’Etat dont le pouvoir d’achat est dopé par l’emprunt. In fine c’est donc bien elle qui prête, et qui est spoliée en cas de défaut.
> Les banquiers étant eux-mêmes des gens parfois peu soucieux des problèmes financiers de la société civile, je ne les plaindrai pas.
Je le répète ; si la dette publique était détenue par deux/trois gros milliardaires à haut de forme en train de bronzer sur une île du Pacifique, croyez-moi, l’Etat n’aurait pas eu d’états d’âme à faire défaut sur celle-ci depuis bien longtemps…
Si votre scénario catastrophe se réalise, croyez-moi, ce ne sont pas les hedge funds domiciliés dans les paradis fiscaux qui vont en souffrir…
octobre 1st, 2009 at 21:04
« gentil quidam » !!!…j’hésite, est-ce de la condescendance ou du mépris …ou peut-être est-ce un peu des 2 à la fois, dans tous les cas cela ne vous honore pas !
Surtout pour ensuite m’entendre dire que mes pinceaux se seraient emmêlés parce que je titre sur la dette alors que je parle essentiellement du déficit !
Comme si les 2 n’étaient pas étroitement liés !!
Comme si à la base de la dette publique il n’y avait pas un déficit budgétaire récurrent !!!
Quand à rappeler que la dette doit être considérée avec son cout qui lui-même est étroitement liés aux taux d’intérêts, cela me semble d’une telle évidence que je n’avais pas cru bon de le rappeler !
L’étude à laquelle je me réfère, elle vaut ce qu’elle vaut, et je n’ai pas la compétence pour la juger, néanmoins, ses conclusions sont les mêmes que celles de toutes les études sur le sujet : le déficit public est structurel, le déficit augmente la dette, la charge de la dette est en passe de devenir le 2ème poste budgétaire, le montant de la dette augmente sans cesse en proportion du PIB et ce déficit n’est même pas potentiellement générateurs de croissance, la meilleure preuve étant qu’il faut un Grand Emprunt parallèle pour financer des investissements !
Mais à la lecture de la suite de ce billet je comprends bien les motivations de ces pitoyables sarcasmes.
L’objectif, pour une raison que j’ai du mal à saisir, est de faire le fanfaron à qui on ne la fait pas, de faire croire, qu’après tout, ce n’est pas grave, faut pas se laisser impressionner par ces pisses-froid, ces empêcheurs de dépenser en rond, stop à la pensée rigoriste dominante, ces tristes sirs qui veulent nous culpabiliser sous prétexte que l’on s’arc-boute sur notre super et onéreux modèle social que tout le monde nous envie …après tout pour en finir avec la dette, c’est simple, il suffit de décréter un beau jour que l’on ne la rembourse plus, un bon coup de gomme et du Tipex par dessus et on est tranquille !…d’ailleurs en la matière il y a des précédents prestigieux entre les rois de France et les bolchéviques alors pourquoi pas nous après tout !!!
Pour atteindre cet objectif on balance des arguments imparables comme « Un budget en déséquilibre n’est pas forcément un budget mal géré » !!!!..
Qu’est ce que c’est que cette affirmation à 2 balles !
Il ne s’agit évidemment pas de refuser systématiquement l’endettement. Toutes les entreprises sont plus ou moins endettées sans que l’on puisse pour cela les accuser de mauvaise gestion.
Néanmoins, la différence avec l’Etat c’est qu’une entreprise emprunte pour financer un projet d’investissement et non pas des coûts de fonctionnement !
La distinction est essentielle ! dans le premier cas, l’emprunt sert à répartir sur plusieurs années la charge de financement d’un investissement qui sera lui aussi utilisé et qui apportera un certain nombre d’avantages sur plusieurs années ! C’est le particulier qui emprunte pour acheter son logement !
Dans le second cas, l’emprunt se substitue à un revenu ! Il consiste tout simplement à reporter le financement d’une partie de la charge de fonctionnement de l’Etat ! C’est le particulier qui emprunte pour pouvoir payer son loyer !
