• Les Archives Glorieuses de l’Arène

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  • Amour, gloire et beauté

  • Banderille n°404 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

    Par Toréador | mars 4, 2013

    Chantal Jouanno existe. Ou en tous les cas, essaye d’exister.

    Il y a quelques jours, elle partait en croisade contre les défilés de mini-miss, afin d’empêcher que la dérive sexualisée qui a cours en Amérique s’abatte sur l’hexagone. Thème de la bafouille : Juger une femme sur sa beauté, c’est sexiste. Voilà un sujet d’importance mondial qui méritait qu’on s’en occupasse. Quand je pense à ces milliards de salopards à pénis qui passent leur temps à être sexistes, et ce depuis des millénaires, c’est franchement dégeulasse. Au passage, Chantal aurait réinventé la croisade : avant, c’était les Christine Boutin qui montaient des croisades, genre bible à la main et crucifix. Aujourd’hui, on fait des croisades au nom des idées de Gôche, et c’est vachement plus tolérant.

    Mais visiblement, comme les Etats-Unis de Bush, Chantal Jouanno peut gérer deux guerres en même temps.

    Après avoir flirté avec l’ordre moral, Jouanno change de registre et passe à la santé, en voulant une enquête sur les cigarettes électroniques. Visiblement, le programme de l’UDI avance à grands pas. Encore deux-trois propositions choc sur l’interdiction des tracteurs à diesel ou la réouverture des maisons closes, et Borloo pourra se présenter devant les Français.Pauvres fumeurs ! Ils avaient pensé enfin avoir trouvé un moyen économe et sain de vivre leur dépendance, mais il y a encore un risque. Encore le principe de précaution. Il faudrait peut-être supprimer l’espèce humaine, la terre s’en porterait mieux. 

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    Sujets: Banderille, Toréador critique la Droite | 3 Comments »

    Banderille n°403 : La tentation de Sainte Hélène

    Par Toréador | février 24, 2013

    Les amis de Nicolas Sarkozy se sont réunis le 20 Février pour témoigner du rôle de la France dans le monde sous le précédent quinquennat. Un séminaire, un colloque, avec bien évidemment une page de pub. Le retour de Martin Guerre Nicolas est en train d’être patiemment mais sûrement pavé par l’école des fans. Evidemment, tout ceci ne se passe pas sans heurts : l’autorité du président Sarkozy sur ses troupes s’est un peu émoussée, les anciens protégés commencent à vouloir voler de leurs propres ailes, et le camp socialiste voit d’un très mauvais oeil le retour de Napoléon. On raconte que François Hollande fait surveiller l’activité sarko-sismique en temps réel.

    Tout ce suspense en skaï, est-ce une bonne chose ? Oui pour la Droite, désunie comme jamais. Mais le pays, lui, n’en veut pas. D’autant que le doute subsiste dans mon esprit :  Sarkozy pourrait tout autant être poussé à renouer avec la politique par passion que … pour échapper aux griffes des juges. Quelque soit le scénario, je pense cependant qu’il perdra face à Hollande.

    Au final, il faudra surveiller le voisin italien avec soin : si Berlusconi parvient à être réélu, Sarkozy se sentira conforté dans sa démarche. Si un jour il actionne le bouton « marche sur Vaugirard », personne ne pourra ne l’empêcher. Et le général Copé envoyé pour l’arrêter sera peut-être poussé à se rallier à lui. Tout le problème de cette histoire dont on devine l’issue, c’est qu’elle empêche la Droite de revendiquer son droit d’inventaire, et de tourner la page. Nicolas devrait se méfier : des fois, les retours durent cent jours…

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    Sujets: Toréador critique la Droite | 2 Comments »

    Paso Doble n°304 : Benoît, le Kinder Cardinal

    Par Toréador | février 13, 2013

    A las cinco de la manana…

    Deus ex machina

    La démission du pape Benoît XVI aura été un coup de tonnerre dans un ciel bleu pour le monde chrétien. Qu’un pape démissionne, c’est quelque chose qui visiblement n’arrive que tous les six ou sept siècles. Mais le plus étourdissant est que cet acte de rupture avec la tradition multi-séculaire de la papauté aura été le fait d’un homme que les médias se sont plus à dépeindre pendant huit années comme un « Panzer Cardinal », réactionnaire et rétrograde.

