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    Banderille n°379 : Le syndrôme du Cid

    Par Toréador | janvier 10, 2012

    Villepin, Boutin, Morin : les Chipmunks sont dans un bateau…

    Vous connaissez les vers célèbres de Corneille : « Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort. Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port » – il en est des parrainages à la présidentielle comme de la poésie classique. A chaque élection, les petits partis bêlent qu’on veut les étrangler en les muselant.

    Il est vrai que pour Nicolas Sarkozy, « Atomic Boutin » , alias miss demi-pourcent, (ou miss 50 cences), représente une ennemie mortelle qui doit l’empêcher de dormir. Et je ne parle pas des autres cheapmunks (Morin, Villepin…).

    Après Boutin, Le Pen, puis Poutou se sont engouffrés dans la brèche. Le Front National est le meilleur à ce petit jeu – courant janvier, il menace, tape du sabot, montre les cornes, mugit. Atteinte à la démocratie : place à la victimisation. C’est le grand complot de « l’establichement », celui piloté par les élites mondialisées, les métèques, les étrangers, et les européistes. Il n’y a que Baillerou qui n’a pas encore crié au meurtre, sans doute absorbé par sa politique du P.I.R*.

    J’en cache les deux tiers, aussitôt qu’arrivés,
    Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés;

    Et puis finalement, deux mois plus tard, on s’aperçoit que tout le monde a ses signatures. En 2007, nous étions tellement riches que nous avions 5 candidats d’extrême-gauche et de gauche radicale, totalisant au final 10% des voix. Le fameux système de parrainages n’a donc pas été filtrant – mieux aurait valu avoir 2 candidats de gauche protestaire à 5% que 5 en dessous de ce seuil de remboursement.

    Il ne faut pas s’en étonner : clamer qu’il est difficile de collecter 500 signatures sur 38 000 parrains possibles, c’est quand même fort de café : en 2007, les 12 candidats avaient besoin de 6 000 parrainages, ce qui en laissa donc 32 000 orphelins théoriques.

    Bref, in fine, ce système de parrainages est complètement daté :

    1/ laisser entendre qu’un parti comme le FN, qui a fait 10% des voix en 2007, ne pourrait pas être autorisé à concourir automatiquement en 2012, c’est aberrant ;

    2/ permettre à des mecs comme Schivardi se présenter, à coté de Besancenot ou Laguiller, c’est clairement démontrer que la Droite donne des signatures à des candidats extrêmes pour affaiblir la Gauche, et donc que ces parrainages sont une très grande forfanterie.

    3/ On en arrive à ce que 50%des candidats parle à 10% des votants (cf. 2007). Donner la moitié du temps de parole à la minorité, beau système !

    * Et oui ! Produire, Instruire, Reconstruire. Ca aurait pu être pire s’il avait dit « Punir », la politique du PIP.

    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite, Toréador critique la Gauche, Toréador critique le Centre | 7 Comments »

    7 réponses “Banderille n°379 : Le syndrôme du Cid”

    1. Killcow Says:
      janvier 10th, 2012 at 15:22

      Prétendre qu'obtenir les 500 présentations est facile me semble un peu court quand même. Et je pense que les petits candidats galèrent vraiment à les avoir. J'ai le souvenir qu'en 2007, Bové avait posé un lapin à Canal+ à cause de ça.
      Après, il est évident que les candidats jouent aussi sur la corde de la victimisation, une astuce vieille comme le monde. Mais pensons quand même qu'il y a encore des candidats qui n'ont pas les présentations (Miguet par exemple, qui en 2007 aurait sûrement fait mieux que Schivardi).

    2. toréador Says:
      janvier 10th, 2012 at 17:00

      Un peu court… 500 sur 38 000. Si on regarde la statistique, c'est plié : le nombre de petitscandidats qui y sont parvenus est très important.