Ou encore : « … Allez voir la situation personnelle d’un chômeur qui lance sa boîte pour sortir du trou. Il est endetté jusqu’au cou, et pourtant.» …
Ca c’est un bel exemple pour faire vibrer la fibre sociale du chaland !!! …l’histoire du pauvre chômeur qui s’endette pour s’en sortir à la force de ses petits bras musclés et accessoirement d’un emprunt généreusement attribué par BNP Paribas qui veut ainsi faire croire qu’ils utilisent l’argent de l’Etat pour financer l’économie !
Or si ce pauvre chômeur utilise son emprunt pour se nourrir, s’habiller et accessoirement aller au cinéma, qu’est-ce qu’il va faire lorsqu’il l’aura éclusé son emprunt, en contracter un autre plus important pour rembourser le premier et en payer les intérêts…et continuer à s’habiller, à manger et à aller au cinéma et quand il l’aura également liquidé, il recommence jusqu’à qu’il ne trouve plus personne pour lui prêter ?
A ce train là, il n’est pas prêt d’en sortir du trou votre chômeur, au contraire, il va rapidement y aller au trou …entre 2 gendarmes !
C’est pourtant exactement ce que fait l’Etat !!!
Certes l’Etat a du patrimoine, certes les français ont des actifs et alors ? …sauf à considérer l’hypothèse absurde que l’Etat français va un beau jour proclamer unilatéralement qu’on efface tout et on recommence, cela veut dire que l’actif net que l’on léguer à nos enfants sera égal à zéro !!!…tout cela parce que notre génération aura vécu au dessus de ses moyens !
Bon, j’arrête là parce que le commentaire commence à faire un peu long, mais moi au moins j’ai préféré répondre sur ce blog plutôt que d’aller brocarder ce billet sur le mien !
octobre 1st, 2009 at 22:08
@ Oppossum. Je reprends car j’ai été obligé d’interrompre ma réponse. Vous mélangez un problème théorique et un problème pratique. Lorsqu’on dit « l’Etat est en faillite » c’est une vue de l’esprit. C’est un sujet théorique. En revanche, rembourser sa dette est un problème pratique. Mais je maintiens que les tenants de l’apocalypse évoquent un problème théorique ou comptable. Donc je leurs réponds en termes d’actif et de passif du bilan de l’Etat. Et dans l’actif de la Nation, il y a l’épargne des ménages.
@ Doom. Oui, c’est la vérité. MAIS cela fait 30 ans qu’on explique qu’il faut la réduire, cette Dette. Et on ne la fait pas. Voilà pourquoi j’explique qu’il faut arrêter de retenir le pilotage par la dette comme un véhicule de politique économique.
@ Incrédule. Vous avez une conception dichotomique qui n’est pas la mienne. Je vous parle à l’international, où le concept de société civile n’a pas de sens. Rappelons que les 20 dernières années ont vu une multiplication par 20 des masses financières alors que les échanges réels ont connu un triplement. Tout ça n’a RIEN à voir avec la masse monétaire. Rien.
@ Gentil Quidam. C’est une insulte donc de dire que vous êtes gentil et que je ne vous connais pas ? Diable.
Sur le fond, je maintiens que parler de la Dette n’est pas parler du déficit. On peut essayer de réguler sa Dette par une politique audacieuse d’émission d’emprunt en jouant sur les taux.
Vous citez une étude qui conclut comme les autres.
Vous ne voyez pas l’ironie de la chose ?
Vingt ans qu »‘on tente de réduire le déficit
Vingt ans qu’on fait de ce dogme l’alpha et l »omega
Et Vingt ans que la Dette augmente, avec vos petites études qui n’y comprennent rien, émanations des petits cerveaux étriqués des énarques de Bercy.
Le déficit de 2007 finançait peut-être le fonctionnement. Mais celui de 2008 ? de 2009 ? La relance, c’est du fonctionnement ? La différence est parfois subtile : on pourrait vous défendre qu’investir dans l’Education Nationale c’est de l’investissement. Du coup, vous pouvez ôter 800 000 emplois de votre poste fonctionnement.