    Je suis à peu près convaincu(e) désormais que cette manière d’analyser le pape actuel est une erreur grossière. C’est justement la crédibilité de ce pape auprès des milieux conservateurs qui lui aura permis de faire « le grand écart » pendant son pontificat. Benoit XVI aura ainsi réussi à digérer le schisme traditionaliste tout en assouplissant, l’air de rien, l’usage du préservatif. Son règne se termine magistralement en rompant plusieurs siècles d’omerta et en abandonnant une charge à vie. Un pape progressiste (si ça existe ?) aurait été cloué au pilori pour un tel affront, mais Benoit XVI, grand théologien (devant l’Eternel) peut se le permettre : nul ne l’accusera d’être infidèle à la tradition.

     L’Homme qui twittait à l’oreille des cathos

    Alors bien sûr, on me rétorquera que Benoit XVI a accumulé les gaffes et les scandales. Néanmoins, qu’il s’agisse de la polémique du discours de Ratisbonne, du scandale de la pédophilie en Irlande ou bien du Vaticanleaks, je crains qu’il ne s’agisse moins d’une question de style de gouvernement que l’émergence, même au niveau d’une religion, d’une contrainte de plus en plus forte : la contrainte médiatique. Obama a eu son scandale wikileaks. Sarkozy a eu son tsunami après le discours de Dakar. Cameron a lui-aussi dû gérer le plus important scandale pédophile survenu au Royaume-Uni.

    Le meilleur exemple de cette prise de conscience par l’Eglise de la nouvelle contrainte médiatique est que ce théologien discret et timide aura finalement été le premier à révolutionner la communication très encadrée du Vatican en créant un compte Twitter. Benoit XVI n’avait sans doute qu’un défaut, de taille : celui de vouloir penser et réfléchir dans un monde d’immédiateté et de simplification. Il s’est révélé un Kinder Cardinal, un homme plein de surprises.

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    Banderille n°402 : Viens voir les comédiens…

    Par Toréador | janvier 31, 2013

    Jeux du Cirque

    Le débat sur le mariage pour tous a débuté. Je ne suis pas emballé(e) car toutes les conditions sont réunies pour vivre 3 semaines de farce (et attrapes). Attrape-couillons ?

    Coté PS, on est en mode « vote bloqué » : le texte est symbolique, on vote « pour », sinon on est contre le progrès et le gouvernement. La Gauche, tu l’aimes ou tu la quittes. Coté UMP, on est en mode « vote avec liberté de conscience » mais en Vigipirate ultraviolet : c’est symbolique la famille. Même si on est pédé ou pas marié, il faut la défendre. L’électeur te regarde attentivement.

    Du coup, dans l’arène, on voit de tout : quelques funambules, qui défendent des positions contradictoires par rapport à ce qu’ils pensent réellement ; deux-trois clowns ; pas mal de mimes ratés ; et une ménagerie incroyable : singes farceurs, lamas crachant , lions rugissant, moutons apprivoisés.

    Au théâtre ce soir

    Le problème est que le résultat est joué d’avance. Ce n’est même pas du cirque, car il y a de la fantaisie dans le cirque, la possibilité d’effectuer son numéro différemment des autres fois. Là, c’est différent : chacun rode ses arguments. On est au théâtre : il y aura cinq actes, des drames, de bons acteurs, quelques figurants.

    Et au milieu de tout cela, une réforme mal aimée, à mille bornes de l’abolition de la peine de mort. Bref, j‘aurais nettement préféré que le peuple se prononce. Le problème, on le sait, n’est pas le mariage. C’est le fait qu’ouvrir le mariage crée nécessairement des droits en matière d’adoption et de procréation médicalement assistée, sur lesquels la visibilité est mauvaise.

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    Banderille n°401 : Fifty Shades of Grey

    Par Toréador | janvier 23, 2013

    Je suis de retour d’Allemagne, où, avec mes collègues de l’Assemblée, nous sommes allés fêter les 50 ans des accords de l’Elysée. En troupeau, bêêêê. La journée s’est correctement déroulée, mais le bilan est affligeant : cela se résume à une succession de discours creux, une mélopée craintive entonnée coté Français et appelant à « plus de réalisations », sans que personne ne se risque à imaginer demain. J’ai eu l’impression d’être piégé(e) dans un théâtre de Nô. c’est un peu long, c’est un peu long, c’est bien chorégraphié.

