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    Banderille n°406 : Requiem en Fat mineur

    Par Toréador | avril 17, 2013

    Le bourgeois de Palais

    J’ai écouté la confession crypto-chrétienne de Jérôme Cahuzac. Certains y ont vu de la sincérité, moi j’y ai trouvé matière à chercher les oeufs de pâques habilement dissimulés dans la prose Cahuzacienne :  les éléments de langage répétés avec conviction. 

    Tout d’abord, premier thème mélodique : le repentir le plus total. Cahuzac se mortifie, se flagelle, plus rien ne va : il a fait un truc moche, impardonnable, blablabla. C’est la clé de sol de la partition. Le requiem des ambitions enterrées. On y rentre sur la pointe des pieds, en toute humilité. L’heure est grave, on entend quasiment le glas.  

    Ensuite, deuxième mouvement, quand on l’interroge sur le mensonge, il a cette réponse magnifique : je me suis menti d’abord à moi-même, avant de mentir aux autres. Merveilleux raccourci qui permet d’installer une idée : Cahuzac a été victime de Cahuzac, comme vous et moi. Bref, nous sommes tous victimes, et lui est la première victime. Nous sommes tous des Cahuzac, en somme.

    Le dernier axe de ce playdoyer très américain, c’est « la dignité ». A défaut de pouvoir invoquer « le respect » ou de convoquer « la sincérité », Cahuzac aura été une victime « humble » et surtout « digne ». Il faut quand même avoir un sacré recul pour dire « j’ai menti à tout le monde, mais je vais désormais être digne ». Vous compterez le nombre de fois où le terme apparaît comme adverbe ou adjectif. C’est mains sales, tête haute.

    L’Elfe Dobby

    Au sortir de cette longue interview où le journaliste aura, avec un sadisme compassionnel incroyable, torturé notre repenti avec des questions à la limite de la méchanceté, le nouveau Jérôme Cahuzac est là, la corde autour du cou, humble, misérable, victime, mais digne. Il tremblote, l’oeil humide, en regardant ses nouveaux geôliers, tel l’elfe de maison Dobby dans Harry Potter.

    Seul problème : le croire, c’est accepter un axiome, à savoir que désormais, il dit la vérité. Par exemple, quand il dit qu’il a été légalement payé pendant plusieurs années pour des activités de conseil mais que 600 000 euros ont pu atterrir en Suisse sans que le Fisc ne s’en aperçoive en recoupant les déclarations de J.C et celles des entreprises pharmaceutiques concernées.

    A croire, et à re-croire. Les yeux dans les yeux.

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    Sujets: Toréador critique la Gauche, Toréador critique littéraire et médiatique | 1 Comment »

    Une réponse “Banderille n°406 : Requiem en Fat mineur”

    1. estheticos Says:
      avril 30th, 2013 at 10:11

      Le talent oratoire de l'ex chirurgien esthétique est indéniable. Je veux dire préparé. Nul doute que les conditions de l'entretien ont été négociées de telle sorte que la parole puisse être encadrée. Repentir sincère ou communication, il me semble de plus en plus que la frontière est poreuse. Zenon va bientôt mourir. Le héros de Marguerite Yourcenar peut encore sauver sa vie par un acte de contrition certes insincère mais qui n'est qu'un mauvais moment à passer. Même en ces temps héroïques où l'on pouvait bruler du fait de ses opinions, on pouvait sauver sa peau avec un joli discours. Et ce tribunal qui peut sauver ou que l'on croit salvateur, c'est aujourd'hui la télévision.

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