En conclusion : quand on est dans la merde jusqu’au cou, on retrousse ses manches et on investit, en pariant sur une croissance plus forte qui vous permettra de sortir la tête du panier.
octobre 1st, 2009 at 23:01
@Toreador
Le gentil sonne irrémédiablement comme « brave » et oui, je considère comme une insulte de me faire traiter de « brave quidam » ou de « brave » n’importe quoi d’autre !
Cela étant, je ne vais pas en faire un fromage et parce que je suis réellement gentil, je vais vous laisser le bénéfice du doute et croire plutôt à une maladresse de langage qu’à une volonté d’insulter.
Je ne vais pas prolonger trop longuement le débat parce que comme dirait le proverbe (ne le prenez pas au premier degré) « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » !
Une politique d’emprunt aussi audacieuse soit-elle n’a jamais régulé une dette, ou alors il faudra m’expliquer ce que vous entendez par « régulé » !
Dès qu’il y a un déficit à financer, il n’y a pas de miracle, il faut emprunter.
Le Trésor français emprunte déjà à des taux plutôt bas, il paraît difficile de faire beaucoup mieux, même en étant « audacieux » !
Cela fait effectivement 20 ans que les cerveaux de Bercy, à la demande de nos gouvernants, tentent de nous faire croire qu’on peut dépenser toujours plus sans avoir à le payer ! pour cela on sort des dépenses du budget de l’Etat sans compensation ou on se gargarise de la qualité de la signature de la France ! Résultat, cela 20 ans que les budgets publics sont en déficit et donc 20 ans que l’on accroit la dette (si, si) !!!
Ce que disent les études et la cours des comptes (j’en tiens le rapport à votre disposition si vous le souhaitez) c’est que la crise n’est pas pour grand chose dans le déficit du budget 2008, quand au budget 2009 ce n’est pas les dépenses d’investissement qui l’ont plombé puisque la relance jusqu’à présent a essentiellement consisté à soutenir la consommation !
Cependant, il ne manque pas grand chose pour que l’on soit totalement d’accord sur la conclusion « quand on est dans la merde jusqu’au cou (tiens, vous l’admettez !!!), on retrousse ses manches et on investit… » !
Si je puis me permettre je dirais plutôt « quand on est dans la merde jusqu’au cou, on retrousse ses manches, on investit et on se sert la ceinture »..et là c’est parfait, on est d’accord, bravo, merci !!!
octobre 2nd, 2009 at 0:27
Bien sûr Toré un budget déséquilibré n’est pas forcément un signe de mauvaise gestion. Le problème est que c’est peu à peu devenu une règle, pour tous les budgets.
Gentil Quidam dit des choses de bon sens (Dans son commentaire, ici) . Sa conclusion … « et on se serre la ceinture » me laisse plus dubitatif.
Le recours au crédit, à l’emprunt, pour que la machine puisse ‘tourner’ est le symptome d’une mauvaise répartion des richesses. Il conviendrait de serre la ceinture d’abord là où il y a de la marge.
Autrement dit, et là je rejoins (je suppose) Toré, on n’est pas obligé de détricoter certains acquis dans certains secteurs, pour faire des ‘économies’. La Dette a parfois bon dos. Mais je dis « certains », car la défense tous azimuts du fatras du service public qui refuse de s’adapter et de redéfinir ses missions , ses aires d’intervention et ses moyens , est plutôt mortifère.
Dire que fixer une limite à l’endettement est farfelu, n’a pas de sens. C’est l’ensemble des endettements qu’il faut prendre en compte ! Il n’y a pas une limite en elle même pour un budget spécifique, mais il y a pourtant une limite globale … lorsque le remboursement n’a plus aucub sens par rapport au temps humain
Laisser penser que la relance va mécaniquement faire redémarrer la machine est également fallacieux : à partir d’un certain état d’endettement les liquidites injectées sont gelées par le mécanisme du désendettement d’une dette qui s’est aggravée entre temps …
Le même genre de sophisme qui s’exerce dans l’idée que l’Etat ne saurait faire faillite : l’Etat ne se déclare jamais juridiquement en faillite mais il peut tout à fait l’être. C’est vrai qu’à ce moment là, des régimes musclés se mettent alors souvent en place.
C’est vrai également que l’Etat peut spolier et choisir de ne pas rembourser. Le déficit est alors transféré de l’Etat sur certaines zones de la société civile.