    C’est plat. Pour avoir de l’amour, il faut être deux, et un peu d’érotisme. Là, c’était gris-souris.

    Le problème de la relation franco-allemande, c’est que les Allemands nous voient et nous décrivent désormais comme l’Homme malade de l’Europe. Ils ont plus de commisération que de respect pour nous. En sens inverse, nous avons fait des efforts énormes pour amadouer les teutons : dictionnaire de conversation franco-allemand distribué à tout le monde, efforts relevés d’un grand nombre d’orateurs Français de faire tout ou partie de leur discours dans la langue de Goethe, et évidemment déplacement de 400 de mes congénères outre-Rhin.

    Je viens de ressentir ce qu’un chef d’Etat sénégalais pouvait percevoir lorsqu’il venait à Paris participer à un sommet France-Afrique dans les années 80.

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    Paso Doble n°303 : Mariage pour tous, référendum pour rien ?

    Par Toréador | janvier 20, 2013

    A las cinco de la tarde…

    Psychothérapie présidentielle : tu consultes ?

    On le sait, c’est par la grâce du référendum que les Président de la Vème République ont acquis une réelle prééminence institutionnelle. En effet, de Gaulle en 1962 prit sur lui de violer (légèrement) le texte de la constitution en  ayant recours à l’article 11 de ladite constitution pour consulter le peuple et imposer aux politiciens de la IVème République une élection présidentielle au suffrage universel.

     Curieusement, le référendum, arme constitutionnelle très puissante de l’arsenal présidentiel, est cependant depuis tombé en désuétude, au point désormais d’être théorisé comme inutile face à la légitimité populaire acquise lors d’un scrutin présidentiel.C’est un peu notre bombe H : elle devient presque une arme de dissuasion.

    Je m’explique : Sarkozy, en 2007, avait affirmé qu’il n’y avait pas besoin de recourir à un référendum sur le mini-traité européen, au motif que ce point figurait à son programme. Pour moi, cette analyse était viciée : le traité Européen ayant été repoussé par référendum, il me semblait que seul un autre référendum portant sur ce point précis du programme de Sarkozy pouvait être acceptable. L’argument « juridique » de l’Elysée ne m’a jamais convaincu, et je reste d’avis que c’était un tour de passe-passe.

     En 2012, l’anti-sarkozy, François Hollande a recours au même argument pour faire passer son mariage pour tous. Tant pis si sa majorité de mai 2012 avait peut-être des nuances à apporter suivant les propositions formulées en un seul bloc.

    Sarkozy, Hollande, même juristes. Pourtant, dans l’un et l’autre cas, ce sont des sujets non-consensuels qui auraient mérité un débat national.

    Mandat : donner, c’est donner. Reprendre, c’est voler !

    Par un retournement curieux de situation, les pharaons républicains se méfient donc du référendum à qui ils doivent indirectement la base juridique de nature divine (je parle par métaphore, évidemment). C’est un peu comme si les papes évitaient de trop citer Jésus Christ par peur de perdre leur charge.

    Comment en effet expliquer cette frilosité ? Plusieurs éléments peuvent être avancés. Le plus évident serait que les présidents se méfient de cette épée à deux lames que constitue le référendum. Trop de présidents se sont coupés un doigt, ou même un bras en la manipulant sans précaution. Jacques le Manchot.

    Une, moins courue, pourrait être de reconsidérer sur le temps long la place du scrutin universel dans le régime actuel : lorsque de Gaulle a instauré le référendum, son idée était de ressourcer sa légitimité populaire, lui qui avait été élu en 1958 par un collège de notables. Un François Hollande ou un Nicolas Sarkozy, élus pour 5 ans au suffrage universel, ont peut être moins besoin de cet outil, d’autant que leur mandat est plus court. J’en veux pour preuve qu’en fin de mandat, Sarkozy affaibli avait semblé redécouvert quels étaient les charmes de la consultation populaire.