    3. RST Says:
      janvier 10th, 2012 at 20:14

      @ Toréador

      On commence bien l’année. En voila un tissu d’inepties !
      Les chiffres tout d’abord :
      Il y a en réalité 48 000 parrains potentiels (maires + conseillers généraux + présidents de communauté locale + conseillers régionaux + …..+ …..)
      36 000 d’entre eux ne parrainent jamais (ça calme, non ?)
      8 000 autres se partagent les grandes formations politiques qui mobilisent le débat
      Il en reste donc ….. 4 000 pour les autres

      Et parmi ces 4000 beaucoup se défilent sous prétexte de ne pas vouloir apporter un soutien. Or comme le rappelle (pub) Nicolas Dupont Aignan (NDA pour les intimes), le parrainage n’est pas un soutien : « C’est le général de Gaulle lui-même qui avait souhaité que les maires puissent jouer le rôle de filtre démocratique en désignant les candidats selon eux dignes de se présenter à la magistrature suprême. En effet, il savait combien les appareils politiques aiment confisquer la vie démocratique lorsqu’ils sont au pouvoir, et combien les maires et les conseillers généraux restent au contraire indépendants et libres. »
      Je confirme, pour l’avoir vécu, avec  plusieurs maires qui m’ont indiqué qu’ils ne parrainaient pas à cause justement du « qu’en dira-t-on » chez leurs administrés. Et pour essayer de diminuer la frustration que l’on peut ressentir après une heure de discussion que l’on croit positive, en rajoutant la phrase qui tue : « Mais bien sûr, si cela avait été confidentiel, je vous l’aurait donné. »

      Des chiffres basés sur l’expérience pour terminer et montrer que contrairement à ce qui est avancé dans cet article, la chasse aux parrainages est loin d’être une partie de plaisirs : Il faut passer 100 coups de fil pour toucher 40 maires obtenir 8 RdV et finalement 1 promesse !!!
      En 2007, NDA n’avait pas obtenu les signatures nécessaires !

    4. toréador Says:
      janvier 11th, 2012 at 16:38

      Mon cher RST,
      Votre argumentation vise à prouver que le système de parrainages est très filtrant pour les petits candidats. Vous vous basez sur la constatation des efforts à fournir et moi sur les résultats. Qu'importe que les élèves doivent bûcher nuit et jour sur le bac, si in fine 99% d'entre eux l'ont : cela signifie que ce n'est pas filtrant.
      48 000 parrains potentiels, et vous affirmez que "36 000 ne parrainent jamais". Vous supposez-là que tous les 5 ans, ce sont les mêmes 36 000. Et vous n'avez d'ailleurs aucun moyen de prouver qu'il n'y a pas des flux entre les élus qui parrainent en 2007 et ceux qui parrainent en 2012.
      Quand vous dites que 8 000 sont déjà encartés, vous montrez bien que pour les grosses machines, cette étape ne sert à rien.
      Et je le répète : pour les petites machines, in fine, ce n'est pas si difficile : NDA cette année s'y est pris bien en avance. En 2007, il n'était pas là parce qu'il ne sait pas s'organiser.

    5. RST Says:
      janvier 14th, 2012 at 15:26

      Mon très cher Torédor
      Je ne comprends pas comment vous pouvez en même temps dire que le système et très filtrant et que in fine , ce n'est pas si difficile. Il ne me viendrait pas l'idée, pour reprendre votre métaphore scolaire de dire que le concours de Polytechnique est très filtrant mais qu'in fine , il n'est pas si difficile !!!
      Libre à vous d'essayer de faire croire qu'il n'y a pas de problèmes avec le système de parainnages. La réalité est tout autre et je suis bien placé pour m'en rendre compte.

    6. Toréador Says:
      janvier 14th, 2012 at 21:54

      Non je dis que le systeme n'est pas filtrant. C'est vous qui le dites !

    7. RST Says:
      janvier 15th, 2012 at 0:41

      Autant pour moi
      Mais je maintiens que contrairement à ce que vous dites, c'est difficile. Je ne vais pas faire la liste ici de ceux qui ont été recalés dans le passé (Cheminade , …) et qui risquent de l'être prochainement comme MLP.
      Et pendant que les petites machines dépensent temps et énergie pour récolter les parainages, les grosses écuries font campagne.