Il faut toujours que quelqu’un paie.
Finalement Toré c’est cela le sens de ton « personnellement je ne me fais pas de cheveux blancs » : oui le monde va continuer de tourner et quelqu’un paiera. L’Etat dispose de ce pouvoir de désigner , pour le ‘bien’ de tous, qui subira la perte de valeur : les plus riches ? les plus faibles ? les plus nombreux ? nous tous ? Au petit bonheur la chance ? Au hasard ? le moins risqué socialement ? économiquement ? politiquement ? Pierre ? Paul ? Jacques ou nous ?
Qui paiera vraiment la Taxe Tobin ?
octobre 2nd, 2009 at 11:09
@Oppossùm
Petite précision, lorsque je parle de se serrer la ceinture, je ne pense pas nécessairement à une remise en cause, systématique, bête et méchante des services publics ou des aides sociales …il y a beaucoup d’autres moyens de réduire de manière équitable le train de vie de l’Etat et des collectivités publiques !
Malgré tout, on ne peut pas laisser croire qu’on arrivera à se sortir de cette situation sans efforts, c’est illusoire ! et si on n’explique clairement en quoi c’est une nécessité, ça ne sera jamais accepté par les français !
Sinon, je suis en parfait accord sur ce commentaire et sur sa conclusion, finalement Toréador ne se fait pas de cheveux blancs parce qu’il est comme nous tous, en train de profiter de services financés à crédit en se disant qu’avec un peu de chance il n’aura jamais à les payer…dans ces conditions aucune raison de se priver !
octobre 2nd, 2009 at 12:01
Non. Nous nous serrons la ceinture depuis 20 ans : regardez le taux de progression des dépenses. L’Etat est au régime sec et ça n’a aucun impact. Alors changeons la méthode !
octobre 2nd, 2009 at 14:13
Se serrer la ceinture ? Vraiment ? Alors que le nombre total de fonctionnaires (dans les 3 types de fonction publique) continue d’augmenter, que le gouvernement a beaucoup dépensé avec des mesures telles que le « paquet fiscal », ou bien loi Scellier, défiscalisation des intérêts (heureusement, ils n’ont pas réussi a la rendre rétroactive !) et bien sûr le futur grand emprunt populaire (ou national ? je ne sais plus, de toute façon en vrai il ne sera ni l’un ni l’autre)
Il y a bien d’autres moyens de réduire les dépenses que de faire des classes de 50 élèves au Lycée ou dérembourser les antibiotiques, heureusement !
Mais avec la complexification des finances publiques, la décentralisation, multiplication des agences bidon en tout genre, cela en devient même trop complexe, et impossible à expliquer à un opinion publique qui s’insurge déjà contre les faibles sommes de la taxe carbone…
octobre 2nd, 2009 at 15:02
Effectivement on reussit ce tour de force à augmenter le poids de la fonction publique et celui des prélèvement , à aggraver celui de la dette et à avoir l’impression de vivre à la fois plus mal (où est-elle cette douceur de vivre, éclairée, qui s’avait si bien s’allier avec le goût du travail bien fait, en France ?) et d’avoir la sensation d’une baisse de son pouvoir d’achat !
Bon l’esprit bouguon et gaulois est toujours là, mais il ne sait plus trouver la solution.
Changeons la méthode nous dit Toré ! Mais ça veut dire quoi changer de méthode ? C’est le discours classique de la gauche d’il y a quelques années , consistant essentiellement à nier la réalité lorsqu’elle est dans l’opposition et à l’enfumer lorsqu’elle est au pouvoir.
De cette gauche qui louait, il y a quelques années les vertus du déficit et des 35 heures permettant de mieux faire la fête.
Voilà le fond des choses : « changeons de méthode » est le slogan primitif et démagogique de ceux qui, en général, nient les contraintes les plus basiques et les plus évidentes de la réalité. La richesse c’est d’abord le travail et on ne peut jamais dépenser plus que l’on gagne. Point barre.
!
Ceci dit la question du partage peut être ensuite l’objet de luttes légitimes à tous les niveaux, la concentrations de richesse étant un invariant peu historique.