    Une dernière serait de penser qu’il y a eu un âge des conquérants, avec des présidents capables d’assumer un référendum et de démissionner, et un âge des comptables, où les présidents préfèrent aller au bout de leur mandat. Mourir pour leurs idées, c’est trop bête.

    Reste que, sur l’affaire du mariage pour tous, à mon sens un référendum serait plus sage, d’autant que son issue serait incertaine.  Si le référendum est une folie, la démocratie est son symptôme !

     

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    Paso Doble n°302 : Inspecteur Gadget n’est pas un super-Ayrault

    Par Toréador | janvier 10, 2013

    A las cinco de la mañana…

    Arsenic & vieilles dentelles

    Bonne année et tous mes voeux ! Il vous les faudra, car 2013 s’avance avec le visage grimaçant de la France qui se bloque par la rue.

    Ce sont les taxis qui ouvrent le bal, comme autrefois sous Sarkozy : c’est réconfortant de se dire qu’indépendamment de la couleur politique du pouvoir en place, ils ne veulent PAS être réformés. Eloge du statu quo. Du statut, plutôt. Quo vadis, domine ?

    Il y a aussi la marche du 13 Janvier contre le mariage homo. Le fumet de la rebellion chatouille les narines du pouvoir et il a un goût acre. La tambouille Ecole libre + Eglise catholique + société civile devrait sembler à François Hollande étrangement familière, c’est celle qui a empoisonné le premier mandat de François Mitterrand. Certains de ses ministres – Belkacem et Duflot pour ne pas les citer – n’ont pas vu le danger et ont attisé les braises.

    On verra si la France conservatrice reste aussi puissante qu’il y a 30 ans mais le gadget social que représente le mariage pour tous, qui devait servir à faire semblant d’être les héritiers de Blum et Jaurès, risque de coûter beaucoup plus cher à l’achat que prévu. Inspecteur Gadget a prévu un parapluie j’espère

    « Votre petite bombe là, elle était mal réglée : elle a explosé beaucoup trop tôt » (Don Salluste, la Folie des Grandeurs)

    Il y a enfin la bombe sociale, avec les dernières négociations (un peu bloquées) entre patronat et syndicats sur le contrat de travail. Si ça échoue, et que le gouvernement passe en force, il faudra s’attendre à de sérieux remous. Heureusement, les gros salaires défilent assez peu. A la limite, ils fuient, comme Depardieu, mais cela fait généralement une bonne blague belge ou un mauvais film russe. 

    Bref, la France se constipe (on parle alors de gastroentérite hivernale), la France se grippe (on parle alors de grippe hivernale) : le pouvoir est nu, sans cache-col et sans cache-sexe.  L’état de grâce est terminé. Si l’économie ne repart pas, je ne donne pas cher du gouvernement Ayrault.

    C’est bien malheureux, car ce gouvernement ci avait pourtant bien pris soin de ne pas réformer tous azimuts, et d’éviter le travers sarkozyste de pointer des boucs-émissaires. Et pourtant, au final, le résultat est le même : certaines catégories de citoyens ont l’impression d’être pointées du doigt, d’autres d’être massacrées ou humiliées, d’autres sont scandalisés. Si ce résultat était le produit d’un énorme effort de réforme, ce serait normal mais malheureusement, c’est juste du mécontentement épidermique. Lorsque le FMI débarquera, cela risque d’être héroïque…

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    Joyeux Noël !

    Par Toréador | décembre 23, 2012

    A tous mes lecteurs, j’ai le plaisir d’adresser mes plus vifs et sincères voeux de Noël. La magie de cette fête familiale, généreuse et fraternelle, tranche avec la grisaille de nos environnements quotidiens et l’égoïsme de nos sociétés modernes.

    Parce qu’elle se bâtit sur le don à l’autre, parce qu’elle force à regarder autrui et à souffler un peu au milieu du chaos moderne, Noël a une place spéciale dans le coeur de chacun. Elle rappelle aussi aux adultes qu’ils furent, il y a bien des années, de charmants bambins au coeur tendre. Un peu d’innocence, cela nous ferait à tous du bien !

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    Banderille n°400 : Le Roi Fainéant

    Par Toréador | décembre 10, 2012

    Priez Notre-Dame des Hollandes

    Hollande est l’exact inverse de son prédécesseur. Sarkozy croyait en la mobilité, accélérait les agendas, et adorait décider. François Hollande, lui, multiplie les procrastinations, veut donner du temps au temps, et surtout ne rien décider de fâcheux. D’où l’étrange sensation que le gouvernement poursuit en simultané plusieurs politiques contradictoires : Hollande est un homme de synthèse, il fait donc plaisir à toute la Gauche, et même un peu au-delà. Un coup on nationalise, un coup on tergiverse ; un coup on durcit la politique migratoire, un coup on l’amollit ; un coup on lance un chantier sur la compétitivité, un coup on fait mine de reculer sur la question de la TVA. Et je ne parle même pas du mariage homo ou du droit de vote des étrangers.

    Cet homme est un opportuniste. 

    Du travail de Pro… crastinateur

    François Hollande est-il l’homme de la transition énergétique et d’un tournant « vert » ? Il est l’homme de Fessenheim et de Notre Dame des Landes. Sa position sur le gaz de schiste a fluctué à plusieurs reprises.

    François Hollande est-il l’homme de la réforme de la taxation des sociétés ? Il a abattu un maillet fiscal pour 2012… et promis un crédit d’impôt pour 2013 !

    Etrange situation : Sarkozy n’était pas lisible car il ouvrait tous les dossiers en même temps, Hollande ne l’est pas plus car il n’entr’ouvre que par éclipse. Son passage au PS a été celui du bonze immobile. Peut-être sera-t-il le prochain Roi Fainéant… 

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    Paso Doble n°301 : Tu Copé mi filii

    Par Toréador | décembre 2, 2012

    A las cinco de la manana…

    Ce qui se passe à l’UMP fait ricaner ou hurler la plupart des gens, mais c’est en réalité une mue comme on en voit tous les dix ans qui se passe sous nos yeux : après l’élimination de Chaban, puis de Giscard, puis de Balladur, puis le putsh de Sarkozy, la Droite Française se cherche un nouveau chef. Ces guerres au sommet ont toujours été violentes, mais la particularité de celle-ci est qu’elle se déroule sous les yeux impavides des télévisions « en continu ». 

    La pièce de théâtre se réduit à quatre premiers rôles et une dizaine de seconds rôles. Les premiers rôles sont Nicolas Sarkozy, l’ancien chef à la retraite qui aimerait garder une possibilité de revenir à bord « au cas où » ; Alain Juppé, « autorité morale incontestable » qui pensait pouvoir profiter de la cacophonie pour reprendre les rênes de la Droite ; Jean-François Copé, qui veut incarner la rupture avec le Sarkozysme mais prétend l’inverse ; François Fillon qui prétend incarner la rupture avec le Sarkozysme, mais qui sur le fond est le Georges Pompidou de Sarkozy. Ces quatre-là ont des amours aléatoires, l’un d’eux est déjà hors jeu.

    Sarkozy essaye de contenir Copé, car il vient de comprendre que ce dernier, malgré ses discours, n’a aucune envie de jouer les figurants en 2017. Le Copéisme est le virus mortel du Sarkozysme. Fillon sait qu’il a perdu, mais cherche à préserver son joker pour 2017. Et Copé sait que s’il perd cette manche, il sera mort.

    Derrière les seconds couteaux se poussent du col en se disant que finalement, si Sarkozy restait le maître caché de la Droite, cela laisserait amplement de la place pour des quarantenaires rugissants. Ils s’appellent NKM, Valérie Pecresse, François Baroin, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et guettent le duel à mort des deux lions en se frottant les mains : au lieu d’attendre dix ans, il va peut-être falloir simplement attendre 10 jours. 

    La tragédie grecque qui se joue sous nos yeux ne peut se terminer que de deux manières : la victoire de Copé, et son règne durera 10 ans ; ou bien l’élévation d’un second couteau au rang de chef « sous contrôle » d’un Sarkozy replié dans l’ombre. Copé est le fils de Chirac, et d’ailleurs il lui ressemble, dans ses années 1986-88.

    Vae Victis.

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