Bref si « changeons de méthode » revient à idéaliser les bricolages monétaro-keynesianistes qui s’imaginent diriger les comportements par la simple émission de signes monétaires, alors on ira de Charybde en Scilla
Bon voilà Toré, mais ce n’est pas dirigé contre toi puiqu’en général nous sommes d’accord
octobre 2nd, 2009 at 15:11
Petit rajout :
Oui c’est très drôle cette mode d’une certaine gauche de jouer les vierges effarouchées face à la découverte subite du problème fondamental de la Dette.
Mais pas d’illusion : il s’agit pas de conviction profonde et de bon sens, mais d’un pur avatar croisé de l’anti-Sarkosysme ‘primaire’ et du perpétuel procès systématique et mécanique du « Système ».
(Bon parfois y’a de quoi, on est d’accord)
octobre 2nd, 2009 at 16:01
Changer la méthode cela signifie d’arrêter de piloter uniformément la dépense, fixer une règle d’équilibre en fonctionnement, et profiter du Grand Emprunt pour débloquer la machine.
octobre 3rd, 2009 at 21:09
Hummm … le Grand Emprunt comme occasion de débloquer la machine ? Il arrive un peu tardivement si l’essentiel de la crise est derrière nous .
Quand on voit les milliers de milliards qu’il a fallu pour (donner l’illusion d’) avoir fait repartir’ la machine aux USA, on se dit que , de plus, c’est relativement modeste.
Et puis c’est quand même curieux de financer les dépenses courantes avec du pur déficit , et les « investissements » avec du Grand Emprunt !
D’autant que le Grand Emprunt …. même si ce n’est pas du pur déficit, c’est tout de même un truc qui va s’ajouter à la Dette non ?
Et c’est bien avec nos impôts qu’on devrait se nous le rembourser … bref c’est dans la grande catégorie des impôts différés !
Croisons les doitgs pour ça soit sur des projets réellement intelligents – ça sera au mmoins ça -, et pas du gaspillage ou du financement du ‘courant’ déguisé en investissments.
octobre 3rd, 2009 at 21:15
Petit rajout : par quelle mystère le petit grand emprunt débloquerait-il quique ce soit alors que l’énorme déficit n’a , lui, rien débloqué ?
Autrement dit nous avons réussi ce tour de force d’avoir un énorme déficit (Au fait : à qui profite-t-il à coup sûr ?!) , et une énorme insatisfaction accompagnée d’une baisse de niveau de vie , sans parler des dégradations de qualité de vie.
Bon j’arrête là, je radote.
octobre 3rd, 2009 at 22:46
En fait appelons un chat un chat, le petit Grand Emprunt n’est que le mode de financement d’un nouveau déficit qui va être créé pour l’occasion !
C’est à dire que l’on a déjà un gros déficit qui correspond à des dépenses de fonctionnement non financées et là on va y ajouter un déficit qui va correspondre à des nouvelles dépenses dites d’investissement !
Au lieu des habituels bons du Trésor et autres OAT, l’Etat ira chercher de l’argent via un support différend dans ses modalités et ….dans son prix !
En clair, à l’arrivée c’est du kif kif bouriquot, il aura un cout annuel et il devra être remboursé à échéance !
Dans le principe, que l’Etat investisse pour un avenir plus radieux, c’est très bien, mais le fait qu’il alourdisse son endettement pour cela est bien la preuve que le déficit « courant » n’est pas « utilisé » à l’investissement !
De plus, ce qui est gênant, c’est de commencer par proclamer solennellement « on va emprunter de l’argent » (comme si l’Etat ne le faisait pas déjà tous les jours)avant d’avoir défini à quoi on allait l’utiliser !
C’est comme si on disait « voilà 50 milliards allez y, faites marcher votre imagination pour trouver comment les dépenser, mais attention, il faut que ça soit de l’investissement !!! »
octobre 5th, 2009 at 8:53
Commentaires du billet suivant bloqués : c’est l’accent grave de tu m’intéresses, qui bloque ?
En tout cas , il va rester en travers de la gorge de Koz …
octobre 5th, 2009 at 9:58
c’est bizarre : les autres ont pu commenter ?